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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 11:37

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Après « Avril brisé », « Une famille brésilienne » est le second film de Walter Salles ici associé à Daniéla Thomas chroniqué ici.

Sorti en 2008, « Une famille brésilienne » raconte le quotidien de quatre demi frères issus de quatre père différents, vivant dans une cité (et non une favela !) de Sao Paulo.

La mère est Cleuza (Sandra Corveloni) une modeste femme de ménage fervente supportrice de l’équipe de football de Corinthias et visiblement incapable malgré de violents et désordonnés efforts de faire face à la situation.

L’ainé de la famille est Denis (Joao Baldasserini) un coursier qui prend de gros risques en circulant rapidement à moto dans les arcanes routières dangereuses de Sao Paulo.

Perpétuellement fauché, Denis donne un peu d’argent à la mère de son bébé dont il vit séparé.

Dinho (José Géraldo Rodigues) est sans doute le fils le plus calme de Cleuza.

En effet, modeste pompiste dans une station service ou son chef le rudoie, il se refugie dans la religion évangéliste et prie fiévreusement le plus souvent qu’il peut.

Viennent ensuite les deux enfants les plus instables de la famille, Dario (Vinicius  de Olivera), qui tente désespérément de faire repérer ses qualités de footballeur par un petit sélectionneur afin de jouer dans une des nombreuses petites équipes locales.

Mais malgré son indéniable talent, la concurrence féroce et l’âge déjà avancé de Dario (18 ans) lui barrent pour l’instant le chemin pour vivre de sa passion et quelque part s’arracher à son milieu pauvre.

Reginaldo (Kaique de Jesus Santos) est lui le petit dernier.

Métis à la peau sombre âgé de 12-13 ans, il est insolent, téméraire et parcourt toutes les stations de bus de la ville à la recherche de son père, qu’il sait être un chauffeur noir.

Dans une ambiance étonnamment sombre, Salles filme donc l’évolution de la vie des quatre personnages avec en toile de fond la nouvelle grossesse de la mère, incapable de se stabiliser avec un homme.

A force de persévérance et de ruse (il trafique sa carte d’identité pour se rajeunir comme les jeunes footballeurs africains), Dario soutenu par son premier entraineur finit par toucher au but et même si il ne peut réunit la forte somme d’argent qui lui est demandée pour acheter sa place, il continue de penser naïvement que ses talents de footballeur suffiront.

Aimanté par sa passion, Dario parvient à supporter les échecs et à l’exception d’une soirée ou il consomme une effrayante drogue de synthèse, parvient à garder sa ligne ce qui n’est pas le cas de ses autres frères.
En effet poussé par la misère et le désespoir, Denis bascule dans la criminalité en devenant un voleur à la tire.

Aidé d’un complice juché sur sa moto, le duo dépouille les automobilistes à coups de vols éclairs.

Ceci semble réussir à court terme mais tourne rapidement au drame avec un retentissant accident qui l’oblige à abandonné son complice, son destrier mécanique et à braquer un automobiliste apeuré pour s’en sortir.

Même Dinho, taraudé dans sa chair par le désir sexuel, finit par basculer dans la violence après un braquage à la station service et le stupides remontrance de son chef qu’il agresse sauvagement pour se venger.

Hagard et solitaire, il erre pour trouver refuge à nouveau chez les Evangélistes qui organisent une séance de baptêmes dans un lac.

De son coté, Reginaldo ne trouve rien de mieux à faire que de prendre de force le volant d’un bus pour attirer l’attention de son père.

Salles ne choisit pas de fin à son film et laisse les personnages en équilibre instable, partagé entre espoirs et échecs.

En conclusion, « Une famille brésilienne » est un film intéressant et subtil permettant de pénétrer dans les profondeurs des couches populaires de Sao Paulo.

La famille choisie n’est pas misérable, ne vit pas rongée par la drogue et la violence des favelas mais appartient à un milieu pauvre, déstructuré, qui tente de survivre au travers de petits boulots.

Logiquement apparaissent le football et la religion, deux valeurs profondément ancrées au sein du peuple brésilien avec en toile de fond, corollaire de l’échec, le basculement vers la criminalité.

Cette lutte pour échapper à sa condition est assurément le coté le plus attachant du film.

Du coté plus négatif, on notera un film à l’atmosphère sinistre se déroulant pratiquement tout le temps dans l’obscurité.

Il manque peu être un peu d’humour et de légèreté au cinéma de Wales pour le rendre plus vivant et accrocheur.

