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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 21:56

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Abordons maintenant un registre plus léger, populaire et commercial avec « Pretty woman » de Gary Marshall.

Enorme succès de 1990, « Pretty woman » raconte l’histoire improbable qu’on qualifiera de conte de fée, d’un homme d’affaires new yorkais appelé Edward Lewis (Richard Gere) qui en déplacement à Los Angeles, se trompe de quartier et échoue à Hollywood boulevard, repaire des voyous et prostituées la nuit tombée.

A bord d’une Lotus sport, Edward ne passe pas innaperçu et est abordé par Vivian (Julia Roberts), une prostituée qui doit rembourser une grosse dette d’argent de sa colocataire Kit (Laura San Giacomo).

Edward qui cherche plus un renseignement qu’une passe, négocie avec Vivian qu’elle le guide pour le ramener à son hôtel huppé de Berverly Hills et entre le courant passe plutôt bien entre les deux à tel point qu’il l’invite à passer la nuit avec lui.

En réalité, l’homme d’affaires, divorcé et fraichement célibataire, est en plein désarroi et cherche plus de la compagnie qu’une prestation sexuelle.

Il paye cependant confortablement Vivian et passe la nuit avec elle.

A son réveil, Edward semble sous le charme de Vivian et lui propose de passer la semaine avec lui.

Bien qu’hésitante, la jeune femme accepte et peu à peu, se tisse entre eux une relation intime.

Edward travaille la journée et se confie à elle, notamment sur ses doutes par rapport à l’utilité de son travail, qui consiste à racheter des sociétés en difficultés pour les découper et les revendre en faisant des bénéfices.

De manière assez surprenante, Vivian se révèle avoir plus de valeurs morales que son avocat associé Phil Stuckey (Jason Alexander), qui le pousse à mettre à terre le chantier naval de Jim Morse (Ralph Bellami), en grosses difficultés après le blocage d’un gros contrat avec la Marine américaine.

Tandis que le doute fissure lentement Edward, Vivian profite des largesses financières de son petit ami actuel pour dévaliser les richissimes boutiques de Beverly Hills et prendre une revanche bien méritée sur ces vendeuses qui l’avaient jadis snobé.

Elle est également prise en sympathie par Barney (Hector Elizondo), le directeur de l’hôtel qui finit par accepter ses manières assez peu en accord avec la clientèle huppée de son établissement.

Vivian fait sortir Edward de son obsession pour son travail et ses relations superficielles, tandis que l’homme d’affaires lui permet de découvrir l’opéra dans une belle escapade à San Francisco.

L’homme se montre même héroïque dans lorsque Vivian revient brièvement sur Hollywood bd et la tire des griffes d’un maquereau particulièrement agressif.

L’osmose s’effectue et l’amour finit par poindre, malgré la méfiance croissante de Phil qui perçoit de profonds changements chez son associé.

Lorsque Edward commet l’erreur de lui révéler que la femme qui l’accompagne dans toutes ces soirées huppées est en réalité une prostituée, Phil devient odieux et tente même d’abuser Vivian.

Contre toute attente, Edward épargne Morse et permet au vieil industriel de sauver son entreprise tout en s’associant avec lui.

Hors de lui, Phil agresse Vivian et se fait rosser par Edward.

Mais la semaine s’achève, Vivian refuse d’être une femme entretenue à New-York et pleine d’orgueil, rompt avec son prince charmant.

Elle revient sur les boulevards mais prend la courageuse décision d’arrêter le tapin pour reprendre des études à San Francisco.

Pourtant, pris de remord, Edward rebrousse chemin et revient chercher sa belle …

En conclusion, « Pretty woman » est l’incarnation du film conte de fée, ou la belle fille du trottoir perdue dans son existence vient au secours d’un bel homme d’affaire, également perdu mais sur le plan moral et sentimental.

Les ficelles sont certes énormes, mais le ton résolument positif et la fraicheur de Julia Roberts au physique explosif de jeune et longiligne rousse, qui crève ici l’écran en se révélant très touchante dans un rôle à la base peu évident, finissent par faire passer la pilule de la belle rencontre provoquant la rédemption de deux âmes perdues.

Difficile en revanche de s’enthousiasmer pour l’inutile bellâtre de Richard Gere, au jeu toujours aussi peu expressif mais incarnant sans doute une sorte d’idéal féminin de papier glacé.

Vous l’aurez compris, pas de réel engouement de mon coté pour ce film vintage à l’eau de rose, qui évite par le seul charme léger de Roberts et par quelques seconds rôles sympathiques comme celui de Elonzido, le rejet viscéral et massif.

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Published by Seth - dans Pop
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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 21:41

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Hommage aux Yardbirds premier supergroupe de rock anglais des années 60 avec une triplette magique de guitaristes de renom : Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page autour du chanteur Keith Relf, du guitariste Chris Dreja, du bassiste Paul Samwell Smith et du batteur Jim Mc Carty.

Eteint au début des années 70 après plusieurs albums particulièrement novateurs pour l’époque, les Yardbirds refont parler d’eux en 2003 avec « Birdland » qui autour de Dreja, Mc Carty et Paul Samwell Smith propose quelques nouveautés au milieu des réenregistrements de leurs anciens succès avec John Idan au chant et pléthore de guitaristes de renom.

 On commence par « I’m not talking » parfaite entame vive et sautillante puis enchaine avec « Crying out for love » morceau plus élégant et nuancé, doté de beaux refrains et d’un solo de guitare tout en subtilité.

Jeff Baxter est le premier guitariste de renom (The Doobie brothers, Steely Dan) a prêter ses talents sur le blues rock assez entrainant « The nazz are blue » mais ceci n’est à vrai dire pas grand-chose face au tube scintillant « For your love » magnifique d’élégance aérienne.

Le blues revient vite avec « Please don’t tell me ‘bout the news » rapide, plaisant et enfiévré.

Joe Satriani prend alors le relais pour une nouvelle déflagration rock « Train kept a rollin » tube implacable parfaitement jouissif, enchainé de « Mr Saboteur » titre plus lent mais rendu agréable par une certaine similitude avec le riff de « Satisfaction » des Rolling Stones.

Steve Vai officie sur « Shapes of things » plus terne malgré un solo bien entendu haut en couleur mené par le guitariste-star et Jeff Beck, authentique membre lui des Yardbirds originaux déboule sur un « My blind life » plus dur et lourd.

Le feu d’artifice continue avec Slash dans le registre un tantinet plus celtique de « Over, Under sideways down » , Brian May dans « Mr you’re better man than I » titre doux parsemé de courtes accélérations.

La dernière partie du disque se profile alors avec « Mystery of being » qui derrière ce jolie titre philosophique propose un excellent mid tempo aux riffs orientalisants, « Dream without a dream » aux mélodies divinement aériennes et le très accrocheur « Happening ten years ago » que Steve Luthaker (ex Toto) vient habiter de son talent de guitariste.

On termine en souplesse par « All original man » joli ballade marqué par ses chœurs puissants.

En conclusion, « Birdland » est un très bon album de rock mélangeant classique des Yardbirds revisités par les meilleurs guitaristes de la planète et nouveaux morceaux de haut niveau.

Idéal compris entre best of déguisé et nouvel album, « Birdland » séduit par la très grande qualité de la musique proposée, parfait maillon manquant entre rock à l’ancienne influencé par le blues le hard encore frémissant à cette époque, le tout habité par un très grand sens de la composition et des superbes parties de guitares.

« Birdland » ne peut donc que donner forcément envie de se ruer avec avidité sur toute la discographie des artistes anglais …

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Published by Seth - dans Rock
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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 22:30

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« Alien, la résurrection » est le quatrième volet d’une franchise entamée à la fin des années 70 est confié suprême honneur au français Jean-Pierre Jeunet quatre ans avant le succès phénoménal et dans un registre diamétralement opposé car beaucoup plus gentillet de « Amélie Poulain ».

J’avais à l’époque vu le film dès sa sortie en 1997 lors d’un stage en Belgique ce qui me donne l’occasion de saluer mon ami Bruno qui je l’espère lira cette chronique en se rappelant de nos jeunes années.

