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27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 10:26

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Petit crochet vers la Science-Fiction, genre que je prisais il y a quelques années.

 

Retrouvailles avec Robert Silverberg dont j’avais lu « Le grand silence » en 2000, variation honnête sur le thème des extra terrestres envahissant notre bonne vieille planète bleue.

 

Silverberg est considéré comme l’un des meilleurs auteur de SF de l’Histoire, je ne pense donc pas avoir eu de chance à chaque fois que j’ai lu ces livres car ils ne m’ont jamais bouleversés.

 

Cette fois j’ai lu « Time Opera » recueil regroupant deux variations sur le thème du temps :

« Les déserteurs temporels » (1967 ) et « Les temps parallèles (1969) ».

 

« Les déserteurs temporels » est une courte nouvelle (150 pages ) décrivant une société futuriste découpées en une vingtaine de classes hiérarchiques.

 

Les villes sont surpeuplées, l’oxygène rare et les conditions de vie difficiles pour les couches basses vivant dans la misère, la violence et le chômage.

 

Le personnage principal du roman, Quellen est un fonctionnaire de  7ieme rang travaillant au Secrétariat Criminel ou il est chargé d’activités policiéres.

 

Sa particularité est d’avoir fraudé le système pour s’être fait construire une villa en Afrique dans laquelle il se rend par un procédé de téléportation.

Il vit dans l’angoisse quasi permanente d’être découvert et porte ce secret comme un terrible fardeau.

 

La classe Dirigeante constate un jour que des gens disparaissent, ils prennent la fuite dans le temps pour échapper aux conditions difficiles du présent.

 

Certains se font quelques fois capturer dans des époques anciennes, ce qui donne lieu à des rapports apparaissant dans les archives du présent.

 

Quellen est chargé de trouver l’homme ou la société clandestine organisant ses sauts temporels pour y mettre fin.

 

En réalité la classe Dirigeante cherche également à récupérer le procédé pour organiser des déportations et ainsi éliminer le problème du chômage ...

 

Quellen remonte cependant la piste des déserteur temporel et tombe sur l’homme défiant le système.

 

Cependant Quellen va se retrouver lui même pris dans un terrible engrenage l’obligeant  à braver la classe Dirigeante.


Il va également découvrir qui se cache derriere les hautes strates du pouvoir ...
 

Dans les déserteurs temporels on y retrouve beaucoup de points communs avec une de œuvres précédentes de Silverberg  : « Les Monade urbaines » .

 

Le système stratifié, les villes tentaculaires, l’élimination des gens inutiles, l’homme échappant aux règles et venant gripper la belle machine 

 

On retrouve également des éléments faisant penser au « Total Recall » de Philipp K Dick.

 

Le récit ne m’a donc pas ébloui.

 

 

 

Le deuxième livre  «  Les temps parallèles » est à mon sens plus intéressant :

 

Nous sommes toujours dans le futur (en 2059 ) et la technologie est maintenant suffisante pour remonter le temps.

 

L’homme étant ce qu’il est, des agences de tourisme ont été crées pour proposer donc des voyages temporels.

 

Le personnage principal Judd Elliot est un jeune étudiant passionné d’histoire Byzantine qui décide de s’engager comme guide.

 

Son apprentissage est donc le moyen pour Silverberg de décrire sa vision des sauts dans le temps.

 

Quelques règles sont donc expliquées plus ou moins clairement  :

 

Impossibilité de changer le passé sous peine de condamnation.

 

Le risque de changer le  cours de l’Histoire en empêchant le déroulement d’un événement majeur existe en effet et les conséquences pourraient être l’effacement d’une partie du présent et des gens vivants.

 

Les voyageurs temporels doivent donc se faire discrets et limiter leurs contacts avec les populations visitées.

 

Bien entendu comme plusieurs sauts temporels sont possibles à différentes époques, plusieurs doubles d’une même personnes peuvent se retrouver au même endroit en train d’assister à la même scène.

 

Le respect des règles est assurée par des Patrouilleurs Temporels, sorte de police du temps.

 

Le récit historique se concentre essentiellement sur la période Byzantine après la naissance de l’Empire Romain d’Orient (395).

 

Par les promenades de son guide, Silverberg nous rend spectateur des grands événements historique de Byzance : le règne d’Arcadius, celui de Constantin, Justinien, les Croisades, la prise de la ville par les Turcs …

 

Mais en réalité il ne fait que les effleurer et les descriptions d’époque très superficielles tiennent en 2 pages maximum.

 

Par contre les obsessions sexuelles du guide sont très longuement expliquées.

 

Cela m’a toujours frappé chez Silverberg, ce goût pour le sexe.

 

Judd Eliott multiplie les conquêtes temporelles, couche avec l’impératrice nymphomane Théodora qu’il honore quatre heures durant.

 

On sent que ce livre a été écrit dans les années 60 dans une atmosphère de libération sexuelle.

 

Les femmes sont presque toujours consentantes et cèdent immédiatement au charme du guide qui bien entendu est un étalon infatigable.

 

Silverberg semble faire preuve sur ce plan d’un narcissique et d’une auto complaisance assez pénibles à supporter.

 

Bien entendu ce qui devait arriver arriva : Eliott tombe sous le charme de sa multi arrière grand mère (de 17 ans ) et multiplie les sauts pour la revoir.

 

Mais on ne croit pas un instant à cette histoire d’amour s’apparentant plus à une passion physique dont la transgression démultiplie le caractère excitant.

 

Obnubilé par sa passion Eliott délaisse les touristes sous sa responsabilité et commet une faute grave provoquant une altération importante du passé.

 

Sa tentative de correction aboutit à son dédoublement temporel et ne fait qu’empirer les choses.

 

Recherché par la Patrouille du Temps, il n’a pas d’autre choix que de s’enfuir en s’enfonçant le plus loin possible dans le passé, ce qu’il fait en se réfugiant dans une époque de l’Empire Hittite (-3060 AV JC ).

 

Ecrit dans les années 60, ce livre ne m’aura guère séduit.

 

L’aspect historique est peu fouillé, à peine esquissé, le ton new age de libération sexuelle semblant complètement suranné en 2008 à l’époque du Sida.

 

Une œuvre dont la portée temporelle me sera paradoxalement assez restreinte.

 

Sur le thème du temps je recommande « Le jeune homme, la mort et le temps » de Richard Matheson infiniment plus profond et poignant.

 

Rencontre encore ratée avec Silverberg donc.

 

 

 

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