Un film néanmoins à regarder pour quiconque souhaite mieux connaitre la société brésilienne loin des stéréotypes habituels.

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 23:46

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Notre plus grand acteur français, Gérard Depardieu étant assez tristement sous les feux de l’actualité en raison de sa fuite vers la Belgique puis la Russie pour échapper au fisc, j’ai eu la curiosité de lire « Gérard Depardieu, itinéraire d’un ogre » de Patrick Rigoulet.

Paru en 2007, cet ouvrage est une biographie au parfum de souffre puisqu’il a valu à son auteur une condamnation pour des propos jugés diffamatoires.

En six parties distinctes, Rigoulet développe de manière chronologique la vie de Gérard, qui commence à la fin des années 40 dans une famille modeste de Châteauroux dans l’Indre.

Avec une famille rongée par l’alcool, la pauvreté et le manque de communication, le petit Gérard est très tôt livré à lui-même.

Rapidement indépendant, il est attiré comme un aimant par la base américaine de l’Otan ou stationne une importante colonie de GI, qui incarnent par leur jeunesse et leurs excès virils, des modèles masculins par procuration.

Le manque d’éducation et sa situation d’échec scolaire poussent Gérard vers le monde de la rue, des petits voyous locaux, des prostituées et des soldats avec qui il réalise des trafics en tout genre.

Se forgeant une carrure impressionnante par la pratique assidue de la boxe avec les militaires, Gérard devient rapidement une petite terreur locale qui a souvent maille à partir avec les forces de l’ordre.

Alors qu’on pourrait penser Gérard engagé dans une spirale négative, sa rencontre avec Michel Pilorgé, un jeune bourgeois local va lui ouvrir les portes d’un milieu socioculturel supérieur en lui donnant notamment le gout de la lecture et du théâtre.

Après quelques hésitations, le jeune Depardieu accepte de suivre son ami à Paris pour tenter sa chance comme comédien.

Il fréquente plusieurs cours de théâtre dont celui de Jean Louis Cochet ou son talent naturel, son exubérance et son charme de voyou compensent son manque de culture.

Le théâtre et son maitre l’éduquent, lui ouvrent des portes et surtout lui permettent de rencontrer une jeune actrice Elisabeth Guignot dont il tombe amoureux.

Issue d’un milieu bourgeois, Elisabeth a un esprit bohème et large qui accepte sans peine le charme viril et excentrique de Gérard.

Le couple se marie en 1970 et aura trois enfants.

En parallèle, la carrière de Depardieu démarre et se construit au gré des rencontres.

Le tournant a lieu avec le réalisateur Bertrand Blier qui propose un rôle en or au comédien débutant dans un film très provocateur « Les valseuses » (1974).


Aux cotés de ses amis Patrick Dewaere et Miou-Miou, Depardieu excelle dans un personnage de voyou vivant en marge de la société.

Le film choque mais obtient un immense succès et fait de Depardieu une star qui va enchainer les films toujours plus prestigieux pour Pialat, Truffaut et des cachets toujours plus conséquents.

C’est alors qu’apparait un trait de caractère déterminant de la personnalité de Depardieu, une passion sans mesure pour l’argent qui le pousse à créer très tôt sa société de production cinématographique appelée DD production.

Le couple s’établit dans la banlieue chic de Paris, à Bougival ou il achète un hameau meublé par des bronzes de Rodin.

Depardieu a pour amis Catherine Deneuve avec qui il incarnera pendant des années le couple idéal du cinéma français et Jean Carmet avec qui il partagera une complicité fraternelle soudée par un amour commun de la bonne blague et du vin.

Car Depardieu est décrit comme un jouisseur invétéré dont les principales occupations tournent autour de la bouffe, de l’alcool et du sexe.

Ce gout pour les excès se traduit par de fortes variations de poids et par des crises de désespoir.

Férocement égocentrique, Depardieu n’a pas un grand sens des responsabilités et n’assure par son rôle de père, ce qui perturbe fortement Guillaume, le fils de Gérard, qui basculera très vite dans les chemins de la drogue et de la délinquance pour terminer de la manière tragique que l’on connait avec un horrible accident de moto, une maladie nosocomiale qui le mènera à une amputation et à une mort précoce.

L’acteur est un instinctif au talent exceptionnel qui éclate dans des films populaires comme « Fort Saganne » la série avec Pierre Richard (« La chèvre », « Les compères » « Les fugitifs ») ou « Jean de Florette ».

Immensément populaire, Depardieu obtient ses lettres de noblesses avec « Cyrano de Bergerac » pour lequel il obtiendra un César en 1990.

