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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 20:04

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Après avoir été somme toute critique sur la qualité intrinsèque des productions récentes de Muse, je me devais d’explorer en toute impartialité son œuvre considérée comme maitresse, le fameux « Black holes and revelations ».

Paru en 2006, « Black holes and revelations » et sa pochette conceptuelle débute en souplesse avec « Take a bow » qui fait ici plutôt figure de lente éclosion tardant à émerger de sa chrysalide.

Mais l’attente valait sans doute le coup, puisque survient ensuite « Starlight » pour moi un authentique chef d’œuvre et  meilleur titre jamais composé par Muse.

Equilibré, puissant et épique, « Starlight » est de surcroit rendu magique par sa géniale mélodie de clavier et par son clip larger than life ou on voit le groupe jouer sa musique sur un cargo évoluant en pleine mer !

Lui emboitant le pas, « Supermassive black hole » groove gentiment à plusieurs respectables longueurs derrière tandis que « Map of the problematique » allie puissance de la guitare et sonorités quasi new wave.

Mais Muse sait aussi se faire séducteur avec la ballade « Soldier’s poem » mielleuse au possible ainsi que sur le long, statique et mal nommé « Invincible ».

Le ton se durcit nettement sur « Assassin » rapide et enlevé malgré un chant restant toutefois très aérien.

Après « Exo-politics » rock puissant relativement sobre et accessible, Muse donne de nouveau librement court à sa verve créatrice en plaçant un « City of delusion », illuminé de grandes envolées emphatiques.

La dernière ligne droite du disque se profile alors sans qu’on y prenne garde.

Elle sera gonflée, tout d’abord avec « Hoodoo » grandiloquente et doté de réminiscences hispanico-classiques mais surtout avec « Knights of cydonia » développant un coté western flamboyant des plus entrainants.

En conclusion, « Black holes and revelations » est assurément le meilleur album de Muse qu’il m’ait été donné d’entendre, ce qui ne signifie pas qu’il m’ait rendu fan du trio britannique.

Bien sur, la musique ici proposée est toujours extrêmement épique et dense, mais Muse semble plus canaliser son talent pour le maintenir dans des limites suffisantes pour empêcher l’éparpillement.

A l’exception des ballades toujours exagérées, l’ensemble présente une remarquable cohésion et une force vitale des plus réjouissantes.

Enfin pour achever le processus de conquête des ondes hertziennes, deux tubes dont le phénoménal « Starlight » viennent parachever le travail.

Sans être complètement à terre devant le talent du groupe, on peut néanmoins reconnaitre le travail bien fait.

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Published by Seth - dans Rock
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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 13:08

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Ecrite en 1965, « La musique » est une œuvre plutôt tardive et atypique de Yukio Mishima.

Dans ce roman, Mishima se met à la place d’un psychanalyste de Tokyo, le docteur Shiomi, face à une patiente présentant une pathologie complexe tournant autour de l’hystérie.

Cette femme, jeune, belle se nomme Reiko Yumikawa et appartient à une classe aisée de la bourgeoisie de province, avec des parents qui l’aident à financer sa vie indépendante et semi oisive sans poser de questions.

Par le biais de la métaphore de la musique, Reiko explique à Shiomi que son problème est la frigidité.

Le psychanalyste s’attelle donc à la tache pour comprendre les mécanismes mentaux ayant amené sa patient à cette situation de blocage.

Mais il comprend assez vite que Reiko ment régulièrement dans ses déclarations et le manipule.

Fasciné, Shiomi va devoir contre l’avis de sa compagne Akémi, user de toutes ses capacités pour décrypter la personnalité complexe et perverse de la jeune femme.

En démêlant le faux du vrai, Shiomi découvre que Reiko a souffert d’un traumatisme dans son enfance lorsque son frère lui a fait découvrir la sexualité par le biais d’attouchements sous le lit.

Bouleversée par cette expérience incestueuse isolée, Reiko est tombée amoureuse de son frère qui s’est naturellement détaché d’elle, la laissant dans des sentiments de frustration et de honte.

L’idée de castration s’est ensuite imposée en elle à la suite d’un jeu enfantin cruel, ou d’autres garçons l’ont déculottée pour simuler une castration, et lui ont inculqué l’idée qu’elle avait déjà été castrée préalablement.

Devenue une jeune femme séduisante, Reiko a grandi avec ce sentiment de castration, d’incomplétude ce qui paradoxalement a attiré les hommes vers elle comme son petit ami actuel, son collègue de bureau Ryuichi.

Homme puissant et vigoureux, Ryuichi est puissamment attiré par l’insensibilité de sa compagne.

Après que Reiko est excitée la jalousie de Ryuichi contre le médecin, les deux hommes entrent en contact et finissent par collaborer.

Ryuichi est une aide précieuse lorsque Reiko se rend brusquement dans sa ville de natale au chevet de son fiancé et cousin, mourant d’un cancer du foi.

Reiko surprend tout le monde par son attachement à ce cousin détesté, qu’elle veille jour et nuit jusqu’à son dernier souffle.

Revenue à Tokyo, Reiko explique à son médecin qu’elle se sent attirée par la mort et la douleur et qu’elle a éprouvé une sorte de jouissance à endosser le rôle de sainte au chevet d’un mourant.

Sa nouvelle attraction pour le malheur devient si puissante, qu’elle la pousse à se rapprocher de Hanai, un jeune homme rencontré dans un hôtel du bord de mer, alors qu’il s’apprêtait à se suicider.

Impuissant sexuellement et désespéré, Hanai présente tellement de similitude avec Reiko qu’ils deviennent rapidement intimes, la jeune femme trouvant dans ce jeune homme cérébral, fragile et prévenant, une sorte d’intellectualisation de son idéal d’homme parfait.

