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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 22:36

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On ne présente plus le talentueux scénariste de bandes dessinées, Alan Moore qui acquit dans les années 80 avec « Watchmen », « V pour vendetta » et autres « Ligue des gentlemen extraordinaires » un statut culte au sein de DC comics.

Reprenant en 1983 le personnage de « Swamp thing » (la créature des marais in french) crée par Len Wein et Berni Wrightson dans les années 70, Moore produisit  avec les dessinateurs Steve Bissette et John Totleben une série de quarante quatre épisodes étalée sur prêt de quatre ans.

J’avoue ne pas connaître au départ l'histoire de cet ancien scientifique irradié par des produits chimiques dans des marais et devenu par la suite une sorte de monstre végétal à forme humanoïde et l’avoir au début confondu avec le Man Thing de Marvel.

Parue en 2005, « Swamp thing : l’intégrale tome 3, la malédiction » reprend les épisodes 35 à 42 de la série en plaçant tout de suite Swamp Thing alias le scientifique Alex Holland face à un problème très complexe autour de l’irradiation dans les années 70 par des produits nucléaires d’une ville de Pennsylvanie appelée Blossomville.

Le gardien de l’entreprise responsable de cette irradiation semble avoir miraculeusement survécu mais continue d’errer horriblement contaminé par les radiations.

Après le déménagement de l’entreprise en Louisiane pour y décharger ses déchets, l’homme auto surnommé « Tronche atomique » échoue dans les marais ou il erre à la recherche de victimes à tuer pour calmer sa douleur et sa folie.

Bien sur cette intrusion sur son territoire accompagnée d’horribles meurtres ne tarde pas à attirer l’attention de Swamp Thing, dont la rencontre avec  « Tronche atomique »  est pourtant fatale.

Horriblement irradié, Swamp Thing voit son corps mourir à petit feu devant sa femme Abigail Arcane, impuissante à soulager ses souffrances.

Mais cette mort atroce donne l’occasion à Swamp Thing de mettre en pratique son surprenant pouvoir de régénération à partir des végétaux et de la terre.

Le processus lent et laborieux prend toutefois plusieurs semaines malgré les soins prodigués par Abigail.

Swamp Thing découvre alors qu’il peut projeter sa conscience dans n’importe quel endroit de la planète ou se situe un être végétal.

Il est donc en connexion complète avec les pulsation de la flore et de la terre nourricière.

Mais il se trouve alors tiraillé par un mystérieux anglais nommé John Constantine qui lui dévoile par bribes des informations sur sa réelle essence.

Intrigué, Swamp Thing n’écoute pas les conseils d’Abby et suit Constantine dans d’étranges rendez vous fixés sur le territoire américain.

Arrivé à Rosewood dans l’Illinois, il comprend que Constantine souhaite qu’il mette fin aux agissements de vampires aquatiques ayant proliférés dans une ville submergée par un lac artificiel.

Malgré ses réticences, Swamp Thing exécute sa mission et triomphe de l’horrible horde en entrant en connexion avec la terre pour déverser un torrent d’eau qui liquéfie la chair habituée à l’eau stagnante des monstres.

La suite des aventures de la créature des marais le met aux prises avec les esprits de femmes indiennes martyrisées venues se venger en transformant une épouse modèle en abominable loup garou féministe.

Les chiennes de garde apprécieront sans doute cette histoire assez grotesque.

Ce climat de zombies hantant les vivants pour se venger se poursuit dans une aventure au fort goût racial ou les esprits torturés d’anciens esclaves noirs viennent réclamer leur liberté en perturbant les acteurs d’un téléfilm de reconstitution historique.

On pense alors à « Le Nord et le Sud » la brillante saga télévisée de Richard Heffron de l’époque mais aussi par instant à « Candyman » de Clive Barker avec le martyr d’un esclave noir puni pour avoir aimé une femme blanche.

Puis on bascule dans l’épisode le plus psychédélique de la série ou un vieux hippy trouve une pomme de terre aux vertus hallucinogènes qui fait basculer ceux qui la consomme dans un état de conscience supérieur qui peut soit les élever soit les rendre fou.

Après un court et violent épisode autour d’un tueur en série éliminé par Swamp Thing, on retrouve une nouvelle fois une histoire de revenants dont le point commun est d’avoir été tués par des armes à feu de marque Cambridge avant de terminer par un retour de l’énigmatique Constantine qui promet un apocalypse déchaînée prochainement par de mystérieuses forces surnaturelles.

En conclusion,  « Swamp thing : l’intégrale tome 3, la malédiction »  m’a permis de me familiariser avec ce personnage de l’écurie DC Comics.

Swamp Thing diffère de Man Thing dans le sens ou il est d’une intelligence supérieure et possède même malgré son aspect horrible une vie de couple assez surréaliste avec  Abby au sujet duquel on se demande bien ce qu’une splendide jeune femme blonde trouve de si formidable à un tas de feuilles et de branches humides et puantes.

Véritable héros écologique avant l’heure, Swamp Thing est un être solitaire, foncièrement bon, dont le coté serein car proche de la nature est contre balancé par le tiraillement d’une insatiable curiosité relative à ses origines.

Sorti de cette trame psychologique, on retrouve la patte d’Alan Moore dans la beauté littéraire des textes d’une très grande profondeur et dans les thèmes abordés balançant entre surnaturel et peur de la guerre atomique des années 80 le tout saupoudré de forts relents des années 70 (psychédélisme, anti racisme, anti militarisme, féminisme).

Les aventures très sombres voir gothiques, sont souvent peu rythmées et trop répétitives avec ces histoires vites lassantes d’esprits et de revenants.

Le style de Bisette et de Totleben, sans briller par une esthétique particulièrement séduisante, convient par son classicisme en noir et blanc à l’atmosphère noire de ce héros atypique dont l’aspect physique hideux contraste avec la douceur  et la finesse psychologique.

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Published by Seth - dans Comics
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