Mais foin de saudade brésilienne, place au présent et au film qui se situe pas moins de 200 ans après les événements de « Alien 3 »  ayant abouti sur la planète prison de Fiorina 16 à la mort du lieutenant Ellen Ripley (Sigourney Weaver) alors infectée par une les créatures qu’elle a toujours combattu.

Si la compagnie Weyland-Yutani a certes logiquement disparu, les militaires n’ont cependant pas abandonné leurs tentatives d’études et de domestication des Aliens, et se sont arrangés pour sur un vaisseau spatial laboratoire appelé l’USM Auriga, récupérer l’Alien Reine contenu dans son ventre de Ripley et créer ensuite un clone génétiquement identique dans le but de donner naissance à une lignée d’Aliens.

La nouvelle Ripley n’a d’autres choix que d’accepter sa condition de femme cobaye mais demeure toujours parfaitement rétive à l’idée d’obéir à toute forme d’autorité militaire.

Ceci se caractérise par une nette agressivité à l’encontre des chercheurs qui tentent de lui redonner une structure mentale, agressivité décuplée par l’hybridation Alien qui lui assure une force quasi surhumaine, de stupéfiantes capacités de régénération et un sang à forte teneur acide capable d’attaquer le métal le plus solide.

Les militaires commandés par le général Perez (Dan Hedaya) reçoivent une précieuse cargaison d’êtres humains livrés en état de biostase par des mercenaires emmenés par Frank Elgyn (Michael Wincott) beau pirate hâbleur et accessoirement amant de la sexy Sabra Hillard (Kim Flowers).

La présence des mercenaires forts en gueule ne passe pas inaperçue et l’atmosphère devient rapidement électrique sur l’USM Auriga, surtout après une rencontre musclée ou Ripley ridiculise Johner (Ron Pearlman) qui lui faisait des avances lors d’une partie de basketball.

En réalité, les militaires ont utilisé les 12 corps des malheureux prisonniers pour implanter en eux les œufs d’Aliens afin de multiplier leurs créations.

Les Docteur Gediman (Brad Dourif) et Wren (J.E Freeman) se passionnent tellement pour leurs recherches qu’il finissent par en oublier toute prudence et à sous estimer les Aliens retenus dans des cellules blindées, qui utilisant à merveille leurs capacités d’adaptations sacrifient l’un des leurs pour forer un passage à travers le sol et ainsi s’échapper en kidnappant Gediman.

Les Aliens libèrent alors leur cruauté naturelles et déciment scientifiques et militaires complètement dépassés par la tournure des évènements.

A l’intérieur du vaisseau la panique gagne du terrain et les mercenaires sont alors contraints de s’organiser pour leur survie.

L’alliance avec Ripley en contact quasi télépathique avec les monstres semble de bon aloi et un militaire, le soldat Distephano (Raymond Cruz) choisit même de quitter son camps pour tenter de survivre avec les mercenaires.

Le but de Ripley est pourtant d’un tout autre ordre et consiste prioritairement à détruire le vaisseau qui s’apprête à rentrer sur Terre en pilotage automatique et donc de fait à porter l’infection Alien sur toute la race humaine.

Mais même si les mercenaires exhibent des armes qu’ils avaient dissimulées aux militaires, le combat contre les Aliens s’avère plus que périlleux et Elgyn est le premier à succomber.

Les capacités surhumaines de Ripley s’avèrent précieuses pour progresser dans ce dédale mortel et le groupe y fait d’horribles découvertes comme l’exploration d’un laboratoire d’expériences génétiques préludant au clonage que Ripley folle de rage incinère afin d’abréger les souffrances d’une misérables femme au corps mutilé agonisant lentement ou bien la découverte de Larry Purvis (Leland Orser) malheureux rescapé au corps infecté par un Alien, qui est finalement pris en charge après un long débat interne.

L’affreux docteur Wren ne partage bien entendu pas le point de vue de Ripley et tire sur Call (Winona Ryder) jeune membre des mercenaires réputée plus sensible et fragile.

Lorsque le groupe se voit contraint de traverser un long passage envahi d’eau, Sabra n’y survit pas et périt, happée par un Alien après une angoissante chasse sous marine au ralenti avant que le flamboyant Christy (Gary Dourdan) ne le tue à grand coups de balles explosives.

L’ascension par une échelle vers la porte de sortie est également épique, car le groupe se trouve traqué par un second Alien qui s’agrippe au corps inconscient de Christy tracté à bout de bras par l’infirme Vriess (Dominique Pinon).

La situation est critique et il faut attendre une action spectaculaire de Johner qui penche son grand corps dans le vide pour vider ses chargeurs sur l’Alien pour respirer un peu.

Mais le poids du monstre gisant empêche le duo Vriess/Christy de gravir les dernières marches.

Christy accepte alors de se sacrifier en se jetant dans le vide pour permettre à son ami de poursuivre son ascension.

C’est finalement Call qui ouvre la porte de sortie, révélant ainsi sa nature d’androïde qui lui permet en s’interfaçant avec l’ordinateur central de l’Auriga de le dévier de sa trajectoire préprogrammée pour l’envoyer s’écraser sur Terre.

La tentative désespérée de Wren est finalement mise en déroute par le sacrifice de Purvis qui fait éclater l’Alien de son torse sur le docteur et le tue.

Mais Ripley réalise que la Reine qu’elle a enfantée s’est maintenant dotée d’un système reproductif plus évolué, qui lui permet de donner naissance directement à des Alien sans passer par des œufs.

Le premier enfant de cette monstrueuse progéniture est une créature hybride appelée le Newborn qui possède des traits humanoïdes.

Le Newborn reste cependant férocement animal, tue la Reine, puis Gediman toujours aveuglé par sa passion scientifique mais épargne Ripley qu’il considère à tort comme sa mère biologique.

Alors que les rescapés parviennent à embarquer sur le vaisseau des mercenaires, le Newborn s’invite à bord, tuant Distephano et malmenant Call.

Ripley est alors contrainte de descendre en soute affronter sa progéniture et profitant des relations troubles la liant au monstre, le tue de manière cruelle en le faisant aspirer par petits morceaux par le vide spatial.

L’épreuve est telle que Ripley ne peut retenir ses larmes après la mort de l’étrange créature à la douleur presque humaine tandis que l’Auriga s’écrase sur Terre …

En conclusion, « Alien, la résurrection » est un film étonnant, impressionnant, très créatif et se hisse brillamment au second rang de la saga, juste derrière le premier et à vrai dire assez inégalable opus.

Le style gothique, macabre et visuellement si fort de Jeunet convient à vrai dire parfaitement à Alien et le réalisateur impose avec un grand talent sa marque à l’œuvre initiale de H.R Giger et Ridley Scott.

Certaines scènes sont réellement anthologiques avec le combat sous marin pour échapper à la mort ou l’ascension de l’échelle, difficile de ne pas être révulsé devant l’horreur des expériences pseudo scientifiques aboutissant à des non êtres pathétiques et difformes …

Jeunet réunit également autour de la fascinante Weaver une galerie exceptionnelle d’acteurs de premier plan, avec entre autre Ryder parfaite en petit robot fragile, Pearlman génial en brute charismatique ou encore Dourdan et Pinon, formant un duo complémentaire au final grandiose.

Du coté des effets spéciaux, on se régale, avec des créatures plus effrayantes et indomptables que jamais et goutant au délicieux malaise provoqué par un Alien humanoïde doté de certaines expressions pathétiques.

Pour toutes ces raisons, « Alien, la résurrection » peut être considéré comme un très grand film et une belle fierté nationale.

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 22:35

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Nous sommes à présent en 1992 et David Fincher alors à son premier film se voit confier la réalisation de « Alien 3 ».

On découvre ici que les survivants du vaisseau Sulaco, placés en état de biostase, sont brusquement tirés de leur sommeil par un incendie et expulsés via une capsule de survie qui atterrit sur une planète prison du nom de Fiorina 16, peuplée d’une vingtaine de criminels psychotiques dont les pulsions meurtrières ont été canalisées par un endoctrinement religieux poussé se caractérisant par un isolement quasi monacal.

