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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 22:38

Meilleur_monde.jpg

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J’ai lu pour la première fois  « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley dans le cadre d’un exposé que je devais réaliser pour un cours de français en classe de seconde.

J’allais alors sur mes 16 ans et étais tellement peu préoccupé par le sujet que je me souviens avoir éclaté d’un fou rire nerveux lors d’une phrase malheureuse échangée avec mes camarades de l’époque.

Ce souvenir affligeant était la seule chose dont je me rappelai de cette œuvre considérée comme majeure de la Science-Fiction aussi me devais je dans ces colonnes de réparer ce fâcheux oubli.

Ecrit en 1932, « Le meilleur des mondes » dépeint une société futuriste située dans une époque imaginaire sur une échelle de temps basée sur la naissance de l’industriel Ford comme référence.

Dans un Londres méconnaissable, Huxley décrit une société effrayante ou les êtres humains sont crées et élevés par conditionnement en laboratoire pour être répartis dés leur naissance en cinq classes allant des dirigeants Alpha aux simples manœuvres les Delta et les Epsilon.

Chaque individu exerce alors les fonctions pour lesquelles il a été conçu que ce soit pour son travail, ses loisirs jusqu’à sa vie la plus intime qui est organisée jusque dans les moindres détails.

La solitude, la monogamie sont considérées comme dangereux aussi les gens sont ils encouragés à tout faire en collectivité et à régulièrement changer de partenaires sexuels pour ne pas s’attacher sentimentalement à une personne donnée.

Les livres, les fleurs, les arts, la religion ont disparus et une science étroitement conservatrice domine la vie de tous les jours par les progrès réalisés en biologie ou en aéronautique.

Les gens sont maintenus éternellement jeunes par des injections de traitements chimiques et leur mort sert à éduquer les enfants dés leur plus jeune age.

Pour parfaitement maintenir cet équilibre social artificiel, le gouvernement a recours à une drogue appelée soma qui permet de maintenir dans un état de docilité absolue une population volontairement abêtie.

Les derniers survivants du monde ancien sont appelés Sauvages et tenus à l’écart dans des réserves touristiques qu’on peut visiter comme des zoo.

Dans ce monde cauchemardesque ultra standardisé, Bernard Marx, est malgré sa condition d’Alpha, une exception à la norme.

Complexé physiquement, isolé et mal à l’aise, il se rebelle en pensées et en actes contre les règles et parvient à entraîner avec lui la jeun Lénina Crowne qui est de manière inconsciente légèrement encline par un mode de vie affectif en décalage avec celui que prône la société.

Attirée par Bernard, Lénina accepte de le suivre dans une excursion dans une réserve de Sauvages située au Nouveau-Mexique.

Lors de cette excursion le couple rencontre un étrange sauvage appelée John.

John est le fils naturel de Linda, une femme du Nouveau-Monde égarée dans la réserve au cours d’une randonnée avec un directeur d’un centre d’incubation.

Fasciné par ce jeune homme à mi chemin entre les préceptes « civilisés » que lui a enseignés sa mère et ceux plus anciens hérités des Sauvages comme la monogamie, la religion et le goût des livres notamment ceux de Shakespeare, Bernard décide de ramener  John et sa mère à Londres.

La bas, le jeune sauvage recueille un franc succès et donne à Bernard l’occasion d’une brillante revanche sociale.

Mais grisé par son succès, Bernard ne se rend pas compte que John ne parvient pas à s’adapter au nouveau monde.

La mort de sa mère Linda, droguée à mort, rend John encore plus furieux et le conduit à se rebeller.

La dernière partie du roman est l’occasion d’un brillant face à face entre l’Administrateur, chef suprême du Nouveau Monde et John, ardent défenseur des valeurs ancestrales de l’humanité.

Au final, Bernard et ses amis, tombés en disgrâce sont exilés dans des îles lointaines ou sont parqués les esprits trop autonomes et contestataires, quand  à John, son exil mystique dans la nature le conduit à devenir l’objet d’une curiosité malsaine aboutissant à sa perte …

En conclusion, plusieurs années après ma malheureuse expérience de jeunesse, j’ai été plus réceptif  à la portée du « meilleur des mondes » .

Si le style émaillé de longues citations littéraires de Shakespeare, ne m’a pas impressionné outre mesure, j’ai été en revanche plus intéressé par le fond.

Huxley dénonce en effet de manière évidente les dérives du Fordisme, de la standardisation et à outrance en la transposant jusqu’à la gestion de l’être humain.

On sent donc beaucoup de méfiance à l’égard du progrès et des dérives scientifiques aboutissant à l’eugénisme et au fantasme d’une population en permanence sous contrôle par l’administration massives de drogues.

Alors en 2010, les prophéties de Huxley se sont elles réalisées ?

Pas vraiment selon moi.

La révolution industrielle a été bien vite supplantée par la révolution des télécommunications aboutissant à un Occident en passe de désindustrialisation, fondant toute son activité sur une économie ultra libérale basée sur les services et la domination de systèmes financiers obscurs, quasi incontrôlables.

Les états n’ont pas disparu et les tensions politiques restent encore vivaces, les guerres ou les révoltes populaires étant toujours possibles.

Avec Internet et la mondialisation, le monde se virtualise, perdant toute réalité physique.

Face au désarroi de l’être humain en souffrance dans ce monde sans ame, l’amour, les religions et de manière générale la spiritualité restent toujours d’actualité tels des radeaux de sauvetage sur lesquels s’embarquer pour naviguer sur ses flots immenses et hostiles.

Par comparaison, malgré sa réputation, je trouve donc « Le meilleur des mondes » moins puissant que le « 1984 » de George Orwell.


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commentaires

Luna 25/06/2011 08:33


Je n'ai jamais vu le film mais j'ai beaucoup apprécié le livre !

Je trouve ça flippant d'imaginer qu'on aurait pu être comme ça, ou que des générations futures puissent le devenir...

Comme quoi la perfection n'a pas toujours que du bon ! En tout cas c'est un livre qui nous fait réfléchir !

Si ça t'intéresse, je viens de publier mon avis sur mon blog...

Joli article, je reviendrais ;)

Bonne continuation !!


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