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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 10:32

Piero San Giorgio est un italo-suisse ex cadre en informatique  devenu adhérent aux mouvements survivalistes nés aux Etats-Unis.
Personnalité controversée réputée proche de l’extrême-droite, il publie en 2011 un best-seller appelé « Survivre à l’effondrement économique ».
Dans cet épais ouvrage, San Giorgio commence par expliquer, de manière très rationnelle voir scientifique comment le monde dans lequel nous vivons n’a selon lui plus très longtemps à vivre dans son fonctionnement actuel.
Le postulat de départ est simple : la plupart des théories économiques ultra libérales reposent sur le dogme d’une croissance infinie perpétuellement entretenue alors qu’aucune loi de la nature ne répond à ce modèle.
La révolution industrielle, source incontestable de progrès technologique et d’amélioration des conditions de vie matérielles de beaucoup de nations a également conduit à un train de vie énergivore alors que les ressources du monde sont finies.
Outre le fait que la croissance économique n’est pas suffisante pour faire face à l’évolution exponentielle de la population, l’économie  telle que nous la connaissons repose massivement sur le pétrole, non seulement vital pour faire tourner nos machines mais présent dans la plupart des objets manufacturés qui nous entourent.
Si San Giorgio reconnait la difficulté de connaitre précisément la localisation temporelle du « pic pétrolier », il avance tout de même l’idée majeure que depuis les années 60, le pétrole est devenu de plus en plus difficile à extraire alors que la consommation mondiale ne cesse de croitre.
Ce modèle n’est donc à terme pas viable et au rythme actuel de l’évolution du monde, le pétrole va inéluctablement tendre à manquer ou en tout cas à devenir inexploitable compte tenu de ses couts d’extraction élevés.
Pour le remplacer aucune solution ne semble réellement aussi avantageuse, les réserves de charbon sont à peu prêt dans la même situation, les énergies renouvelables (eau, vent, soleil) limitées, quant au nucléaire bien qu’ayant un meilleur rendement apporte des problèmes quasi insoluble de sécurité et de traitement des déchets.
Le raisonnement à propos du pétrole peut s’étendre à l’épuisement des matières premières (argent, or, plomb, tungstène, cuivre, manganèse, cuivre, nickel, fer) absolument nécessaires au fonctionnement du monde moderne.
L’autre versant de la société de consommation concerne l’extrême pollution qu’elle génère.
L’homme empoisonne ainsi son propre environnement, par sa production de gaz toxiques (dioxyde de carbone, protoxyde d’azote, méthane) et de déchets dont il se débarrasse en les enfouissant sous terre ou en les jetant dans la mer.
Si on ajoute à cela l’appauvrissement des sols épuisés par la surexploitation agricole, l’utilisation d’engrais, de pesticides pour améliorer le rendement et l’abaissement de la qualité de la nourriture (végétale ou animale), toutes les conditions semblent réunies pour aboutir à la conclusion que notre modèle n’est pas à terme viable.
Pour San Giorgio, aucune solution n’émergera de la technologie, aucune politique ne semble avoir été prise pour inverser cette tendance, en raison du poids des lobbies, de la vision à court terme des politiciens et de l’aveuglément des populations abruties par les rêves de société de consommation tournant autour de l’idée d’opulence et de jouissance immédiate.
Le plus probable est donc que les Etats-Unis, première puissance économique mondiale mais en réalité complètement déclinante en terme de création de valeurs industrielles et ne maintenant son niveau de vie qu’au prix d’un endettement malsain, vont à un moment donné s’effondrer et que leur réaction se fera à l’aide de leur puissance militaire par le déclenchement de guerres « justes » destinées à piller les ressources d’autres nations.
Cette théorie demeure valable également pour l’Europe, elle aussi déclinante et endettée mais dotée toutefois de moins de force de frappe que son puissant allié Outre Atlantique.
Principaux responsables du déclin de l’Occident, l’ultra libéralisme et la globalisation, aboutissant au massacre de l’industrie et de l’agriculture, jugées moins rentables par rapport à l’ultra concurrence du tiers-monde.
Le profit d’un petit nombre de privilégiés (actionnaires, dirigeants de multinationales) conduit donc à l’appauvrissement et à l’exploitation du plus grand nombre, que ce soient les locaux ou les immigrés, acceptant des conditions de travail déplorables pour simplement échapper à la misère.
L’effondrement des Etats-Unis aura donc un impact sur le monde entier avec tout d’abord un crash monétaire aboutissant à une hyper inflation généralisée faisant grimper en flèche la valeur des biens essentiels puis rendant la monnaie inutile, remplacée par le retour du troc.
Face à cette crise, les Etats seront bien vite débordés et ne pourront empêcher les émeutes, pillages provoqués par le manque.
Sans police, des bandes organisées se créeront et mettront la main sur les trafics nécessaire à la survie.
Lorsque les centrales s’arrêteront faute de carburant, l’eau et l’électricité manqueront et feront retourner l’humanité à une ère ante industrielle.
San Giorgio développe ensuite la seconde partie de son ouvrage consacrée à la survie dans ce monde en chute libre en établissant des Bases Autonomes Durables (BAD) de préférence en zone rurale.
Ces conseils reposant sur sept grands principes fondamentaux exposés les uns après les autres de manière systématique.
Cela peut paraitre une évidence, mais les premiers besoins de l’homme sont l’accès à l’eau puis l’accès à la nourriture.
Dans ce registre, San Giorgio prône l’autosuffisance en établissant sa BAD près d’une source ou d’un cours d’eau tout en s’assurant qu’il n’est pas pollué en amont, ou à défaut de creuser un puits pour exploiter une nappe phréatique.
