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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 20:26

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En littérature mes gouts penchent nettement vers le classicisme aussi est-ce avec un vif plaisir que j’ai retrouvé Honoré de Balzac avec « Le médecin de campagne ».

Publié en 1829 soit avant les grandes œuvres de la Comédie humaine, « Le médecin de campagne » est un singulier roman prenant place dans le monde rural du XIX iéme siècle.

Nous sommes en 1829 et Genestas, un ancien capitaine ayant participé à toutes les campagnes napoléoniennes s’arrête dans un village du Dauphiné situé prêt de la montagne de la grande Chartreuse.

Il y rencontre le médecin du village devenu maire, un dénommé Benassis, présenté comme le bienfaiteur de la région.

Les deux hommes sympathisent assez vite et Benassis sans doute mis en confiance par l’allure martiale du visiteur, se montre extraordinairement ouvert à son égard.

Balzac raconte donc dans toute la première partie du roman toute l’évolution de ce village passant d’un état de misère absolue à celui de prospérité économique importante.

Benassis explique à Genestas comment il a modelé le village, changé les mentalités des gens, en améliorant l’agriculture, en développant l’artisanat et le commerce avec la ville de Grenoble.

C’est le miracle économique, le bond en avant vers la prospérité qui a sorti la population rurale de la misère et du crétinisme autrefois héréditaire dans cette région isolée.

La religion certes respectée est malgré tout présentée comme moteur inefficace comparée à la fibre individualiste et mercantile de l’homme.

Puis le roman oscille entre plusieurs directions, avec la narration de la grande ère napoléonienne racontée par la bouche de l’ancien grognard Goguelat et la confession de Benassis, qui révèle à Genestas la raison de sa philanthropie.

Ancien parisien mondain et frivole, Benassis a décidé après plusieurs échecs amoureux de se retirer dans la solitude de la campagne pour se consacrer à son prochain.

Homme d’honneur, Genestas fond devant cette confession à cœur ouvert et confie à son tour à son hôte la véritable raison de sa venue, faire soigner son fils malade adoptif Adrien, né d’une femme juive polonaise qu’il a aimée lors de la retraite de Russie.

Doté d’une faible complexion, Adrien est remis sur pieds en quelques mois tandis que Genestas est réaffecté à Poitiers.

Quand l’officier apprend la mort de Benassis par courrier, il retourne au bourg chercher son fils rendu meilleur par la vie à la campagne et les beaux principes du maire, et promet d’imiter l’exemple du défunt à la fin de sa carrière.

En conclusion, « Le médecin de campagne » est un livre surprenant voir déroutant.

On ne retrouve pas le Balzac à la plume acérée et féroce de la Comédie humaine, mais plutot une vision incroyablement optimiste voir idéalisée de la société rurale du XIX iéme siècle.

La plupart en effet des personnages du roman sont pétris de noblesse et d’une grandeur d’âme, que ce soient les anciens soldats gouvernés par un fort code de l’honneur, le médecin en quête de rédemption devenu un saint ou la jeune marginale du lieu la Fosseuse prise sous la protection de Benassis.

Même Butifer le braconnier au fond n’est pas au fond un mauvais bougre et son enrôlement final dans l’armée achève de le mettre sur le droit chemin (!)

Napoléon est absolument déifié et le récit des batailles du conquérant assoiffé de pouvoir sans nuance.

Les valeurs dominantes ici sont donc le travail, le libéralisme, les vertus militaires et enfin la religion, inculquées par un seul homme d’exception capable de faire tendre une population passive et grégaire vers un semblant d'élévation sociale.

Difficile donc de se retrouver dans le portrait de cette société présentée comme idéale.

Mais bien entendu, Balzac reste Balzac et son style exceptionnel demeure tout particulièrement dans les descriptions des grands parcours romanesques des protagonistes même si ceux si sont trop souvent inutilement à mon gout mélangés aux récits des batailles bonapartistes.

Une curiosité donc mais nullement le chef d’œuvre escompté.

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