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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 20:43

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4

 

2006 marque une date charnière au sein de Slayer puisque cette année bénie des diables voit le retour du batteur de la formation originelle le légendaire Dave Lombardo après 16 ans d’absence.

On retrouve à la production Josh Abraham secondé par l’éternel Rick Rubin.

Le résultat est donc ce « Christ illusion » à la pochette anti chrétienne choc et glauque à souhait évoquant une resucée moderne d’un « Reign in blood » .

On se dit alors non sans déplaisir que les Californiens vont remettre le couvert et en mettre plein la gueule aux religieux de tout poil.

Comme souvent chez Slayer, le premier titre est en béton armé, « Flesh storm » brille par sa force de percussion et ses refrains formidablement entraînants.

Le son clair, les guitares acérées et la frappe séche de Lombardo composent un premier tableau franchement convainquant laissant à penser le retour de la machine Slayerienne débitant des classiques du métal au kilomètre.

On embraye dans l’instant sur « Catalyst », intense, teigneux et incisif comme une ex femme en quête de pension alimentaire.

Léger ralentissement avec « Skeleton christ » morceau le plus ouvertement anti chrétien dont la structure très hachée nuit pour moi à l’efficacité globale.

Lancinant et intimiste, « Eyes of the insane »  décrit avec talent les obsessions d’un soldat revoyant les victimes qu’il a tuées au cours de ses missions de guerre.

Un vent de fraîcheur est apporté avec « Jihad » puisque des riff diaboliques, une ambiance forte et des refrains prenants entraînent l’auditeur sur le terrain de la subversion autour des attentats du 11 Septembre …vus par un terroriste islamique.

Pari osé au pays de l’Oncle Sam mais artistiquement réussi.

« Consfearancy » marque le retour vers un thrash plus orienté années 80 mais dont l’extrême virulence compense le classicisme trop marqué.

Le disque prend ensuite un virage plus sinueux avec « Katatonia » à l’ambiance pesante et lancinante, puis avec « Black serenade » , sérénade qui avouons le séduit assez peu en raison de son manque d’inspiration flagrant.

La puissance et la rage reviennent en force sur « Cult », morceau satanique crachant sa haine des religions en pleine face sur des tempo thrash sans concession.

L’album s’achève sur le dixième titre de rigueur, le cinglant « Supremist » dont le vrombissement ininterrompu des guitares insuffle un immense sentiment de puissance libérée au grand jour après une période de trop longue réclusion.

En conclusion, alors qu’on y croyait plus vraiment, « Christ illusion » marque le retour du Slayer plus inspiré, capable de produire une musique intense, rapide, incisive autour de thèmes forts mettant mal à l’aise puisque puisant dans les plus noires profondeurs de l’être humain.

Il faut donc reconnaître le fait que le retour de Dave Lombardo a provoqué la suralimentation nécessaire pour permettre à la mécanique Slayerienne de retrouver un rendement plus en adéquation avec ses performances historiques.

« Christ illusion » n’apportera pas forcément de méga hits cultes mais développe une grande homogénéité et un haut niveau de qualité d’ensemble.

Et si finalement Slayer n’était jamais meilleur que lorsqu’il était sale, vicieux, dérangeant et violent ?


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Published by Seth - dans Thrash Metal
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