A chaque fois un système de traitement sera nécessaire pour se prémunir de maladies infectueuses.
L’accès à un cours d’eau eau a également l’avantage, via la mise en place d’une turbine hydro-électrique de permettre l’alimentation en électricité de la BAD, même si le photovoltaïque peut s’avérer une excellente énergie d’appoint.
Pour le chauffage, le plus simple sera de revenir aux chaudières à bois.
Pour se nourrir, la constitution progressive de stocks est absolument nécessaire pour survivre les premiers temps, mais le but est l’atteinte de l’auto suffisance en apprenant à cultiver son potager et en mettant en place des petits élevage de race suffisamment robustes pour survivre sans aide médicale.
Il va de soi que la consommation de tabac, d’alcool, de graisses et de sucre disparaitra ou chutera sensiblement.
Pour survivre, l’hygiène et la santé seront aussi indispensables, d’autant plus que les compétences médicales deviendront vite des denrées rares.
Acquérir des notions de base dans le domaine médical pourra vite devenir vital, non seulement pour prévenir les contagions/infections, mais aussi soigner les petites maladies à l’aide de stocks de médicaments voir réaliser en extrême urgence quelques opérations (recoudre quelqu’un, réduire un fracture, arracher une dent).
De manière générale, San Giorgio ne prédit pas une longue survie aux malades, handicapés lourds et vieillards dans ce monde qui va rapidement devenir sauvage.
Si la vie en BAD nécessitera d’être en bonne condition physique, s’entrainer dans un sport d’endurance ou de musculation spécifique constitue une bonne préparation.
Pour le moral autant que pour ne pas retomber à l‘état de brute analphabète, il faudra continuer à se cultiver, à lire, écrire, apprendre à compter et à écouter de la musique.
Les deux dernier volets sont la sécurité avec le développement de capacités d’auto défense par la pratique de sports de combat « réalistes », de maniement d’armes blanches mais aussi d’armes à feu en s’inscrivant à un club de tir ou  en devenant chasseur.
Dans le domaine, San Giorgio développe un ensemble de stratégie paramilitaires visant à dissimuler l’emplacement de sa BAD, à en compliquer l’accès par des murs d’enceintes, chaines, portes blindées ainsi qu’à établir un système de détection d’intrus et de communication entre défenseurs pour si besoin éliminer impitoyablement tout type d’agresseur.
L’usage de la violence est ici légitimé par la destruction de l’état de droit et par le retour de la loi du plus fort par le biais de bandes organisées formée par d’anciens militaires ou experts en sécurité.
Le dernier volet est enfin consacré au lien social, nécessaire à la survie à long terme en bâtissant un réseau de proximité et de confiance avec d’autres survivants susceptibles d’apporter un soutien dans la vie quotidienne.
Malgré la nécessité de vivre en communauté, l’édification de règles strictes permettront d’éliminer tous les éléments dangereux susceptibles de mettre en péril la cohésion et la survie du groupe.
Dans les dernières pages, San Giorgio décrit son plan d’action extrêmement détaillé pour se préparer psychologiquement, physiquement et financièrement à construire sa BAD avant le grand effondrement se produira entre 2012 et 2020 (plus que 3 ans !).
En conclusion, « Survivre à l’effondrement économique » est un ouvrage volontairement alarmiste et paranoïaque, mais très structuré, bien écrit en allant jusqu’à une approche façon « manuel de survie » revendiquée.
Par delà la personnalité de l’auteur, qu’on devine au cours de quelques réflexions et citations proche de l’extrême droite d’Alain Soral ou d’Eric Zemmour, notamment lorsqu’il évoque les dangers de l’immigration et du métissage des peuples, « Survivre à l’effondrement économique » contient des parties analytiques à mon sens plutôt justes, notamment dans l’absurdité de notre mode de fonctionnement moderne, consistant à vivre de manière irresponsable via la société de consommation qui nous pousse à épuiser nos ressources naturelles dans une course sans fin vers le néant, plutôt que d’essayer de nous couler de manière plus respectueuse dans ce vaste écosystème que constitue la planète Terre.
L’irresponsabilité des classes dirigeantes, qu’elles soient politiques, financières ou industrielles est elle aussi pointée avec justesse, le profit d’une petite caste d’élus l’important sur le bien-être du plus grand nombre, dont on peut un jour redouter les réactions radicales (révolutions) lorsque la situation deviendra désespérée.
Ceci justifie t il une préparation immédiate à la survie ? Chacun sera amène d’en juger.
Mais la somme de connaissances à acquérir, notamment dans l’apprentissage de métiers manuels : agriculture, maçonnerie, mécanique, plomberie, électricité puis médecine et paramilitaire, prendra le prévient l’auteur à minima une 10aine d’années pour exceller dans un seul de ces métiers, autant dire que la date de 2020 apparait d’hors et déjà compromise !
Enfin si l’idée de développer d’autres capacités me parait intéressante, je reste assez rétif à acheter un terrain à la campagne que je transformerai en bunker auto suffisant, tout simplement parce que les investissements en temps, énergie et argent me paraissent en 2017 complètement disproportionnés !
En attendant, développer un fibre écologique relève aujourd’hui du bon sens le plus commun, même si à mon sens dans les faits, bien peu de personnes seraient prêtes à abandonner leur mode de vie actuel ultra centré sur l’automobile individuelle et l’achat du dernier téléphone portable !

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Published by Seth - dans Economie
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