Mais quand Hanai parvient à surmonter son impuissance sexuelle, son comportement change et l’intérêt qu’il revêt aux yeux de Reiko chute brutalement.

Délaissé, Hanai se fait menaçant envers Shiomi au travers de lettres particulièrement agressives.

Patient et expérimenté, Shiomi endure la tempête qui souffle sur lui, entre également en contact avec Hanai et complète par ses explications également pathologiques, celles de Reiko.

Au final, Shiomi découvre la vérité, et comprend que Reiko a retrouvé à Tokyo le frère qu’elle cherchait en vain depuis ses années.

Mais celui a changé, abandonné ses études et ai devenu un petit voyou soumis aux yakuza.

Reiko raconte que pauvre, alcoolique et brutal, son propre frère a profité des retrouvailles pour la violer devant sa propriétaire une prostituée vulgaire jalouse.

Après cet acte, le frère a disparu de la circulation, laissant Reiko dans un état complètement bouleversé.

Shiomi décide donc d’abandonner la théorie et les longues séances de psychanalyse pour provoquer un électrochoc salvateur.

Accompagné d’un guide influent et respecté, il retrouve la trace du frère et rend avec Reiko et Ryuichi à San’ya, quartier ouvrier misérable et dangereux de Tokyo controlé par les yakuza.

Lors de l’entrevue, ils découvrent que ce frère a eu un enfant d’une femme des rues qu’il pousse à se prostituer jour et nuit.

Reiko a un choc immense en réalisant la déchéance de son frère, mais débloque aussi son problème intime qui était de vouloir avoir un enfant de son frère.


Voyant que cette maternité a déjà eu lieu, son obsession se dénoue et elle peut donc libérer son corps de la frigidité qui l’enserrait.

Grace à Shiomi, elle peut donc se marier avec Ryuichi et mène un vie  de femme épanouie.

En conclusion, « La musique » sort effectivement des écrits habituels de Mishima.

L’auteur y démontre son intérêt pour les théories psychanalytiques des allemands Freud, Jung et Heidegger, émergentes dans les années 60 au Japon pratiquement en même temps qu’aux Etats Unis alors qu’on aurait pu penser les japonais plus pudiques et moins enclins à livrer à la science occidentale leurs tourments psychiques.

Le sexe plane fortement sur le récit, mais est approché de manière déviante et pathologique au travers de la frigidité d’une jeune femme ou de l’impuissance d’un jeune homme.

On a donc affaire ici à une sexualité complexe, douloureuse, meurtrissant la vie des protagonistes jusqu’à l’altérer complètement.

Bien qu’intéressant, sinueux, bien construit et sans doute novateur en son temps, l’exercice est pour moi un peu trop classique pour un livre de Mishima.

Sans doute pas le meilleur Mishima, mais mention honorable tout du moins.

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Published by Seth - dans Psychologie
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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 16:42

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Sorti en 1972, « Délivrance » de John Boorman est un film que j’ai vu pour la première fois à l’âge de 12 ans et qui me traumatisa par la violence de certaines scènes.

Quelques années plus tard, je revis le film et pu évacuer le traumatisme pour le considérer à tête reposée selon sa juste valeur.

Tiré d'un roman de James Dickey, « Délivrance » raconte la ballade écologique d’une bande de quatre amis citadins, désirant descendre en canoë-kayak une rivière sauvage non loin d’Atlanta.

Cette bande se compose de Lewis Medlock (Burt Reynolds) leader et aventurier né, viril et sur de sa connaissance de la nature, Ed Gentry (Jon Voight), plus effacé père de famille mais malgré tout motivé par l’aventure, Bobby Trip (Nead Beatty), agent d’assurance petit, replet et peureux et enfin Drew Ballinger (Ronny Cox) le rêveur et guitariste de l’équipe.

La rivière allant prochainement être asséchée en raison de la construction d’un barrage, le groupe se hâte de trouver auprès des autochtones des conducteurs acceptant de leurs acheminer leurs véhicules à leur point d’arrivée en bas de leur destination.

Mais le contact avec les populations locales est pour le moins délicat, les hommes dépenaillés, sales et sauvages se montrant rétifs voir agressifs.

Pourtant l’autorité naturelle de Lewis parvient à prédominer et il trouve deux frères, les Griner pour faire contre finance la tache de convoyage demandée.

Le groupe se réparti en deux embarcations et la descente commence alors sur une rivière dotée de rapides plutôt dangereux.

A l’exception de Lewis, les hommes se comportent en amateurs, Drew oublie de mettre son gilet de sauvetage, Bobby se montre arrogant et geignard, quand à Ed, malgré sa bonne volonté, il se montre incapable de maitriser ses nerfs au moment de tuer du gibier à l’aide de l’arc de Lewis.

La première journée se déroule bien et les quatre hommes philosophent le soir au coin du feu avec Lewis qui défend l’idée d’un retour prochain aux sources et à une certaine animalité une fois la civilisation effondrée sur elle-même.

Mais le lendemain, un drame survient.

Ed et Bobby rencontrent deux chasseurs autochtones dans les bois.

Edentés, sales et inquiétants, les chasseurs se montrent rapidement agressifs et menacent les deux randonneurs de leurs fusil.

Forcé de se mettre nu et d’imiter le cochon, Bobby est violé dans la foret et Ed ligoté par la gorge à un arbre s’apprête à subir le même sort, lorsque Lewis surgit de la foret et décoche une flèche dans la torse d’un des chasseurs tandis que son compagnon édenté prend la fuite.

