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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 18:47

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En cette période délicate de commémoration des attentats du 11 Septembre 2001, j’ai décidé de regarder malgré une certaine répugnance « Vol 93 » de Peter Greengrass film sorti en 2006.

Tout le monde ou presque s’étant quelque peu intéressé à l’actualité sait que le vol 93 d’United Airlines fut le quatrième avion détourné par des pirates islamiques qui n’atteignit pas sa cible en raison d’une révolte des passagers qui aboutit à son crash.

Construit à la manière d’un documentaire laissant se dérouler en temps réel les évènements, « Vol 93 » possède un rythme lent, quelque fois irritant, qui permet d’instaurer de manière progressive le drame final.

La première partie du film se déroule en effet surtout dans le centre de contrôle de la Federal Administration Aviation, principale autorité régulatrices des vols civils du territoire américain, qui vit en direct les détournements des deux premiers Boeing 767 qui viendront s’écraser sur les tours jumelles du World Trade Center.

On voit surtout des types en costards s’activant, gesticulant et répétant régulièrement leur incompréhension devant des évènements qu’ils ne peuvent ni comprendre ni maitriser.

L’impression donnée est en réalité très irritante pour le spectateur qui ne connait et ne comprend rien au jargon des contrôleurs aériens.

Tout juste s’aperçoit t il du manque de communication  entre les centres civils et le centre militaire et constate t il que les militaires paraissent eux aussi complètement dépassés par la situation.

Dans le même temps, les quatre terroristes (trois saoudiens, un libanais) ont embarqué après s’être lavés, rasés le corps et avoir effectué leur prières.

Tétanisés par le poids des actes qu’ils vont commettre, ils tardent à passer à l’action dans un status quo lui aussi bien crispant.

A l’intérieur du vol assez peu rempli, les passagers et membres de l’équipage ne semblent se douter de rien et ne lèvent même pas les yeux devant les curieux manèges des quatre hommes qui paraissent tendus, échangent de nombreux regards et se rendent fréquemment aux toilettes.

Le passage à l’acte est initié par le plus jeune et le plus fougueux d’entre eux Ahmed Al Nami (Jamie Harding) .

L’action est rapide, violente avec l’assassinat d’un passager poignardé à la gorge.

L’un des hommes montre une bombe attachée à son corps pour tenir en respect les passagers tandis que ces complices agressent les hôtesses pour pénétrer dans le cockpit et assassiner les pilotes après une lutte désordonnée.

Ziad Jarrah (Khalid Abdalla) parvient grace à ses compétences en pilotage à redresser la trajectoire de l’appareil et à le dévier de sa route pour le diriger vers Washington.

Tandis que la FAA ne peut qu’assister passivement aux événements pour finalement décréter l‘arrêt de tous les vols sur le territoire américain, l’US air force patauge, recevant finalement l’autorisation d’abattre tout avion suspect.

Mais avec quatre chasseurs non armés de bombes pour toute la cote Est, la tache parait pour le moins difficile à accomplir.

C’est finalement du coté de passagers parvenus à rentrer en contact avec la terre ferme pour s’informer des attentats contre les tours jumelles que la révolte viendra.

Après avoir émis un dernier au revoir à leurs proches, les passagers prennent finalement la décision de prendre d’assaut les pirates.

Le porteur de bombe (en réalité factice ) et son complice sont lynchés, et une horde d’hommes en furie pénètre dans le cockpit ou les deux pilotes terroristes provoquent de violentes embardées.

La lutte désespérée d’une violence animale provoque le crash de l’avion prêt de Pittsburgh et la mort de tous ses occupants.

Le film se conclut sobrement après cette froide escalade de violence.

En conclusion « Vol 93 » est un film bien entendu fort mais qui s’avère à mes yeux bien trop surestimé.

Sa construction en temps réel est laborieuse et bien confuse, avec un coté incroyablement irritant montrant des types habitués à donner des ordres comme l’insupportable Ben Sliney patron de la FAA, pédaler dans la semoule et ne pas réaliser ce qui leur arrive.

Plus grave est la position de l’armée américaine représentée comme indécise et faible devant une menace venant de l’intérieur.

Une fois l’action partie en revanche le réalisme et la barbarie des actes commis donne la nausée avec des images d’une laideur inouïe.

On ressort donc de son visionnage passablement secoué et écœuré sans avoir appris grand-chose sur la nature profonde des événements (but, motivations des terroristes, parcours personnels des passagers ?) .

 

Le choc est tellement fort qu'on ne se sent meme pas en mesure d'admirer l'héroisme bien réel des passagers.

 

Une œuvre qui fait mal au corps et à l'ame donc mais pour un résultat au final bien restreint.

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Published by Seth - dans Histoire
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