Si il rate le coche des Etats-Unis en raison d’une sombre cabale montée contre lui par les journalistes américains l'accusant  d’avoir participé à des tournantes dans sa jeunesse, Depardieu devient un proche des hommes politiques et des hommes d’affaires dont certains de réputation les plus douteuses comme le dictateur Fidel Castro, le nationaliste slovaque Meciar, l’algérien Rafik Khalifa ou le français Bourgoin.

Il se lance dans des montages hasardeux, accorde trop naïvement sa confiance par appât du gain, notamment pour vendre le vin qu’il produit dans ses multiples vignes qu’il a acquis dans le monde entier.

Les multiples dividendes qui retombent sont réinvestis dans de nouvelles acquisitions immobilières ou agricoles dans une course frénétique alimentée par les gros cachets de la star qui tourne sans arrêt, y compris des productions médiocres pour le petit écran ou des publicités pour les pates.

Coté privée, son mariage finit par voler en éclat après les multiples infidélités de la star qui a entretenu pendant des années une relation avec l’actrice Carole Bouquet avec qui il a été d’ailleurs en affaires.

Le livre se termine sur le portrait d’un homme finalement usé par ses excès, avec de multiples accidents de moto, un alcoolisme indéfectible, un pontage coronarien mais incapable de réfréner sa passion compulsive de vie.

En conclusion, « Gérard Depardieu, itinéraire d’un ogre » est un ouvrage à charge contre la star incontestable du cinéma français.

Le talent brut de l’acteur n’est pas contesté mais atténué par les multiples trous de mémoires et mauvais choix de Depardieu.

Plus grave, la personnalité de Depardieu subit de violentes attaques critiquant son égoïsme, son appât viscéral du gain et sa vie sans bornes habitée par un amour immodéré de la vitesse, de la nourriture, du sexe, de l’alcool et la partie pour laquelle il a attaqué l’auteur, la consommation de drogues, qui ne serait pas à proprement parler étonnante si on considère sa jeunesse de voyou dans les années 70.

Même sans parler de la mort de Guillaume ou de la récente fuite vers l’étranger, le livre suffit pour se faire une idée de la personnalité hors du commun de Depardieu.

De manière plus positive, on retiendra le formidable appétit de vivre de l’homme et son charisme hors du commun qui l’arracha d’un destin de voyou de Province pour faire de lui un acteur milliardaire à la renommée planétaire.

A lire donc, malgré les critiques, qui n’entameront en rien la formidable popularité de l’homme.

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 23:13

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Après le livre de Jorge Amado, je me devais forcément de voir le film de Bruno Barreto consacré à « Dona Flor et ses deux maris ».

Sorti en 1976, cette adoption cinématographique reprend de manière simplifiée le roman fleuve d’Amado pour se concentrer sur les évènements les plus marquants.

L’histoire se déroule en 1943 dans la ville de Bahia.

Dona Flor Guimarães (Sonia Braga) apprend la mort foudroyante de son mari Vadinho (José Wilker) un mulâtre aux cheveux blond en plein carnaval de Bahia.

La vie de Donar Flor bascule alors dans un veuvage imprévu en raison de sa relative jeunesse, à peine 30 ans.

Les cours de cuisine qu’elle dispense ne suffisent pas à effacer le souvenir de Vadinho, amant sensuel mais également séducteur et joueur invétéré, passant la plupart de ses nuits dans les casinos, bars ou bordels.

Malgré ses infidélités, son égoïsme et parfois une certaine violence quand on lui refusait une avance pour éponger ses innombrables dettes, Vadinho le bon vivant avait beaucoup d’amis et est très regretté à Bahia.

Conseillée par sa mère, la rigide Rozilda (Dinorah Brillanti) qui haïssait son gendre et par ses amies Norminha (Haydil Linhares) et Dinorah (Nilda Spencer), Dona Flor entreprend de rompre son veuvage.

En effet, privée de toute relation charnelle depuis la mort de Vadinho, Flor souffre d’un cruel manque.

La chance lui surgit alors en la personne du pharmacien Teodoro Madureira (Mauro Mendoça) quadragénaire timide, organisé, travailleur et honnête, dont les sentiments pour Flor sont bel et bien réels.

Flor accepte d’épouser cet homme passionné de basson et mène alors une vie plus rangée, dans une certaine opulence matérielle.

Mais le sort semble se jouer d’elle lorsque Vadinho refait surface sous la forme d’un fantôme (nu !) qu’elle seule semble voir.

