Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 19:03

henri_IV.jpg

4

 

 

Avec le temps je souffre de plus en plus cruellement d’un manque de connaissance de l’histoire de France, aussi pour pallier à ce manque ai-je lu « Henri IV le passionné » d’André Castelot.

Ce volumineux ouvrage divisé en vingt chapitres retrace en effet l’intégralité de la vie d’un des rois de France les plus populaire de l’histoire.

Né en 1553, descendant par son père de la dynastie des Bourbon et par sa mère des rois de Navarre, Henri avait du sang royal dans les veines.

Son enfance passée dans le Béarn chez sa mère Jeanne D‘Albret, le conduit à adopter la religion de celle-ci le protestantisme.

A cette époque la France est en effet divisée en deux par de sanglantes guerres de religions entre catholiques et protestants.

Son père Antoine est tué lors d’une de ses guerres et sa mère meurt peu après de maladie.

La famille royale, catholique, est à la mort d’Henri II stupidement tué lors d‘un tournoi, prise en main par Catherine de Médicis qui manipule dans l’ombre son fils le roi Charles IX.

Charles IX n’est pas ici présenté comme quelqu’un de stupide ou de naïf, mais sa santé exécrable (il était tuberculeux) le handicape assurément dans l’exercice de son autorité et abrège son règne.

Enfant intelligent et précoce, Henri est très tôt un actif passionné de chasse et d’exercices physiques.

Il est reçu à la cours des rois de France ou il reçoit une éducation digne d’un souverain puis marié de force à Marguerite de Valois, sœur du roi afin de pacifier les relations entre catholiques et protestants.

Le massacre des protestants lors de la Saint Barthélémy, orchestré par Catherine de Médicis allié au redoutable Duc de Guise permet d’éliminer l’amiral Coligny, huguenot trop proche du roi et relance la guerre civile dans toute la France.

Henri est alors retenu en otage à Paris mais s’obstine dans sa foi protestante.

Mari volage, il trompe régulièrement sa femme et manifeste déjà un appétit sexuel hors norme qui le conduit à multiplier les maitresses.

De son coté, sa femme réputée très belle n’est pas non en reste.

A la mort de Charles IX, Henri III, devient roi de France et nourrira durant toute la durée de son règne, des relations d’estime réciproque avec son beau frère Henri IV.

Retenu en otage, Henri IV attend patiemment son heure et supporte les humiliations avant de parvenir à s’échapper pour rejoindre son royaume de Navarre ou il jouit de puissants appuis.

Il mène alors la lutte contre les troupes catholiques de la Ligue menés par le Duc de Guise et une lutte complexe à distance contre son ennemie Catherine de Médicis.

Il est en ceci appuyé par Henri III qui menacé par les ambitions du Duc, le fait assassiner à Blois.

Henri se distingue par sa bravoure au combat, son charisme et par ses nombreuses conquêtes féminines comme Diane D’andouins.

La rébellion de sa femme Marguerite qui lève une armée pour combattre son mari et le roi, l’amène à une détention prolongée de laquelle elle ne se remettra jamais.

Le rapprochement entre les deux Henri amène, Henri IV à devenir roi de France après l’assassinant de son beau frère par un moine dément.

Mais, sa foi protestante le handicapant, Henri IV va devoir batailler ferme pour conquérir pas à pas son royaume face aux troupes des Ligueurs emmenées par Mayenne et soutenus par Philippe II d’Espagne.

Pour consolider son emprise sur la France, Henri IV accepte de se convertir au catholicisme.

Par l’édit de Nantes en 1598, il autorisera une plus grande liberté et tolérance envers les protestants.

Au cours de ses périples il s’éprend de la marquise Gabrielle d’Estrées avec qui il aura trois enfants.

Alors qu’Henri voulait l’épouser au grand damne de l‘église, sa favorite fut mystérieusement assassinée.

Mais l’homme insatiable trouvera rapidement une nouvelle passion sous la forme d’Henriette d’Entragues qui devra cohabiter avec la Florentine Marie de Médicis qu’il épouse contraint et forcé en 1600.

De ces unions naitront six enfants légitimes (dont le futur Louis XIII) et trois illégitimes qui viendront s’ajouter aux obtenus avec Gabrielle d’Estrées.

Cette femme, démoniaque et machiavélique n’aura de cesse de la manipuler dans son intérêt et celui de sa famille, alimentant un climat détestable à la cour dans sa lutte contre Marie.

Il faudra qu’elle soit compromises dans plusieurs complots visant à l’assassiner pour qu’Henri ouvre les yeux sur sa véritable nature.

Du coté de la politique, si la menace avec les Espagnols est toujours belle et bien présente et oblige le roi à une grande vigilance militaire, l’administration du pays est un véritable succès avec le concours de Sully, ministre du roi qui résorbe les dettes de l’état, combat la corruption, relance l’agriculture et allège les charges contre les paysans réduits à la misère par plusieurs années de guerre.

Si Henri IV se montre enflammé dans la chasse, la guerre ou l’amour, il est revanche bienveillant avec son peuple, d’une grande tolérance et accordant souvent son pardon à ses anciens ennemis.

Pourtant c’est une encore une fois une liaison passionnelle qui le perdra, Henri IV étant prêt à déclencher une guerre avec la famille des Habsbourg pour récupérer une de ses conquêtes féminines Charlotte de Montmorency enlevée par son mari jaloux en Belgique.

En soutenant les protestants allemands contre les Habsbourg, Henri IV  aurait assurément affaibli la puissance du catholicisme en Europe, et ses ennemis qu’ils soient espagnols ou français, utiliseront Ravaillac, un illuminé manipulé pour poignarder le souverain bien aimé de tout un peuple.

Le livre laisse donc planer derrière cet assassinat l’ombre de Marie de Médicis soutenue par l’église catholique.

En conclusion, « Henri IV, le passionné » est un livre réellement passionnant de bout en bout qui malgré la complexité des relations familiales des nobles de France, parvient à restituer l’époque et la personnalité de ce roi hors du commun.

Henri IV était en réalité un personnage surprenant et plutôt sympathique.

Volage, guerrier, mangeur, son coté bon vivant le rend humain même si sa trop grande passion des femmes le contraindra à des nombreuses folies, qu’essaiera de compenser le formidable Sully superbe contre poids intègre et rigoureux à au caractère enflammé du roi.

Mais le plus agréable chez ce roi reste pour moi sa grande ouverture d’esprit, sa tolérance religieuse, sa générosité, sa simplicité et le réel soucis qu’il avait d’améliorer la situation de son peuple.

C’est en ceci que Henri IV est pour moi un des plus grands rois de France et une figure marquante de notre histoire.

Partager cet article

Repost 0
Published by Seth - dans Histoire
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens