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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 20:43

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Au début des années 70, Clint Eastwood réalise et tourne beaucoup enchaînant souvent deux films par an.

En 1973 il réalise le western « L’homme des hautes plaines ».

Bien que démarrant de manière classique avec un inconnu de passage qui après avoir tué trois hommes le provoquant en duel est engagé par les autorités de Lago en Californie pour les protéger contre la menace de trois mystérieux prisonniers susceptibles de les attaquer,  « L’homme des hautes plaines » se révèle au fur et à mesure complètement atypique.

L’inconnu (Clint Eastwood) va en effet profiter de la détresse des notables de Lago pour se faire octroyer les pleins pouvoirs et devenir une sorte de tyran local exigeant nourriture, alcool et femmes à volonté.

Il va prendre un malin plaisir à humilier le maire (Stefan Gierasch), le shérif (Walter Barnes) mais aussi le prêtre, le barbier (William O Connell) et une dénommée Sarah Belding (Verna Bloom) femme de petite vertu qu’il viole dans une grange.

Il entraîne les notables maladroits et craintifs à défendre leur ville et pousse même la provocation jusqu'à nommer le nain Mordecai (Billy Curtis) maire et shérif de Lago.

Alors que les trois prisonniers dirigés par Stacey Bridges (Geoffrey Lewis) se dirigent vers Lago pour châtier les notables qui les ont fait arrêter, l’inconnu redouble de cruauté envers la population exigeant de déloger tout un hôtel pour s’y installer, de repeindre la ville en rouge ou d’ériger un banquet pour accueillir les renégats.

Excédé par ces mesures absurdes, les notables se rebellent et tente de l’assassiner mais ils échouent ce qui ne fait que renforcer la position de l’inconnu sur la ville.

L’heure de la confrontation approche et les notables se font massacrer par les trois bandits endurcis.

L’inconnu réagit alors et tue le trois hommes, l’un par le fouet, l’autre par pendaison puis Bridges par balle.

Restant toujours muet quand à ses motivations, l’inconnu finit par dévoiler son nom à Mordecai, Duncan, comme celui du marshal de la ville que les notables ont fait fouetter à mort par Bridges et sa bande alors qu’il avait découvert qu’il s’apprêtait à faire fermer la mine dont Lago tire sa prospérité.

En conclusion, « L’homme des hautes plaines » est un superbe western narrant une histoire de vengeance d’une puissance inouïe.

Construit dans un climat trouble de cruauté, de violence psychologique étouffante augmenté par l’absence de motivation du héros-bourreau, le film révèle tout sa puissance dans le dernier quart d’heure à couper le souffle.

Eastwood alors au top de sa forme et de sa jeunesse est impérial dans un rôle de cow boy charismatique, excessif, cynique et odieux à la Sergio Léone.

La musique inquiétante de Dee Barton et les grands espaces de Yosemite Park rajoutent à l’atmosphère Léonienne du film.

Outre sa forme baroque et onirique, « L’homme des hautes plaines » brille par le fond, la lâcheté et l’hypocrisie des notables des petites villes, prêt à fermer le yeux devant toutes les horreurs pour conserver leur prospérité et leur tranquillité.

Pour sa deuxième réalisation, Eastwood rend hommage à ses maîtres Siegel et Leone et signe un véritable chef d’œuvre du genre.

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Published by Seth - dans Western
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