Très insistant, Vadinho finit par avoir raison de la faible résistance morale de se femme qui succombe à son charme sensuel.

Mais le polisson d’outre tombe ne s’arrête pas là et intervient dans les tripots pour favoriser de sa main invisible ses anciens camarades de jeu Miranda (Nelson Xavier) et Arigof (Mario Gusmao) qui gagne par son aide de fortes sommes au nez et à la barbe de la mafia locale.

Finalement incapable de trancher, Donar Flor accepte de vivre avec ses deux maris, le très sage et rangé Teodoro et le fougueux polisson Vadinho.

En conclusion, après le livre,  « Donar Flor et ses deux maris » m’a un peu déçu.

Malgré ses deux heures, l’œuvre de Barreto est considérablement plus pauvre que le livre d’Amado.

On perd donc beaucoup dans ce transfert, notamment la découverte de toute la vie pittoresque des habitants pauvres ou fortunés de Bahia.

Si le film reste très audacieux en raison de sa morale tendancieuse et de certaines scènes érotiques soft, le spectateur reste un peu sur sa faim devant la fadeur des acteurs à l’exception notable de José Wilker qui rappelle de loin le comédien français Patrick Dewaere.

Sonia Braga, réputée sex symbol brésilien des années 70 est plutôt décevante dans ce film et ne réveille pas franchement les fantasmes du spectateur.

Une adaptation que je ne considère donc pas comme indispensable pour qui a préalablement gouté au livre.

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 22:07

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Devenu une valeur sure du metal/rock français, Mass hysteria passe le mur de l’an 2000 en remplaçant son guitariste Erwan Disez et son sampler Overload system par le seul et unique Olivier Coursier.

En 2001 sort « De cercle en cercle » et sa ridicule pochette de cosmonaute urbain.

D’entrée, le ton du disque est donné car « Remède » est un morceau lent et calme ou le chant de Mouss Kelai se fait étonnamment doux.

On se demande si Mass hysteria est toujours un groupe de metal industriel et ce n’est pas « La puissance bienvenue » certes plus appuyé mais toujours mélodique qui rassure tout à fait l’auditeur amateur de fortes poussées de fièvre.

La bête ressort davantage ses griffes sur « La aventura humana » qui pose un chant saccadé sur quelques riffs particulièrement puissants.

Mais cette brusque accélération est stoppée nette par « Ya Vyemma » morceau atmosphérique étonnamment fluide et aérien.

Mass hysteria semble réussir la synthèse parfaite entre intimité duveteuse et dureté métallique avec « Millenium appauvri » pour un résultat impressionnant de maitrise.

Un court interlude musical plus tard (« Fragment ») et on découvre « Immixtion » une audacieuse tentative de fusion exotique avec le groupe de hip hop appelé la Brigade.

En comparaison, « La canopée » apparait beaucoup trop pop et plat.

On s’ennuie ferme avec l’instrumental électronique « Temps mort » enchainé de l’incroyablement médiocre « L’harmonie invisible » et il faut attendre « Coup2mass » pour retrouver un peu de la vigueur et de la percussion d’antan.

C’est pourtant en mode pop/rock que le groupe choisit de terminer cet album.

« Montherlant » et « L’importance du sort » sonnent comme du Indochine bien fatigué.

En conclusion, « De cercle en cercle » est un album incroyablement osé, avec un virage encore plus marqué, qui relègue bien loin le coté skater énervé du premier disque.

Les guitares ne sont plus ici mises en première ligne mais servent essentiellement d’instruments d’appoint pour développer une musique rock zen et considérablement éclectique.

Alors qu’on pourrait penser que cette évolution trop radicale est un vrai suicide commercial, on s’aperçoit que Mass hysteria frôle par instant la réussite de son pari insensé.

Mais ces brefs moment d’espoir retombent assez vite devant la platitude générale du disque.

En s’orientant davantage vers une musique trop sage et lisse, Mass hysteria joue contre nature et se dépareille de ce qui pour moi constituait son charme, sa fraicheur et son originalité.

Malgré son courage et quelques jolies surprises, « De cercle en cercle » ne peut pour moi éviter le naufrage.

 

En 2001, Mass hysteria n'a donc plus grand chose de massif ni d'hystérique mais n'est plus q'un groupe de rock/pop parmi tant d'autres ...

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 20:05

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« Last exit to Brooklyn » est le second roman de Hubert Selby Jr que je chronique en ces colonnes après l’extraordinairement remuant « Le démon ».

