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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 16:17

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Plongée dans une lecture difficile avec trois textes de Platon « Apologie de Socrate, Criton, Phédon » regroupés en un seul ouvrage.

Dans « l’Apologie de Socrate », Platon le plus fidèle disciple de Socrate rapporte les derniers échanges avec son maitre, accusé aux alentours de -399 avant JC, d’impiété et de corruption de la jeunesse, deux délits passibles de la peine de mort dans une Athènes entrée après la dictature des Trente, dans une chasse aux philosophes.

Assurant sa défense lui-même contre ses puissants accusateurs qui l’ont calomnié à des fins politiques, Socrate s’attache dans son style dialectique si caractéristique à démonter une à une les accusations qui pèsent contre lui.

Il explique tout d’abord qu’il n’est pas un de ses sophistes qui se font rétribuer financièrement pour dispenser leur enseignement rhétorique car sa mission est tout autre.

En effet, après la révélation de l’oracle de Delphes, le désignant comme le plus sage des hommes, Socrate s’est estimé investi d’une mission sacrée qui est d’éduquer les hommes afin de les rendre meilleurs.

Au cours de ses recherches, Socrate a constaté que les célèbres sophistes, artistes et politiques n’étaient pas des homme sages et ses dialogues embarrassants pour ses interlocuteurs lui ont crée de nombreux et puissant ennemis s’estimant offensés et jaloux du succès du philosophe, rejoint par une foule de jeunes admirateurs de plus en plus nombreux.

S’ensuit un face à face avec son principal accusateur, le poète Mélétos, pour une destruction méthodique de l’accusation de corruption de la jeunesse, puisque Socrate n’enseigne pas en ne se faisant pas rétribuer et est suivi de leur plein gré par des fidèles qui viennent auprès de lui recevoir des leçons de philosophie.

Socrate neutralise également habilement l’accusation d’impiété, puisque Mélétos lui reconnait adorer d’autres dieux, notamment son « démon » divinité de rang moindre qui inspire sa conduite.

Avec un aplomb et une profondeur fantastiques, Socrate termine sa plaidoirie en considérant le risque d’exécution comme négligeable comparé à la tache supérieure qui lui a été dévolu.

Fidèle à sa mission, il n’accepte aucun des compromis que lui adresse le second accusateur Anytos et déclare ne jamais renoncer à dispenser ses enseignements enjoignant à se délivrer des éléments superficiels que sont la poursuite des plaisirs corporels, de l’argent et du pouvoir, pour se consacrer à l’éducation de l’âme par la recherche de la vertu.

Avec un système de défense aussi intransigeant, Socrate est logiquement déclaré coupable par le jury et va jusqu’à suggérer qu’on le condamne à mort plutôt qu’à l’exil, considéré comme sans intérêt et déshonorant.

Socrate est exaucé et condamné à mort en avalant un poison appelé la cigüe.

Il accepte le jugement avec détachement et se déclare heureux de mourir pour ses idées, car pour lui la mort est une libération, la fin de tout lien avec le monde sensible corrompant la pensée mais surtout un voyage ou il pourra dans l’au-delà retrouver les grands héros disparus et poursuivre son inlassable quête de la vérité.

Avant de céder définitivement face au jury, Socrate adresse néanmoins une prophétie cinglante, qui annonce la levée de plusieurs de ses disciples qui poursuivront sa mission en s’élevant contre les injustices et la corruption morale de la classe dirigeante athénienne.

Logiquement, Platon poursuit le récit de ce procès dramatique dans « Criton » nommé en l’honneur d’un des derniers disciples à  s’être entretenu avec le maitre, attendant dans une cellule l’exécution de la sentence des juges.

Fidèle d’entre les fidèles, Criton aime tellement son mentor qu’il va tenter dans un long entretien de le convaincre de s’enfuir pour échapper à la mort.

Mais Socrate reste inébranlable dans sa décision et explique à son disciple qu’ayant vécu toute sa vie dans les lois athéniennes et en ayant tiré jusqu’alors le meilleur parti pour s’éduquer en toute liberté de pensée, il ne peut pas aujourd’hui les renier parce qu’elles lui sont défavorables car ce serait violer le sacré d’une décision de justice (toute injuste qu’elle soit) et donc donner un piètre exemple de conduite qui saperait pour lui immédiatement toute crédibilité à sa philosophie.

Le philosophe exprime sa répugnance à utiliser l’argent pour corrompre ses adversaires et à recourir à l’exil, jugé infamant.

Désireux d’arriver dans l’Hadès avec une âme droite, Socrate reconnait la faillite des hommes qui l’ont injustement condamné, mais accepte de se conformer aux lois de sa cité, à qui il confère une notion de sacré.

Le résultat est donc un refus en bloc de toutes les propositions de Criton pour se soustraire à son destin.

Arrivent alors les dernières heures avant la mort avec le dialogue « Phédon », lui aussi en hommage au disciple rapportant les derniers entretiens de Socrate avec ses plus proches fidèles.

Après avoir repoussé sa femme Xanthippe à la douleur trop démonstrative, Socrate fidèle à lui-même occupe les dernières heures de sa vie à débattre avec ses disciples Phédon, Cébès et Simmias.

Le premier sujet du dialogue concerne le suicide, que Socrate réfute car le considérant comme une offense faite aux Dieux, seuls responsables de la destinée de hommes et disposant à ce titre de droit de vie et de mort sur eux.

Puis, Socrate s’étend longuement un aspect passionnant de sa philosophie qui ne considère pas la mort comme la fin de toute chose, mais seulement la fin de l’enveloppe corporelle qu’il juge méprisable devant la grandeur de l’âme, immatérielle et immortelle.

