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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 19:41

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Après les oeuvres de Conrad, « Le creux de la vague » de Robert Louis Stevenson.

Ce roman est très particulier puisque le dernier de Stevenson avant sa mort en 1894.

L’histoire relate les aventures de trois occidentaux ayant échoué en Polynésie et devenus par le hasard des circonstances de véritables épaves humaines.

On trouve Huish, matelot anglais rusé et violent sans beaucoup de principes, Davis, ex capitaine américain d’un bateau ayant fait naufrage par sa faute et Herrick, gentleman anglais et fils de bonne famille ayant fui son destin et estimant avoir raté sa vie.

Ces trois pauvres hères gisent, affamés désœuvrés et malades sur une plage de Papeete, vivant de la charité des indigènes, ressassant chacun leurs infortunes personnelles.

Un jour, une occasion inespérée se présente, Davis se voit confié le Farallone, une goélette américaine dont l’équipage a été décimé par la petite vérole et qui doit acheminer une cargaison de champagnes californien vers Sydney.

Malgré les réticences de Herrick, Davis entraîne ses comparses dans cette aventure dans le but avoué de voler le bateau, de faire route vers l’Amérique du sud pour le revendre lui et sa cargaison.

Les trois hommes s’embarquent donc pour commander un équipage de Canaques et mettre leur plan à exécution.

Bien entendu rien ne se passe comme prévu, Davis dévoré par ses propres angoisses et par un terrible sentiment d’échec personnel, se réfugie dans l’alcoolisme, manque à ses devoirs de capitaine pour contrôler son personnel et se heurte au caractère rebelle de Huish ainsi qu’aux fortes remontrances de Herrick.

L’équipage essuie une tempête, puise inconsidérément dans ses réserves de nourriture, découvre que sa cargaison est en réalité composée d’eau ce qui met en défaut le plan initial de revente du navire et de sa cargaison.

Alors que Davis cherche un plan B consistant à faire échouer le navire pour faire jouer l’assurance de l’armateur américain, les hommes voient se profiler soudainement une île mystérieuse.

L’île se trouve être habité par Attawer, un gentleman étrange très religieux ayant tenter de convertir les indigènes au christianisme et de fonder une colonie mais dont les plans ont été réduit à néant par une épidémie de petite vérole qui a décimé ses ouailles.

Les trois hommes appareillent et rapidement comprennent que Attawer est également un pecheur de perle et donc un homme potentiellement riche.

Huish et Davis n’hésitent pas longtemps et pensent à le tuer pour le dérober ses richesses.

Merrick, très fragile psychologiquement, dévoré par le remord et l’incertitude, tente de s’interposer, mais découvre la personnalité inquiétante de leur hote, homme brutal, redoutable tireur et chrétien exalté.

Au final après un huis clos oppressant, les chasseurs se retrouvent chassés et doivent s’incliner devant plus fort qu’eux.

La fin étrange, voit Huish mourir, Davis devenir un disciple de Attawer pour expier ses péchés après avoir frôlé la mort et Merrick guère plus avancé prêt à quitter l’île pour peut être prendre un nouveau départ.

En conclusion, « Le Creux de la vague » est un roman très mystérieux, sombre et déroutant.

Stevenson montre toute la dérive des tentatives d’implantation européenne dans les îles polynésiennes par le prisme de trois desperados, chacun à tombé à des degrés divers dans la déchéance morale.

Huish le plus violent et le plus amoral récolte la mort, Davis ébranlé par des drames personnels mais également corrompu par le vice, une rédemption par la foi, recueillie in extremis, et Merrick sans doute le plus faible car torturé, dépressif et suicidaire, le droit de repartir vers un nouvel ailleurs.

On peut d’ailleurs penser que Merrick, féru de littérature et respectueux des indigènes est le personnage le plus proche de la personnalité de l’écrivain.

Une nouvelle fois le talent hors norme de Stevenson éclate, son art de conter une aventure mettant en scène des personnages complexes dans des décors exotiques propre à faire rêver.

Si on devait établir une sainte trinité du roman d’aventure, on citerait Jack London, Joseph Conrad mais on mettrait assurément au sommet Robert Louis Stevenson qui demeure pour moi le maître incontesté du genre.


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Published by Seth - dans Aventure
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