Le détenu Dillon (Charles S Dutton) a su assoir son autorité religieuse sur ses compagnons et obtient une réelle influence pacificatrice au sein de la prison aux cotés du directeur, un dénommé Andrews (Brian Glover).

A son réveil, le lieutenant Ripley (Sigourney Weaver) est prise en charge par le médecin de la prison Jonathan Clemens (Charles Dance), qui du fait de son affaiblissement lui prodigue des soins personnalisés et la maintient sous ordre de Andrews strictement isolé du reste des détenus, qu’un contact féminin pourrait perturber.

Ripley découvre que ni Hicks, ni Newt ni même l’androïde Bishop n’ont survécu au voyage et la mort de la jeune fille provoque en elle un sérieux doute sur son caractère naturel.

Sans dévoiler l’intégralité de ses pensées, Ripley insiste pour examiner le corps de Newt et que Clemens réalise un autopsie.

Le médecin accepte et comprend à demi mot que la nature de l’infection que redoute Ripley n’a en rien à voir avec une épidémie de choléra, et gagne peu à peu sa confiance.

Mais Andrews, parfait fonctionnaire désireux de ne pas se faire remarquer de sa hiérarchie coupe court aux examens, fait incinérer les corps humains, demande à ce que Ripley soit placée en quarantaine jusqu’à l’envoi d’une navette de la Weyland-Yutani vienne sous huit jours pour la récupérer.

En réalité les doutes de Ripley s’avèrent fondés puisque au moins un « Facehugger » a bel et bien embarqué dans la Sulaco, puis a vraisemblablement tué Newt et Hicks avant de s’infiltrer dans la base en infectant le corps d’un rottweiler venu inspecter la navette de sauvetage.

Bien entendu, la poitrine du chien libère un Alien qui croit à grande vitesse et ne tarde pas à tuer plusieurs détenus de la prison.

De son coté, l’entêtée Ripley se rend, avec la complicité de Clemens, dans la casse ou ont été entreposés les restes de Bishop.

Elle y est agressée par des détenus incapables de réfréner leurs pulsions criminelles et il faut attendre l’intervention musclée de Dillon pour rétablir le calme.

Réactivés temporairement, les restes de Bishop confirment la présence d’un Alien à bord du Sulaco, ce que se refuse à croire Andrews qui se voile la face en attribuant les morts à des accidents ou à une brusque crise de démence d’un détenu.

Clemens en revanche soutient Ripley et au cours d’une courte liaison avec elle lui révèle ses erreurs de jeunesse aboutissant à son incarcération, mais il est malheureusement tué par la bête, qui épargne mystérieusement Ripley mais massacre Andrews qui meurt dans l’ignorance.

Dès lors, avec un directeur en second appelé 65 (Ralph Brown) en raison de son faible QI, des gardiens non armés et des prisonniers habitués à la quasi auto administration, l’ordre devient très fragile au sein de la prison et la tension monte.

Ripley parvient à s’entendre avec Dillon, le seul à pouvoir canaliser les prisonniers par son charisme naturel, pour leur expliquer que l’équipe envoyée par la Weyland n’a pour but que capturer l’Alien pour le ramener sur Terre au mépris de la vie de taulards,  et tenter d’élaborer une stratégie rudimentaire visant à piéger l’Alien dans le dédale des galeries de la prison pour le bloquer dans une presse hydraulique géante et déverser du plomb fondu sur lui.

Mais l’exécution du plan s’avère plus compliquée que prévue et les prisonniers s’égarant dans les galeries sont impitoyablement tués par l’Alien.

En profitant d’une accalmie, Ripley demande à 65 de la passer au scanner de la navette et découvre qu’elle possède un Alien implanté dans le corps.

Se sachant condamnée, elle demande à Dillon de la tuer mais celui lui demande de se porter volontaire attirer personnellement l’Alien dans la presse, avant d’exécuter son vœux.

Le plan se remet laborieusement en place, avec la mort de nouveaux prisonniers pris par surprise par la créature mais Dillon parvient en se sacrifiant avec un immense courage à immobiliser enfin l’Alien dans la presse afin de l’asperger de plomb en fusion.

L’arrivée de la navette de secours de la Compagnie est une bouffée d’espoir pour 65, qui veut croire à un désir sincère de les secourir mais l’homme périt finalement, tué par la créatures dont les étonnantes capacités de survie lui permettent de s‘extirper du magma.

C’est une nouvelle fois Ripley qui triomphe en aspergeant d’eau l’animal dont la carapace fragilisée par la chaleur finit par exploser par choc thermique.

Le chef de de l’équipe envoyée par la Compagnie,  un homme ayant crée Bishop à son image (Lance Henriksen), propose à Ripley de la ramener sur Terre afin de la soigner et d’étudier l’Alien à des fins militaires.

La réponse du lieutenant est de se suicider en se jetant dans la lave en fusion afin de mettre à terme à l’infection de l’humanité par les Aliens.

En conclusion, « Alien 3 » est pour moi le volet le plus faible et le plus décevant de la saga.

En conflit avec la production, Fincher alors tout jeune, n’est pas réellement un spécialiste des films de science fiction et son univers carcéral, bien que clos et sombre, ne parvient pas à suffisamment entretenir de climat angoissant.

Dire qu’on s’ennuie en regardant le film serait exagéré, mais le rythme assez lent de l’intrigue et les attaques finalement assez prévisibles de la bête, ne clouent pas le spectateur à son siège comme lors du premier numéro.

L’esthétique volontairement sobre et épurée perd un peu la démesure gothique de l’œuvre de H.R Giger.

Avec ses acteurs sans grand signes distinctifs dont la dangerosité supposée ne sert à rien face à la parfaite machine à tuer qui est en face d’eux, « Alien 3 » pourrait presque passer pour un film comme les autres et perd pour moi de sa saveur.

Reste heureusement Sigourney Weaver, toujours parfaite, le sympathique Bishop et un petit rôle honnête pour Charles Dance.

De loin le plus dispensable de la saga.

Dommage.

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 21:26

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En 1986, après le fort succès commercial et artistique du premier « Alien », James Cameron un autre immense réalisateur prend la suite pour « Aliens, le retour ».

Nous avions laissé le lieutenant Ripley (Sigourney Weaver) en biostase dans sa navette de sauvetage après avoir échappé aux griffes de l’horrible créature ayant décimé tout l’équipage du Nostromo et nous la retrouvons 57 ans après, très bien conservée par la mise en veille de ses fonctions organiques.

Ripley a été retrouvée et rapatriée sur une station orbitale possédée par sa compagnie : Weiland-Yutani, qui fort logiquement lui demande des comptes après la perte du Nostromo et de sa précieuse cargaison de minerais.

Bien entendu, personne ne veut croire à la version des faits avancée par Ripley et à cette histoire de créature extraterrestre pondant dans le corps d’autres vivants pour se reproduire, d’autant plus que Ripley se montre particulièrement animée pour ne pas dire véhémente dans ses explications.

Sévèrement rétrogradée à la manutention dans les hangars, Ripley voit pourtant sa situation changer du tout au tout lorsque Burke (Paul Reiser) avocat de Weiland, la contacte pour lui demander d’assister une équipe de Marines envoyée en mission afin de découvrir pourquoi les colons de la Weiland, partis terra former LV-426 ne répondent plus.

Après une première réaction de peur et de répulsion, Ripley comprenant qu’elle vivra de toute façon hantée par ses cauchemars accepte la mission qui la rétablira de plus dans des fonctions de pilotage de vaisseau spatial.

Elle embarque donc sur le vaisseau Sulaco avec Burke et une solide équipe d’une dizaine de Marines durs à cuir commandés par le lieutenant Gorman (William Hope) dont le soldat Hudson (Bill Paxton) et la brulante latino Vasquez (Jenette Goldstein) sont assurément les plus grandes gueules.

Détail marquant, Bishop (Lance Henriksen) un androïde les accompagne, ce qui du fait du passé catastrophique de Ripley concernant Ash sur le Nostromo, provoque une forte réaction de défiance, atténuée par l’assurance tranquille du robot quand à son impossibilité physique d’attaque d’êtres humains.