Œuvre de jeunesse écrite en 1964, « Last exit to Brooklyn » est un roman particulièrement corrosif narrant pendant la Seconde guerre mondiale, le quotidien de tous les marginaux du quartier de Brooklyn à New York.

« Last exit to Brooklyn » est découpé en six parties très vaguement reliées entre elles et jonglant avec les différents protagonistes du récit.

Shelby Jr s’intéresse tout d’abord à une bande de voyous trainant dans les bars, dont les principales activités se résument à boire, conduire vite des motos ou voitures volées, draguer des filles, narguer la police et tabasser les marins de la base militaire toute proche.

Déjà particulièrement gratinée, l’histoire prend un tour particulièrement cruel quand Georgette un travesti du quartier amoureux du leader de la bande le viril Vinnie est blessé par jeu d’un coup de couteau dans le mollet.

Le calvaire de Georgette ne s’arrête pas là, puisque la bande continue de la persécuter, lui interdisant d’aller dans un hôpital et la forçant à rentrer dans son foyer ou son frère, révulsé par son homosexualité ne manquera pas de la châtier.

A l’humiliation et la douleur de Georgette s’ajoute l’affreuse sensation de manque due au sevrage de drogue, notamment le benzédrine, dont elle est étroitement dépendante.

Après une violente scène de dispute, Georgette ne peut pas rester longtemps alitée et se rend chez ses amies travelo prostituées pour une énorme fête ou les drogues se consomment en quantités astronomiques.

Comble de l’ironie, les travesties invitent la même bande de voyous pour égayer la soirée d’une male présence ce qui ne tarde pas à faire dégénérer les choses avec le viol d’une travestie particulièrement féminine, Lee.

Bien sur Georgette, complètement défoncée et amoureuse transie de son Vinnie, ne se rend pas compte de l’horreur du comportement de ces brutes animales incapable de porter secours à une femme accouchant sous leurs yeux.

Selby Jr plonge encore plus loin dans le sordide avec le destin de Tralala, une jeune fille qui utilise sa forte poitrine pour séduire des marins en virée qui se font ensuite dépouiller et quelques fois sérieusement amocher par ses amis voyous.

Dure et cynique, Tralala n’envisage les hommes que comme un moyen de subsistance.

Sa vie de débauche se terminera par une abominable tournante ou elle mourra après avoir subi les assauts sexuels de plusieurs marins en rut.

On aborde ensuite le coté le plus social du roman avec le récit d’un long bras de fer opposant des ouvriers fabricant des pièces détachées pour l’industrie de la défense et le patronat.

Harry, déjà évoqué dans les premières parties comme un des voyous les plus actifs de la bande à Vinnie, use et abuse de sa position de représentant syndicaliste pour se donner de l’importance.

Le combat est rude, avec émeutes d’ouvriers et bastonnades des policiers, et le patronat habile et prévoyant manque d’avoir le dessus.

La situation finit toutefois par se débloquer avec un accord conclu satisfaisant entre les deux parties mais ce happy end social ne saurait masquer le tragique destin de Harry qui découvre son attirance violente pour les travestis, attirance qui le fait un jour basculer dans la pédophilie et le fait être battu à mort par ses anciens collègues de bande.

« Coda », la dernière partie du roman est la plus décousue et met en scène alternance de saynètes de la zone, partagées entre bagarres de jeunes durs, scènes de ménages hystériques, adultères, racontars de femmes et solitude de personnes aux existences brisées.

En conclusion, « Last exit to Brooklyn » est assurément l’un des livres les plus noirs et désespérés que j’ai pu lire de ma vie.

On comprend mieux qu’il fut à sa sortie censuré dans plusieurs pays dont l’Angleterre.

Selby Jr fait dans le trash, le provocateur pour décrire la réalité des bas fonds, des sans grades de New York, qui s’abiment dans une consommation frénétique de défonce chimique, de sexe déviant et de bastons sauvages.

Difficile de ne pas avoir de hauts de cœur devant l’étalage de cette humanité sordide et repoussante, qui ne contribue pas à donner une vision optimiste de la vie.

J’ai donc eu du mal à supporter cet océan putride ou des marins déprimés, des voyous sans âme, d'ouvriers troubles, des putes et des pédés s’agitent désespérément.

Malgré la puissance du style de Selby Jr, je ne recommande donc pas ce voyage dans les entrailles morbides du New York des années 40.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 20:34

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Après la bonne surprise du premier album, Mass hysteria bat le fer tandis qu’il est chaud et sort en 1999 son deuxième album intitulé « Contraddiction ».

