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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 20:50

 

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Peu après le grand succès rencontré par le film coup de poing « La cité de dieu » en 2002, le trio composé de Katia Lund, Paulo Lins et Fernando Meirelles décide d’entamer une série télévisée en dix neuf épisodes de trente minutes répartis en quatre saisons.

La première saison d’une durée de quatre épisodes permet d’exposer les personnages principaux, Laranjinha (Darlan Cunha) et Acerola (Douglas Silva) deux jeunes garçons noirs vivant dans une favela de Rio de Janeiro entre débrouille, guerre entre narco trafiquants pour le contrôle de zones stratégiques du marché de la drogue et violentes descentes de police pour de temps à autre faire le ménage.

Dans le premier épisode, les deux garçons essaient de réunir l’argent nécessaire pour aller avec leur école voir la couronne de l’empereur du Portugal, qui s’était réfugié au Brésil pour échapper à Napoléon.

Cette trame est le prétexte pour découvrir le quotidien ahurissant des habitants de la favela qui ne peuvent circuler d’une zone à autre lorsque les chefs de gangs l’interdisent ce qui empêche Laranjinha de porter des médicament à sa grand mère.

Mais les deux gamins débrouillards et attachants parviennent à survivre dans cet environnement hostile contrôlé par un certain BB et à voir aller voir la fameuse couronne qui déclenche une forme de fascination en eux.

Plus intéressant le second épisode montre comment les jeunes de la favela peuvent etre tenté de se mettre sous la protection d’un chef de gang pour avoir leur part de respect et d’autorité sur la population.

Dans cet exemple, Acerola profite que sa sœur entretient une vague liaison amoureuse avec un chef de gang pour se comporter en petit tyran et humilier les autres garçons de son age.

Mais son pouvoir fragile vacille très vite devant la fragilité de la relation entre le chef et sa sœur puis s’écroule tout à fait lorsque la police l’élimine.

Pris en chasse par ses anciennes victimes ivres de revanche, Acerola finit par obtenir leur pardon et à rentrer dans une sorte de droit chemin.

L’épisode trois permet de comprendre comment les narco trafiquants régissent toute la vie de la favelas lorsque un chef de gang maniaque de l’ordre décide d’embaucher Laranjinha  et Acerola pour jouer les facteurs afin de suppléer à la mission du facteur officiel qui ne peut se repérer dans ce labyrinthe de ruelles sans nom.

Les deux garçons sont bien en peine d’accomplir cette difficile mission, surtout quand les lieutenants du chef emprisonné décident de baptiser à leur nom les rues de la favela.

Trop content de l’aubaine les policiers récupèrent alors le plan des rues auprès des deux garçons qui doivent en une nuit changer de place toute les pancartes.

L’épisode le plus comique réside dans le périple accompli par les deux garçons pour acheminer une lettre à son expéditeur habitant en dehors de la favela.

Enfin le dernier épisodes, de loin le plus intéressant, met en parallèle la vie de Laranjinha et d’Acerola avec celles de Joao Victor gamin de la classe moyenne de Rio de Janeiro qui vit élevé par une mère célibataire.

On découvre ainsi les multiples vitesses de la société brésilienne, avec deux mondes qui se croisent (au fast food ou au chez le marchand de chaussures de sport) qui ont bien souvent des aspirations communes mais qui ont peur l’un de l’autre.

En conclusion, vous ne pourrez qu’être séduit par « La cité des hommes, volume 1 » .

Lund, Lins et  Meirelles ne versent pas dans le misérabilisme ni la surenchère de violence mais décrivent de manière réaliste, intelligente et souvent drôle, le quotidien de deux jeunes enfants vivant dans un monde difficile ou la mort peut à tout moment frapper mais qui ne les empêche pas de jouer au football ou de s’intéresser aux filles.

« La cité des hommes, volume 1 » brille surtout par la justesse des acteurs, pour la plupart des habitants des favelas et donc plus vrais que nature.

Passionnant et idéal pour comprendre une certaine forme de réalité dans une région de monde bien souvent réduite à des clichés accumulés à l’emporte pièce.


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Published by Seth - dans Société
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