Après avoir sommairement écouté quelques conseils dispensés par Ripley et s’être fortement armés de puissants fusils capables de percer les carapaces des Aliens, les Marines débarquent sur la station de raffinage de LV-426 qui de l’extérieur parait très calme.

Ils progressent lentement et méticuleusement, trouvant des traces de luttes mais nulle part les corps de colons.

Seule une jeune enfant appelée Newt (Carrie Henn) est découverte se terrant parmi les galeries souterraines de la base.

Terrorisée et en état de choc, l’enfant se montre incapable de parler et est recueillie par Ripley qui tente de la rassurer en la mettant en sécurité dans un véhicule blindé.

Les recherchent des Marines les entrainent dans une la salle du réacteur atmosphérique de la base ou sont localisés les colons.

Du fait de la proximité du réacteur nucléaire, l’usage des armes lourdes est prohibé ce qui force les Marines a se rabattre sur des lances flammes.

Mais en réalité les colons sont morts infectés par les Aliens présents sur LV-426 et les Marines tombent sur une embuscade.

Pris par surprise et submergés par la violence de l’attaque, ils perdent beaucoup d’hommes et son contraints de se replier dans le désordre.

L’inexpérimenté Gorman qui supervise la situation depuis le véhicule blindé est  rapidement dépassé par la situation, aussi Ripley décide d’elle dans le chaos le plus total de foncer à bord du blindé pour secourir les Marines.

Son intervention s’avère judicieuse puisqu’elle permet d’extirper quelques survivants face à des Aliens déchainés n’hésitant pas à s’attaquer au blindé pour tenter de percer ses protections.

Mais la navette de secours chargée de les rapatrier à bord du Sulaco est attaquée de l’intérieur par les féroces Aliens et s’écrase sur le réacteur atmosphérique provoquant des dégâts irréversibles et une réaction chimique irréversibles aboutissant à échéance coute à la destruction de la station.

Ripley, Newt, Burke et la poignée de Marine survivants sont alors contraints de se réfugier à l’intérieur de la station et de s’y barricader en attentant la venue d’hypothétiques secours.

C’est alors que Bishop révèle toute son utilité en acceptant de ramper dans les gaines de ventilation pour recaler l’antenne de la station permettant de téléguider à distance la navette de secours envoyée depuis le Sulaco.

Le courageux androïde accomplit bravement sa mission, tandis qu’à l’intérieur du complexe la pression des Aliens se fait plus intense.

Folle de rage, Ripley essaye de faire avouer à Burke qu’il savait pertinemment ce que les colons allaient trouver en réalité sur LV-426 puisque la Compagnie avait déjà envoyé le Nostromo rechercher les Aliens 57 ans auparavant.

Mais l’employé, aveuglé par ses objectifs de profit de mise au point de nouvel armement militaire après l’étude des Aliens, décide devant la décision de Ripley de le dénoncer, de libérer deux « Facehugger » sur elle et la pauvre Newt.

Avec courage et un peu de chance, les deux femmes échappent à la mort, grandement aidées par l’intervention des Marines qui comprennent la duplicité de Burke.

Contraints de tenter une sortie par les gaines de ventilation pour embarquer dans la navette réacheminée par Bishop, les Marines s’exposent aux Aliens et tombent courageusement les uns après les autres, Hudson, Gorman et l’épatante Vasquez tombant de manière héroïque en préférant se faire exploser plutôt que d’être dévorés par les Aliens.

Seuls le caporal Hicks (Michael Biehn) blessé à l’acide et Ripley parviennent à rejoindre Bishop dans la navette, Burke étant tué par les monstres et Newt étant tombée après une explosion dans la salle de ponte des « Facehuggers » pondus par une reine Alien au corps énorme et difforme.

Courageusement, Ripley retourne sur place chercher Newt, et l’arrache à la reine, étonnamment pacifique devant elle, avant d’incendier tous les œufs au fusil d’assaut.

La reine perd sa capacité de ponte mais retrouvant sa mobilité se montre capable d’embarquer dans la navette de secours, ou elle tue sauvagement le pauvre Bishop après que la station ait explosé dans une puissante déflagration thermonucléaire.

Une lutte à mort s’engage alors avec Ripley, qui utilise l’exosquelette d’un robot de charge de grande taille pour lutter pied à pied avec l’immense reine.

La machine est suffisante pour bloquer les capacités meurtrières de la reine et Ripley finit non sans une lutte acharnée à évacuer son corps dans l’espace.

Epuisée, elle place Hicks, Newt, les reste de Bishop et elle-même en biostase pour le voyage du retour.

En conclusion, « Aliens le retour » est fortement différent de l’œuvre originale de Scott.

Cameron déploie ici la grosse artillerie en utilisant des commando hyper virils capables de tuer des Aliens, présents cette fois en grande quantité mais du coup nettement plus vulnérable à la puissance de feu humaine.

L’action est plus spectaculaire avec l’utilisation de véhicule lourd et toute l’ingéniosité d’un exosquelette robotisé face à une reine Alien démesurée.

Même si tous les Marines tous en muscles et en gueule sont interchangeables, le scénario solide se tient très efficacement notamment avec la présence bienvenue d’une enfant fragile et débrouillard mais aussi d’un androïde cette fois dans un rôle beaucoup plus positif et  bénéfique que dans le premier opus ou il apparaissait sournois et machiavélique.

Pourtant en privilégiant l’action et la surenchère, « Aliens le retour » perd pour moi en suspens et ne parvient pas à égaler l’intensité suspens quasi insupportable du premier opus.

Moins mystérieux, moins diaboliquement angoissant, cet Alien bis délivre cependant un spectacle tout à fait divertissant.

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 19:46

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Abordons à présent un sujet qui met tient à cœur, « Alien » de Ridley Scott.

Sorti en 1979, « Alien » raconte l’histoire dans un futur lointain d’un vaisseau spatial commercial appelé le Nostromo qui revenant sur Terre pour transporter une cargaison de minerais, se trouve dévié de sa route par la réception d’un signal de détresse émanant d’une planète nommée LV-426.

Obéissant à la procédure automatisée de sécurité, l’ordinateur de bord appelé Mère sort l’équipage de sa biostase, sorte de sommeil artificiel permettant de supporter les longs trajets en préservant les fonctions organiques des êtres vivants.

Les sept membres du vaisseau se réveillent alors, parmi eux Dallas (Tom Skeritt) le barbu capitaine, le second Kane (John Hurt), le lieutenant Ripley (Sigourney Weaver), l’officier scientifique Ash (Ian Holm), la fragile Lambert (Veronica Wilson) et les deux mécaniciens raleurs Parker (Yaphett Kotto) et Brett (Harry Dean Stanton) obnubilés par leurs primes et qu’il est particulièrement difficile de convaincre de faire un détour pour aller à la rencontre du signal.

Le Nostromo s’immobilise en orbite géostationnaire et envoie une navette pour se poser sur la planète inconnue.

La descente est plus délicate que prévue et une panne dans les circuit de pressurisation cloue sur place la navette le temps que Parker et Brett réparent.

Ash supervise sur des moniteurs les actions de Lambert et Kane partis sur le terrain habillés de scaphandres.

Le groupe tombe sur l’épave d’un gigantesque vaisseau de forme torique, à l’intérieur duquel se trouve le cadavre d’un extra terrestre géant, gisant la cage thoracique perforée.

Tandis que Ash peine à établir un visuel régulier et que Ripley décode une partie du signal ressemblant plus à un avertissement qu’à un SOS, la curiosité scientifique de Kane lui ait fatale puisque au cours de l’exploration de ce qui ressemble à une batterie d’œufs, un « Facehugger »  créature ressemblant vaguement à une raie, brise la visière de son casque et s’agrippe férocement à son visage.

Vivant mais inconscient, Kane est rapatrié en catastrophe par navette mais Ripley s’oppose à sa réintégration sur le vaisseau au motif de contagion.

Outrepassant les consignes, Ash prend sur lui d’ouvrir le sas pour faire entrer Kane.

Après une vive explication avec Ripley et l’attitude désinvolte de Dallas, Kane est finalement examiné par les médecins qui découvrent que la chair incisée de l’animal contient un acide organique particulièrement agressif capable de perforer plusieurs couches d’acier.

