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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 11:22

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« Dona Flor et ses deux maris » est le troisième livre de Jorge Amado chroniqué ici.

Paru en 1968, « Dona Flor et ses deux maris » est un roman fleuve racontant dans le Bahia des années 40, la vie hors normes d’une femme appelé Dona Floripides.

L'histoire de Dona Flor se découpe en deux parties bien distinctes.

Tout d’abord la jeunesse et comme l’exigeait la tradition à l’époque un mariage précoce avec un homme, même si celui-ci ne correspondait pas aux désirs de sa mère, Dona Rozilda, femme à poigne, nourrissant depuis la mort de son mari un modeste commerçant, de puissant désirs d’ascension sociale en mariant ses filles à de riches partis.

Mais la jeune Flor est une femme têtue, très indépendante pour l’époque et surtout amoureuse d’un jeune homme drôle et beau parleur Vadinho Guimarães qui se présente à la famille comme un haut fonctionnaire, alors qu’il n’est qu’un petit fonctionnaire responsable des jardins publics.

Lorsque le voile se déchire et que la vérité éclate au grand jour, l’amour de Flor pour Vadinho va se révéler plus fort que la volonté de la terrible Rozilda et le couple va s’installer à Bahia loin de la mère restée à Rio de Janeiro.

Dona Flor va donc épouser Vadinho et découvrir la véritable nature de son mari, un drogué aux jeux (tri-trac, bichot, poker ..) qui passe toutes ses nuits dans les casinos et les bars ou il dilapide consciencieusement l’argent du ménage.

Pire, Vadinho flanqué de son ami Mirandao, se révèle un grand fêtard, buveur et collectionneur de femmes.

De son coté, Flor incapable biologiquement d’avoir des enfants, devient une professeur de cuisine bahianaise réputée et donne à son domicile des cours collectifs ce qui lui permet de gagner son propre argent qu’elle doit pourtant défendre âprement contre la voracité insatiable de son mari, toujours en quête de ressources pour vivre son vice.

Sept années difficiles s’écoulent et un jour de Carnaval, Vadinho déguisé en femme s’écroule et meurt brutalement, le cœur épuisé par son mode de vie.

Devenue veuve, Flor revit ses années de mariage et s’aperçoit que malgré les infidélités et le comportement parfois violent de son mari quand elle lui refusait de lui donner de l’argent, elle aimait Vadinho, qui exerçait sur elle son invincible pouvoir de séduction.

Ce pouvoir s’exerçait non seulement sur les femmes qu’il séduisait mais également sur tous ses créanciers, qu’il baratinait avec un talent inouï pour obtenir à l’arraché des nouveaux prêts qu’il ne remboursait quasiment jamais.

Dona Flor se retrouve seule et encore très belle femme à trente ans.

Elle se retranche tout d’abord dans une attitude de veuve sérieuse, menant une vie austère et solitaire qui décourage toute tentative de futurs prétendants.

Les femmes de son entourage (Dona Norma, Dona Dinora ..) se lient alors pour former une association de commères destinée à lui trouver le meilleur parti.

Don Flor se montre plutôt réticente et difficile, mais à l’intérieur d’elle se réveille secrètement un brasier rendu ardent par le manque de sexualité et l’absence d’un amant de la qualité de ce diable de Vadinho.

Tenaillée la nuit par ses désirs, Dona Flor rêve beaucoup et dort peu.

Elle manque de se jeter dans les bras d’un jeune séducteur de veuves, dangereux prédateur dépouillant les femmes seules et vulnérables et est sauvée in extremis par ses ami(e)s.

Finalement alors que la solitude de Dona Flor finit par exaspérer tout le monde y compris ses nombreux prétendants, le hasard met sur sa route le pharmacien Teodoro Madureira, grand et bel homme de quarante ans, ayant fait vœu de célibat pour s’occuper de sa mère paraplégique.

Malgré sa belle prestance et sa position sociale plus qu’intéressante, Teodoro a été oublié par les commères en raison de sa discrétion.

Pourtant le timide pharmacien aime en secret Dona Flor qui est une de ses clientes.

La belle finit cependant par ouvrir les yeux et un rapprochement se fait alors par l’intermédiaire d’amis interposés.

Afin de ne pas heurter les convenances, le rapprochement de Flor et Teodoro se fait par étapes très codifiées, ce qui colle parfaitement avec le tempérament calme et mesuré du pharmacien.

Séduite par cet homme attirant et stable, Dona Flor s’abandonne et se marie finalement avec Teodoro.

Le couple s’installe dans sa maison et mène une vie, prospère et bien réglée, ou même les rapports sexuels sont prévus à l’avance.

Pour ne pas dépendre financièrement totalement de son mari, Dona Flor continue d’exercer son métier de professeur de cuisine.

Teodoro a pour principal loisir la musique et joue du basson dans un orchestre amateur formé des notables de la ville.

Les répétitions et concerts donnent l’occasion à Dona Flor de côtoyer la haute société de la ville, en plus des congrès pharmaceutiques de son mari.

Ces réunions entre mondains et superficiels ne constituent pas pour moi la partie la plus intéressante du roman.

Un jour pourtant, un évènement étrange se produit et Vadinho réapparait dans la vie de Flor sous la forme d’un spectre que elle seule peut voir.

Même dans l’au-delà, le caractère de Vadinho n’est pas modifié pour autant.

Pire, il use et abuse de sa condition de fantôme pour harceler Dona Flor et réclamer d’elle des faveurs sexuelles.

Soucieuse de préserver sa vertu de femme mariée, Flor résiste à Vadinho et se retrouve confronté à un éternel dilemme : rester fidèle à la raison, la morale de Teodoro ou succomber à l’attraction du désir, de la passion sensuelle.

Vadinho ne se contente pas de harceler les femmes mais favorise ses anciens camarade de jeu en intervenant dans les casino pour les favoriser.

