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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 21:48
Noah par Noah (Yannick Noah)

Le sport n’a pas été à l’honneur dans ces colonnes depuis quelques temps.

Sorti en 2005 « Noah par Noah » est un recueil mêlant photos et textes du célèbre tennisman français devenu un chanteur à succès et l’une des personnalités préférées des Français en raison de ses engagements en faveurs de l’enfance défavorisée.

« Noah par Noah » se déroule de manière chronologique, commençant par l’enfance particulière de Yannick Noah, partagée dans les années 60 entre la ville de Kribi au Cameroun et celle de Sedan en France.

Métis d’un père footballeur camerounais vainqueur de Coupe de France en 1961 et d’une mère enseignante et joueuse de tennis de bon niveau national, Noah vit très tôt sa condition de « biculturel » trop blanc ou trop noir selon les pays d’appartenance.

L’influence de ce père compétiteur et travailleur acharné s’avère prégnante pour forger très tôt le mental du petit Yannick qui sera repéré à Yaoundé par le champion noir américain Arthur Ashe.

Malgré la mort prématurée d’Ashe en 1993, Noah s’attarde longtemps sur le rôle de modèle qu’a eu Ashe sur lui, surtout dans l’incarnation du premier grand champion noir.

Ash figurera comme Martin Luther King, Nelson Mandela, Bob Marley, Mohamed Ali et Phil Jackson au rang des modèles « blacks » d’un athlète dénotant par sa personnalité excentrique de showman.

De sa mère, il recueillera le don de soi au travers de son association pour l’aide des enfants défavorisés.

Impossible également de ne pas parler de son grand père tant aimé Simon Papa Tara, mort dans un coup d’état au Cameroun en 1985, à qui il dédiera une chanson plus tard.

Suivent des photos d’adolescence avec des amis tennismen mais aussi footballeur (José Touré) ou musiciens (Louis Bertignac).

Mais c’est la période de l’athlète qui nous intéressent le plus avec d’incroyables clichés montrant toute la rage de vaincre et l’incroyable engagement physique du Noah des années 80.

Pris en charge par son entraineur-mentor Patrice Hagelauer et son préparateur physique Tiburce Daru, Noah développe un mental de gagnant et un physique athlétique lui permettant de jouer un tennis d’attaque mettant la pression sur la plupart des champions de l’époque aux styles beaucoup plus défensifs (Ivan Lendl, Mats Wilander, Guillermo Vilas…)

L’importance du dépassement de soi à l’entrainement est jugée essentielle pour atteindre le haut niveau, afin d’apprendre à gérer les zones rouges ou on est au bord de l’explosion et de se forger un mental permettant de surpasser sa propre douleur, fatigue ou peur pendant les grandes compétitions.

On comprend que les succès sportifs de Noah n’ont pas été du au hasard mais à un processus de conditionnement physique et mental visant à l’amener au sommet.

Le champion parle du plaisir qu’il obtient dans les moments clés des matchs ou les joueurs sont au coude à coude, notamment un fameux duel à Key Biscane en 1987 contre Mats Wilander dans lequel les deux joueurs quasiment en même temps à leur meilleur niveau.

De Wilander il est bien sur question avec cette fameuse victoire à Roland Garros en 1983 qui restera la sommet sportif de sa carrière et tout simplement l’un des sommets du sport français.

Noah parle du tournoi, du tournant du ¼ de finale face à Lendl, son meilleur ennemi qu’il détestait en raison de son coté « politiquement correct », de l’écroulement de son copain Roger Vasselin en ½, avant d’arriver à la finale, du reste de médiocre qualité.

Le plus important reste cependant l’après victoire avec les émotions qui le submergèrent, l’euphorie lors d’une fête gigantesque à 500 personnes dans sa maison de grande banlieue parisienne, puis les lettres étranges reçues, certaines très racistes à propos de ses origines camerounaises ou ses tresses aux cotés de celles des hommes politiques français ou camerounais de premier plan de l’époque.

Pourtant après cette victoire survient une période de dépression avec le tourbillon de mondanités qui s’abattent sur lui, mondanités dont il s’échappe en se lançant dans ses associations « Les enfants de la Terre » et « Fete le mur » afin de rester au contact des « vrais gens ».

Noah s’attarde brièvement sur sa fin de carrière, sur le fait qu’il aurait pu gagner Roland Garros en 1986 sans une stupide blessure à la cheville, mais ne regrette rien avec le sentiment que rien ne sera plus beau que la victoire de 1983.

On passe donc en un clin d’œil à l’aventure du capitanat de Coupe Davis avec les superbes victoires de 1991 et 1996 en ayant su faire se sublimer un collectif composé de ses copains Henri Leconte et Guy Forget avant d’être rejoint plus tard par Arnaud Boetsch et Cédric Pioline meilleur joueur français des années 90.

La célébrité permet à Noah de faire la connaissance de musiciens comme Téléphone, qui représentait le groupe de rock n°1 de l’époque et comptera au nombre des ses amis.

Car Noah va rapidement bifurquer vers son autre passion : la musique qui lui permet d’exaucer son désir de spectacle et de partage émotionnel avec les autres.

Avec son groupe les Zam-zam formé en 1990, il connait depuis 2000 une grande réussite populaire depuis que les Goldman lui composent des chansons.

Les nombreuses tournées donnent l’occasion de diffuser de spectaculaires photos d’un Noah en pleine action/communion avec son public.

La famille est également une autre valeur essentielle pour Noah, qui a cinq enfants nés de trois mariages successifs dont les deux plus connus sont Yelena superbe mannequin et Joakim, le pivot géant des Chicago bulls.

Noah s’épanche sur son coté humanitaire, sa pratique du Yoga pour se ressourcer et son expérience de marathonien à New-York avec un 3h33 des plus honorables compte tenu de son grand gabarit et termine enfin sur son envie non assouvie de revenir à ses racines camerounaises.

En conclusion, « Noah par Noah » est fidèle à ce personnage hors du commun mais n’a que très partiellement rempli mes attentes.

Je dois avouer n’avoir aucun affect pour ses engagements, ne pas aimer chanteur mais nourrir une grande admiration pour l’athlète exceptionnel qu’il était.

Préférant la forme (les jolies photos) au fond, qui reste très superficiel, « Noah par Noah » ne montre pas assez les premières années qui contribuèrent à tout décider dans l’avenir de la future star.

J’aurais aimé à la limite n’avoir qu’un livre sur le passé du tennisman, ses préparations physiques/mentales démentes et ses rivalités avec les champions de l’époque John Mc Enroe, Mats Wilander, Ivan Lendl, Jimmy Connors, Henri Leconte voir Boris Becker ou Stefan Edberg…

Impossible de comprendre ce qui fit gagner Noah en 1983, joueur à la technique limitée tout particulièrement en revers et au retour, mais compensant ses relatives lacunes par son impact physique, mental et ses coups forts dont le service et la volée.

Mis à part Roland Garros et la Coupe Davis, aucune photo ou allusion à l’US open ou à l’Australian open, Wimbledon étant rapidement évacué.

Quel que soit la suite de la vie/carrière de Noah, je ne me souviendrais donc que cela, ce félin plongeant sur chaque balle faisant de chaque match une tragédie nous tenant en haleine ! Mais pas dans ce recueil trop lisse et politiquement correct pour moi.

Noah par Noah (Yannick Noah)

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Published by Seth - dans Sport
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