La pochette du disque nettement plus gore, montre cette fois un bébé mutant ou possédé par quelque force occulte.

Le bombardement débute avec « Contraddiction » morceau énergique mais qui peine cependant à décoller pleinement.

Dès le deuxième titre, Mass hysteria surprend en incorporant des refrains planant réellement chantés par Mouss Kelai au milieu de sa traditionnelle foret de gros riffs plaqués.

On se dit alors que le groupe a trouvé là un filon quand « Aimable à souhait » et « Attracteurs étranges » reprennent avec moins de réussite la formule, couplets durs/refrains caressants avec en prime quelques breaks instrumentaux en guise d’aération.

Mass hysteria abaisse encore sa puissance sonore sur « Finistère amer » insupportablement long et insipide et se sent sans doute obliger de compenser avec un « P4 » ultra brutal et maladroit.

Bande son parfaite pour un jeu vidéo, « Sur la brèche » est rendu plaisant par son savant mélange samples-guitares tandis que l’audacieux « Furia » renoue en terme d’intensité et en efficacité avec les missiles du premier album.

Malgré leur virulence  « Le dernier tango » et « Osmos’ 99 »  peinent  par manque de fluidité, quand au « Plus juste effet » il démontre une fois de plus la maladresse du groupe dans ses incursions mélodiques.

On termine le disque par une curiosité, « Corazones Olvidadoss (Saetas Dulces) » long délire électro-hispanique sans réel intérêt.

En conclusion, dès son second album, Mass hysteria tente de varier ses compositions en proposant une approche plus nuancée ou quelques timides tentatives mélodiques font leur apparition.

Pas de doute, la musique est toujours rude et trapue, mais le groupe perd fortement en vitesse, fluidité et rate la plupart du temps sa cible.

Outre cette baisse d’impact, Mass hystéria doit faire avec les limitations vocales de Kelai, particulièrement faible sur les passages aériens et nuancés.

Compte tenu de ses lacunes, « Contraddiction » est donc un album particulièrement médiocre et inintéressant à mes yeux.

La suite de la carrière de Mass hysteria ne fera que confirmer cette impression.

Dommage.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 19:40

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Retour dans le passé avec un brin de nostalgie forcément par rapport à mes jeunes années ou j’ai découvert à la fin des années 90, Mass hysteria que je suis allé voir en concert une fois.

En 1997, ce groupe français composé du chanteur dreadlocké Mouss Kelai, des guitaristes Erwan Disez/Yann Heurtaux, du bassiste Stéphane Jacquet, du batteur Raphael Mercier et d’un programmeur informatique appelé Pascal Jeannet, sort son premier album « Le bien-être et la paix ».

Ce disque à la pochette inhabituellement douce pour un groupe de métal débute par « L’homme qui en savait trop rien » .

Les riffs lourds, puissants et la présence de machines permettent d’affilier Mass hysteria au style industriel, en revanche le chant français saccadé à la limite du rap, fait plutôt osciller vers la fusion.

Le résultat est néanmoins un cocktail survitaminé qui explose en plein visage de l’auditeur.

Sans perdre de temps on enchaine à la même cadence élevée par deux brulots « Knowledge is power » et l‘hymne du groupe « Mass project » qui développent une énergie et un groove fantastiques.

Mais c’est sur « Shine » et son accroche diabolique, que Mass hysteria se surpasse en créant un morceau au fort potentiel commercial malgré sa forte charge métallique.

La vitesse d’exécution se ralentit certes quelques peu sur « L’effet papillon » mais c’est pour mieux laisser le groupe poser les bases de sa musique toujours incroyablement robuste.

Arrive ensuite le morceau maitre, le tube, la bombe fusion imparable packagé avec le clip sexy en diable, « Donnez vous la peine » véritable sommet d’intensité et de fluidité.

Après pareille démonstration, un relâchement est bien compréhensible.

Il se manifeste sur « Hard corps (le fils du vice) » très brutal mais légèrement brouillon et « Gone » beaucoup plus doux et planant.

Le coté « festif » du groupe est ensuite fortement accentué avec « Respect to the dancefloor » sur lequel les machines prennent temporairement le dessus sur les guitares pour un hommage inattendu à la musique des années 80.

On oublie vite le médiocre et peu inspiré « Unique » qui patine sur place pour se ruer sur la dernière ligne droite du disque composée du revivifiant « M H 2 CES » nouvel hymne survitaminé en l’honneur du groupe et de l’inattendu remix de « Knowledge is power ».