Ainsi Mirandao, le noir Arigof et le vieux Anacreon, se retrouvent ils à gagner des sommes astronomiques.

Ces incroyables coups du sort inquiète le propriétaire des casinos, le puissant mafieux d’origine italienne Pelancchi qui incapable de comprendre par la voie logique le phénomène, a recours à tout un florilège de sorciers bahianais qui mélangeant candomblé et charlatanisme, tirent profit de son désarroi pour lui extorquer davantage d’argent.

De son coté, Dona Flor a maintenant deux maris, l’un pour le plaisir sexuel et l’amusement, l’autre pour une vie stable et saine.

Mais le remord à l’égard de Teodoro est le plus fort et Flor fait également appel à un sorcier qui sans doute plus efficace, parvient à bannir Vadinho de la surface de la Terre.

Dans les dernière pages du roman, les divinités africaines du candomblé s’en mêlent et s’affrontent pour la question de la moralité des hommes, le dieu Exu défendant Vadinho, tandis que la déesse Yansa prend le parti adverse.

L’issue du combat est assez confuse et si on peut penser que Vadinho et son dieu sont défaits, l’ultime page du roman montre une Dona Flor plus épanouie que jamais, marchand dans la rue avec Teodoro tandis que Vadinho la caresse secrètement.

En conclusion, « Dona Flor et ses deux maris » est un roman formidable rivalisant sans peine avec le déjà excellent « Gabriella ».

Dans un style finalement très brésilien car vivant, coloré et très sensuel, Amado conte une histoire passionnante qui parvient à tenir en haleine du début à la fin.

La description de la vie à Bahia dans les années 40 est exceptionnelle avec une immense galerie de personnages allant du riche propriétaire terrien de passage, à la belle prostituée mulâtresse, en passant par l’émigré argentin ou la brésilienne d’origine américaine.

L’humour est également présent, un humour subtil et franchement hilarant dans les scènes de charlatanisme ou un homme appelé Cardoso e Sa se faisant appeler le Maitre de l’absurde embobine Pelancchi pour lui laisser profiter de sa maitresse, la sculpturale mulâtresse Zulmira.

Sur le fond, le roman est forcément provocateur et exprime clairement que les femmes (comme les hommes) ne peuvent se contenter d’une vie rythmée par l’intelligence, la morale et la raison mais que le sexe, la passion, la folie et l’instabilité sont aussi nécessaires à leur épanouissement.

Cet écartèlement entre le corps et l’esprit se matérialise sur Dona Flor, victime finalement consentante de son premier mari séducteur et volage.

En grand écrivain, Amado se fait fin psychologue, parvenant à pénétrer la subtile psychologie humaine et tout particulièrement féminine tapie derrière de vastes pans d’hypocrisie.

Le résultat est particulièrement détonnant, balayant à plate couture le froid, long et pénible « Idiot » de Dostoïevski lu dernièrement dans la douleur.

Et si « Dona Flor et ses deux maris » incarnait tout simplement la vie ?

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 23:11

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Sorti en 1964, « Zoulou » du britannique Cyril R Endfield est un film historique illustrant un fait historique relativement méconnu, la bataille de Rorke’s drift (Afrique du Sud) qui mit aux prises armée britannique et guerriers Zoulous en 1879.

Malgré une longueur de plus de deux heures, « Zoulou » contient assez peu de scènes d’exposition et se concentre beaucoup sur la bataille en elle-même.

Assistant à une impressionnante démonstration de force du roi zoulou Catewayo (Chef Buthlezi) et de ses nombreux guerriers, le révérend  protestant suédois Otto Witt (Jack Hawkins) et sa fille Margaretta (Ulla Jacobsson), apprennent le massacre un peu plus tôt de mille soldats britanniques appelés tuniques rouge à Isandhlwana.

Sans demander leur reste, Witt est sa fille, filent alerter la petite garnison anglaise de Rorke’s drift, qui garde un hôpital militaire.

Sur place, Witt se heurte à la fierté du lieutenant John Chard (Stanley Baker) du génie qui refuse d’évacuer le camps sous la menace de soldats ennemis.

Charismatique mais un peu raide sur la discipline, Chard prend difficilement le dessus sur le lieutenant Broomhead (Michael Caine), plus jeune, fougueux voir un tantinet arrogant.

Broomhead collabore néanmoins et aide son supérieur à préparer la défense du camps avec les effectifs dont il dispose moins de deux cents hommes face aux quatre mille zoulous de Catewayo.

Agitateur et pacifiste, Witt est bouclé pour ne pas perturber le moral des troupes globalement prêtes à obéir à leur hiérarchie.

Le choc a finalement lieu dans la somptueuse vallée encadrée de majestueuses montagnes.

Retranchées dans leur camp, les tuniques rouges aidé par la connaissance d'un Boer sur les tactiques zoulous, utilisent la puissance de feu de leurs fusils pour tenter d’endiguer la multitude des guerriers zoulou armés de leurs boucliers, sagaie mais surtout de leur immense courage.

Les pertes zoulous semblent en effet considérables, les hommes tombent comme des mouches sous les balles ce qui laissent penser aux soldats qu’ils auront facilement le dessus.

Mais obéissant aux instructions de leurs chefs stratèges camps sur les montagnes, les zoulous se replient finalement après avoir jaugé la force de frappe de leurs adversaires.

Ils utilisent alors des tireurs juchés sur les collines, qui tirent sur le camps à l’aide des fusils récupérés sur les soldats tués à Isandhlwana.

La donne change et les anglais commencent à avoir des pertes.

En parallèle, Catewayo lance une nouvelle vague d’assaut qui finit par transpercer les lignes de défense britanniques.

Le corps à corps est alors inévitable et de féroces combats s’engagent entre les baïonnettes anglaise et les lances zoulou.

