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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:03

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Formé en 1987, le groupe suédois Therion a comme beaucoup de formations extrêmes, évolué à partir de son style originel brutal, vers une forme de heavy metal symphonique nimbé d’ésotérisme.

Me méfiant généralement beaucoup des groupes de rock surpeuplés ayant des velléités de musique classique, j’ai opté pour une approche prudente avec « Atlantis lucid dreaming » compilation de meilleurs morceaux de deux EP antérieurs « A’arab Zaraq-lucid dreaming »  (1997) et « Crowning of Atlantis » (1999).

Sorti en 2005, « Atlantis lucid dreaming » et sa pochette composite débute par « In rememberance » mid tempo assez accrocheur ou la voix caverneuse du leader/chanteur/clavier/guitariste Christofer Johnson se trouve soutenue par les chœurs de Dan Swano.

Malgré son relatif dynamisme, l’ambiance de « In rememberance » est néanmoins aussi sombre et mélancolique qu’un soir d’automne.

La suite est plus surprenante avec un « Black fairy » heavy metal rapide et musclé avec un style vocale succulent évoquant le Mercyful fate de la grande époque.

Therion confirme ses racines hard/heavy classiques en reprenant le « Fly to the rainbow » des Scorpions beaucoup plus poussif malgré un joli passage mélodique éthéré en son centre puis le plus rugueux  et efficace« Under jolly roger » des méconnus vétérans allemands de Running wild.

Un bel instrumental calme et élégant plus loin « Symphony of the dead », digne d’un BO de film à grand spectacle, Therion met des frissons en s’attaquant à un fantastique (et méconnu !) titre de Judas priest, le lent et mélancolique « Here comes the tears ».

Mais malgré la tentative respectable, Johnson demeure à des années lumières de la classe étincelante de Rob Halford, ne parvenant malheureusement pas à faire passer l’émotion nécessaire à ce morceau phare des années 70.

L’auditeur bascule ensuite sur le deuxième EP, avec « The crowning of Atlantis » typiquement métal symphonique avec ses chœurs masculins en voix de basse et féminins soprano néo classiques.

Bien que atypique, le résultat n’en est pas moins plaisant tout comme le calme mais mélodique et fluide « Mark of Caïn » au jeu de guitare habile et accrocheur.

Therion pousse encore plus loin le bouchon sur le monstrueusement épique « Caligula vox » et ses chœurs ultra pesants.

A ce stade l’auditeur est déjà entre en léthargie par cet opéra-metal sombre et grandiloquent aussi « Crazy night » la reprise du méconnu japonais Loudness avec Ralf Scheepers au chant vient elle réveiller le démon du heavy qui cogne fort.

Mais ce bref interlude ne fait que différer la replongée de Therion dans le metal symphonique avec le mollasson « From the dionysian days » ou les chœurs masculins et féminins entrent à nouveau en action.

Scheepers est une nouvelle fois appelé à la rescousse pour se couler dans un répertoire heavy inspiré qui lui va comme un gant clouté, le puissant, inspiré, magnifique et vivifiant comme une légende nordique « Thor » des bikers virils de Manowar.

Chanté dans le style puissant et haut perché de Scheepers soutenu par des chœurs magnifique, « Thor » atteint la perfection du heavy metal à l’instar d’un Ripper Owens porté par l’orchestre philarmonique de « The Glorious burden ».

Arès Manowar, un autre titan du heavy prend place avec la succulente ballade planante « Seawinds » d’Accept, chantée par la voix féminine de Martina Hornbacher douce et apaisante.

Therion termine par un bonus live, « Black sun », au tempo lent et majestueux sur lequel des voix soprano féminines viennent délicatement se poser, se payant même le luxe d’imprimer plus de dynamique sur les refrains.

En conclusion, malgré son hétérogénéité et son étrangeté, la compilation, « Atlantis lucid dreaming » est une œuvre tenant plus qu’honorablement la route.

Bien que ne goutant qu’épisodiquement le métal symphonique, je reconnais le talent de compositeur de Johnson, qui sait fort habilement marier sonorités néo classiques aux parties de guitares utilisées à bon escient.

Le résultat est donc cohérent, plaisant même si il n’échappe pas à ’l’inévitable coté pompeux du genre.

Coté reprise, Therion puise dans un registre inattaquable pour moi en reprenant des purs standards du hard/heavy des années 70-80.

Face à des tels géants, le résultat est parfois un tantinet décevant mais souvent surprenant et de haute qualité comme sur le fantastique « Thor » transcendé par un Scheepers impérial.

« Atlantis lucid dreaming » est donc à conseiller pour tout amateur de heavy symphonique élégant et mélodique.

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