L’homme meurt en une lente agonie et un débat passionné prend alors place au sein du groupe : alerter les autorités et faire confiance à la justice comme le veulent Ed et Drew ou bien enterrer le corps pour effacer les traces du meurtre comme le veulent Lewis et Bobby ?

Finalement, Ed se range à l’avis de l’autre camps et il est décidé d’enterrer le chasseur dans la foret avant de poursuivre la descente de la rivière.

Malheureusement, le second chasseur décide de traquer le groupe, tue Drew d’une balle dans le ventre ce qui fait chavirer les deux embarcations prises dans de violents rapides.

Abrités sous des roches, les survivants comprennent que Lewis grièvement blessé à une jambe et en état de choc, n’est également plus opérationnel.

Après un nouveau débat, Ed prend son courage à deux mains et décide de gravir la roche abrupte surplombant leur cachette afin de surprendre le tueur et de le tuer à l’aide de l’arc de Lewis.

L’ascension d’une paroi aussi vertigineuse est une épreuve quasi surhumaine, mais pourtant Ed poussé par l’adrénaline et le souvenir des siens, trouve la force de se dépasser.

Arrivé au sommet, il s’endort épuisé pour trouver quasiment dans sa ligne de mire le second chasseur édenté.

Ed arme son arc mais sa main tremble à nouveau au moment de tirer.

Il décoche sa flèche au moment ou le chasseur lui tire dessus.

En tombant, il s’empale sur une de ses proches flèches qui lui déchire le ventre.

Alors qu’on pense que le chasseur va l’achever, l’homme titube, le corps percé de la flèche décochée par Ed.

Réagissant en tueur parfait, Ed descend le corps du chasseur à l’aide d’une corde avant lui-même de descendre difficilement en rappel.

L’homme est lesté et mis au fond de l’eau tout comme le corps brisé de Drew.

Ed et Bobby mettent dans une canoë, un Lewis blême de fièvre et terminent la descente ensemble tout en se mettant d’accord sur une version commune des faits oubliant les attaques dans la foret pour se concentrer sur la mort accidentelle de Drew.

Mais la police locale se méfie, d’autant plus que l’adjoint du sheriff est un cousin d’un des chasseurs disparus en foret.

Malgré les contradictions entre les deux hommes et les mensonges évidents, le shérif préfère conserver la tranquillité de sa région avant l’arrivée du barrage et ne relâche finalement le trio de survivants non sans leur demander de ne plus jamais revenir dans cette région des Etats Unis.

En conclusion, après toutes ses années, la puissance de « Délivrance » oscarisé en 1973 demeure intacte à mes yeux.

Impressionné voir terrorisé puis fasciné dans ma jeunesse par la violence du film, notamment une scène de viol sur homme, rarissime au cinéma, rappelant l’horreur insoutenable d’un « Irréversible » de Gaspard Noe, j’ai avec le temps changé mon point de vue sur ce film pour en découvrir les multiples niveaux de lecture.

« Délivrance » est pour moi un film anti-écologique, rappelant la dureté et la sauvagerie originelle de la nature.

Cette violence se manifeste par le biais des montagnards, véritables brutes dégénérées assouvissant en toute impunité leur bas instincts sans se soucier des conséquences.

Confrontés à cette réalité brutales, nos citadins voient leurs doux rêves de nature idyllique voler en éclat et réalisent leur état d’extrême vulnérabilité dans cet environnement non protégé.

Mais là ou Boorman se montre génial, c’est que ce n’est pas Lewis, l’homme des bois surentrainé, musclé et viril qui apporte la solution, mais Ed, le gentil citadin qui trouve en lui les ressources intime lui permettant de se révéler physiquement et mentalement à la hauteur de sa survie.

Obéissant à l’implacable loi du Darwinisme, Ed évolue, s’adapte, inhibe ses peurs pour retrouver son animalité enfouie.

On peut également noter outre les deux excellents rôles principaux donnés à Voight et à Reynolds, la qualité globale des rôles secondaires.

Beatty est parfait en citadin arrogant et faible, victime désignée des sévices, quand au plus effacé Cox, son duel de banjo avec un jeune autochtone trisomique virtuose, demeure un des moments forts du film.

Pour couronner le tout, Boorman allie la forme au fond, enveloppant cette sanglante aventure d’un climat mêlant splendeur de la nature américaine et brutalité terrifiante de tueurs aussi stupides que cruels.

« Délivrance » ou sans nul doute l’une des meilleurs films d’aventure/épouvante qui soit mais également une réflexion critiques passionnante sur le mythe aujourd’hui revenu en vogue dans nos sociétés polluées ultra libérales, du retour à l’état naturel, sensé être la perfection immaculée.

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Published by Seth - dans Aventure
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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 12:19

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Changement quasi radical de registre avec un beau film français de François Dupeyron, « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran ».

Adapté d’une roman d’Eric Emmanuel Schmidt, « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran » voit le jour en 2004.

L’histoire se déroule durant les années 60 dans un quartier populaire de Paris ou se situe une rue imaginaire appelée la rue bleue.

Moise (Jérôme Boulanger) un adolescent juif est élevé seul par son père (Gilbert Melki), un homme taciturne et malade qui se remet mal du départ de sa femme.

A peine sorti de la puberté, le jeune homme est fasciné par la sexualité exubérante des prostituées sur lequel donne son appartement de la rue bleue.

Il met de coté l’argent que lui donne son père pour les courses dans l’espoir d’en réunir assez pour s’offrir sa première femme.

A chacun de ses passages quotidiens chez l’épicier arabe du coin, Moise dit Momo, échange quelques mots avec Monsieur Ibrahim (Omar Sharif), vieil homme calme et généreux qui le conseille sur le choix des meilleurs produits alimentaires quitte à tricher avec ceux apportés à son père (nourriture pour chats, mauvais vin).