Chard est blessé au cou et évacué à l’infirmerie mais après quelques soins, il reprend finalement sa place aux cotés de Broomhead qui se montre finalement courageux dans le feu de l’action.

Même les fortes têtes de l’infirmerie comme le soldat Henry Hook (James Booth) se révèlent dans le feu de l’action des combattants de qualité capable de se défendre avec bravoure.

Mis au pied du mur, Broomhead et Chard déploient des trésors de commandement pour ne pas périr sous les assauts zoulous.

Witt et sa fille ont alors l’autorisation de quitter le camps et sont laissés partir vivant par les zoulou qui respectent l’autorité du pasteur.

Blessés et épuisés, les soldats anglais s’apprêtent à subir l’ultime assaut zoulou qui les achèvera, mais contre toute attente leurs adversaires entonnent un chant puissant destiné à rendre hommage à leur courage.

Aux chants zoulous répondent les chants anglais entrainés par un baryton et un ténor.

Finalement, après avoir rendu leur hommage, les zoulous décident de rentrer chez eux en épargnant les survivants anglais dont une dizaine se voit décorée de la Victoria’s cross.

En conclusion, « Zoulou » est pour moi un beau classique du film d’aventure historique.

Les décors superbes de l’Afrique du Sud, la présence impressionnante de la culture zoulou et le courage héroïque de quelques hommes luttant pour survivre malgré leur infériorité numérique, contribuent pour beaucoup au caractère épique du film.

L’action est elle aussi très prenante avec de longues scènes de batailles intenses.

Même si on ne comprend pas les raison de l’entêtement anglais, leur courage est comparable à celle de leurs adversaires africains qui bravent la mort sans trembler ou se montrent capables de magnanimité.

Si Baker tient logiquement le premier rôle, c’est réellement Caine alors jeune et beau, qui aimante par son charisme la caméra.

Comme critiques principales, on pourrait reprocher au film un certain classicisme et une approche trop idéalisée de l’armée anglaise.

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 20:34

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En 1991, parait « Jean-Claude Tergal tome 2 : attend le grand amour » de Tronchet.

Finalement résigné après le départ de sa compagne Isabelle, Jean-Claude Tergal se met en quête de l’âme sœur.

Mais il doit combattre son terrible manque de confiance en lui et surtout sa peur panique des femmes, qu’il entrevoit comme des créatures dangereuses désireuses de dominer le monde.

Se fixant des objectifs déraisonnables compte tenu de ses faibles moyens de séduction, Tergal décide brusquement de devenir un Casanova et bien entendu essuie déconvenues sur déconvenues.

Il ne fait pas non plus le poids face à son ami Jean-Louis, également célibataire mais beaucoup aux capacités de séducteur beaucoup plus au point et qui n’hésite pas pour notre plus grande jubilation à rafler les potentielles conquêtes de Tergal.

Incapable de miser sur son physique, Tergal ne peut pas non plus faire illusion à l’aide de sa culture, d’un niveau plus que ridicule.

Maladroit, goujat, persécuté par des crottes de nez ou le fameux « étron flotteur » aux pire moment, Tergal s’enfonce chaque jour dans les marécages de la défaite.

Esseulé et désespéré, il suit des femmes dans la rue, le métro, revoit les mêmes films pour la jolie frimousse d’une caissière et passe des heures éreintantes dans des détours sans queue ni tête.

L’incident le plus drôle consiste en l’écoute publique d’un message compromettant de son répondeur ou sa mère lui demande de changer plus souvent de slip sous les yeux d’une vendeuse repérée comme proie potentielle.

Tergal assimile la séduction d’une femme au passage du permis de conduire avec un succession de tests recelant autant de pièges dans lesquels il se vautre littéralement.

Plus cruel est le jeu auquel se livre ses amis le soir de Noel, qui lui livrent une prostituée nue en lui faisant croire que c’est une femme normale qui a succombé à son charme.

Et même le recours aux petites annonces matrimoniales se solde par un échec cuisant avec un sabordage suicidaire alors qu’il avait potentiellement un rendez vous avec une belle étudiante en sociologie.

On termine le récit par deux nouveaux échecs cinglants, l’un face à une postière et l’autre face à une « fan » de ses aventures publiées dans le journal « Fluide glacial » qui n’était au final intéressée que de vérifier si la réalité était aussi lamentable que la fiction.

En conclusion, « Jean-Claude Tergal tome 2 : attend le grand amour » est tout aussi cinglant et drôle que le premier tome et mérite fort son prix de l’humour obtenu en 1992.

Livré à lui-même, Jean-Claude Tergal fait étalage de toute sa nullité en cumulant à lui tout seul tous les pires défauts et maladresses des hommes.

Le lecteur jubile, se remémorant sans doute en secret certaines scènes de « râteau » soient vécues personnellement soit vécues par l’intermédiaire d’un proche.

Bien sur, le fond est toujours aussi sombre et désespéré, mais le coté irrécupérable de cet antihéros de niveau mondial, fait que rien ne peut réellement prétendre à le sauver du naufrage.

Sans grande surprise mais avec toujours une belle créativité, Tronchet continue donc à brosser les aventures de son pantin tragique.

A réserver donc aux amateurs d’humour noir.

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 19:23

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Un peu de divertissement avec la bande dessinée « Jean-Claude Tergal, tome 1 : garde le moral » de Tronchet paru en 1990.

Tronchet et son antihéros franchouillard et désespérant, incarnent l’humour noir et souvent scabreux du journal Fluide glacial.

Dans le premier tome, Jean-Claude Tergal est quitté par sa compagne Isabelle et vit un véritable calvaire de noirceur.

Incapable d’oublier sa blonde aux yeux bleus, ce brave Jean-Claude sombre dans une noire dépression et échafaude sans fin des stratagèmes pathétiques pour oublier Isabelle.