Partant de ce principe, l’homme qui a consacré sa vie à améliorer son âme en s’exerçant à une conduite vertueuse n’a pas à redouter ce passage vers l’au-delà mais plutôt à le considérer comme délivrance, mettant fin à une forme de corruption due au monde sensible interférant sans cesse pour le détourner du véritable sens de la vie.

Philosopher est donc de ce point de vue, se préparer à la mort et le véritable courage (ou virilité) chez Socrate consiste à l’affronter le moment venu sans regimber, plus qu’à faire preuve de bravoure sur un champs de bataille.

De manière étrange et fascinante, Socrate prolonge sa doctrine philosophique par l’adoption d’un mythe orphique, prônant un processus de réincarnations successives de l’âme dans diverses enveloppes corporelles (y compris animales) selon le jugement porté dans l’Hadès.

En ce sens, Socrate se rend également très proches des philosophie orientales, hindouistes ou bouddhistes qui placent la réincarnation au cœur d’un processus sans fin de vie et de mort.

Après chaque mort, l’âme renait donc dans un autre corps et l’être qui l’accueille doit alors consacrer sa vie à se ressouvenir de ce qu’il a appris dans l’au-delà.

Ce processus d’acquisition des connaissances se basant sur le souvenir ou la réminiscence, s’enracine dans la théorie des Idées, formes immatérielles mais inintelligibles et divines profondément enfouies en nous, mais nous permettant d’accéder aux valeurs fondamentales et universelles de la réalité sensible comme  Beauté, la Chaleur ou la Grandeur mais aussi des valeurs plus abstraites comme le Nombre ou la Forme géométrique ou plus philosophiques comme le Bon, le Juste, le Tempérant ou le Courageux éléments constitutifs de la Vertu (ou Morale).

Malgré ces arguments puissants, Simmias et Cébès font plus que résister honorablement à leur maitre, qui doit s’employer pour contrer la théorie pythagoricenne du premier qui voit l’âme régie par une harmonie et celle plus épicurienne et donc matérialiste du second, qui voit l’âme comme périssable car étroitement liée au corps.

Les longs développements qu’occasionnent ces réponses permettent à Socrate de réitérer les explications sur les fondements sa philosophie, basée sur un déni de l’étude des réalités sensibles car jugées trompeuses pour se concentrer sur la recherche du perfectionnement intérieur de l’âme dans le but de l’accès à un traitement favorable dans l’Hadès, longuement et poétiquement décrit comme un monde sous terrain parcouru par des fleuves entrelacés (Océan, Archéron, Pyriphlégéthon, Styx) convergeant dans le mythique gouffre sans fin appelé Tartare ou sont précipitées les âmes les plus irrécupérables tandis que les plus nobles ont accès aux régions les plus agréables.

Une nouvelle fois donc, le mythe vient prolonger la philosophie pour boucler le systéme socratique et conclure que l’âme d’un homme bon et juste n’a rien à redouter du séjour en Hadès ou elle ressortira revivifiée.

Enfin, l’approche de l’heure fatidique oblige Socrate à s’arracher à ses rêveries poétiques.

Fidèle à lui-même, l’homme accepte son destin sans trembler et donne à ses disciples une exemplaire leçon de courage en les grondant une dernière fois se laisser aller à leurs émotions en pleurant à chaudes larmes.

En conclusion, « Apologie de Socrate, Criton, Phédon » constitue un ouvrage difficile mais dont la lecture passionnante, riche et émouvante, comblera d’aise le lecteur tenace.

Socrate y est bien entendu magnifié, et représenté comme l’équivalent d’un prophète philosophique, d’un Christ se sacrifiant pour montrer la voie à ses disciples,.

On est frappé par la force de conviction du philosophe que rien, pas meme la mort ne peut ébranler, mais surtout de la profondeur des arguments qu’il déploie pour la défendre contre les attaques en traitre qu’il subit afin de l’éliminer définitivement.

En se dressant plus haut que ses adversaires, Socrate fait preuve de grandeur et donne une leçon de courage à ses proches, qui se laissent plus facilement envahir par leurs émotions.

Se basant sur un raisonnement dialectique et logique devenu classique, Socrate finit par s’approcher des religions orientales en puisant dans les mythes orphiques mais également mythologiques pour décrire de manière littéraire superbe, la vie après la mort.

Si Socrate finit par périr sous les attaques traitresses de ses ennemis, sa pensée elle survivra à travers les siècles et se développera pour donner naissance à de puissants courants philosophiques, dont aucun pourtant ne parviendra à receler autant d’adéquation entre pensée et actions.

On peut donc dire, que les manœuvres de ces adversaires pour le faire taire, se sont conclues par un cuisant échec puisque Platon puis plus tard d’autres, reprendront le flambeau de la recherche de l’art de bien vivre et donc aussi de bien mourir.

Essentiel donc comme gouvernail de l‘existence et  comme peut l’etre tout œuvre philosophique de premier plan.

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 22:43

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Cinéma toujours mais avec un passage abrupt d’une adaptation d’un classique intouchable de la littérature française à celle d’un comic book ancestral « Flash Gordon » de Mike Hodges.

Sorti en 1980, « Flash Gordon » est une audacieuse adaptation de l’œuvre d’Alex Raymond datant de 1934 que je lisais étant enfant avec un certain plaisir devant l’univers futuriste délirant, ayant constitué une inspiration majeure pour George Lucas et son « Star wars ».

« Flash Gordon » raconte donc l’attaque de la planète Terre par un conquérant d’un monde extra terrestre appelé Mogo, le cruel Ming (Max Von Sydow) capable par l’usage de technologies très avancées, de déchainer de grandes catastrophes naturelles.

Flash (Sam J Jones) une star du football américain et Dale Arden (Melody Anderson), une journaliste se trouvent par hasard dans un petit avion lorsqu’ils sont frappés par une des catastrophes lâchées par Ming.