Ibrahim ferme aussi les yeux sur les petits vols que commet Momo, dans la mesure ou ils sont commis par nécessité.

Arrive ensuite le jour J ou Momo a assez de courage et d’argent pour aborder une prostituée.

Après plusieurs échecs, l’une d’entre elle Sylvie (Anne Suarez), une plantureuse blonde accepte de le déniaiser dans une petite chambre.

Mais son père se doute que Momo met de l’argent de coté pour voir les filles et lui sert les finances.

Plus grave, l’homme rabaisse continuellement son fils par rapport à son frère parti avec sa mère, oublie de lui fêter son anniversaire.

Momo continue de s’émanciper, s’offre Fatou (Mata Gabin) une jolie prostituée noire et se lie d’amitié avec Monsieur Ibrahim, qui lui apprend qu’il est d’une région comprise entre la Turquie est l’Iran.

Le vieil homme lui cite souvent le Coran mais fait preuve de beaucoup de tolérance envers la judaïté de Moise.

Cette complicité prend une ampleur supérieure lorsqu’une star de cinéma (Isabelle Adjani) met le quartier en émoi en faisant une courte apparition pour le tournage d’un film.

Mais un jour, le père de Momo le quitte en lui laissant quelques économies.

Livré à lui-même, le jeune hommes est pris sous son aile par Ibrahim lui aussi seul et en manque d’affection.

Cet état est aggravé par l’annonce de la mort de son père, jeté sous un train et par le refus de Momo d’être reconnu par sa mère, qui ne le reconnait pas après toutes ses années d’absence.

Par compensation, un lien quasi filial se tisse alors avec Ibrahim qui décide d’acheter une voiture décapotable pour entreprendre avec lui un voyage de retour vers sa terre natale.

Après avoir passé le permis, Ibrahim part avec Momo dans un long voyage via l’Europe du Sud-est.

Il fait découvrir la Grèce et Istanbul à Momo et arrive ensuite jusqu’à son village natale de Cappadoce.

Laissé temporairement sur le bas coté de la route, Momo apprend que Ibrahim a eu un terrible accident de voiture.

Il se rend donc au chevet du vieil homme qui lui transmet son amour et son fameux Coran au moment de mourir.

Momo découvre alors le secret d’Ibrahim, une fleur cachée dans les pages du livre.

Héritant du magasin du vieil homme et de tous ses biens, Momo reprend le commerce et devient le successeur de son père spirituel.

En conclusion, « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran », est une œuvre belle et simple reposant sur un mécanisme éprouvé depuis longtemps entre un vieil homme et un adolescent tous deux esseulés et meurtris par la vie.

L’aspect religieux est à peine esquissé, pour justement transcender les différences entre judaïsme et islam, pour toucher aux valeurs essentielles de l’humanisme.

Le césar du meilleur acteur est mérité pour un Omar Sharif alors âgé de plus de 70 ans mais semblant lorgner déjà vers les 80 ans.

Je retiens du film la dignité d’un vieil homme de au moment de tirer sa révérence au monde, se rapprocher de la quintessence de l’existence comme apprécier la beauté des choses naturelles, faire preuve de générosité, de grandeur et transmettre ses richesses matérielles et spirituelles le moment venu.

Rien que pour cela, ce petit film un brin gentillet, mérite du respect et de l’attention.

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 14:44

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En 1993, Sepultura n’a pas encore atteint son pic artistique et commercial mais s’en rapproche tout du moins sérieusement et bénéficie déjà d’une statut de groupe majeur du thrash metal contemporain.

La raison de ce succès ? Une émancipation progressive par rapport à ses modèles américains, une musique plus efficace, les rythmiques si puissantes d’Igor Cavalera et surtout les textes ouvertement sociopolitiques de Max Cavalera.

Survient alors « Chaos AD » et sa pochette ésotérico-morbide.

L’entrée en matière est impressionnante avec un « Refuse/resist » chaloupé et rugueux, dont le clip en fit un véritable hymne à la rébellion pour les contestaires du monde entier.

Anarchique, rebelle et brutal, ce morceau ne pouvait qu’avoir un fort impact sur la jeunesse de l’époque.

L’enchainement avec « Territory » est fantastique avec un nouveau mid tempo ultra pesant ou la voix sépulcrale de Cavalera porte une rage sourde.

Les parties de guitares thrash sont à l’honneur sur le rapide « Slave new world » à qui il manque un soupçon d’originalité pour pleinement accrocher l’auditeur.

Sepultura fait de nouveau mal sur le mid tempo lourd et agressif, « Amen » qui s’en prend un peu facilement à la religion puis démontre son attachement aux racines indiennes du Brésil avec l’instrumental acoustique tout en retenue « Kaiowas ».

Mais la trêve est de courte durée, Max et sa bande revêtant instantanément leurs tenues de combat pour se jeter dans un rugueux « Propaganda » manquant de fluidité.

Le niveau des compositions chute alors sensiblement avec le laborieux et maladroit « Biotech is godzilla ».

On a ainsi franchement du mal à adhérer à « Nomad » plat et pauvre malgré les grognements sourds de Max et ce pas le semi instrumental « We who are not as others » aux paroles ultra répétitives qui va venir améliorer la situation.

Le groupe a beau vitupérer ensuite contre les brutalités policières brésiliennes auteur du massacre de la prison Carandiru en 1992, le morceau « Manifest » n’en demeure pas moins extrêmement pénible.

Il faut attendre la fin du disque pour voir une lumière dans la pénombre, avec « Hunt » aux riffs très accrocheurs mais cette accalmie est de courte durée tant « Clenched fist » s’étale inutilement sur ses huit minutes terminée par des hurlements de déments assez déplaisants.