Ainsi de résolutions boiteuses comme compter les minutes ou il ne pense pas à elle en rechute de déprime, Jean-Claude entrevoit par instant le suicide sans tout à fait avoir le cran de mettre ses plans à exécution.

Solitaire dans un appartement minable à Paris, Tergal fait le bilan sur sa relation avec Isabelle, son manque d’envergure, sa pauvreté et ses piètres performances sexuelles (il envisage même de faire appel à un super héros pour combatte l’éjaculation précoce).

Les rares fois ou Isabelle l’appelle, il tente pathétiquement de feindre l’indifférence et use (et abuse! ) de disques d’ambiance visant à créer une ambiance factice de fêtes, destinée à meubler sa solitude.

En désespoir de cause, il a même des relations sexuelles avec son lavabo ..

Persévérant, l’homme écrit de nombreuses lettres qui restent sans réponse et guette fébrilement en revanche son courrier ou des coups de téléphones qui n’arrivent jamais.

Le comble est atteint lorsqu’il déclame son amour à Isabelle au téléphone avec un très beau poème qui ne fait au final qu’exciter le nouvel amant d’Isabelle en pleine séance de galipettes grivoises.

Faible et lâche Tergal se rend compte que ses amis les plus démunis ne sont pas aussi misérables et seuls que lui.

Il dépérit alors davantage, souffrant des affres de la vie de célibataire, personnage vu comme nuisible en société (réceptions, courses chez le boucher, cinéma, restaurant …)

Comble de l’absurde, il s’invente alors un compagnon, double de lui-même à qui il parle, sort et écrit des lettres quand il est en vacances.

Le dernier clou du cercueil est enfoncé lorsque Isabelle, croisée par hasard dans une rue plusieurs années après, pense qu’il l’a oublié et la méprise alors qu’il souffre le martyr.

En conclusion, « Jean-Claude Tergal, tome 1 : garde le moral » est un livre audacieux, très noir et cynique, parvenant à faire rire de quelque chose de très douloureux au final : la rupture amoureuse.

Bien sur, on souffre de la solitude et des déboires de Tergal, mais en réalité le personnage est tellement looser, minable, lâche et peureux que le rire finit par l’emporter.

Je dis souvent que chaque homme a au fond de lui une dose plus ou moins importante de Jean-Claude Tergal et c’Est-ce qui rend le personnage au final attachant.

Le talent de Tronchet est également pour beaucoup dans la réussite du personnage, avec cet humour féroce, méchant, imaginatif et souvent absurde.

Comme Patrice Leconte dans « Les Bronzés » , Tronchet rit de la bassesse humaine avec son Jean-Claude Duss de papier.

Un mot sur le graphisme de Tronchet, certes peu sophistiqué ou flamboyant mais très efficace pour ce type d’histoires, avec des personnages surtout masculins, d’une grandeur laideur contrastant avec la relative beauté de femmes par essence inaccessibles.

Trop sombre, le style de Tronchet n’est donc pas grand public ou forcément fédérateur, mais fera se tordre de rire les amateur d’humour noir.

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 14:03

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Personnage emblématique de l’histoire et de la culture française, « Jeanne d’Arc » a été l’objet d’une adaptation en téléfilm par le canadien Christian Duguay.

Sorti en 1999 et quelque peu eclipsé par le film de Luc Besson sorti la meme année, « Jeanne d’Arc » est scindée en deux parties d’une durée d’environ une heure trente chacune.

Suivant de manière libre à la légende, la premier film raconte la jeunesse de Jeanne (Leelee Sobieski) petite paysanne du village de Domremy situé dans les Vosges, qui très tôt se sent imprégnée de religion, à tel point qu’elle entend de puissantes voix de Saints (Michel, Catherine) lui intimant de prendre les armes pour défendre une France meurtrie par la Guerre de cent ans contre les Anglais.

Malgré l’opposition farouche de son père Jacquemin (Powers Boothe) peu habitué aux excentricités et aux rêves de grandeur, Jeanne soutenue par sa mère Isabelle  (l’ex James bond girl Jacqueline Bisset) s’entretient avec le curé de son village et ne rêve que de grande luttes ou elle vaincraient les Bourguignons, alliés des Anglais pour rétablir le Dauphin, Charles VII, comme roi de France.

Incapable de supporter les exactions de Bourguignons et les privations infligées aux paysans, Jeanne, mue par une puissante foi intérieure, va prendre tous les risques et finir par convaincre le noble local Robert de Baudricourt (Maury Chaykin), seigneur de Vaucouleurs, après un succès inattendu face aux soldats adverses, de provoquer une entrevue avec le Dauphine retranché à Chinon.

Il est vrai que pour beaucoup de paysans et de soldats crédules, Jeanne incarne la réalisation d’une ancienne légende, établissant qu’une jeune femme appelée la Pucelle de Lorraine, viendrait rétablir la grandeur de la France.

Soutenue par quelques fidèles et le noble Jean de Metz (Chad Willett), Jeanne se rend à Chinon par des chemins infestés d’ennemis ou elle doit livrer plusieurs fois bataille pour sauver sa vie.

Sur place, elle est mise à l’épreuve par le roi (Neil Patrick Harris) qui se dissimule dans la multitude des courtisans et parvient à le reconnaitre.

Malgré les fortes réticences de l’évêque Cauchon (Peter O Toole) le conseiller spirituel du roi, Jeanne tient tête avec un aplomb inconcevable et parvient après avoir été examiné par des autorités religieuse à Poitiers pour authentifier ses dires, à gagner les faveurs du roi qui la charge de prendre la tête d’une armée pour libérer Orléans.

Stratège débutante, Jeanne est aidée par le viril capitaine La Hire (Peter Strauss) traumatisé par la défaite d’Azincourt, qui surmonte ses a priori contre le sexe dit faible pour lui faire confiance.

Avec un peu de stratégie (enflammer le haut des remparts en bois), et surtout beaucoup d’audace, Jeanne surmonte une blessure occasionnée par une flèche pour mener l’assaut victorieux contre la ville fortifiée et parvient à libérer Orléans.

Au cours des batailles sanglantes, La Hire est même sauvé par une intervention de Jeanne.

Il apparait que malgré son inexpérience, Jeanne d’Arc est un symbole fort transcendant le cœur des hommes et les amenant à se surpasser.

Dans le second film, après la victoire à Orléans, le triomphe pour Charles VII est alors total et il peut alors se faire nommer roi de France à Reims.

Jeanne est anoblie et devient Jeanne d’Arc, mais trop intègre, elle se heurte aux manœuvres de Cauchon qui la perçoit comme une rivale à son pouvoir religieux, et ne comprend pas les concessions que réalise le roi avec le Duc de Bourgogne (Jaimz Woolvett) pour conclure un cessez le feu et abandonner quelques villes du Nord de Paris aux Anglais.

Si Cauchon, disgracié en raison de sa trop grande soif de pouvoir, est muté à Beauvais, il n’en fomente pas moins des désirs de revanche contre celle qui l’a humilié et noue des contacts avec les Bourguignons.

En réalité, le roi la manipule, usant de sa popularité pour assoir son autorité mais cesse de la soutenir une fois ses succès émoussés, comme lors de la libération ratée de Paris qui coute la vie à de nombreux proches comme son frère Jean, engagé dans l’armée par dévotion pour sa sœur.

Pire, le roi l’envoie en sous effectif libérer Compiègne et la laisse tomber dans un traquenard ou elle est capturée par les Bourguignons.

Capturée, Jeanne est détenue à Rouen et reçoit l’appui inattendu de Madame de Beaurevoir (Shirley Mc Laine) qui adoucit ses conditions de détention et lui propose de rejoindre le camps des Bourguignons.

Mais Jeanne refuse de trahir son roi et ses idéaux.

Elle est alors jugée pour hérésie par Jean Le Maistre (Maximilien Schell) et Cauchon lui-même à Rouen, ville sous domination anglaise.

Devant une assemblée toute acquise à sa cause, l’évêque voit ici une superbe occasion de prendre sa revanche et déclare comme hérétique une paysanne qui entend des voix.

Sous la pression de Cauchon qui désire in extremis lui sauver la vie, Jeanne commence par se rétracter puis décide d’assumer jusqu’au bout ses convictions en acceptant la mort.

Elle est donc brulée vive les yeux rivés sur une croix qui aura guidée toute sa vie.

Las, une ultime tentative menée par La Hire et Jean de Metz pour la libérer arrive trop tard et ne peut que constater le décès du symbole de la révolte française.

Placidement, un texte énonce la suite des événements avec le règne de Charles VII (30 ans), le départ des Anglais et la canonisation tardive de Jeanne d’Arc.

En conclusion, contre toute attente, « Jeanne d’Arc » est malgré sa longueur, une belle épopée dynamique et vivante, très agréable à suivre.

Bien entendu, la qualité des acteurs y est pour beaucoup, notamment la jeunesse et le charisme obstiné de Leelee Sobieski, la puissance d’un Peter O’Toole parfait en vieille crapule prise tardivement de remords et enfin un Neil Patrick Harris fracassant de froideur machiavélique.

Les historiens puristes noteront certes quelques libertés (personnages fictifs rajoutés, pseudo idylle platonique avec Jean de Metz) prises avec l’Histoire, mais à mes yeux « Jeanne d’Arc » remplit bien son rôle éducatif en montrant comment l’intégrisme de certaines personnes jusqu’au-boutistes peut être utilisé par d’autres personnes plus retorses et manipulatrices comme les hommes politiques ou les dignitaires religieux pour arriver à leurs fins.

Tel fut apparemment le destin de Jeanne d’Arc, qui reste malgré tout un fort symbole populaire, récupéré encore de nos jours par certains partis politiques de droite et d’extrême droite.

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 12:19

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Diffusée dans les années 80 sur « La cinq », « Deux flics à Miami » fut une série pour moi référence que nous regardions avec mon père tous les jeudis soir, en guettant avec avidité le début du célèbre générique, véritable ode vivante à la ville de Miami.

En 2006, le talentueux Michael Mann, producteur de l’époque, décide d’adapter la série sur grand écran plus de quinze ans après la diffusion du dernier épisode.

Ceci donne « Miami vice : deux flics à Miami ».

Plutôt complexe, l’intrigue du film place les deux policiers Sonny Crockett (Colin Farell) et Ricardo Tubbs (Jamie Foxx) au cœur d’une difficile mission d’infiltration afin de démanteler une partie du trafic de drogue entre la Colombie et les Etats Unis, via Miami.

Célibataire, Crockett a un physique de playboy, cheveux longs, costume de marque, teint halé par le soleil et roule en Ferrari.

Par contraste, Tubbs bien qu’également très soigné, apparait plus discret et vit en couple avec Trudy Joplin (Naomie Harris).

La mission d’infiltration à laquelle participe Crockett et Tubbs est proposée par le lieutenant Castillo (Barry Shabaka Henley) pour venger la mort d’un indicateur, de sa famille et d‘agents du FBI, tué par des narcotrafiquants les ayant repérés.

Bien qu’estimant que le FBI a commis une faute en livrant les indicateurs aux trafiquants, Crockett et Tubbs font confiance à Castillo tout en se défiant de Fujima (Ciaran Hinds) qui supervise la mission pour le FBI.

Ils se rendent donc  en tant que passeurs de drogue en Haïti pour rencontrer José Yero (John Ortiz), responsable de la sécurité du patron du cartel colombien.

L’entretien est tendu car Yero se méfie fortement et un rapport de force d’une grande violence s’établit instantanément.

Pourtant, Isabella (Gong Li), une femme assistant à l’entretien débloque la situation et arrange un entretien avec le patron, son mari Montoya (Luis Tosar), trafiquant d’envergure internationale extrêmement puissant et dangereux.

Un contrat se passe tout de même pour une première livraison afin de mettre à l’épreuve la fiabilité du duo.

Incapable de se raisonner, Crockett invite Isabella à une virée sur son hors bord, et les deux amants vont vivre une passion torride à Cuba dans une ambiance latino-sensuelle de premier ordre.

Parvenu à s’extirper de ce piège sentimental, Crockett retrouve son coéquipier et s’attelle à la première mission qu’ils mènent à bien afin de rassurer Montoya.

Crockett et Tubbs parviennent à convaincre Castillo et Fujima de poursuivre l’infiltration afin de ferrer les gros poissons Montoya, Isabella et Yero mais ce dernier se méfie de plus en plus, lançant des recherches toujours plus serrées sur ses interlocuteurs et demandant à son supérieur de les éliminer.

Ce sera Isabella, sans doute sous le charme de Crockett qui différera l’exécution en plaidant la cause de ses associés auprès de son mari mais Yero tenace et intelligent, utilisera une vidéo de Crockett dansant étroitement avec la belle pour influencer le jugement de Montoya.

Au cours de la seconde livraison de drogue par cargo, Yero utilisera un gang néo-nazi pour prendre en otage Trudy la petite amie de Tubbs et exercer un chantage sur le faux duo de trafiquants.

Comprenant que Trudy, détenue en otage dans un mobile home cradingue par des rednecks agressifs est en danger, Crockett et Tubbs décident d’abandonner leur couverture et de filer tout droit à sa rescousse.

Après l’avoir localisé, ils débarquent en force dans la confrérie aryenne, tue les gardes du corps mais ne peuvent empêcher Trudy d’être grièvement brulée par l’explosion d’une bombe dans le mobile home.

La jeune femme survit mais est admise en soin intensif.

Crockett et Tubbs décident alors de ferrer Yero, lui demandant de se rendre personnellement à un rendez vous à Miami pour récupérer sa marchandise, estimée à 60 millions de dollars.

Le trafiquant se rend au rendez vous mais prend en otage Isabelle afin de se garantir une porte de sortie.

Il arrive également solidement escorté par des tueurs colombiens et néo-nazis.

Mais le FBI est présent au rendez vous avec ses tireurs d’élite et une intense fusillade éclate, au cours de la quelle, Yero est tué et Isabella prise en charge par Crockett, qui la mort dans l’âme, lui offre de s’enfuir à Cuba, mettant du même coup fin à leur relation impossible.

L’histoire se termine sur une vision de Trudy reprenant peu à peu conscience aux cotés de Tubbs veillant à son chevet.

En conclusion, « Miami vice : deux flics à Miami » est un chef d’œuvre de film policier filmé par un virtuose, un esthète de la caméra, Michael Mann.

L’ambiance choisie est toutefois très éloigné du soleil, des couleurs flashy et de l’ambiance mode-cool-luxe de la série des années 80.

La plupart des plans sont en effet filmés de nuit, ce qui donne une image sombre et quelque peu lissée de la ville de Miami.

Le film est également considérablement plus violent que la série, avec des fusillades sanglantes laissant des macchabés sur le carreau.

Pourtant, malgré ses écarts, le film fascine par sa beauté plastique, sa construction complexe et son ambiance intime.

Les acteurs sont bons, sans être géniaux, même Farrell et sa moustache suspecte et Foxx, assez supportable quand il en chante pas.

Un mot enfin sur la musique, comme souvent superbe avec Mann, qui habille littéralement le film, avec une mention spéciale à Audioslave et son rock de velours.

Une adaptation sans doute assez éloignée de la série, mais qui vaut tout de même largement le détour, n’étant selon moins surpassée dans ce style que par le récent « Drive » de Nicolas Winding Refn.

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 18:28

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Après avoir été autant émerveillé par le jeu de guitare de Eddie Van Halen, j’ai eu envie de (ré)-écouter une autre pointure du style, Joe Satriani avec son second album « Surfing with the alien ».

En 1987, Satriani alors quasi inconnu s’entoure du batteur Jef Campitelli, du percussionniste John Cuniberti et du programmeur Bongo Bob Smith pour réaliser un album qui fera connaitre son talent de guitariste hors pair.

Avec sa belle pochette inspirée par le Surfer d’argent, l’album débute par « Surfing with the alien » qui se montre immédiatement agréable en raison du son de guitare clair, fluide tout en produisant une nette impression de puissance maitrisée.

La démonstration se poursuit sur « Ice 9 » avec un thème musical dominant revenant hanter l’entrelacs de riffs saturés mais c’est surtout le long « Crushing day » au son très sec et métallique qui impressionne fortement l’auditeur.

Le ton se calme très fortement avec « Always you, always me » qui ralentit le tempo et dompte le déluge de décibels pour laisser passer un mince filet relaxant.

Mais cette accalmie est de courte durée puisque Satriani réenclenche son usine à riffs avec « Satch boogie » moins structuré que les titres précédents.

Après le court interlude haut en couleurs « Hill of the skull » vient « Circles » avec une alternance entre passages mélodiques plus intimistes et grandes envolées soniques plus prévisibles.

Une légère dose de mystère oriental est distillée dans « Lords of Karma » qui reste malgré tout très classique dans le développement de longues plages de riffs enchevêtrés.

L’album se termine sur deux titres, le court et timide « Midnight » aussitôt entendu aussitôt oublié et « Echo » long titre calme et mélodique.

En conclusion, même si je goute assez peu les albums de guitare, « Surfing with the alien » est assurément un bon disque mettant en valeur de manière relativement concise les qualités de son interprète principal.

Principale qualité du disque selon moi, l’excellente production qui met en lumière un son de guitare puissant, fluide et agréable.