Malgré la mort des pilotes, ils parviennent à conserver le contrôle de l’appareil et à se poser en catastrophe chez un savant illuminé nommé Zarkov (Topol) qui embarque accidentellement avec eux dans une fusée pour Mogo.

Sur place, le trio découvre un monde exubérant ou les palais de Ming est juché dans les airs.

Capturé par les soldats-robots du tyran, les terriens sont amenés dans sa salle d’audience ou son général en chef Klytus (Peter Wyngarde) sorte de Dark vador du pauvre, seconde fidèlement son maitre, qui ne tolère à ses cotés que sa fille, la belle et perverse Aura (Ornella Mutti).

Ils assistent à des scènes d’une grande cruauté ou des machines de destruction éliminent un roi refusant de payer un tribut à Ming, et constatent également la forte rivalité entre le prince Barin (Timothy Dalton) roi d’un peuple vivant dans les arbres et Vultan (Brian Blessed) robuste roi d’un peuple d’hommes ailés.

Attiré par l’aura de Dale, Ming désire en faire son épouse, ce qui ne plait à Flash, qui parvient par sa puissance athlétique à démolir plusieurs gardes-robots avant d’être finalement maitrisé.

Impitoyable, Ming décide de tuer Flash et de conditionner mentalement Zarkov pour utiliser sa prodigieuse intelligence à son avantage.

Mais Flash aidé par Aura qui succombe à son charme de sportif sain et blond, désobéit à son père et s’enfuit à l’aide d’un aéronef avec son protégé pour le mettre en lieu sur chez Barin, ennemi juré de Ming.

Ancien amant d’Aura, Barin désobéit à ses consignes une fois partie et entreprend d’éliminer Flash à l’aide d’un jeu cruel ou il doit plonger la main dans un arbre afin d’éviter la morsure d’un hideux scorpion.

Flash se montre plus malin que son rival et les deux adversaires sont finalement capturés en plein combat dans les sables mouvant par les hommes oiseaux de Vultan.

Tandis que Aura capturée par le froid Klytus, subit avec l’approbation de Ming des tortures sado-maso, Dale drogue ses gardiennes et en profite pour s’enfuir avec Zarkov en bénéficiant de l’aide des hommes oiseaux de Vultan.

Tout ce beau monde se retrouve donc dans la cité suspendue du robuste monarque ailé mais la brusque irruption de Klytus les oblige à oublier leurs différents personnels pour combattre leur ennemi commun.

Flash interrompt sa lutte à mort avec Barin sur une plate forme inclinable dotée de pointes rétractables à volonté et parvient à tuer Klytus sur celle-ci après une lutte acharnée.

Cette mort donne alors le signal d’une union entre les troupes de Barin et Vultan pour lancer une attaque d’envergure contre le palais de Ming.

Bien entendu, Flash monté sur une sorte de jet ski volant, mène la charge et finit après une lutte épique par triompher du tyran que sa technologie ne peut sauver.

En conclusion, « Flash Gordon » est-ce qu’on peut appeler une curiosité franchement kitsch voir pour certain un authentique navet aux effets spéciaux involontairement comiques.

On sent Hodges inspiré par l’univers étrange et fascinant de Raymond, mais ne parvenant pas faute de budget ou de talent à lui rendre parfaitement hommage sur pellicule.

Le résultat est donc bancal, déroutant et globalement raté.

Même les acteurs de premier plan comme Von Sydow méconnaissable grimé en chinois de pacotille, Timothy Dalton doté d’une prestance à la Errol Flynn ou Ornella Mutti, vamp sexy ne parviennent pas à s’extirper de cette mélasse cinématographique alors que dire de ce grand abruti de Sam Jones, sorte de Dolph Lundgren de seconde zone ou de la transparente potiche Dale Arden ?

Les amateurs de rock gouteront certes la composition musclée de Queen, répétée à l’envie tout le long du film mais en toute honnêteté, « Flash Gordon » est bien plus notable par ses robots patauds, ses décors en carton pate et ses masques grotesques.

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 21:32

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Le cinéma avec « Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau.

Multi récompensé notamment par le césar du meilleur acteur décerné à Gérard Depardieu en 1990, « Cyrano de Bergerac » prend l’ambitieux pari d’adapter le classique d’Edmond Rostand, connu de quasiment tous les petits écoliers français.

L’histoire se déroule dans le Paris du XVII ième siècle sous le règne de Louis XIII.

L’intrigue se développe extrêmement rapidement à partir d’une pièce de théâtre ou un homme doté d’un aplomb invraisemblable, Cyrano (Gérard Depardieu) interrompt la déclamation pompeuse de l’acteur principal au seul motif qu’il le trouve affreusement mauvais.

Le Cyrano en question appartient à la troupe des redoutables cadets de Gascogne et double d’une forte prestance physique des talents innés de poète.

Devant la vigueur de l’attaque, la représentation est annulée et le ton monte rapidement entre Cyrano et le vicomte de Valvert (Philippe Volter) qui le défie impunément tout d’abord verbalement puis physiquement en un duel à l’épée.

Sans se départir de sa formidable répartie, Cyrano croise le fer avec l’impudent et l’humilie doublement, en le battant à l’épée et en le ridiculisant par le verbe, avec notamment la fameuse tirade sur son nez proéminent qui rend son visage disgracieux.

Mais de Valvert étant le protégé du puissant comte de Guiche (Jacques Weber), Cyrano se fait du même coup un ennemi dangereux.

Redevenu à plus de calme, il se rapproche de sa cousine Roxane (Anne Brochet) dont il est secrètement amoureux.

Séduite par le courage de son cousin qui a osé s’opposer à Valvert, Roxane lui révèle que de Guiche est amoureux d’elle et souhaite la forcer à épouser le vicomte pour mieux jouir d’elle.