En conclusion, malgré sa réputation,  « Chaos AD » n’est pas pour moi un album plaisant.

Après une introduction tonitruante (les deux premiers titres), l’album s’essouffle aussi rapidement qu’un fumeur de ganga sur un 400m, révélant des compositions sans grande saveur ni inspiration.

Sepultura ralentit ses tempos et atténue sa violence, axant plus son travail sur mid tempo lourd, parfois inutilement alambiqués.

Cavalera lasse avec son chant monolithique d’homme des cavernes qui ne peut faire oublier la relative pauvret des riffs de la paire qu’il forme avec Andreas Kisser.

Reste donc un album bien ancré dans son époque, dans un registre politico-contestataire très en vogue.

En 1993, Sepultura se pose en une version plus body buildée et métallique que Rage against the machine, mais aussi sans doute moins accessible.

Pour moi passés les deux premiers titres, sans intérêt avec le recul.

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Published by Seth - dans Thrash Metal
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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 13:04

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Sorti en 1979, « Mad Max » de George Miller est considéré par beaucoup comme un film culte dont à l’imagerie punk apocalyptique très influente.

L’histoire se situe dans un futur proche indéterminé ou l’humanité semble avoir régressé au point que des bandes de voyous motorisés sèment la terreur sur de grandes autoroutes semi désertiques et abandonnées.

Seule la MFP (Main Force Police) une police équipée pour l‘interception routière (voitures, motos) semble encore capable de lutter contre ses bandes puissantes et déterminées.

Max Rockantasky (Mel Gibson) est un de ses policiers et ses talents de pilote couplés à une certaine inconscience du danger lui permettent de réussir ou ses collègues échouent le plus souvent.

Au cours d’une course poursuite frénétique, un voleur de voiture psychotique appelé Montizano (Vicent Gil), l’aigle de la route, est tué par les policiers.

A son retour à la base, Max est acclamé en héros par ses collègues et félicité par son supérieur le costaud et viril Mc Fee (Roger Ward).

Ses amis mécaniciens lui présentent une nouvelle voiture interceptrice à la motorisation révolutionnaire suralimentée à la nitroglycérine.

Max est séduit par le prototype mais rentre retrouver sa femme Jessie (Joanne Samuel) et son bébé, qui vivent dans une belle maison située aux bords de la mer.

Mais l’aigle de la route appartenait à une bande de motards, dont le chef, Toecutter (Hughs Keays Byrne) a juré de venger sa mort.

La bande montre toute sa férocité en prenant le contrôle d’une ville, en persécutant les habitants et en violant un jeune couple qui avait tenté de prévenir les secours.

Toecutter impose sa domination par la violence et sa cruauté, aidé par son lieutenant Bubba Zanetti (Geoff Parry).

Un jeune motard attardé appelé Johnny the boy (Tim Burns) est pris sur les lieux du viol par Jim Goose (Steve Bisley) , motard hâbleur de la MFP et sérieusement secoué lors de son interrogatoire.

Mais les habitants terrorisés ne portent pas plainte et le motard psychotique est relâché en proférant des menaces de mort sur Goose et Max.

Sans doute trop confiant, Goose tombe dans un traquenard et est brulé vif par les motards déchainés comme une bande de hyènes.

Max est si choqué de voir son ami vivant mais brulé à plus de 80% qu’il annonce sa décision de démissionner de la police pour aspirer à une vie paisible avec sa famille.

Malheusement pour lui, les motards ne le laissent pas en paix et le traquent inlassablement après que Jessie ait échappé à une agression en arrachant le bras d’un d’entre eux.

Le couple est agressé dans sa ferme et la famille de Max tuée sous ses yeux.

Mu par un puissant sentiment de vengeance, Max revêt son uniforme de policier clouté, s’arme d’un fusil à pompe et enfourche la nouvelle interceptor ultra rapide.

Il fond alors sur les motards devenus des proies et en blesse quelques uns.

Mais la bande de Toecutter reste redoutable, même pour un policier déterminé, aussi Max est il blessé par balle à la jambe, a le bras cassé par une moto et voit il Bubba fondre sur lui pour le tuer.

Max parvient à tuer Bubba avec le fusil empoigné de sa main gauche et trouve la force de remonter en voiture pour courser à mort Toecutter qui finit démembré par un poids lourd.

Le hasard est encore une fois clément avec Max qui retrouve Johnny en train de dépouiller un cadavre.

Max se montre impitoyable avec le fou, le menottant à la carcasse d’une voiture à laquelle il met le feu, tout en lui laissant le choix de se couper la cheville pour se libérer.

Le film se termine sur le visage dur et ferme du héros solitaire.

En conclusion, « Mad Max » est un cauchemar halluciné, épuré et ultra violent.

Miller dépouille son premier film de tout artifice lié à un gros budget qu’il n'a de toute façon pas à l’époque et va à l’essentiel en proposant un spectacle mécanique intense et prenant.

On peut être choqué par le coté malsain/sadique du film et par la moralité sommaire appliquant la loi du talion.

Sans doute discutable sur le plan du fond et de la forme, « Mad Max » n’en est pas moins un incroyable film d’action faisant la part belle aux mécaniques vrombissantes transformées en machines de guerre.

Une œuvre profondément heavy metal dont l’univers cuir-nihilistico-punk inspirera bon nombres d’artistes de tous milieux.

Et le rôle de la révélation pour un Mel Gibson alors âgé de trente trois ans.

Il incarnera pour moi toujours ce même personnage, bon père de famille, devenant complètement dingue une fois que sa famille aura été touchée, ce qui lui donnera toute légitimité pour exercer de sanglantes représailles au mépris de toute loi.

