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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 22:52

crypt_1996.jpg

3

 

 

Attention les yeux et les oreilles !

Sortie en 2005 « Crypt 1996-2002 » est une compilation des deux premiers albums du groupe français Punish yourself, composés de frappa dingues au look de zombies à demi nus peinturlurés de bandes fluorescentes.

Porteur d’un message provocateur et nihiliste dopé par un visuel très fort, Punish yourself fait donc dans le choc et le hors limite.

La musique pratiquée par ces joyeux drilles est grosso modo du métal industriel avec une forte composante technoïde et punk.

Composé d’un effectif très mouvant et augmenté lors des prestations scéniques, Punish yourself a pour chanteur VX69, à la batterie X.av, aux guitares P.RLOX, Miss Z

Sorti en 1998, « Feuer tanz system »  est le premier méfait de cyber commando.

Ouvrant ce bal des mutants, « Dispossesed » envoie un metal indus peu original à la production cheap et brute de décoffrage.

De gros riffs métalliques féroces couplés aux bruitages électroniques dopent le son de « Flower » .

Cette formule est reconduite sur « Air tribe » dont le chant rageur et les refrains puissants rajoutent à la violence.

Le coté robotique est mis en avant sur « I like it » qui développe un infernal beat techno relayé par d’offensives guitares artilleuses.

L’orage se calme légèrement avec « Eye sex dance » plus lancinant.

La machine connait quelques ratés sur le bizarroïde, distordu et brouillon « Nothingness station » avant de replonger dans son ambiance de speed industriel déjanté avec « Death by water ».

L’album se termine sur le très Mansonien « Slow motion demonstrate » qui tient plus d’un rêve au gout de lendemain de défonce que d’une douce ballade intimiste.

Peu de choses à dire sur les bonus, qui sont surtout des titres live instrumentaux ou des démos relativement peu intéressantes.

Le second album « Disco flesh warp 69 » sorti en 2001 débute par une introduction tout aussi sympathique qu‘inutile « radio jazz 99 » suivi du très punchy « (Let’s build ) a station in space » aux bruitages de station orbitale intercalés à la furia techno-métal du groupe.

On sent les compostions plus travaillées avec un impact purement destructeur, comme ce « Sexy » aussi efficace que le meilleur de Nine Inch Nails.

Le monde aseptisé de la télévision se fait tabasser en règle à coups de masse sur le férocement punk « Suck my tv ».

C’est l’apocalypse, un déluge de bombes crachées par d‘impitoyables bombardiers, la terre éventrée, mise à feu et à sang par d’innombrables armées de machines ivres de destruction et de mort …

Voix rauque et sombres incantations mystico sataniques peuplent ensuite « Blast off Siddhârta junkie » terrifiant à souhait.

Toujours aussi sauvage, « No one to talk with » « Night of the hunter » vous explosent dans les jambes comme un cocktail Molotov balancé dans les chenilles d’un tank.

Fort logiquement le thème de l’holocauste nucléaire est abordé avec « Atomic alarm broadcast » qui pousse à un paroxysme à peine supportable bruitages techno et chant punk hurlé.

Difficile de se ressaisir sous cette avalanche non stop de coup aux plexus, on chancelle, ébranlé par les impacts successifs de ces marteaux pilons pneumatiques commandés par une unité centrale déglinguée.

Un bref moment de repos vient avec le poisseux « Enter me now » pourtant glauque à souhait avant que la puissance brute absolue ne viennent nous clouer au sol sur l’hallucinant « Criminal » alternant refrains au napalm et relatives accalmies toutes en ambiances électroniques.

A l’étrangeté de « Old brother left hand » succède le martelement incessant de « Night club » qui atteint une nouvelle fois le seuil maximum de tolérance à la violence sonore qu’on peut infliger à un etre humain.

De la meme maniére on passera sur les inédits live et remix figurant en bonus destiné à promouvoir les qualités de trafiqueurs de son et de performeurs scéniques du groupe.

En conclusion, comme on aurait pu se douter « Crypt 1996-2002 »  est une compilation dense difficile à digérer au premier abord tant la musique de Punish yourself est violente.

« Fueur tanz system » est relativement peu interessant pour moi, sa production est moyenne et les morceaux ne sortent pas d’un métal industriel trop balisé par des leaders comme Ministry.

En revanche « Disco flesh : warp 69 » voit une très nette progression du groupe dans le développement de morceaux redoutables mêlant intimement metal super lourd et techno agressive.

Alors certes la formule s’avère sans doute bien répétitive et éreintante sur toute une écoute mais il est objectivement difficile de rester insensible à une musique aussi typée utilisée à la maniére d’une arme.
Inutile de chercher donc quelconque approche mélodique ou organique, tout n’est ici que rage, révolte et énergie poussées parfois au maximum du supportable.

Punish yourself ne séduira jamais le grand public et sera destiné à rester un groupe de marginaux undergroud mais sa musique hors normes et passionnée mérite à elle seule le respect.

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Published by Seth - dans Industriel
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