Elle pousse même ses confidences plus loin en lui révélant qu’elle est amoureuse d’un cadet, le jeune et beau Christian de Neuvillette (Vincent Perez), fraichement affecté dans la compagnie de Cyrano.

Malgré son immense déception amoureuse, Cyrano accepte la mort dans l’âme de protéger Christian par amour pour Roxane.

Après une curieuse prise à partie de Christian en salle d’armes, Cyrano étrangement passif face aux insultes, partage également en secret l’amour de Christian et accepte de mettre sa plume au service du soupirant.

Le jeune homme se rend donc sous les balcons de la belle pour déclamer les vers que lui souffle le poète, qui la font se pâmer de plaisir.

Le petit manège dure un certain temps avant qu’un nouvel accrochage se produise avec de Guiche empêché par Cyrano d’assassiner un de ses amis poète qui avait déplu.

Fou de rage, de Guiche débarque avec ses hommes dans le camp des Gascons pour en découdre mais finit devant la solidarité de ce corps militaire d’élite, par renoncer non sans lancer de lourdes menaces.

Comprenant qu’il ne faut pas prendre ces paroles à la légère, Cyrano décide de forcer le mariage de Christian et de Roxane, au nez et à la barbe de de Guiche, qui une nouvelle fois contre carré par son audacieux adversaire, use de se appuis politiques pour déployer le corps entier des Gascons sur le front face aux soldats espagnols.

Dépités, Cyrano et Christian obéissent en militaire.

Sur le front, malgré la dureté des conditions de vie, Cyrano continue sous le nom de Christian de tenir une abondante correspondance avec Roxane.

Le duo apprend pourtant de la bouche de de Guiche qu’ils seront livrés en pâture aux soldats espagnols estimés 100 fois plus nombreux.

Refusant de céder au désespoir, Cyrano continue de motiver ses hommes affamés et démoralisés, et après une razzia nocturne dans le camps espagnol pour trouver des vivres, met la main sur Roxane, imprudemment venue sur la ligne de front à la rencontre de son amant.

Sur place, Christian très affaibli avoue à Cyrano son fort tourment intérieur et son intention de révéler à Roxane qui est le véritable auteur des lettres, qu’elle dit pouvoir aimer même si il était laid.

Mais au moment de l’aveu fatidique, Cyrano apprend que Christian jeté par désespoir imprudemment dans la mêlée a été mortellement blessé par les espagnols.

Roxane et Cyrano se rendent alors au chevet du mourant et le poète se montre devant la gravité de la situation incapable de révéler la réalité à sa cousine.

Eperdue de chagrin, Roxane se retire au couvent.

Les années passent, les tensions s’apaisent, de Guiche s’adoucit au point d’essayer de faire prévenir son vieil ennemi pauvre et vieillissant d’une probable tentative d’assassinat contre lui.

Mais le messager arrive trop tard et Cyrano reçoit une pierre sur la tête alors qu’il se rendait comme chaque semaine au couvent voir Roxane.

Cette force de la nature parvient cependant à rejoindre Roxane et vacillant, trouve la force de lui parler.

Peu avant la mort de Cyrano, Roxane comprend dramatiquement tardivement qu’il était le véritable auteur des lettres et donc son véritable amour …

En conclusion, le succès artistique et commercial de « Cyrano de Bergerac » est mille, dix mille fois mérité.

Rappeneau réussit un véritable tour de force en mettant en images les formidables vers de de Rostand et produit un fantastique film de cape et d’épée, nous emmenant au temps des mousquetaires et des intrigues romantiques.

L’Œuvre ne perd donc en rien de son universalité, avec cet amour impossible pour un homme laid doté pourtant de tout l’esprit et de la sensibilité du monde supplanté par un rival certes beau, mais conservant assez de noblesse et de moralité pour se trouver embarrassé de la situation au point de céder son amour au profit du plus naturel : la communion des âmes.

La finesse de de Rostand consiste à montrer la dualité entre l’esprit chevaleresque et romantique qui séduira toujours les femmes, et la pure beauté physique, plus visible mais également plus superficielle et passagère.

Les acteurs à vrai dire sont bons, mais Depardieu mince et athlétique,  illumine de toute sa classe l’œuvre théâtrale.

Face à lui, Pérez parait bien fadasse et seul Weber conserve assez de prestance pour ne pas disparaitre totalement face au monstre sacré de charisme.

Pour toutes ses raisons, « Cyrano de Bergerac » est pour moi l’un des meilleurs films français que j’ai vu de toute ma vie !

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 22:09

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Toujours dans le registre du hard rock traditionnel mais avec un groupe légendaire, Van Halen, refaisant parler de lui en 2012 avec « A different kind of truth ».

La raison de ce regain d’intérêt pour Van Halen ? Le retour du chanteur historique, Dave Lee Roth absent depuis 1986 soit vingt six longues années.

Cet évènement suffit à lui seul à faire oublier le départ de Michael Anthony, authentique bassiste du groupe remplacé lui par Wolfgang Van Halen, le propre fils de Eddy, maitre guitariste qui écrivit en lettres de feu la légende de son groupe à la fin des années 70.

Avec sa pochette un brin mystérieuse voir incompréhensible (un télescope ?), « A different kind of truth », commence bien mal avec un « Tatoo » mollasson aux refrains purement horribles.

On retrouve plus de vélocité et la marque de fabrique du groupe notamment ce jeu de guitare vivifiant sur « She’s the woman » qui provoque une légère cure de jouvence fort bienvenue.

Dans le registre plus calme mais tout aussi incandescent de « You and your blues »
, la voix chaude et rauque de Lee Roth fait des étincelles.