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 15:58

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Poussé par des influences extérieures, j’ai visionné « Twilight, chapitre 1, fascination » la première adaptation du best seller mondial de Stéphanie Meyer par Catherine Hardwicke.

Paru en 2008, le film emboite trois ans après le succès colossal du livre.

L’histoire est celle de Bella Swan (Kristen Stewart) une adolescente américaine un peu perdue, qui doit quitter sa ville ensoleillée de Phoenix suite au départ de sa mère fraichement remariée avec un joueur de base ball, pour d’établir à Forks petite ville humide de l’état de Washington ou réside son père Charlie (Billy Burke), sheriff local comme il se doit moustachu et débonnaire.

Au collège, Bella prend ses marques malgré son peu de confiance en soi.

Elle se trouve étrangement attiré par un beau et mystérieux jeune homme appelé Edward Cullen (Robert Pattinson), dont le comportement fuyant à son égard en cours de biologie l’intrigue.

Les amis de Bella lui apprennent que Edward est le fils du médecin de la ville, Carlisle Cullen (Peter Facinelli) et qu’il appartient à une sorte de clan familial élitiste composé de Alice (Ashley Green), Rosalie (Nikki Reed), Jasper (Jackson Rathbone) et Emmett (Kellan Lutz).

Après quelques tâtonnements, Edward se montre plus réceptif aux avances de Bella et une relation s’instaure franchement entre les deux adolescents après que le jeune homme l’ait sauvé d’une collision avec une voiture en usant de super force et de super rapidité.

Bella découvre peu à peu les étranges facultés d’Edward qui se livre davantage sur sa nature de vampire quasi immortel et sa famille assimilée à des végétariens car non consommateurs de sang humain.

Elle complète ses informations avec celles apportées par Jacob Black (Taylor Lautner) jeune indien fils d’un ami de son père qui lui révèle que les Cullen sont interdits sur le territoire de son peuple.

La séduction est plus forte que la crainte et Bella tombe amoureuse de son beau vampire protecteur même si leur couple dénote au sein du petit monde scolaire de Forks.

Elle est même invitée dans la somptueuse demeure de la famille Cullen, qui surmonte ses instincts de prédation naturels pour lui faire plutôt un bon accueil.

Si Alice se montre particulièrement avenante et sympathique, Rosalie est elle franchement hostile à l’intégration qu’elle estime contre nature de cette humaine.

Au cours d’un match de base ball joués sous un orage, les Cullen font la connaissance d’un trio de vampire errant auteurs de plusieurs meurtres d’êtres humains dans le voisinage.
Avec son look de rocker grunge, James (Cam Gigandet) se montre le plus agressif et montre clairement des vues sur Bella.

Edward et sa famille s’interposent, évitant un affrontement quasi fratricide.

Mais les Cullen savent que James malsainement excité par l’enjeu, va traquer Bella pour la tuer.

Il est donc convenu d’un plan pour éloigner Bella de la maison de son père afin de protéger les Swan.

La jeune fille se voit donc contrainte de mentir à son père, un brave quadra divorcé faisant du mieux qu’il peut, pour le quitter.

Mais même de retour à Phoenix, Bella n’est pas en sécurité puisque sa mère est prise en otage par James.

Sommée de se rendre à un rendez vous, Bella est torturée par James qui s’apprête à lui sucer le sang.

Alors que Bella vient d’être mordue, Edward surgit et bloque son adversaire pourtant plus puissant que lui.

La famille Cullen arrive alors au grand complet, tombe sur James et le tue en dépeçant et brulant son corps.

Malgré une jambe cassée et de sérieuses blessures, Bella se trouve sauvée par Edward qui aspire le venin de la morsure de James;

Pourtant, Victoria (Rachelle Lefèvre) la sculpturale amie rousse de James semble décidée à venger la mort de James …

En conclusion, « Twilight, chapitre 1, fascination » est pour moi une découverte.

Le mythe quasi éternel du vampire est ici sérieusement modernisé avec quelques adaptations par rapport aux légendes sataniques du Dracula de Bam Stroker.

On sent que Hardwicke pose un univers et des personnages susceptibles d’évoluer fortement.

Bien sur, l’idée de rencontrer des beaux et gentils vampires « végétariens » pourra faire hurler les puristes criant à la dénaturation du mythe, mais cette édulcoration volontaire n’est pas pour moi plus absurde que leur conférer des pouvoirs d’invisibilité, de bruler au soleil ou de se transformer en chauve souris.

L’aspect romantique de l’amour interdit pour le vampire est toutefois conservé avec cette attirance contre nature.

Nous sommes donc ici en face d’un film certes pour public jeune, mais plutôt plaisant et efficace dans son ambiance de grande foret sombre et humide.

Même si je suis loin d’atteindre l’état de fascination, ce film constitue une surprise plutôt agréable donc pour moi …

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 14:22

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Après avoir rendu plusieurs hommages à Louis de Funès, je tenais à en faire de même avec Bourvil, l’autre géant du cinéma comique français des années 60.

Paru en 2005, « Bourvil, de rire et de tendresse » est une biographie écrite par deux spécialiste du monde de la musique Philippe Crocq et Jean Mareska.

Après une préface de Tom Novembre, grand admirateur de Bourvil au point d’avoir sorti un disque de ses chansons, le livre déroule de manière linéaire la vie d’André Raimbourg né en Normandie dans un milieu rural avec vaches et champs.

Attaché à ses origines paysannes et à sa région d’origine, André prend le pseudonyme de son village d’enfance, Bourvil.

Mais l’homme dispose d’un tempérament trop bohème et curieux pour se cantonner à la vie de paysan, et montre bien vite des dispositions pour les métiers artistiques en faisant rires ses camardes ou en chantant dans des bals de village ou il imite des stars de l’époque comme son modèle original Fernandel.

