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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 21:14

Jorge Amado toujours avec « Capitaines des sables ».
Sorti en 1937, « Capitaines des sables » est un roman original décrivant la vie des gamins des rues de Salvador de Bahia, organisés en une bande appelée les Capitaines des sables.
Dirigé par le blond Pedro Bala, fils d’un docker tué lors d’une grève, les Capitaines se spécialisent dans les arnaques et les cambriolages.
Petit enfant handicapé, Patte-Molle apitoie les bourgeois et se fait inviter chez eux pour mieux ensuite les détrousser mais cache en réalité une grande détresse affective.
Le farouche Coude-sec est le lieutenant cabocle de Pedro tandis que le Professeur, à l’âme d’artiste, excelle dans l’art de faire le portrait d’inconnus croisés dans la rue.
S’ils sont redoutés des « honnêtes gens », les Capitaines des sables doivent lutter pour survivre face aux autres bandes et aux policiers qui les tabassent après les avoir raflés.
Le seul adulte à pouvoir les côtoyer est l’abbé José Pedro avec comme secret espoir de les remettre dans le droit chemin.
Mais mis à part le cas particulier de Sucre d’Orge touché par la grâce, les activités de Pedro lui attirent surtout des problèmes vis-à-vis des autorités.
Solidaires dans la misère, les Capitaines des sables font face lorsque l’un des leurs est touché par l’épidémie de variole qui frappe de plein fouet Salvador de Bahia, seul le teigneux Patte-Molle étant partisan d’abandonner le misérable à son sort.
Lorsque finalement le dieu Ogun fait retirer le fléau, Dora, la seule fille faisant partie du groupe meurt dans les bras de son amoureux Pedro-Bala après une unique nuit d’amour.
Le destin tourne, Patte-Molle se suicide plutôt que d’être pris par la police, le Professeur saisit la chance de devenir peintre à Rio de Janeiro, Coude-Sec s’enrôle auprès de son parrain Lampião, un chef de bande cruel n’hésitant pas à tuer des soldats, le musclé Brandão devint marin et Pedro suit les traces de son père pour devenir à son tour un militant politique.
En conclusion, « Capitaines des sables » est un roman riche, vivant et coloré décrivant avec talent et passion le quotidien des gosses de rues de Salvador de Bahia, entre misère, violence et solidarité.
On sent beaucoup de tendresse pour la vie difficile et précaire de ces enfants sauvages mais aussi des positions militantes de gauche, visant à atténuer la gravité des crimes au motif que le système politique est responsable en raison de l’inégale répartition des richesses et de la répression qu’il exerce sur les pauvres.
Malgré cet aspect parfois gênant car très engagé, « Capitaines des sables » se déguste avec délectation en raison du style émouvant et poétique d’Amado.
L’un des meilleurs romans de l’écrivain phare brésilien ?

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