Van Halen ne néglige pas non plus la puissance sur « Chinatown » qui envoie allégrement son lot guitares bondissantes et de riffs acérés et si « Blood and fire » semble un peu manquer de souffle malgré les habituelles arabesques du guitare-héros mais les fracassants « Bullethead » et « As is » habités par un Lee Roth déchainé, redressent vigoureusement la barre adressant une éclatante démonstration de santé de la part des papys rockers.

On ne peut pas dire non plus que l‘imprononçable « Honeybabysweetiedoll » fasse dans la dentelle avec sa structure chaotique construite sur des riffs ultra lourds

Les américains continuent de nous régaler avec « The trouble with never », ses riffs atomiques et son break titanesque, replace une belle accélération sur le court mais diablement pugnace « Outta space ».

Dans la dernière ligne droite, Van Halen place un hallucinant blues densifié « Stay frosty », un hard musclé « Big river » avant de nous achever par un « Beats workin » solide bien que trop linéaire.

En conclusion, fortement attendu au tournant, « A different kind of truth » est une divine surprise démontrant l’insolente santé de dinosaures du rock, ayant tous dépassé la cinquantaine.

Si on excepte son premier titre pour moi raté, « A different kind of truth » expose rapidement l’étendue de sa classe avec un jeu de guitare de Eddy Van Halen toujours aussi génial qui illumine chaque morceau, y compris les plus faibles et la voix de grand seigneur de ce diable de Lee Roth.

En 2012, Van Halen avec cet album dense, tonique et puissant donne une véritable leçon de hard rock aux groupes vieillissants et embourgeoisés comme Deep purple.

Avec son hard de grande classe, « A different kind of truth » ne fait donc que renforcer l’immense respect pour cette légende de la musique qu’est pour moi Van Halen.

A écouter d’urgence !

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 20:35

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Plongeons nous à présent non sans ravissement dans les tréfonds du hard rock des années 70 avec « Live in Munich 1977 » de Rainbow.

Le légendaire groupe de Ronnie James Dio et Ritchie Blackmore a déjà été copieusement honoré en ces colonnes aussi vais-je directement aller à l’essentiel, l’attaque de ce live promotionnel arrivant très peu de temps après la formation du groupe (2 ans).

C’est dans une ambiance bouillonnante, que Rainbow attaque en trombe les hostilités avec un succulent « Kill the king » ultra rapide et très agressif pour l’époque.

Les décibels fusent sur un rythme frénétique, la guitare de Blackmore fait des étincelles tandis que la voix de Dio surplombe les débats.

On change radicalement de vibe avec « Mistreated » lent morceau bluesy trainant un peu en longueur à mon gout.

Sur « Sixteen century greensleeves », la place est laissée au toucher de Blackmore pour une longue introduction mélodique avant une grande poussée de fièvre assez désordonnée s’étalant au final sur plus de huit minutes.

Rainbow tutoie ensuite les anges sur la ballade cosmique « Catch the Rainbow » qui distille son charme éthéré sur plus de dix sept minutes de pur bonheur transcendantal avec un Dio en état de grâce.

L’heure est cependant de revenir aux basiques et le quintet américain place alors un « Long live rock ‘n’ roll » au groove énergique interactif fort à propos pour réveiller la foule teutonique.

La seconde partie du disque démarre avec un classique, le punchy « Man on the silver mountain » joué lui aussi dans une version surallongée à quatorze minutes ou le talent vocal de Dio brille de mille feux.

Vient ensuite un puissant hommage aux Yardbirds sorte de dream team des guitaristes des années 60 (Page, Beck et Clapton) avec une reprise survitaminée de « Still I’m sad » perdant pour moi en émotion ce qu’elle gagne en force, avant la conclusion « Do you close your eyes », clairement en dessous malgré le gros abattage des musiciens.

En conclusion, « Live in Munich 1977 » un bon album live qui montre un jeune groupe de hard rock se reposant sur deux armes maitresses : un chanteur hors classe doté d’une voix très puissante tout en étant mélodique et un guitariste fou, assénant sans relâches ses solos dantesques au point de faire passer à presque tous les titres la barre des dix minutes.

Avec ce live au son impressionnant pour l’époque, Rainbow frappe fort mais manque peut être selon moi d’un grain de finesse ou de subtilité, qui ne s’exprime que dans la cadre génial mais néanmoins trop restrictif de « Catch the Rainbow ».

A réserver donc pour les fans de hard musclé estampillé 70’s.

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 09:09

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La franchise Haunt semblant à présent bien lancée, « Haunt tome 3, prédateur » voit le jour en 2012 avec toujours le mémé trio gagnant aux commandes Todd Mc Farlane, Robert Kirkman, et Greg Capullo.

Le troisième épisode commence par une sanglante fusillade à Rio de Janeiro, au cours de laquelle les super pouvoirs de Daniel Kilgore/Haunt permettent de mettre la main sur une mallette permettant de passer en toute sécurité du plutonium.

Après l’opération, Kilgore découvre que malgré ses capacités surhumaines, il doit composer avec d’autres agents plus conventionnels comme Park, qui peuvent dans certaines situations se révéler précieux.

Mais Kilgore ne peut écouter jusqu’au bout le discours de Betty Tosh, directrice de l’Agence car son double fantôme, Kurt qui le suit à chacun de ses pas est attaqué par une monstrueuse créature de l’au delà qui le fait subitement disparaitre.

Se sachant privé de ses pouvoirs, Daniel est très mal à l’aise et participe très troublé à une opération commando dans la jungle visant à frapper Arc light la société fabricant le procédé de plutonium.

Face à des gardes surarmés, une violente fusillade éclate et Daniel, ne pouvant se transformer en Haunt, place ses coéquipiers dans des situations plus que délicates, avant que son frère Kurt subitement revenu de l’au-delà ne vienne in extremis lui porter secours.