En 1939, la guerre arrive et propulse André alors âgé de vingt deux ans dans des obligations militaires que sa santé ne supporte pas bien longtemps.

Malade, il est rapatrié dans le Sud ouest ou il fait la connaissance d’Etienne Lorin, un accordéoniste avec qui il fera ses premiers pas dans les cafés concerts de Paris dans lesquels il fait étalage de ses incroyables talents de comique ainsi que de chanteur.

Bourvil possède en réalité le don de faire rire en peaufinant un personnage de provincial benêt, maladroit, faux naïf plus malin qu’il en a l’air mais surtout profondément bon et généreux.

Ce caractère simple et attachant, touche lui confère un public assez universel avide de distractions depuis la fin de la guerre.

Mais l’homme sait également se faire adroit chanteur, en interprétant avec talent chansons alternativement drôles ou plus mélancoliques.

Nanti d’un tel bagage, Bourvil ne tarde pas à se faire un nom dans le show biz parisien et est signé par André Trives imprésario chez Carrère.

Il côtoie alors les stars de l’époque, Edith Piaf, Francis Blanche, Yves Montand, Charles Trenet ou la jeune Line Renaud alors débutante.

Les premiers pas de Bourvil dans le cinéma sont moins heureux.

Il tourne dans des films médiocres avec André Berthomieux et se montre plus enclin à poursuivre sa carrière sur scène ou le rapport avec le public est direct.

Dans ce registre, son talent fait des étincelles.

Il se produit au théâtre et dans des opérettes comme « La route fleurie » avec son ami chanteur George Guétary mais sa popularité explose au niveau national avec la montée en  puissance de la radio ou des disques, qui diffusent alors massivement des chansons devenus des classiques populaires comme « Les crayons », «  La tactique du gendarme », « Salade de fruits », « C’était bien » , « La tendresse » ou « Les abeilles ».

Bourvil est alors un proche du producteur Jean-Jacques Vital et de Bruno Coquatrix, directeur de Bobino ou il se produira souvent, puis de l’Olympia.

Mais le cinéma lui tend les bras, comme à toutes les vedettes de l’époque.

Bourvil est plus heureux en tournant des adaptations de Marcel Aymé comme « Le passe-muraille » en 1951 mais surtout « La traversée de Paris » aux cotés de Gabin et De Funès, qui lui vaudra sa première reconnaissance de la profession dans un rôle complexe élargissant son jeu au-delà des prestations de nigaud campagnard.

Il peut alors tourner avec la belle Michèle Morgan à Venise « Le miroir à deux faces » , pousser encore plus le contre emploi en incarnant un Thénardier cruel et sournois dans « Les Misérables » (1958) aux cotés des irascibles Gabin et Blier et faire la connaissance du jeune premier Jean Marais dans « Le bossu » de son ami Hunnebelle (1959).

Malgré tout son rapport avec le cinéma demeure délicat et « La jument verte » en 1959 adaptation corrosive d’une autre œuvre d’Aymé, est un cuisant échec tout comme bon nombre des films qu’il tourna au début des années 60 notamment avec son sulfureux ami Jean-Pierre Mocky, aussi Bourvil jongle t il astucieusement avec sa carrière de comique et chanteur qui lui apportent plus de satisfactions.

Devenu une star, Bourvil tourne d’égal à égal avec son ancien maitre Fernandel dans « La cuisine au beurre » mais la rivalité est terrible avec le vieux méridional qui le considère plus comme une menace.

Vient enfin « Le corniaud » de Gérard Oury en 1964 et la découverte d’une formidable complémentarité avec Louis de Funès pourtant mécontent au départ du peu de place qui lui est laissé dans le film.

La suite, on la connait, bien que doté de caractères différents, De Funès étant un timide angoissé dans la privée, Bourvil plutôt enjoué et blagueur, les deux hommes deviendront amis et tourneront la célébrissime « Grande vadrouille » sorte de première super production française qui sera un raz de marée populaire.

Pui se sachant malade et condamné par un cancer des os, Bourvil parviendra malgré la fatigue à se détacher du rôle de pitre pour incarner des personnages plus sombres et complexe dans les polars « Le cerveau » mais surtout « Le cercle rouge » de Jean-Pierre Melville.

En conclusion, « Bourvil, de rire et de tendresse » relate bien entendu des anecdotes intéressantes de la vie d’un des amis préférés des français mais ne révèle à dire vrai que peu de choses sur la vie privée et intime de l’homme derrière l’acteur.

On le devine sensible, fidèle en amitié comme avec des réalisateurs de cinéma marginaux comme Mocky ou fidèle à sa femme Jeanne Lefrique amie d’enfance, dont finalement le livre parle assez peu alors qu’on aurait pu parler de son décès survenu en 1985 alors qu’elle se rendait sur sa tombe.

Mais Bourvil savait aussi se montrer fort et malin pour se faire respecter dans le milieu du show bizness.

Son courage face à une maladie qu’il nia jusqu’à ses derniers instants inspire le respect même si on peut y voir un certain manque de lucidité en se lançant sans cesse dans de nouveaux projets qu’on est pas certains de finir.

L’amitié avec Louis de Funès est assez peu développée, elle fut pourtant bien réelle et au moment de sa mort, les deux amis débordaient des projets artistiques malheureusement restés inaboutis.

De mon coté, j’ai plus apprécié découvrir le Bourvil chanteur, drôle ou touchant, qu’on oublie quelques fois derrière le monstre du cinéma populaire.