Impuissant à soigner Kane, l’équipage découvre que la mort du « Facehugger » et le réveil du blessé, en apparence en bonne santé.
Kane est cependant victime de malaise durant le repas et sa cage thoracique se perfore, libérant une horrible petite créature insectoide appelée Alien qui se dissimule très vide dans les recoins du vaisseau.

Dès lors, l’équipage comprend qu’il a affaire à un intrus dangereux qu’il convient de traquer.

Si Ash est plutôt d’avis de la capturer vivant, Ripley pense de son coté qu’il vaut mieux éliminer la créature.

Equipés de détecteurs de mouvement d’une portée de dix mètres et de lances électriques, l’équipage se divise alors en plusieurs groupes pour recherche l’Alien.

En cherchant le chat, Brett est surpris par l’animal qui a grandi de manière impressionnante, et qui doté de griffes, d’une queue avec aiguillon et surtout d’une horrible bouche avec appendice rétractile mortel, le tue et le dévore impitoyablement.

La panique gagne alors l’équipage qui comprend alors qu’il est réellement en danger et s’équipe de lance flammes pour pensent ils l’incinérer.

Leur stratégie pour le bloquer dans les conduits d’aération échoue lamentablement et Dallas est lui aussi tué.

Lorsque Ripley interroge l’ordinateur pour trouver un moyen de triompher de la créature, elle se heurte à un verrouillage informatique qu’elle finit par lever pour comprendre que Ash a obéi à une consigne secrète de la Compagnie pour ramener l’Alien sur Terre pour l’étudier, y compris en acceptant si nécessaire l’équipage.

Folle de rage, Ripley est agressée par Ash qui semble doté d’une force surhumaine et d’une insensibilité à la douleur provenant de sa condition d’androïde synthétique.

Arrivé en renfort, Parker cogne sur Ash et aide Ripley à l’endommager suffisamment pour le mettre hors service.

Ripley prend alors les choses en mains et décide d’évacuer l’équipage par la navette de secours en prenant soin de faire exploser le Nostromo avec la créature à son bord.

Elle réalise les manipulations nécessaires à l’application de ce plan, mais Lambert Parker partis chercher de l’hydrogène sont tués par l’Alien, non sans une brave résistance du sympathique colosse noir.

Après avoir récupéré son chat, Ripley s’éjecte et fait exploser le vaisseau.

Malheureusement, l’Alien remarquablement intelligent a réussi à embarquer dans la navette de secours et agresse Ripley alors qu’elle tentait de se mettre en biostase.

Après l’avoir aspergé de le gaz frigorifique sans réussir à briser sa résistance phénoménale, Ripley décide de revêtir un scaphandre et d’ouvrir une trappe donnant sur l’extérieur pour l’aspirer dans l’espace.
La lutte pour la survie est acharnée, mais Ripley finit enfin par éjecter l’animal, puis à se mettre en biostase, échappant enfin au cauchemar.

En conclusion, « Alien » est un chef d’œuvre absolu et sans nul le film de science fiction/horreur le plus réussi de tous les temps.

Plus que l’univers sombre, technique, futuriste et effrayant crée par Scott en collaboration avec le sculpteur H.R Giger concepteur du monstre, l’intensité du film est telle que le spectateur ressent pendant toute sa durée la pression physique de la peur.

Complètement immergé dans ce huis clos angoissant, on suit avec passion les tentatives d’un équipage commercial surpassé en férocité par un ennemi naturel, mais usant des capacités d’analyse et d’adaptation du cerveau humain pour vaincre.

Tous les acteurs sont époustouflants, à commencer par Weaver impeccable en femme de caractère, de haute valeur morale et capables de décisions affirmées.

Mais difficile de ne pas être fasciné par l’androïde traitre et cynique joué par Holm incarnant les valeurs modernes du capitalisme (le profit plus important que la moralité) ou par la gouaille généreuse du géant Kotto.

« Alien » séduit donc autant par son scénario de huis clos oppressant et diabolique que par son esthétique bio-mécanique-insectoide géniale.

Ne cherchez plus le meilleur film de Scott …

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 14:16

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Je connais comme tout le monde le cinéma de Bertrand Blier et ai revu récemment « Les valseuses ».

Sorti en 1974, « Les valseuses » est un classique du cinéma français et un film réputé pour beaucoup culte en raison de son aspect très provocateur.

Nous sommes en 1970, la France de cette époque n’a pas grand-chose à voir avec la notre, les voitures sont incroyablement primitives (DS, 2 CV), les grands ensembles HLM en béton grignotent peu à peu les campagnes françaises encore rapidement visibles à la sortie des villes avant que les zones industrielles borgnes ne viennent achever le processus de deshumanisation totale du paysage.

Dans ce monde aujourd’hui presque irréel, Jean-Claude (Gérard) et Pierrot (Patrick Dewaere) sont deux petits voyous qui vivent de petits larcins dans les supermarchés et terrorisent les bourgeois par leurs provocations.

Un soir de désœuvrement, ils s’offrent une virée en DS « empruntée »
, sans se douter que le propriétaire de la  voiture, le patron d’un salon de coiffure, les attend à leur retour avec un pistolet.

Profitant d’un moment de distraction, le duo prend la fuite dans la voiture en embarquant avec lui Marie-Ange (Miou-Miou), shampooineuse dans le salon.

Pierrot est blessé par un tir dans la région des testicules et saigne abondamment.

Après avoir mis Marie-Ange en sécurité chez Carnot (Gérard Boucaron) un ami garagiste des plus douteux, Jean-Claude force un médecin à soigner son ami heureusement blessé de manière superficielle et en profite pour lui dérober une grosse somme d’argent en menaçant ses enfants.

De retour, le duo découvre la frigidité de Marie-Ange, qui se laisse faire l’amour par les hommes sans manifester la moindre émotion.

Furieux de sa blessure, Pierrot fait cisailler la roue avant de la DS avant de la rétrocéder au propriétaire en même temps que Marie-Ange passive et blasée de tout.

Renfloué, le duo part en vadrouille pour échapper à la police, multipliant les vols et incidents, comme la provocation d’un vigile de supermarché, la visite d’une maison de bord de mer ou il renifle des dessous d’adolescente puis agression d’une jeune mère de famille dans un train (Brigitte Fossey), que Jean-Claude force à donner le sein à Pierrot en échange d’une belle somme d’argent destinée à la faire louer une chambre d’hôtel pour faire l’amour avec son mari revenant du service militaire.

Le spectateur suit médusé les dérives vicieuses et absurdes des deux hommes et assiste à une scène homosexuelle ou Jean-Claude sodomise Pierrot pourtant à la base réticent.

Sur un coup de tête, les deux hommes reviennent voir Marie-Ange et tente de comprendre son problème sexuel.

Mais malgré leurs efforts aucun d’entre eux ne parvient à donner du plaisir à la shampooineuse, qui finit par les écœurer par sa passivité.

Marie-Ange accepte pourtant de les suivre dans leur virée absurde, les aidant même à cambrioler le salon de coiffure de son patron-amant.

L’aventure reprend cette fois à trois, le trio s’établissant à la campagne pour plus de tranquillité.

Jean-Claude et Pierrot lassés de femmes fades, décident d’attendre une femme à la sortie de prison pour connaitre la véritable passion physique.

Leur dévolu se porte sur une femme mure, Jeanne (Jeanne Moreau), qu’ils suivent, prennent en charge en lui offrant de bons restaurants, avant de gagner suffisamment sa confiance pour qu’elle accepte de faire l’amour avec eux.

Malheureusement, Jeanne se suicide peu après leur nuit d’amour, en se tirant une balle dans le vagin.

Désespérés les deux hommes reviennent voir Marie-Ange pour pleurer.

Par respect pour Jeanne, ils viennent chercher son fils Jacques (Jacques Chailleux) également à la sortie de prison.

Ils mentent au jeune homme sur la situation de sa mère, et l’invitent dans leur maison à la campagne, lui offrant, gite, couvert et Marie-Ange qui découvre finalement son premier orgasme avec ce jeune homme fin et timide, dont c’était la première fois.