Mais si les gardes ennemis sont finalement vaincus et le complexe ennemi annexée, Daniel comprend que la monstrueuse créature mystique est toujours sur les traces de son frère et que lui aussi à intérêt à fuir.

Après une lutte acharnée sous l’apparence de Haunt, le monstre explose en pleine jungle, incapable de digérer l’ensemble Kurt+Daniel.

De retour à la base, Daniel toujours troublé tente de retrouver Alegria, une belle sorcière bolivienne cobaye des expériences maudites de Schillinger, qui semblait seule capable de percer à jour sa double nature mystique.

Sachant que Alegria se cache dans les bas fonds de New York, Daniel se lance dans une recherche intensive et tombe sur la belle qui lui apprend que la créature maudite qui poursuit Kurt est appelée l’Apparition, une force mystique quasi inarretable, venue chercher l’âme de Kurt pour la ramener dans son lieu naturel, l’au-delà.

Boosté par le stress, Daniel revêt à nouveau l’apparence de Haunt et prend sous son aile Alegria pour après une intense course poursuite sur les immeubles échapper à nouveau à l’Apparition.

Tandis que le chef du crime, le colossal Hurg, parvient à s’échapper de prison et déjoue deux tentatives d’assassinats de ses anciens patrons, l’une par le mercenaire Cobra qui lui plante une lame empoisonnée dans le corps, l’autre par Rhodes qui le braque au volant d’une voiture, un conflit éclate entre Daniel et Kurt, ce dernier étant prêt à se livrer à l’Apparition pour délivrer son frère de cette malédiction.

Contre l’avis de son frère, Kurt est happé par le monstre mais est finalement renvoyé de l’au-delà par un être mystérieux (divin ?) qui lui apprend que sa mission sur terre n’est pas achevée.

Gravement affaibli depuis la perte de on frère, Daniel se trouve donc régénéré par sa réapparition.

Mais ce sera finalement Alegria qui résoudra le problème en apparence insoluble de l’Apparition en lui donnant sa vie en échange de celle de Kurt.

Malgré son chagrin par rapport au sacrifice de son ami, Daniel est finalement rassuré par Alegria, qui lui fait savoir depuis l’au-delà qu’elle n’est pas réellement morte.

L’histoire se termine par un coup de théâtre, la récupération de Hurg, blessé et isolé par Tosh pour l’utiliser au profit de l’Agence.

En conclusion, « Haunt, tome 3, prédateur » est toujours sans être génial, agréable à lire.

Le petit trio de créatifs assemble brique après brique une construction qui prend de plus en plus de consistance et délaisse ici les histoires de techno-espionnage pour se concentrer sur la partie mystique du personnage avec pour la première fois de très nettes références concernant l’au-delà.

Tout ceci telle une mécanique bien huilée, fonctionne à merveille même si il est difficile de ne pas oublier Spawn, qui traite des même choses, avec pour moi beaucoup plus de créativité, d’intensité et de brio.

Alors Haunt, nouveau best seller ou juste un bon Spawn de série B ?

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 21:44

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En 2009 après quatre longues années et de grandes rumeurs de séparation, Rammstein finit par accoucher dans la douleur de son sixième album studio et sort « Liebe ist fur alle da ».

Avec sa belle pochette inspirée d‘une toile de maitre hollandais, mais o combien macabre et choquante puisqu’évoquant sans ambages le cannibalisme, « Liebe ist fur alle da » débute par un titre old school, « Rammlied » qui contient en lui l’essence même des plus grand hymnes des allemands : riffs d’aciers, rythme lancinant, voix puissante, claviers venus d’ailleurs pour développer un hypnotisme fascinant l’auditeur.

Impossible également de résister à « Ich tut ihr weh », marquée par les surprenantes et superbes vocalises aériennes de Lindermann.

Provoquant en raison de son apologie du sadomasochisme contrastant avec son emballage mélodique soigné, « Ich tut ihr weh » sera longtemps censuré par les média allemands.

Rammstein ressort ensuite ses haltères et son sac de frappe, pour envoyer un puissant « Waidsmann heil » qui arrive dans le buffet de l’auditeur tel un uppercut au foie.

La tension retombe avec « Haifisch » à la puissance industrielle soigneusement domptée comme sous le capot d’une grosse berline allemande.

L’auditeur est ensuite entrainé malgré lui avec « Buckstabu » dans une ambiance crade, malsaine et brutale comme un viol dans les sous sols d’un parking désaffecté.

Pour se remettre, une fade ballade est gracieusement offerte, « Fruhling in Paris » ou des bribes d’un français hésitant viennent ça et la se greffer mais ce court moment de répit n’est qu’un prélude à « Wiener blut » inquiétant et violent.

Malgré son thème sulfureux (l’inceste) et la censure qui l‘a logiquement accompagné, « Pussy » long et plat comme une poitrine d‘adolescente pré-pubère, déçoit musicalement parlant.

On aborde ensuite les dernières longueurs du disque avec « Liebe ist fur alle da », puissant, raide tout en étant enlevé comme on l’aime, « Mehr » assez mal équilibré entre mélodie popisante et violence industrielle et enfin « Roter sand » magnifique ballade relaxante habité par des chœurs et sifflements transcendants.

En conclusion, après la franche déception de « Rosenrot » sans nul doute le plus faible album de Rammstein, « Liebe ist fur alle da » est une agréable surprise revenant quelque peu aux racines metal industriel des allemands.

Doté d’une production énorme, « Liebe ist fur alle da » développe une puissance et une fluidité hors normes qui ne peuvent que rehausser l’impact de ses compositions souvent constituées en acier trempée.

Provocateur, outrancier jusqu’à en être dégueulasse dans son propos, le groupe est en revanche pour moi impeccable au niveau de la musique.

