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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 20:29

 

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En commençant « Crime et châtiment » de Fédor Dostoïevski, je savais pertinemment que je m’attaquais à un monument de la littérature puisqu’un bon ami m’avait assuré que l’auteur russe était sans doute pour lui le plus grand écrivain de l’Histoire.

Publié en 1866, « Crime et châtiment » est le premier roman à succès de Dostoïevski.

Située au XIX ieme siècle à Saint Petersbourg, l’histoire se présente tout d’abord superficiellement comme un celle d’un roman policier après le meurtre d’une vieille usurière russe sauvagement assassinée à coups de hache par un étudiant désargenté nommé Raskolnikov.

Personnage principal du roman, Raskolnikov va démontrer une personnalité complexe, intelligente, torturée et déroutante puisque le jeune homme ne sait pas réellement pourquoi il a commis le meurtre, et va d’interrogations en interrogations être partagé entre le désir de justifier son crime de manière philosophique par le fait que les hommes d’exceptions ont parfois le droit de tuer les gens « médiocres » pour atteindre des idéaux plus élevés et un violent désir de repentir caractérisé par une envie d’être pris par la police.

Tiraillé entre cette justification qu’il n’assume pas totalement (car il reconnaît ne pas être Socrate, Napoléon ou Newton)  et une tension nerveuse insupportable l’amenant à des violentes crises de maladie, Raskolnikov va faire partager au lecteur son trouble intérieur, son questionnement sur le sens de la vie et de nos actes.

La trame principale du roman policier va donc se dessiner autour d’un infernal jeu du chat et de la souris entre Raskolnikov et le juge d’instruction Porphyre Petrovitch, redoutable manipulateur qui va manœuvrer psychologiquement l’étudiant pour le pousser à bout.

Mais outre les versants policier et métaphysique, « Crime et châtiment » explore aussi par son incroyable galerie de personnages plusieurs facettes de la société russe de l’époque, que ce soit le socialisme progressiste illuminé de Lebeziantikov ou la misère sociale par la malheureuse famille Marmeladov avec le mari ivrogne et la femme phtistique.

Raskolnikov prendra d’ailleurs en sympathie les Marmeladov et tombera amoureux de leur belle fille Sonia, dont la noblesse des sentiments contrastant avec son extrême dénuement finiront par gagner son cœur.

Prenant fait et cause pour les « petites gens », Dostoïevski décrit la lutte acharnée de Raskolnikov contre Loujine, homme trouble désirant épouser sa sœur Dounia en utilisant sa position sociale élevée pour mieux l’asservir.

L’ardente bataille entre Raskolnikov et Loujine pour sauver la famille Raskolnikov constitue assurément l’un  des morceaux de choix du récit.

Et puis il y a les personnages annexes, qui interviennent par instant comme le très vivant Razoumikhine meilleur ami de Raskolnikov qui bien que limité joue un rôle de soutien actif auprès de son ténébreux ami.

Le propriétaire terrien, Svidrigailov qui après avoir exploité Dounia, tente de faire chanter Raskolnikov est pour moi le plus fascinant d’entre eux, avec de fortes tendances pédophiles et psychotiques qui le mèneront à un suicide particulièrement marquant.

Après un récit long, dense et parfois douloureux tant on souffre avec Raskolnikov, l’intrigue se dénoue, le coupable se livre et purge sa peine en Sibérie.

La fidèle Sonia qui accepte de suivre le criminel par amour sert de vecteur à une renaissance et un apaisement intérieur centré sur l’amour et une attraction nouvelle d’un homme jusqu’alors férocement agnostique pour la religion.

En conclusion, sur le fond, rien à dire « Crime et châtiment » est une œuvre particulièrement profonde agitant un questionnement autour de la loi, du droit ou pas à les transgresser, de la morale et de la souffrance qu’elle occasionne jusqu’à conduire à l’expiation libératrice.

Tout au long du roman, Raskolnikov fait son chemin de croix et finit dans l’expiation de son crime par trouver l’apaisement.

Œuvre multiple et complexe par la diversité des thèmes qu’elle aborde, « Crime et châtiment » constitue également malgré ses prises de positions marquées en faveur du « petit peuple russe » exploité par des riches sans scrupules (Loujine, Svidrigailov)  une critique des courants socialistes alors grandissants dans le Russie de la fin du XIX ieme siècle.

Seul bémol, le style de Dostoïevski que j’ai trouvé assez pesant par instant avec les digressions à rallonges dans les dialogues de l’insupportable Petrovitch, de Loujine ou de la mère de Raskolnikov.

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