Le jeu de Joe Satriani apparait construit sur une base foncièrement métallique avec beaucoup de riffs, de distorsion, de saturation et de solo très démonstratifs mais recèle aussi une certain feeling capable de s’exprimer à l’occasion dans des parties plus lentes et plus douces.

Succès d’estime donc pour ce disque honorable, même si je suis loin d’être un amoureux du style.

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 16:52

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1978 est une date importante voir capitale dans le monde du hard rock puisque c’est au cours de celle-ci que Van Halen sort son premier album sobrement intitulé « Van Halen ».

Formé à Pasadena (Californie), le groupe est alors composé de Dave Lee Roth, chanteur à fort charisme, des deux frères Van Halen, Alex à la batterie et Eddie à la guitare, le plus discret Michael Anthony étant à la basse.

Avec sa pochette sobre mais sentant bon la sueur et le rock, « Van Halen » débute par un mid tempo utltra entrainant « Running with the devil » marqué par d’excellents refrains et par quelques cris suraigus du plus bel effet de Lee Roth.

Puis Eddie Van Halen décide de marquer fort les esprits avec un court mais surpuissant interlude à la guitare intitulé « Eruption ».

L’enchainement avec « You really got me » la reprise d’un vieux titre des Kinks est à vrai dire assez fracassant mais c’est sur une composition personnelle au riff fantastique « Ain’t talkin’ bout love » que Van Halen fait de nouvelles étincelles.

Après un début de disque aussi exceptionnel, on est en droit d’attendre une naturelle baisse de régime.

Celle-ci est très relative sur « I’m the one » très nerveux, sauvage et doté de parties de guitares ahurissantes puis plus marquée sur « Jamie’s cryin » qui lorgne sans réellement s’assumer vers la ballade.

Nouveau chef d’œuvre avec « Atomic punk » qui déverse sur l’auditeur ébahi des riffs en acier trempé sur lesquels s’exprime un Lee Roth particulièrement convaincant au chant.

En comparaison, « Feel your love tonight » fait figure de rengaine irritante malgré la qualité toujours étonnante du jeu de guitare tandis que plus mélodique et équilibrée « Little dreamer » marque le succès de la première ballade du groupe.

L’album se termine par une nouvelle reprise du bluesman John Brim, « Ice cream man » rendue incroyablement vivante par le style groovy de Lee Roth et par « On fire » superbe morceaux aux vocaux haut perchés évoquant du Judas Priest en grande forme.

En conclusion, pour un coup d’essai, « Van Halen » a tout d’un coup de maitre et peut être considéré comme un des meilleurs albums de hard rock de l’histoire.

Une bonne moitié du disque est excellente voir exceptionnelle avec l’établissement d’authentiques références du genre.

Le reste est certes moins percutant ou novateur mais n’est pas à part peut etre deux titres plus faiblards à dédaigner non plus.

« Van Halen » marque la révélation d’un guitariste exceptionnel, Eddie Van Halen dont le jeu rapide et puissant est un véritable régal pour les fans de rock électrique mais ce talent pur, unique ne saurait faire oublier les grandes qualités vocales de Dave Lee Roth, qui évolue ici dans un registre très large, alternant cris suraigus à la Rob Halford avec un chant medium voir plus rocailleux ou mélodique quand les circonstances l’exigent.

« Van Halen » est donc un pur joyaux à posséder pour tout amateur de rock révolutionnaire !

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 20:52

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Ces chroniques ont souvent traité de hard rock, et pourtant aussi bizarre soit il jamais un seul album de Van Halen n’y figurait.

Cet oubli est maintenant réparé avec « 1984 », disque le plus célèbre et le mieux vendu de la longue carrière du groupe en raison des multiples hits qu’il contient.

En 1983, Van Halen fait déjà partie depuis la fin des années 70 des grosses pointures du (hard) rock américain aux cotés de Kiss et Aerosmith et en est déjà a son sixième album.

Malgré des dissensions toujours plus intense entre le guitariste surdoué et ambitieux Eddie Van Halen et le reste du groupe notamment l’excentrique Dave Lee Roth, « 1984 » et sa belle pochette provocante montrant un ange fumeur de cigarettes rappelant le « Heaven and hell » de Black sabbath, voient pourtant le jour en 1983.

A cette époque, poussé par des locomotives comme Judas priest et Iron maiden, le heavy et le hard rock sont au firmament de leurs succès et Van Halen entend bien dans son style plus grand public tirer sa légitime part du gâteau.

Après « 1984 » une courte et agréable introduction planante au synthétiseur, arrive le tube « Jump », dont le riff magique de clavier et le coté incroyablement festif, propulseront au firmament des morceaux rock les plus diffusés au monde, y compris dans les stades de foot ou de basket.

« Jump » est en effet à Van Halen ce que « The final count-down » est aux suédois d’Europe ou ce que « I was made for loving you » aux américains de Kiss.

Mais ce hit inoubliable usé jusqu’à la corde ne saurait faire oublier le très bondissant « Panama » autre tube mémorable porté par des refrains également irrésistibles.

On descend de plusieurs crans avec « Top Jimmy » qui brille surtout par le jeu de guitare hors du commun de Van Halen.

Un peu dans la même veine, « Drop dead legs » est un mid tempo rock sympathique mais un peu mollasson, tenu par le chant étincelant de Lee Roth et par les quelques effets du virtuose.

Le groupe remet le turbo avec « Hot for teacher » , troisième tube fracassant du disque avec des parties de guitares hallucinantes et un groove phénoménalement festif.

Avec son clip hilarant « Hot for teacher » fut pour beaucoup dans la popularité du disque et du groupe.

Van Halen sonne presque Genesis  sur le très pop « I’ll wait » ou le chant mélodique de Lee Roth parvient à faire oublier une nouvelle prédominance des synthétiseurs.