Un album puissant, rassurant et enveloppant comme le vrombissement d’une BMW ou d’une Audi de grande classe.

 

A l'heure actuelle, Rammstein est en stand by depuis quatre ans au niveau des albums studio ce qui donne à « Liebe ist fur alle da » un fort gout de conclusion en beauté.

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 14:00

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Devenu une des plus grosses cylindrées du metal moderne, Rammstein poursuit sur sa lancée et sort en 2005 « Rosenrot »  et sa pochette brise glace parfaitement en adéquation avec l’imagerie de monstre métallique inarretable du groupe.

L’entrée en matière est assez peu surprenante pour du Rammstein et déroule avec « Benzin » un morceau rapide et puissant dans le plus pur style du groupe mais toutefois dépourvu d’un zeste d’originalité.

La berline allemande semble trouver son rythme avec  « Mann gegen mann » aux refrains implacables puis « Rosenrot » magnifique ballade stéroïdée  qui parvient à placer sous des tonnes de fonte une mélodie très prenante.

Toujours dans le registre mélodique mais intense et rampant, Rammstein excelle sur « Spring » qui combine astucieusement coups d’enclumes et mélodie apaisante.

Cette orientation se poursuit avec « Wo bist du » assez lent et plat jusqu’à passer le cran supérieur sur une authentique ballade « Stirbt nicht for mir » en duo avec Sharleen Spitera célèbre chanteuse du groupe de pop Texas qui vient encore davantage adoucir la voix rugueuse de Till Lindermann.

Mais Rammstein revient à ses racines métal industriel sur le rapide et brutal « Zerstoren » puis sur « Hilf mir » beaucoup plus lent, sombre et torturé.

Après le russe et l’anglais, les allemands rendent hommage à l’espagnol avec le succulent « Te quiero puta ! » morceau sexuel, obscène mais aussi très drôle et récréatif.

On finit l’ouvrage avec « Feuer und Wasser » s’embourbant malgré sa puissance comme un tank allemand en pleine campagne de Russie et « Ein lied » une énième ballade triste et ennuyeuse.

En conclusion, « Rosenrot » est sans doute le premier net reflux de Rammstein, dont la source de créativité semble ici se raréfier.

On délaisse donc de plus en plus le metal industriel puissant et martial des débuts pour glisser sur une pente de plus en plus calme et mélodique.

Comme on pouvait s’y attendre, Rammstein perd donc en intensité et force de frappe, ne parvient pas à glisser de la pop dans son imposante carcasse d’acier, et ne se montre pas au final réellement  capable à l'exception de "Rosenrot" voir "Spring" de produire sa ration de hits incontournables venant prendre toute l’industrie de la musique à revers.

Par manque de puissance dans ses moteurs, le brise glace a donc échoué à tailler sa route dans la banquise enneigée et reste prisonnier dans sa prison verglacée.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 22:15

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Peu de raisons de ne pas continuer à explorer l’œuvre de Yasmina Khadra, aussi est-ce avec un intense plaisir que « Les sirènes de Bagdad » vont trouver leur place dans ces chroniques.

Paru en 2006, « Les sirènes de Bagdad » appartient à la même veine internationale que ces prédécesseurs « Les hirondelles de Kaboul » et « L’attentat » qui eux aussi délaissent l’Algérie natale de Khadra pour s’aventurer en Afghanistan et en Israël.

Cette fois, l’action se déroule dans les années 2000 en Irak, en plein milieu de la guerre que mènent seuls les Etats-Unis de George W Bush contre le régime de Saddam Hussein.

Mais Khadra surprend en plaçant d’entrée son personnage principal, un jeune fils de puisatier misérable de Kafr Karam village perdu dans le désert, dans le cadre inhabituel de Beyrouth ou il se sent peu à son aise et dialogue avec Jalal, un vieux docteur en religion.

Puis il remonte le temps et retrace l’itinéraire du jeune homme en consacrant une bonne moitié du roman à la description de la vie à Kafr Karam, dans un environnement pauvre ou les traditions bédouines pèsent davantage que la situation globale du pays.

Pourtant la réalité de la guerre finit par rattraper les habitants de Kafr Karam, lorsque Souleyman, un adolescent handicapé devant être amené en urgence dans un dispensaire est abattu à un checkpoint par des soldats américains.

Le drame secoue le village, échauffant les esprits des plus jeunes comme le belliqueux Yacine et dès lors le conflit s’inscrit progressivement dans le quotidien des habitants avec la frappe d’un missile sur les convives d’un mariage et l’irruption de GI dans les maisonnées.

Au cours de l’une d’entre elles, le père du héros est molesté et humilié sous ses yeux.

L’affront est trop fort pour le jeune homme qui décide de suivre la tradition bédouine de vengeance.

Dès lors, il délaisse son ami musicien Kadem pour se lancer dans un périple hasardeux pour arriver jusqu’à Bagdad ou il espère entrer dans la résistance irakienne qui lutte de manière désespérée contre les GI sur armés.

Le voyage dans un pays rendu sauvage et incertain par les conflits est long et semé d’embuches.

Tenu par une détermination implacable, le héros tient pourtant le coup et arrive jusqu’à la capitale certes toujours envoutante mais devenue en raison de la guerre, une ville dangereuse pour un jeune homme seul.

Agressé et dépouillé, il finit par mener une vie d’errance dont il ne sort que par la rencontre fortuite avec Omar, une connaissance du village, qui le prend sur son aile en lui assurant un gite et un couvert, certes misérables.

Mais Omar est soumis à la pression de son colocataire qu’on devine assez rapidement être son amant et prend la pénible décision de le remettre à son ennemi Sayed, un autre ancien du village, qui a connu une réussite certaine à Bagdad.