Une biographie qui reste toutefois intéressante et touchante pour cet homme resté simple et gentil, comme l’idéal meilleur ami des français.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 22:07

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Les années 2000 passent et Muse s’affirme, prenant de plus d’assurance et de poids dans un univers rock terriblement vide et stagnant.

Il faudra donc s’y faire, les héros du rock du nouveau millénaire ont des physiques de gringalets propres sur eux semblant aller tout droit courir à un entretien d’embauche dans une agence bancaire.

En 2009, Muse a déjà conquis le trône avec son album précédent « Black holes and révélations » avec quelques hits bien sentis et des vidéo clip souvent géniales de démesure.

Vient alors l’heure de la toujours difficile confirmation avec « The resistance » doté d’une belle pochette digne d’un tableau de Victor Vasarely relooké.

L’album commence par un véritable hymne, « Uprising » doté de mélodies superbes et de refrains d’une simplicité et d’une puissance inouïe capable de redonner du courage à un mourant en phase terminale.

Pour accroitre son impact quasi révolutionnaire, « Uprising » fut propulsé par un vidéo clip tout bonnement incroyable ou on voyait un ours en peluche détruisant une ville miniature …

Dans un autre registre moins puissant, « Resistance » produit également son petit effet à grand renfort de belles envolées maitrisées lancées par des gimmicks vocaux particulièrement efficaces.

Encore plus surprenant mais car quasi pop, « Undisclosed desires » demeure particulièrement réussi.

On retrouve en réalité le style emphatique néo-classique du groupe avec « United states of Eurasia/collateral dommage » impressionnant de majesté orientalisante.

Après toutes ses splendeurs et innovations, Muse retourne à des choses plus traditionnelles avec « Guiding light » ballade étirée reposante mais peu passionnante.

Difficile également d’accrocher à « Unnatural selection » long morceau complexe sans réelle dynamique d’ensemble ce qui n’est pas le cas de « MK ultra » beaucoup plus vif et compact.

Vient ensuite le tour du Muse sirupeux sur l’horrible ballade « I belong to you/mon cœur s’ouvre à ta voix » agrémentée d’une seconde partie quasi incompréhensible miaulée en français.

Les choses paraissent ensuite claire, Muse a décidé de larguer les amarres et de s’envoler à bord de son croisière inter sidéral avec « Exogenesis » un voyage spatial en trois étapes, une « Overture » cosmique si élégante qu'elle sera adoptée par une célèbre marque de parfum, un « Cross pollination » dégoulinant d’effets et un « Redemption » déroulant un encéphalogramme plat.

En conclusion, le succès phénoménal de « The resistance » a de quoi laisser pantois.


Les quatre premiers morceaux sont à réellement excellents, dans un registre peut être plus sobre et accessible qu’à l’accoutumé mais disons le franchement, la seconde partie du disque dévisse complètement vers le style rock symphonique le plus complet.

Muse propose donc un disque étrange, déséquilibré et déroutant par son hétérogénéité avec encore une fois une musique au finale trop cérébrale, froide, sophistiquée pour votre serviteur.

Complexe, irritante, élitiste, sans doute talentueuse, telle est la musique de Muse.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 20:03

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Dans le registre du rock plus traditionnel, le trio anglais de Muse est devenu ces dernières années le poids lourd du domaine, en se produisant dans des spectacles toujours plus surdimensionnés.

Sorti en 2003, « Absolution » et sa pochette assez indéchiffrable est le premier pas vers cette conquête mondiale.

Après une courte et douce introduction, « Apocalypse release » déroule un style emphatique mais volontairement très contrôlé émaillé de douces vagues de claviers et de lignes vocales aériennes émanant de la même personne, Matthew Bellamy.

On entre franchement dans le vif du sujet avec « Time is running out » qui montre le gout du groupe pour les morceaux alliant envolées grandiloquentes et grosses parties de guitares.

Agrémenté d’un clip spectaculaire, « Time is running out » eut un fort impact commercial.

Le basculement avec la ballade « Sing for absolution » surprend et même si la voix de Bellamy sait se faire terriblement enjôleuse, un certain ennui gagne inévitablement l’auditeur sur la durée.

Cet ennui est aussitôt dissipé sur « The Stockhom’s syndrom » dont la puissance métallique des riffs contraste avec le chant presque maniéré et les  pétulant effets de claviers.

Soufflant le chaud et le froid, Muse prend un malin plaisir à glisser une nouvelle ballade après ce morceau coup de poing, « Falling away with you » particulièrement transparente.

Un court interlude plus loin, on retrouve du rock musclé (mais pas trop) agrémenté de mélodies entêtantes avec « Hysteria » finalement bien sage avant de revenir pour la énième fois à une ballade dépressivo-planante « Blackout ».

Trop prévisible, la mayonnaise du groupe finit par lasser sur « Butterflies and hurricanes ».

Et si Muse montre plus d’agressivité sur « The small print » plus direct et rentre dedans, cette impulsion est immanquablement noyée par une autre ballade sans intérêt « Endlessly ».

La fin du disque n’échappe pas à cette alternance tordue avec « Thoughts of a dying atheist » efficace et soutenu enchainé de « Ruled by secrecy », longue ballade amorphe.

En conclusion, « Absolution » est un disque qui aurait pu être intéressant mais qui demeure trop répétitif et plombé par un nombre beaucoup trop important de ballades sans intérêt majeur.

Muse apparait ici comme groupe talentueux doté de sa propre identité mélangeant puissance et mélodie en perdant quelque fois selon moi le sens des proportions.

Difficile de situer la musique de la formation qui très sophistiquée et intense, pourrait parfois lorgner vers le métal progressif.

Malgré les qualités qu’on peut déceler ici, « Absolution » apparait comme un disque mal canalisé, orgueilleux et terriblement lassant dans la durée par son systématisme.

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