Assommés par cette découverte, Jean-Claude et Pierrot acceptent pourtant la réalité et suivent même Jacques pour un cambriolage dit facile, s’avérant en fait le meurtre de son surveillant de prison.

Soupçonnés cette fois de meurtre, le duo prend la fuite à toute allure, emmenant avec eux Marie-Ange puis Jacqueline (Isabelle Huppert) une adolescente de 16 ans en révolte contre ses parents bourgeois et qui réalise sa première fois avec eux.

Le film s’achève sur la descente débridée d’une route de montagne, encore une fois sans but précis si ce n’est l’errance, l’instinct et le plaisir de la liberté.

En conclusion, « Les valseuses » est sans doute l’un des films les plus rock n’ roll des années 70, avec un gout très prononcé pour le scandale.

On hésite entre la peur, le malaise et une certaine forme de tendresse pour ces deux antihéros pas bien malins, naïfs, vicieux et rebelles.

La charge est clairement contre la petite bourgeoisie française que le réalisateur semble exécrer avec son petit confort médiocre et lui préférer les voyous vivants  sans attaches au jour le jour.
Même 40 ans après, certaines scènes restent nauséabondes voir franchement stupides dans leur révolte puérile.

« Les valseuses » est aussi servie par la crème du cinéma français avec en tête un Depardieu mince, athlétique chef de bande, un Dewaere plus fragile parfait second couteau et toute une galerie de rôles féminins très osées comme Miou-Miou nue dans une bonne moitié du film, Moreau parfaite de dignité désespérée et Fossey parfaite en bourgeoise outrée.

Même si je n’apprécie pas le cinéma outrancier de Blier, le rythme, les péripéties et la qualité des acteurs font de « Les valseuses » un film vivant, franchouilard et réussi, cadrant une certaine époque de voyous blousons noirs aujourd’hui bien révolue.

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 16:52

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J’aurais pu à vrai dire commencer la saga des James Bond par les premiers films des années 60 avec Sean Connery mais je préfère l’approche inverse et parler de « Skyfall » dernier en date de la saga.

Réalisé en 2012 par Sam Mendes, « Skyfall » commence comme à son habitude par une scène de poursuite haletante sur les toits de Istanbul, ou James Bond (Daniel Craig plus musculeux que jamais) traque Patrice (Ola Rapace) un redoutable tueur ayant éliminé plusieurs agents du MI-16 et dérobé une disquette contenant la liste des agents infiltrés de l’OTAN.

Secondé par Eve (Naomie Harris) qui le prend en stop dans les ruelles de la ville puis le suit à distance lorsqu’il traque Patrice à moto, Bond en vient à lutter au corps à corps avec son adversaire sur un train de marchandise, après avoir manœuvré une pelle mécanique pour tenter d’empêcher un wagon de se décrocher.

Le combat est particulièrement spectaculaire et indécis, et Eve recevant l’ordre de M (Judi Dench) de tirer avec un fusil à longue portée, touche par erreur Bond qui tombe à pic dans une rivière profonde.

A Londres, les serveurs informatiques du MI-6 sont piratés et une bombe frappe dans les bureaux, tuant des employés administratifs.

M est vertement tancée par ses supérieurs qui lui font porter la responsabilité de cet attentat et de la perte de la disquette.

Pourtant, Bond comme on pourrait s’en douter, survit dans un endroit reculé (et paradisiaque !) de Turquie.

Une fois remis de sa blessure, lassé de l’alcool et d’une conquête de passage, Bond revient en Angleterre mais se montre toutefois incapable de passer les tests physiques et psychologiques pour être déclaré apte au service.

Malgré cela, M passe outre et autorise contre l’avis de son supérieur Mallory (Ralph Fiennes) de maintenir Bond en service en lui confiant comme mission de retrouver Patrice.

Doté des gadgets fournis par Q (Ben Whishaw) jeune informaticien plus à l‘aise avec les ordinateurs que avec les techniques de terrain, Bond accepte de bon cœur et se rend à Shangai ou il parvient à tuer Patrice après que celui-ci ait exécuté un homme d’affaires dans un building vertigineux.

Il recueille un indice orientant ses recherches du commanditaire du vol de disquette vers Macao

Sur place, Bond couvert par Eve avec laquelle il a eu une brève liaison, prend contact dans une salle de jeux avec Séverine ( Bérénice Marlohe) une mystérieuse inconnue qui lui donne rendez vous sur un bateau si il parvient à échapper à trois tueurs.

Bond manœuvre pour faire dévorer le premier par un dragon de komodo, laisse Eve abattre le second, ce qui décourage le troisième.

A l’heure au rendez vous, il fait l’amour avec Séverine dans la douche et comprend qu’elle est retenue contre son gré par le puissant commanditaire du vol de disquette, qui a déjà dénoncé plusieurs agents, exécutés une fois découverts.

A leur réveil, Bond et Séverine sont conduits sur une ile déserte ou réside le fameux commanditaire, Raoul Silva (Javier Bardem décoloré) ex agent du MI-6 reconverti par rancune personnelle, en ennemi farouche de M qu’il accuse de l’avoir envoyé à l’abattoir.

Bond refuse une association, ce qui provoque la colère de Silva et la mort de Séverine tuée après un jeu d’adresse cruel.

Mais 007 a pu activer une puce radio permettant au MI-6 d’intervenir au moyen d’hélicoptères ce qui permet la capture du terroriste.

Les révélations de Silva sur M troublent Bond lorsqu’il exhibe son visage déformé par l’ingestion d’une capsule de cyanure mais pas assez pour le faire basculer.

Q est en revanche battu par plus fort que lui lorsque tentant d’expertiser l’ordinateur de Silva, il active un virus déclenchant l’ouverture des trappes du QG du MI-6 et permettant au terroriste de fuir par les galeries sous terraines.

Déguisé en policier, Silva échappe à Bond dans la foule du métro londonien et se rend au tribunal ou M tente de se défendre face aux accusations d’incompétence du premier ministre anglais (Helen Mc Crory).

Bond échappe au déraillement d’un train et intervient alors que Silva et ses hommes tirent dans le tribunal pour abattre M.

Mallory est bléssé à l’épaule en la protégeant, et Silva doit finalement reculer lorsque Bond riposte à ses tirs en tuant ses hommes.

Bond prend alors la décision d’évacuer M dans sa demeure familiale de Skyfall en  Cornouailles, région sauvage d’Ecosse.

A bord de l’Aston Martin des années 60, Bond et M voyagent et sont pris en charge par Kincade (Albert Finney) le vieux gardien de la bâtisse.

Protégé avec des vieux fusils de chasse et des bâtons de dynamite, le trio essuie l’attaque de Silva et ses hommes qui à l’aide d’un hélicoptère de combat prend rapidement le dessus, détruisant l’Aston Martin.

Bléssée lors de l‘assaut, M est évacuée par Kincade à travers un réseau de galeries souterraines, tandis que Bond fait exploser la bâtisse provoquant la destruction de l’hélicoptère et la mort d’une partie des commandos de Silva.

Après avoir échappé à un tueur et à une noyade sous la glace, Bond retrouve in extremis Silva et le tue d’un coup de couteau dans le dos mais ne peut empêcher la mort de M

Après des funérailles dignes d’un chef militaire, M est remplacée par Mallory tandis que Eve Monneypenny devient sa secrétaire.

Bien que vieillissant, Bond continue donc ses missions au service du gouvernement anglais.

En conclusion, « Skyfall » confirme la très bonne qualité et le renouveau des James Bond depuis l’arrivée de Daniel Craig, certes blond et monolithique, mais beaucoup plus viril et athlétique que ses prédécesseurs, et donc ressemblant plus à mes yeux à un véritable agent secret.

Le scénario est certes limité, avec un ennemi décoloré réduit à un ex agent reconverti en terroriste informatique, qui fait preuve de curieuses tendances homosexuelles mais donne matière à une joli lifting du mythe oscillant entre traditions anglaises (vieilles voitures, abri de Churchill, batisse écossaise familiale) et modernité (attaques informatiques contre le gouvernement, dirigeants devant rendre des comptes face aux politiques).

