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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 16:37

Sorti en 2015, « Les cow-boys » est le premier film du scénariste Thomas Bidegain collant à l’actualité brulante.
Nous sommes en 1994 dans le département rural de l’Ain lorsqu’après un festival country les Balland, Alain (François Damiens) et Nicole (Agathe Dronne) découvre que leur fille Kelly a disparu.
Alain est le premier à réagir, vigoureusement et entamer une enquête de proximité auprès des ses camarades qui le renseigne sur un certain Ahmed (Mounir Margoum) que fréquentait la jeune fille en secret.
Mais la propre famille d’Ahmed avoue son impuissance et l’interrogatoire tourne mal lorsque Alain insiste auprès des collègues de travail dans le garage ou il travaillait.
Après la réception d’une lettre énigmatique de Kelly, Alain comprend que sa fille a été embrigadée par un islamiste et est en cavale.
Il se rend dans les quartiers arabes de Charleville-Mézières et est mis sur la piste de gitans de Sedan.
Alain tourne nuit et jour et finit par trouver une petite fille portant le foulard qu’il lui avait offert lors du festival country.
Sa quête l’emmène dans le camps gitan ou il obtient la certitude du passage de Kelly.
Lorsqu’il fait intervenir la police, c’est trop tard : Kelly a disparu.
L’histoire bascule quelques années plus tard après le 11 Septembre 2001 et montre Alain continuant sa recherche avec son fils Georges (Finnegan Oldfield) maintenant âgé de plus vingt ans.
On découvre qu’Alain a cherché partout Kelly de manière obsessionnelle se rendant en Turquie et au Yémen.
En contact avec les réseaux islamistes et maitrisant des rudiments d’arabe, Alain continue de mener la traque au mépris des risques.
Un trafiquant lui apprend que Kelly s’appelle à présent Aafia Khalid…
Le duo retrouve sa trace dans une clinique au Danemark mais la rate encore une fois d’un cheveu.
De retour une nouvelle fois bredouille dans l’Ain, on comprend qu’Alain s’est séparé de Nicole qui n’a pas supporté sa folie.
Nicole sait que Kelly a eu un enfant avec Ahmed puisqu’elle le lui a écrit…
Mais fatigué, Georges refuse de repartir sur les routes avec son père.
Alain qui n’a plus de vie professionnelle ni sociale, emprunte de l’argent auprès de ses derniers amis pour repartir mais s’endort au volant et finit par se tuer sur la route.
Après un nouveau saut dans le temps, on retrouve Georges seul employé dans une association humanitaire pour retrouver la trace de sa sœur à la frontière entre Pakistan et Afghanistan.
Le jeune homme n’hésite pas à plaquer Emma (Antonia Campbell-Hughes) sa petite amie du moment pour suivre un Américain (John C Reilly), un agent de la CIA réalisant des missions périlleuses de négociation pour libérer des otages occidentaux.
Prenant tous les risques, Georges accompagne l’Américain dans des zones tribales hostiles et finit par retrouver la trace d’Ahmed dans une grande ville pachtoune.
Il le suit jusqu’à sa maison et pénètre à l’intérieur dans l’espoir de voir enfin sa sœur.
Mais le face à face tourne mal et Georges tue Ahmed qui s’apprêtait à saisir une arme à feu.
Malgré le pistolet donné par l’Américain, Georges est arrété par la foule en colère et échappe de peu à un lynchage.
Jeté en prison, il retrouve Shazana (Ellora Torchia), la femme d’Ahmed qu’il avait pris pour sa sœur, mais qui soupçonné de l’avoir aidé est également menacée de mort.
Après un supplice cruel ou on fait creuser à Georges une tombe destinée en fait à Shazana et l’intervention de l’Américain pour négocier uniquement la récupération de son arme, le Français est finalement libéré par une intervention consulaire.
Ne pouvant laisser une innocente condamner à mort, Georges corrompt le garde pour la récupérer avec lui.
Cet étrange couple revient ensuite dans l’Ain ou Nicole l’accueille favorablement.
Le temps passe à nouveau et Georges épouse Shazana, à présent bien intégrée en France.
Un enfant nait de cette union.
Une ultime nouvelle du père d’Ahmed (Djemel Barek) apprend à Georges que Kelly serait en réalité en Belgique.
Georges s’y rend et la découvre mère de famille travaillant dans une boutique islamique…
Après un face à face mutique et intense, Georges s’efface, la mission et celle de son père ayant été enfin menées à bien…
En conclusion, avec son titre étrange et décalé, « Les cow-boys » s’attaque avec talent au thème de l’embrigadement dans les réseaux terroristes islamiques en prenant pour cadre le département rural et sauvage de l’Ain évoquant une sorte de havre « country » français.
En père déterminé et courageux, François Damiens livre une prestation exceptionnelle montrant l’étendue de son talent qui dépasse de loin le registre comique dans lequel on le connait habituellement.
Sa quête obsessionnelle face à une organisation monstrueuse fait figure de lutte de David contre Goliath et entraine le spectateur dans les méandres de complexes réseaux aux ramifications dans le Nord de l’Europe.
Dans sa seconde partie, le jeune Oldfield se montre lui aussi excellent dans la face extrême orientale du film dans un univers brutal et sauvage ou les femmes et les étrangers ne sont pas les bienvenus.
Même avec sa fin discutable ou l’impuissance de la famille est finalement acceptée avec une invraisemblable absence totale de vengeance ou de ressentiment compte tenu des lourds dommages infligés par la manipulation mentale subie par leur fille, « Les cow-boys » restent un film sombre d’une puissance impressionnante couronnant François Damiens comme l’un des meilleurs acteurs du cinéma français.

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