Le disque arrive alors tout doucement à sa fin avec « Girl gone bad » titre surchargé et chaotique et « House of pain » également notable par ses parties de guitares échevelées.

En conclusion, « 1984 » est un très bon disque de hard rock, dont les fulgurances guitarsitiques se marient assez bien avec le coté plus aseptisé et commercial des synthétiseurs si en vogue à cette époque.

Les trois tubes historiques y figurant justifient à eux seuls, l’écoute voir l’achat du disque, pour le reste, même si je trouve la qualité moindre, il paraitrait inconcevable de critiquer le jeu prodigieux du guitariste le plus connu de l’époque qui éclipse pour moi malheureusement le chant quasi parfait dans son registre de Lee Roth.

Mais si vous aimez le hard rock énergique, généreux, talentueux tout en demeurant incroyablement accessible, je vous recommande fortement « 1984 », dont le succès colossal marquera la fin de la collaboration du plus « Hollywood » des chanteurs avec le groupe.

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 16:58

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J’ai vous l’avez noté plutôt apprécié les pitreries de Will Ferrell sur « Moi, député » aussi me suis-je logiquement précipité sur « Frangins malgré eux » réalisé en 2008 par Adam Mc Kay.

« Frangins malgré eux » est une comédie loufoque américaine racontant comment le quotidien de deux presque quadragénaires vivant comme des adolescents de quinze ans va se trouver bouleversé par le remariage tardif de leurs parents respectifs.

Ex prodige du chant, Brennan (Will Ferrell) suit sa mère Nancy Duff (Mary Steenburgen) pour aller habiter chez son nouveau mari Robert Doback (Richard Jenkins), docteur spécialisé en prothèses auditives.

Chez les Doback, Brennan rencontre Dale (John C Reilly) le fils de Robert, qui se montre d’entrée agressif comme un jeune loup dont le tanière se trouverait menacée par un intrus.

Mais Brennan, lui opposé à ce déménagement est lui-même agressif et très désagréable avec son hôte.

Pourtant la cohabitation va devoir se faire, ne serait ce que par nécessité.

Lorsque Brennan touche à la sacro-sainte batterie de Dale, une bagarre sévère éclate entre les deux hommes-garçons, ce qui ameute pratiquement tout le voisinage.

Rappelés à l’ordre par leurs parents, les deux adolescents attardés sont forcés à établir un cessez le feu.

La situation va pourtant changer lorsque Derek (Adam Scott) le frère de Brennan, arrogant vendeur d’hélicoptères, va à l’occasion d’un diner en famille, insuffler au nouveau couple, l’idée vicieuse de vendre leur maison pour réaliser un tour du monde en bateau.

Convaincu par le bagout de Derek, Robert et Nancy acceptent, ce qui leur donne de surcroit une motivation supplémentaire pour mettre au boulot leurs deux fainéants de fils.

Lorsque Derek fait irruption dans la cabane ou Dale entrepose ses magazines porno vintage et vient narguer les deux frangins, ce dernier explose et décoche une terrible droite au frère de Brennan.

Cet acte produit un effet inattendu sur Alice (Kathryn Hahn) la femme de Derek qui se sent sexuellement attirée par ce comportement de male bestial.

Dale est donc quasiment violé par Alice qui lui réclame de toute force une relation adultérine afin de tromper l’ennui de son quotidien de femme mal mariée et les deux frangins comprennent donc que leur intérêt commun est de s’allier pour protéger leur vie de loosers assumés.

Brennan et Dale se découvrent alors quantités de points communs : les crises de somnambulisme ou ils se comportent en parfait hooligans, passion pour la musique, Star wars, l’Heroic fantasy, les Comics, le porno des années 70-80, le karaté dans le garage et les vieux films de Steven Seagal.

Déployant des trésors d’imagination, ils vont contrecarrer les plans de vente de Derek et soigneusement saborder tous leurs entretiens d’embauche.

Pourtant, la pression familiale sera plus forte, notamment après un violente dispute entre Brennan et Robert excédé par le comportement immature de son fils, ce qui aboutira au divorce entre Robert et Nancy.

Les deux compères finiront par devoir déménager, trouver un travail, Brennan étant embauché par son frère, odieux au possible, tandis que Dale travaillera comme sous traitant.

De plus, Brennan accepte de suivre une psychothérapie, même si il drague ouvertement sa psychiatre.

Prenant conscience de leurs responsabilités, les deux hommes donnent l’impression d’évoluer vers une vie plus « normale », Brennan demandant même à Derek de se voir confier l’organisation d’une grande réception de promotion à laquelle seront même conviés ses parents.

La réception commence bien, Dale assurant les buffets, puis le départ subite du groupe animant le show, pousse Dale et Brennan à monter sur scène pour sauver la situation.

Prenant confiance en lui, Brennan révèle son immense talent de chanteur avec Dale l’accompagnant à la batterie.

Le succès est immédiat et pousse le duo à se lancer dans le show business.

Dale et Brennan évoluent donc vers l’âge adulte tout en gardant leurs âmes d’enfant.

Ils prennent leur revanche sur la vie et concluent le film en passant à tabac une bande d’enfants qui les martyrisaient dans une scène des plus hilarantes.

En conclusion, « Frangins malgré eux » est un très bon film destinés aux trentenaires-quadragénaires, désireux de garder leur âme d’enfant et l’univers créatif et régressif des adolescents.

Ce coté vintage un brin nostalgique qui colle aux basques de ces deux loosers, rend le film prodigieusement attachant.

Bien entendu, les blagues sont souvent lourdes et vulgaires, mais fonctionnent la plupart du temps en raison de la formidable complicité entre Ferrell-Reilly.

Adolescents, étudiants-geeks, hommes-enfants, ce films est taillé pour vous et vos soirées bières-pizzas en tee shirt Star wars-Seigneurs des anneaux !

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