« Skyfall » présente un Bond vieilli, vulnérable, et dont les méthodes de terrain sont remises en question, ce qui donne un charme supplémentaire au personnage dont le passé semble ici balayé par une attitude volontairement déterminée à aller de l’avant.

Les scènes spectaculaires remplissent leur office sans originalité démesurée, les jolies filles au physique de top models maigrichonnes manquent de charme tandis que l’exotisme lui aussi mesuré peine aussi à surprendre.

Reste cependant que par son rythme soutenu et par la présence écrasante de Craig, « Skyfall » demeure d’une redoutable efficacité.

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Published by Seth - dans Espionnage
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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 19:08

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Science fiction à présent avec « After earth » Manoj Night Shyamalan auteur de grands succès tournant autour du surnaturel.

Sorti en 2013, « After earth » raconte dans un futur proche et après l’exode de la race humaine sur une planète appelée Nova prime après que la Terre ait été abandonnée en raison de son atmosphère devenue invivable, la mission d’entrainement d’un père, le général Raige (Will Smith) avec son fils Kitai (Jaden Smith) fraichement recalé pour faire partie des Rangers.

Durant le vol, le vaisseau est pris dans une tempête gravitationnelle provoquée par un vol d’astéroïdes, et sérieusement endommagé, doit se poser en catastrophe sur une planète jugée impraticable, et qui s’avère être en réalité la Terre, après son abandon 1000 ans auparavant par les hommes.

L’équipage périt durant le crash qui libère de surcroit une mystérieuse créature extra-terrestre appelée Ursa, qui devait être transférée sur une autre planète en raison de sa dangerosité.

Raige survit mais est grièvement blessé à la jambe.

Il choisit d’envoyer son fils Kitai également survivant, chercher une balise distante de 100 kms de la zone d’impact.

Malgré une combinaison en néoprène truffée de technologie qui permet à Raige de suivre et communiquer avec son fils en temps réel depuis le vaisseau, la mission dans une planète devenue hostile et sauvage, est extrêmement périlleuse.

Kitai dans un désir de montrer ses capacités à son père, l’accepte sans sourciller, malgré la peur qui le tenaille.

Il a pour lui quelques heures d’autonomie respiratoire assurée par des masques filtrant l’air et une sorte de sabre à double lame déployable sur simple pression.

Soutenu à distance par son père, Kitai s’élance et se heurte rapidement à une bande de singes extrêmement agressifs qui le prennent en chasse.

Le jeune homme panique, court devant lui, parvenant à leur échapper en se jetant dans une rivière.

Mordu par une sangsue toxique, il vacille, ne parvenant à survivre qu’à grand peine, après s’être injecté l’antidote au venin mortel, sur les conseils de son père.

Affaibli, Kitai se réveille à temps pour ne pas succomber au froid, mais dans un sommeil troublé revoit des scènes de son enfance, avec les conseils avisés de sa mère, Faia (Sophie Okonedo) restée sur Nova dans l’attente de la dernière mission de son mari.

Surmontant son angoisse de père, Raige s’adresse à son fils en militaire, tentant de l’aider à juguler la peur qui lui fait perdre ses moyens.

Tandis que Raige répare sa jambe en s’aidant de la technologie du vaisseau, le jeune homme se ressaisit mais ayant gaspillé ses forces et ses réserves se trouve acculé au pied d’une cascade infranchissable.

Un dialogue tendu s’établit à présent entre père et fils, le premier lui demandant d’abandonner la mission, alors que le second se rebelle, refusant l’échec et se jetant dans le vide.

Kitai utilise les capacités de vol de sa combinaison pour planer dans les airs mais est pris en chasse par un aigle géant qui le capture et l’emmène dans son nid.

Il se réveille à temps pour échapper à une attaque de lion-loups qui tuent la progéniture de l’aigle et profite du combat désespéré du rapace contre les prédateur pour fuir en faisant preuve d’habilité et de sang froid.

Kitai retrouve la seconde partie du vaisseau mais malheureusement la balise perturbée par le rayonnement magnétique est inactive.

Raige qui s’affaiblit graduellement et perd peu à peu ses forces ainsi que sa lucidité, trouve en lui les ressources pour donner suffisamment de courage à son fils pour lui faire gravir les pentes d’un volcan en éruption afin d’émettre depuis un point plus élevé.

Kitai obéit mais tombe sur Ursa, sorte d’araignée géante à la bouche difforme.

Il lui échappe d’extrême justesse, en se réfugiant dans les cavités du volcan et doit à nouveau lutter avec elle en surface en profitant d’une paralysie temporaire.

Faisant preuve d’un courage inouï, Kitai chevauche la bête et la terrasse à l’aide de son sabre.

Il peut alors émettre le fameux signal qui provoque l’arrivée des secours et le sauvetage de son père inconscient et de lui-même.

En conclusion, malgré un scénario prometteur, « After earth » est à l’arrivée en déception.

Le film démarre de manière rapide et efficace, évitant une exposition des personnages trop pesante pour immédiatement plonger le spectateur dans cette quête pour la survie dans une nature hostile et mystérieuse.

Si la relation père-fils avec la quête de ce dernier pour se monter à la hauteur de son estime est plutôt bien vue, on ne comprend pas en effet la référence au « Moby dick » de Melville roman beaucoup plus riche qu’une simple confrontation de l’homme à la nature pour s’accomplir en tant qu’individu.

Mais plus gênant, Shyamalan déçoit dans les scènes d’action et de découverte de la faune/flore de la planète, extrêmement peux imaginatives, avec des créatures assez similaires à ce qui existe actuellement.

L’armement du jeune homme est lui aussi d’une grande pauvreté, avec son sabre faisant plus office de bâton de berger que d’arme réellement capable de terrasser des créatures de grande taille.

Notons tout de même une prestation honnête et sobre de Will Smith et de son fils-star, qui n’est pour rien dans le semi échec de ce film de science fiction, trop timoré pour justifier d’un intérêt de premier plan.

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 11:11

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Après « Nana » et le très engagé « Germinal », « L’Assommoir » est le troisième livre d’Emile Zola chroniqué en ces colonnes.

Publié en 1876, « L’Assommoir » est une grande fresque du monde ouvrier et populaire du XIX ième siècle racontant par l’intermédiaire de ces protagonistes la vie d’un quartier du XVIII ième arrondissement de Paris cantonné à quelques rues et boulevards encore célèbre aujourd’hui : la Goutte d’Or, la Chapelle, Marcadet, Ornano (devenu Barbès), Poissonniers et Rochechouart.

Le personnage principal, Gervaise Macquart est une jeune femme qui a quitté son village natal du Sud de la France, pour échapper aux brutalités de son père et à la honte de deux enfants conçu hors mariage avec Etienne Lantier, lui aussi méditerranéen.

Monté à Paris avec ses deux enfants, le couple déchante vite, car Etienne se montre un homme oisif plus enclin à courir les femmes et à parler politique dans les bistrots qu’à gagner de quoi nourrir sa famille.

Nourrissant de vagues projets pour s’établir comme chapelier dans le XIII ième arrondissement, Etienne fait en réalité vivre un enfer à Gervaise en la trompant et découchant de l’appartement conjugal.

Un jour que celle-ci se rend à la laverie du quartier, une esclandre éclate avec Virginie Poisson, la sœur d’Adèle, la maitresse de Lantier, qui vient provoquer Gervaise.

Les deux femmes en viennent aux mains et une lutte d’une grande violence éclate alors, se soldant par une fessée humiliante administrée par Gervaise à Virginie à l’aide d’un puissant battoir.

Mais Gervaise ne jouit pas longtemps de son triomphe puisque Etienne la quitte pour s’enfuir avec Adèle.

Livrée à elle-même, elle gagne sa vie comme blanchisseuse et se rapproche de Coupeau, son voisin ouvrier zingueur, jeune homme doux, sobre et bien élevé, qui par sa grande détermination à lui faire la cour, la convainc de l’épouser et de vivre en ménage.

Malgré la présence des Lorilleux, sœur et beau frère de Coupeau, couple d’ouvrier travaillant l’or, patibulaire et radin, qui a rapidement pris en grippe Gervaise parce qu’elle les privait des visites régulières de Coupeau et des quelques argent qu’il leur rapportait, le récit de la noce est un des moments forts du roman, avec une journée épique se déroulant dans les bistrots du XVIII ième arrondissement et une longue visite au Louvre.

