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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 22:23


« Darwinia » est un roman de Science Fiction écrit par un auteur canadien du nom de Robert Charles Wilson.

Le titre n’a en réalité qu’un lointain rapport avec Charles Darwin.

L’histoire se déroule en 1912 lorsqu’une catastrophe d’origine inconnue transforme l’Europe en une vaste jungle peuplée d’espèces végétales et animales aussi mystérieuses que dangereuses.

Une partie de l’Angleterre assez heureusement épargnée par la catastrophe dispute aux Etats Unis d’Amérique la Nouvelle Europe, territoire rendu quasi vierge à présent nommé Darwinie.

Ce phénomène  inexpliqué provoque un retour en force de la religion puis des thèses créationnistes qui parlent de miracle divin et contestent de plus en plus les thèses évolutionnistes issues de Darwin.

Huit ans après le "miracle", Guilford Law, jeune photographe américain se lance dans une expédition scientifique menée par des savants créationnistes afin d’explorer la Darwinie.

Wilson opte donc tout d’abord pour un classique roman d’aventure narrant le périple d’une expédition s’enfonçant le long du Rhin dans un immense territoire inconnu et dangereux, peuplé de bandes de pillards appelés les Partisans et d’inquiétantes créatures insectoides dont certaines sont mortelles pour l’homme.

Bien entendu les péripéties s’accumulent et l’expédition est décimée.

Law très affaibli est l’unique rescapé avec Tom Compton le pisteur qui les guidaient à travers la jungle.

Mais au cours de leur voyage, les tenaces scientifiques ont eu le temps de découvrir une mystérieuse cité abandonnée ou figure un vertigineux tunnel plongeant dans les entrailles de la terre.

De retour en Angleterre ou il a laissé sa famille, Law apprend que sa femme l’ayant cru mort l'a trompé puis quitté pour aller vivre avec sa fille Lucy avec un militaire en Australie.

Entre temps les Etats Unis ont attaqués et soumis l’Angleterre lors d’une guerre éclair.

Puis petit à petit le récit prend une autre tournure avec l’apparition de Elias Vale, médium habité par un dieu le rendant quasi immortel, capable de parler avec les morts ou de lire l’avenir.

Malgré ses immenses pouvoirs, Vale est un personnages attachant qui vit ses dons comme un terrible fardeau.

Law refait sa vie en Méditerranée, a un enfant mais découvre également d’étranges phénomènes comme la présence d’un double de lui même, soldat tué lors de la première guerre mondiale en 1917.

Il s’aperçoit qu’il est lui même quasi immortel, étonnamment résistant à la douleur, et presque insensible au vieillissement.

Les énigmes s’épaississent alors lors de courtes mais intenses et complexes digressions de pure Science Fiction.

Au final les fils se dénouent et Wilson révèle au lecteur le pourquoi de ce livre étrange.

Les Noosphères, consciences vivantes de l’univers sont en lutte avec les Psions, démons virus colonisateurs d’êtres humains.

Les consciences des humains morts sont archivées par les Noosphères et voyagent dans l’univers … mais les Psions menacent d’invasion le monde parfaitement organisé des Archives.

L’apparition de la Darwinie en 1912 est le résultat d’une première tentative d’invasion de la Terre stoppée in extremis mais les Psions ont préparé leur prochaine attaque à l’aide du tunnel exploré par l’équipe de Law.

Dans cette guerre, Noosphères et Psions ont chacun choisi leur soldats en puisant dans les archives des consciences d’hommes morts pour revenir s’affronter sur terre.

Law ou Compton, représentent les soldats des Noosphères chargés de combattre ceux des Psions comme Vale ou Crane.

Fort de ce constat, le roman se termine par l’affrontement final entre les deux camps dans une ambiance apocalyptique.

En conclusion, « Darwinia » est un roman étrange, très particulier, oscillant entre plusieurs genres comme le roman d’aventures avec un récit à la John Conrad dans « Au cœur des ténèbres » avant de basculer  dans le fantastique à la Dan Simmons dans « L’échiquier du Mal » avec la présence d’êtres élus possédant des pouvoirs les plaçant au dessus des autres humains avant de finir assez brutalement par de la Science Fiction la plus tarabiscotée.

Le sentiment qui domine est que, dispersé entre toutes ses multiples influences, le roman peine à trouver sa voie, la partie « aventure » étant pour moi de loin la plus décevante et la partie « fantastique » violente et cynique à souhait la plus réussie.

« Darwnia » est donc un livre assez imaginatif et audacieux mais qui à partir d’une idée de base excitante s’éparpille un peu trop à mon goût pour être pleinement réussi.

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