En conclusion, le petit garçon a bien raison de rire sur la pochette car « Le bien être et le paix » est une claque phénoménale capable de combler n’importe quel amateur de gros son.

Le style du disque est certes ancré dans son époque mais contient une fusion indus-métal rappisante absolument redoutable.

Groupe éclectique au message positif et festif, Mass hysteria a su avec ce premier disque frapper fort et se faire sa place dans le petit monde du rock français.

Idéal pour vous faire revivre vos jeunes années pleine d’énergie, de générosité et de naïveté.

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 21:38

jean_florette-copie-1.jpg3

 

 

Il était logique de compléter l’œuvre de Claude Berri par « Jean de Florette » première partie de son diptyque cinématographique consacré à Marcel Pagnol.

Sorti en 1986, « Jean de Florette » raconte dans les années 20 dans un petit village de Provence près d'Aubagne, la lutte farouche de la famille Souberyan pour faire l’acquisition d’une ferme située sur une source d’eau jugée indispensable pour le développement d’une culture/agriculture rentable.

Le jeune Ugolin (Daniel Auteuil) est l’élément moteur de ce projet mais son vieil oncle César (Yves Montand) marque rapidement son ascendant sur lui pour lui souffler des méthodes peu reluisantes.

En effet, Piquebouffique le propriétaire de la ferme en question située sur le domaine des « Romarins », ennemi viscéral des Souberyan, se refusant à leur vendre sa propriété est finalement brutalement éliminé.

Sentant arriver la question des héritiers, César et Ugolin décident de boucher la source de la ferme pour lui faire perdre de sa valeur et l’acquérir pour un prix dérisoire.

Mais prenant tout le monde à contrepied, arrive un héritier de la ville, Jean Cadoret (Gérard Depardieu) qui délaisse ses activités de percepteur, pour s’implanter aux Romarins avec tout sa famille : Aimée (Elisabeth Depardieu) et la jeune Manon (Ernestine Mazurnova).

Cadoret est un exalté avec des projets plein la tête qu’il a minutieusement préparés en se documentant.

Il se lance dans le projet fou d’élever des lapins d’Australie à la reproductivité foudroyante tout en cultivant en parallèle ses légumes.

Habile, Ugolin se positionne en voisin chaleureux et fait mine de l’aider pour mieux surveiller ces activités.

En réalité, il rend compte à César et le duo machiavélique manœuvre pour détruire les projets du citadin exilé et lui rendre la vie impossible dans le village.

Dans les faits, l’énergie et l’obstination de Cadoret impressionnent Ugolin dont la mentalité campagnarde est plus pragmatique et étriquée.

Pourtant, lorsque les premiers jours de sécheresse de l’été arrive, le travail de sape des Souberyan commence à payer et Cadoret se trouve vite à cours d’eau.

Pour survivre, il doit donc entreprendre des harassantes allées et venues dans les collines pour ramener des l’eau à dos de mulet et d’homme.

Rapidement ruiné, Cadoret ne peut faire face malgré le courageux soutien de sa femme.

Il décide alors en désespoir de cause de creuser un puits et d’utiliser de la dynamite pour briser les épaisses roches lui barrant l’accès à l’eau.

C’est au cours d’une de ces dangereuses manœuvres qu’il est frappé par des projections et perd la vie.

Malgré les remords sincère d’Ugolin, finalement pris de pitié pour cet homme courageux, franc et naïf, César triomphe et pousse son neveu à acquérir la demeure.

Seule reste Manon, qui malgré son jeune âge a conscience de tout …

En conclusion, « Jean de Florette » est un film intéressant montrant toute le coté machiavélique, dur, sournois et cruel de certaines familles de propriétaires terriens prêtes à tout par ambition.

Le rythme du film est assez lent, comme ralenti par la chaleur écrasante du Midi.

Mais malgré la qualité des écrits de Pagnol, « Jean de Florette » serait peu de choses sans la qualité de ses acteurs.

En jeune paysan faible et peu malin, Auteuil obtient un rôle fantastique, pourtant il ne peut que s’effacer devant la performance « larger than life » de Depardieu, rêveur outrancier animé d’un amour passionnel qui causera son aveuglement puis sa perte.

 

Du cinéma français traditionnel sans doute, mais de qualité.

 

Une valeure sure ...

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 21:00

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Un groupe aussi jeune et fou que Starshooter ne pouvait dans les années 70 qu’enchainer disque sur disque.

C’est donc tout naturellement que sort « Mode » en 1979, un an après le premier disque.

D’un point de vue de l’imagerie, « Mode » semble opérer un virage à 180° avec une pochette pastiche d’une photo de magazine de mode.

Et la musique semble emboiter le pas à l’imagerie, car « Nouvelle vague » bien que toujours rock, est sensiblement plus léger et pop.

Une fois la surprise passée, on constate que « Fille à la mode » à un coté très entrainant avec ses refrains ultra accrocheurs.

Starshooter reste fidèle à sa passion des mécaniques bien huilées mais dans un mode beaucoup plus léger avec « Radio paradis » consacré aux voitures italiennes rapides.

Après les voitures, vient le tour du rock ‘n’ roll rétro « Fais pas gaffe » assez peu percutant.

Plus audacieux, Starshooter s’essaye à la ballade avec « Starlette » avec un résultat assez faible et se montre plus inspiré avec « Ma vie c’est du cinéma » hommage touchant au rock teinté de new wave.

On passera rapidement sur les pop « Loukoum scandale » et affreux « Week end » pour aborder la fin du disque composé de l’amusant « Congas et maracas » et d’un ridicule « Mon speed c’est l’amour ».

En conclusion, après un cinglant et enthousiasment premier album, « Mode » fait figure de douche froide.

Le coté punk, vif, dur et forcément excessif a été en l’espace d’un an complètement gommé pour s’orienter vers un rock gentillet aux connotation pop.

Les compositions sont peu inventives et s’écoulent comme un filet d’eau tiédasse sans marquer les esprits.

Pas grand-chose à tirer de ce second album donc si ce n’est la désagréable impression que Starshooter n’était qu’un feu de paille rapidement consumé pour laisser la place à un énième groupe de rock français sans envergure.

Qui a dit punks en carton ?

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Published by Seth - dans Rock
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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 20:20

starshooter.jpg3

 

 

Le rock pour moi ne concerne pas que les grosses cylindrées comme les Beatles, Jimi Hendrix ou à un degré moindre Queensryche.

Aussi suis-je content d’explorer avec Starshooter l’histoire du punk-rock français.

Formé à Lyon au milieu des années 70, Starshooter est connu pour être le groupe de jeunesse de Kent Hutchinson (guitare/chant) qui connaitra un fort succès en solo dans les années 90/2000, Jello (guitare), Mickey (basse) et Phil Pressing (batterie).

Rempli de fougue et de vigueur comme l‘indique la pochette sautillante prise devant un poids lourd, Starshooter sort son premier album « Starshooter » en 1978.

Ce premier album part sur les chapeaux de roue avec « Quelle crise baby » excellent morceau punk, à la fois vif et entrainant tout en conservant un coté très sombre puisqu’abordant une série de suicides dans l’entourage du chanteur.

La machine est lancée et « Jennie » profite à plein de cette dynamique offensive avec chant brutal et les paroles nihilistes de Kent posés sur des riffs rentre dedans.

Bien sur malgré de louables efforts, « Betsy party » ne dépasse pas le cadre festif basique tandis que « A toute bombe » se révèle être une véritable tornade de voyous punk.

On ne peut pas dire non plus que « Photos » et son chant éraillé, « En chantier » ode nerveuse et incisive à la puissance des engins de chantier, fasse non plus dans la dentelle.

Starshooter rend ensuite hommage au rock ‘n’ roll old school sur le plaisant « Collector » et revient à ses amours des grosses mécaniques avec « 35 tonnes » mid tempo encore plus mémorable que « En chantier ».

Vitesse et punch sur « Accident » sans concession avant de reprendre son souffle sur « Inoxydable » mid tempo rock très bien calé.

Le féminisme en prend pour son grade avec « Macho », idéale pour calmer une horde de chiennes de gardes en furie à coup de tir de barrage de guitares rock.

L’album se termine en beauté avec une incroyable reprise punk du « poinçonneur des Lilas » de Serge Gainsbourg, pour l’occasion sérieusement suralimentée et un « Touche la » très musclé rehaussé par une ambiance live explosive.

En conclusion, avec ce premier album « Starshooter » profite de l’effet de surprise et étourdit son monde.

Bien entendu le style pratiqué est certes assez limité mais fort habilement exécuté avec une belle gouaille et une énergie punk-rock remarquable.

Egalement influencé par le rock ‘n’ roll et le hard, Starshooter sonne également en raison de son rock nerveux parfois comme du Ac/Dc.

Une bonne surprise donc que cet album d’un autre âge dont l’insolence, l'agressvité virile rafraichiront les amateurs de punk-rock à la française.

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Published by Seth - dans Punk Rock
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