Un enfant appelé Nana, nait de cette union.

Tout se déroule donc pour le mieux dans la vie du couple qui gagne de mieux en mieux sa vie, et qui par l’aide généreuse de gentils voisins, les Goujet peut même louer un local commercial à la Goutte d’or, pour que Gervaise s’établisse à son compte comme blanchisseuse.

En réalité, Goujet, un colosse blond forgeron, est secrètement amoureux de Gervaise et influe sur sa mère pour la décider à prêter de l’argent à Gervaise.

Les affaires marchent tout d’abord très bien à la blanchisserie et Gervaise peut embaucher plusieurs employées.

Elle devient une figure de la rue, bien connue des habitants, clients ou commerçants avec qui elle travaille.

Femme de cœur, Gervaise va jusqu’à recueillir Madame Coupeau, vieille femme démunie que les Lorilleux laissient mourir de faim par avarice.

La prise en charge de la vieille femme provoque l’ire des Lorilleux qui répandent quantité de rumeurs visant à ternir sans succès le prestige de Gervaise.

La prospérité de Gervaise culmine avec un formidable repas qu’elle organise pour humilier les Lorilleux et auquel les employés, voisins, amis participent.

Mais un évènement dramatique va venir bousculer ce bonheur, la chute de Coupeau d’un toit, alors qu’il saluait sa fille.

Lourdement blessé, Coupeau survit néanmoins et est soigné avec dévouement et à ses frais par Gervaise, qui ne souhaite pas l’envoyer à l’hôpital.

La convalescence de Coupeau est cependant longue et pénible, et l’ouvrier commence durant celle-ci à fréquenter les bistrots, s’adonnant à un penchant de plus en plus marqué pour la boisson.

Devenu un habitué de l’Assommoir, un bistrot vendant des alcools forts comme la célèbre absinthe, réputée détruire les hommes, Coupeau change du tout au tout, devenant menteur et paresseux.

Même si Goujet, toujours noble de cœur, accepte de prendre son fils Etienne comme apprenti forgeron et l’envoi ensuite en formation à Lille pour devenir mécanicien, Gervaise refuse de voir la vérité en face et accumule progressivement les dettes.

Le retour progressif dans le quartier de Virginie, qui se rabiboche étrangement avec Gervaise se montre également inquiétant.

En effet, Virginie parle peu à peu à Gervaise d’Etienne, son premier amant, lui aussi de retour dans le XVIII ième après l’échec de son couple avec Adèle dans le XIII ième arrondissement.

Etienne réapparait dans la vie de Gervaise, et n’a aucun mal à gagner la confiance de Coupeau, devenu un ivrogne.

Celui-ci réintroduit de lui-même Etienne face à Gervaise et lui propose une chambre dans leur local.

Agé de 30 ans, portant beau et légèrement épaissi, Lantier n’a rien perdu de son bagout, et parvient à force de mensonges à embobiner tout le monde.

Il mène une vie de parasite, ne payant rien, trainant dans les rues et utilisant Coupeau dévoré par son nouveau vice.

Peu à peu il tisse sa toile, se rendant sympathique, impressionnant par ses beaux discours, et attire de nouveau la pauvre Gervaise dans son lit.

Un ménage à trois s’établit bientôt, faisant jaser toutes les langues de la rue mais plus grave choquant le brave Goujet, toujours amoureux de Gervaise et la privant bientôt du soutien financier des Goujet.

La mort de Madame Coupeau est également un grand choc pour la famille et son enterrement un moment fort du roman.

Le dépensier Lantier précipite la chute du commerce et permet en plus à la sournoise Virginie de le racheter à une Gervaise aux abois ayant également dans un moment de désespoir gouté aux alcools forts.

Le couple Coupeau rétrograde alors dans la chaine sociale, et se voit réduit à habiter une petite chambre froide de l’immeuble que Gervaise redevenue simple ouvrière, peine à payer seule.

La vie dans l’immeuble promet également son lot d’évènement, avec la montée en puissance de Nana, qui à quinze ans est déjà devenue une femme opulente et dévergondée, trainant dans les rues, et aimant à provoquer le désir des hommes.

Nana choque le quartier en cédant aux avances d’un homme mur, puis en abandonnant son métier de fleuriste pour mener une vie de danseuse de charme dans les bals et cabarets du XVIII ième dont certains noms sont encore connus : l’Elysée Montmartre, la Boule noire …

Malgré les colères et les punitions des Coupeau, rien ne semble arrêter la destinée de filles des rues de Nana, qui rompt définitivement avec des parents dont elle méprise la lente dégradation sociale.

Le destin de Lalie, voisine des Coupeau a également de quoi horrifier et bouleverser, car la jeune enfant martyr, meurt sous les tortures vicieuses et les mauvais traitements de son père, un serrurier rendu psychopathe par l’alcool.

Minée elle aussi par l’alcool, Gervaise s’enfonce alors inéluctablement dans une spirale désespérée : elle perd son travail d’ouvrière, en est réduite à faire le ménage pour Virginie qui jouit de sa revanche, puis rongée par la faim à écumer le quartier pour se nourrir de restes ou de tenter vainement de se prostituer.

Goujet est le seul à la prendre une dernière fois en pitié en lui offrant à manger, mais son amour a bel et bien disparut.

Rendu fou par l’absinthe, Coupeau est interné à Saint Anne ou il y meurt, victime d’hallucinations et le corps parcouru de tremblements incoercibles.

Et si l’affreux Lantier, surpris par le mari de Virginie, un sergent de police avec sa femme, termine sa carrière de parasite professionnel, Gervaise n’en meurt pas moins seule et misérable, terminant ainsi cette chronique du XVIII ième arrondissement.

En conclusion, « L’Assommoir » est un formidable roman, dont le style puissant, truculent même, coloré et vif, ne pourra pas laisser indifférent.

On comprend mieux à sa lecture, tout le génie de Zola, qui a su dépeindre avec force et véracité, le quotidien d’un quartier encore ouvrier de Paris, déjà connu pour ses bistrots et sa vie nocturne.

Dans une langue truffé de termes argotiques des faubourgs parisiens, Zola parvient à nous transmettre sa fascination du monde ouvrier, avec cette vie harassante mais noble de travailleur manuel, que ce soit zingueur, blanchisseuse ou encore mieux forgeron avec le récit magnifique d’un défi entre Goujet et un rival pour réaliser un travail mêlant force et précision afin d’impressionner Gervaise.

Mais ce XVIII ième arrondissement en pleine mutation puisque rénové par les travaux de Haussmann demandé par Napoléon III, est aussi un quartier de misère et de violence.

L’alcool, très différent du vin réputé fortifier, donner du courage aux ouvriers, celui des distilleries comme l’Assommoir, y fait des ravages et détruit la vie des plus faibles comme Coupeau ou Gervaise.

Le roman de Zola est donc globalement noir, avec le destin tragique d’une pauvre femme ballotée par les évènements, manquant de chance, de discernement ou tout simplement de force de caractère, incapable de saisir les opportunités de sorties comme Goujet qui comme Coupeau présentait tout à fait bien au départ de leur relation.

Si certains passages de « L’Assommoir » sont des merveilles d’écriture, avec le récit de la noce, du repas monumental de quartier, du duel de forgerons, d’autres déchirent l’âme, comme l’agonie de la petite Lalie, ou le lent naufrage de Mr Bru, peintre solitaire relégué à la misère par sa vieillesse.

« L’Assommoir » est aussi le roman de la crapule de Lantier, personnage nuisible et dangereux, symbolisant le faux ouvrier rêvant d’ascension bourgeoise et manipulant les autres par la force des mots.

La sulfureuse Nana, y fait une apparition remarquée, montrant ainsi un fort désir d’échapper au destin éprouvant et misérable d’ouvrier de ses parents, en devenant une prostituée.

De part la précision de son témoignage, sa puissance et sa force vitale d‘œuvre noire, « L’Assommoir » mérite donc pour moi le statut d’œuvre majeure de la littérature.

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