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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 09:20

« Le Caire confidentiel » de Tarik Saleh est la sensation de cet été 2017.
L’histoire se déroule au Caire au printemps 2011 en pleine révolution arabe contre le pouvoir d’Hosni Moubarak avec le meurtre d’une jeune femme dans le très chic hôtel Sheraton.
Seule témoin, Salwa (Mari Malek) une modeste femme de chambre soudanaise voit un homme élégant sortir peu avant le crime puis un second juste après beaucoup plus menaçant : le tueur (Slimane Dazi).
Salwa parvient à lui échapper et se terre ensuite dans un quartier pauvre de la ville ou vit la communauté soudanaise.
Le commandant Nourredine Mostapha (Fares Fares) est chargé par son supérieur hiérarchique et oncle le général Kamal Mostafa (Yasser Ali Maher) de l’enquête.
Sur place, Nourredine comprend que l’affaire est complexe, le personnel de l’hôtel élude les questions en lui faisant comprendre que la chambre était réservée par un homme très important et tente de le soudoyer pour orienter la mort vers un suicide.
Mais Nourredine comprend que la jeune femme très belle a été tuée par un professionnel et recueille une enveloppe sur la scène de crime.
Lorsqu’il fait développer le négatifs contenus dans l’enveloppe il réalise que la victime, Leila une pseudo chanteuse faisait chanter un homme avec des photos intimes.
Cet homme s’avère être Hatem Shafiq (Ahmed Selim) un des plus gros entrepreneurs en bâtiment du pays, député et proche du fils du président.
La recherche de Salwa ne donne rien mais Nourredine fait pression sur Clinton (Ger Duany) le chef de la communauté soudanaise en lui prenant ses papiers en échange de sa coopération.
Une courte entrevue avec Shafiq fait rapidement comprendre à Nourredine qu’il a affaire à un homme intouchable qu’il vaut mieux laisser en paix.
D’ailleurs Kammal plus préoccupé par le contrôle des trafics locaux, l’affecte rapidement sur une autre affaire en lui disant que le procureur a classé la mort.
Les choses changent lorsque Gina (Hania Amar) une amie tunisienne également chanteuse de Leila, vient trouver Nourredine pour lui signaler sa disparition.
La belle jeune femme disparait sans laisser d’adresse.
Cet homme solitaire, taciturne promène sa silhouette voutée et ses cigarettes dans la ville.
Shafiq que Milton a tenté de faire chanter, comprend que Salwa est une menace contre lui et convoque alors Nourredine pour lui avouer connaitre la chanteuse et son meurtrier son souteneur un certain Nagui dit le Tunisien (Hichem Yacoubi).
Se sachant potentiellement inquiété il réclame une réouverture du dossier et charge Nourredine miraculeusement promu colonel de l’enquête.
Surpris, Nourredine saisit l’occasion et se rend au club solitaire la boite ou travaille Gina et feu Leila.
Sur place, il tombe sous le charme enivrant de Gina et entre drogue et alcool, couche avec elle.
Après une nuit de débauche qui laisse des traces, Nourredine comprend que Nagui tente lui aussi de le faire chanter et finit par le coincer à proximité d’une salle de shoot.
Mais Nagui, laissé sous la surveillance de ses collègues policiers est assassiné en prison.
Furieux Nourredine insulte son partenaire Momo (Mohamed Yoursi) coupable lui aussi de corruption.
Les évènements dans la rue dégénèrent ensuite et la police doit ouvrir le feu sur les manifestants qui menacent le pouvoir de Moubarak.
Au cours d’une rafle, Salwa qui a fui son quartier après l’élimination de Milton et d’une amie prise pour elle, est ramenée au commissariat.
Menacée d’expulsion vers son pays d‘origine, elle préfère se présenter comme témoin du meurtre du Sheraton.
Momo se rachète alors en exfiltrant la jeune fille de la prison et l’amenant jusqu’à Nourredine qui a échappé de peu à un assassinat commandité par Shafiq désireux de faire le ménage après avoir liquidé Gina.
Le colonel place Salwa sous protection personnelle et va arrêter lui-même Shafiq dans sa luxueuse propriété.
Au commissariat, Kammal est embarrassé et menace de céder une nouvelle fois mais le procureur décide d’inculper Shafiq pour meurtre.
Mais le tueur de Shafiq traque impitoyablement Salwa qui réussit par miracle à l’abattre avec l’arme de Nourredine dans une station service.
Lorsqu’il comprend que l’homme appartient à la sureté générale, Nourredine comprend qu’il ne sortira pas de cette situation.
Il préfère laisser partir Salwa en lui donnant un peu d’argent pour quitter le pays.
Kammal l’aide à faire disparaitre le corps du tueur en incendiant la voiture mais lui révèle ensuite qu’il touchait un pourcentage sur les activités de Nagui qui faisait chanter des hommes par des photos compromettantes.
Mais Shafiq était un trop gros poisson et a mis à mal cette combine bien huilée en mettant la sureté générale dans l’affaire.
Ecœuré, Nourredine s’apprête à arrêter son oncle avec une valise pleine de l’argent de la corruption mais le vieux renard utilise une manifestation contre le régime pour provoquer un lynchage de son neveu.
Mis à terre, roué de coups, Nourredine échappe de justesse à la mort…
En conclusion, « Le Caire confidentiel » est une véritable bombe, une sorte de « Serpico » égyptien plongeant le spectateur dans une enquête passionnante au cœur des tréfonds du Caire, de sa police corrompue et violente, n’hésitant pas à pratiquer la torture et le meurtre sur commande.
Fares Fares incarne brillamment ce policier solitaire tournant à la clope, l’alcool et aux cachets après la mort de sa femme dans un accident de voiture, touchant comme tout le monde aux trafics mais décidant finalement de ne pas accepter l’impunité des puissants.
La jeune Mari Malek livre également une performance surprenante de justesse.
Superbe polar tout en noirceur sur fond de révolution, « Le Caire confidentiel » mérite largement son statut de grand classique du genre !

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Published by Seth - dans Policier
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