Sayed accueille généreusement le jeune homme et le loge dans son magasin de téléviseurs qui n’est en réalité qu’une couverture pour ses véritables activités : chef d’une cellule de terroristes islamiques poseurs de bombes.

Le héros comprend à qui il a affaire et montre une grande motivation pour s’intégrer à la cellule terroriste afin d’accomplir sa vengeance.

Mais les terroristes étant par nécessité des gens prudents, le processus d’intégration prend beaucoup de temps, le héros devant à son grand dam ronger son frein dans l’inactivité et les taches subalternes.

Une descente de policier irakiens corrompus tentant de racketter Sayed tourne mal et oblige le réseau à liquider les policiers, ce qui accélère l’intégration du bédouin, témoin malgré lui du meurtre.

Après un nouvel assaut de policiers, la cellule parvient à s’échapper et Sayed convaincu que le jeune bédouin l’a trahi, le contraint sous la torture à livrer un nom : celui d’Omar.

Impitoyable, Sayed égorge le malheureux qui en réalité n’était pour rien dans l’attaque des policiers.

Malgré son remord, le bédouin va jusqu’au bout de son engagement et accepte l’inconcevable, se faire injecter un virus par un médecin terroriste et contaminer la ville de Londres.

Aidé par la puissante logistique des réseaux terroristes, il traverse la Jordanie pour se retrouver au point de départ du roman, à Beyrouth ou il doit prendre un avion pour Londres.

En attendant son heure, le jeune homme discute avec le docteur Jalal, intellectuel autrefois proche des pays occidentaux et critique vis-à-vis de l’islamisme avant d’opérer un volte face fracassant en comprenant le mépris des occidentaux pour les arabes, qu’ils soient intellectuels ou non.

Jalal, détecte les intentions criminelles du jeune homme et malgré son revirement islamiste, décide devant l’horreur de ses intentions, de l’en dissuader.

Les choses tournent mal, Jalal est durement agressé et enlevé par les gardes de Sayed, ce qui laisse la voie libre au bédouin infecté.

Mais au moment de prendre l’avion, le bédouin se montre incapable d’aller au bout de son acte en comprenant in extremis sa vacuité.

Il comparait alors finalement devant ses anciens maitres, pour un jugement qu’il sait sans appel.

En conclusion, « Les sirènes de Bagdad » est un roman d’une très grande force montrant un Khadra au sommet de son art.

Dans celui-ci, l’écrivain décrit en effet le parcours individuel d’un jeune homme du désert qui touché par les effets de bord de la brutalité de la guerre USA-Irak, s’engage alors par désir de vengeance dans le Jihad, avant de se raviser in extremis au seuil de commettre un attentat bactériologique d’envergure encore inédite.

A travers ce jeune homme qu’on devine assez proche ethniquement de lui, Khadra joue parfaitement son rôle de passeur/médiateur entre le monde occidental et arabe.

Tout en condamnant la brutalité des soldats américains envahisseurs (mais en réalité il n’existe pour moi aucun soldat particulièrement tendre en période de guerre), Khadra rappelle les horreurs du régime de Saddam Hussein et tente de rétablir un équilibre entre la culture arabe, aux richesses méconnues et celle réputée supérieure de l’Occident mais en réalité dévoyée par l’absence de spiritualité, l’individualisme et le pouvoir de l’argent.

Cette tentative se matérialise clairement lors du dialogue agité entre Jalal intellectuel déçu par les lumières de l’Occident et son ami écrivain Mohamed Seen, fidèle lui à une vision progressiste  des choses.

Servi par une langue toujours d’une grande splendeur, « Les sirènes de Bagdad » se dévore d’une traite et constitue l’un des meilleurs romans non algériens du talentueux écrivain.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 20:02

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Poursuite en mode toujours un peu craintif de l’œuvre fleuve de David Bowie avec « Aladdin sane » album sorti comme le montre la pochette à l’esthétique très glam, en 1973.

Le début se fait en pente douce avec « Watch that man » qui déroule placidement son rock ‘n’ roll ultra daté aux chœurs abondants.

Vient ensuite le déroutant « Alladin sane » qui après une entame tout en souplesse glisse vers un délire jazzy à rallonge mélangeant piano, chœurs et saxophone.

Les choses ne s’améliorent guère avec « Drive in saturday » dont les quelques bruitages futuristes ne suffisent pas à masquer la faible intensité et le rythme mollasson.

Bowie et sa troupe relèvent la tête avec « Panic in Detroit » plus engageant en raison de son jeu de percussions assez original et « Cracked actor » aux riffs beaucoup plus rock ‘n’ roll.

Vient ensuite le délire exubérant de « Time » ses multiples cassures rythmiques et ses chœurs grandiloquents.

Après ces légers coups de fièvre, Bowie se fait caressant et aérien avec « The prettiest star »  avant d’injecter un bon groove space and rock ’n’ roll sur la reprise des Rolling Stones « Let’s spend the night together ».

La fin de l’album arrive ensuite avec « The Jean genie » doté lui aussi d’une solide base blues/rock qui ne suffit malheureusement pas à elle seule et « Lady grinning soul » belle ballade subtile et éthérée ou la voix de Bowie fait des merveilles.

En conclusion, « Aladdin sane » est un album au terrible gout de daté.

La production faiblarde offre un son maigrelet qui rend l’impact de ce que je nommerais les inutiles en rock (saxo, piano, chœurs) plus irritants que valorisants.

Difficile dans ses conditions d’apprécier pleinement les délires créatifs du chanteur britanniques et ce ne sont pas les morceaux rock ‘n’ roll vintage également sous produits qui suffisent à relever le gout du plat.

Malgré donc la présence d’une belle ballade finale tout en grâce et en finesse, « Aladdin sane » sans doute trop précieux pour ses oreilles grossières, ne conviendra pas à votre serviteur.

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