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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 21:23
Le ventre de Paris (Emile Zola)

Retour avec plaisir à la littérature française avec « Le ventre de Paris » roman d’Emile Zola.

Paru en 1837, « Le ventre de Paris » a pour scène principale les Halles de Paris, devenus au milieu du XIX ième siècle, une énorme plaque tournante ou les agriculteurs et maraichers des zones encore rurales de ce qui deviendra la banlieue parisienne, viennent vendre leurs marchandises.

Le héros du roman est Florent Quenu, ex professeur arrêté dans la confusion du coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte, qui revient d’une audacieuse évasion au bagne de Cayenne.

Épuisé après une longue cavale, Florent rejoint Paris ou il détient encore des racines familiales par l’intermédiaire de son demi frère Quenu, qui conserve en souvenir de leur enfance une véritable affection à son égard.

Propriétaire d’une prospère charcuterie aux Halles, Quenu accepte de loger Florent chez lui, sa femme la pulpeuse Lisa se proposant même malgré une gène évidente de son mari de lui restituer sa part du conséquent héritage paternel.

Mais revenu en apparence blasé de tout, Florent décline poliment l’offre mais accepte malgré tout le logement au dessus de l’enseigne qui tourne à plein régime.

Pourtant, dans le microcosme des commerçants de Halles tout se sait très vite notamment par le commérage de la vieille fille mademoiselle Saget, aussi Lisa pousse t elle son désœuvré beau frère plus enclin à trainer avec le peintre Claude dans ses pérégrinations, à remplacer un inspecteur de marée à la santé déclinante, Verlaque.

Après de nombreuses hésitations relatives à la peur d‘être signalé à la préfecture, Florent accepte sous la pression, le poste et prend ensuite place au cœur des Halles.

Le métier est difficile et consiste la plupart du temps à arbitrer en tant que juge de paix, les conflits entre poissonnières rivales et clients mécontents.

Mince et peu sur de lui, Florent a toutes les peines du monde à se faire respecter notamment par la famille Mehudin dont la fille appelée la Belle Normande est la rivale en beauté de Lisa.

Malgré cela, Florent finit par gagner les bonnes grâces de Claire un des filles Mehudin mais surtout de Lisa en donnant des cours particuliers à son fils le garnement Muche.

Florent est pourtant habité par de profondes pensées révolutionnaires et se met à fréquenter un groupe de dissidents politiques se réunissant chez Monsieur Gavard.

Dans ces réunions, le passé de bagnard de Florent ressurgit, lui assurant un prestige certain dont il use pour prendre le dessus sur les purs théoriciens comme.

Les bruits bruissent, enflent et courent dans les Halles, alertant Lisa qui s’inquiète des dangereuses activités de son beau frère, des risques pour son mari, son commerce et sa réputation.

Finalement, Florent est un beau jour découvert par Mademoiselle Saget et trahi par Lisa qui trouvant des éléments tangibles montrant qu’il prépare une insurrection avec ses amis, le dénonce à la police.

Une descente de police a donc lieu chez les Quenu puis chez les révolutionnaires qui sont un à un arrêtés.

Seule Claire reste fidèle jusqu’au bout à son cher Florent, la Belle Normande retournant finalement sous la pression de sa Mère sa sympathie pour lâcher le jeune homme, condamné à nouveau au bagne et se ruer sur le magot de Gradelle, un des conjurés.

On comprend donc que considéré comme un intrus et un menace dans le monde des Halles, Florent qui incarnait la figure du révolutionnaire, ne pouvait qu’être éliminé.

En conclusion, « Le ventre de Paris » est un roman à l’intrigue assez mince, brillant essentiellement par son incroyable puissance naturaliste et les innombrables descriptions des Halles que ce soit par son architecture massive, monstrueuse ou par la vie de ses habitants commerçants de viandes, poissons, fruits et légume ou fleurs.

Zola réalise donc un impressionnant travail descriptif transcendant la vitalité de ce quartier du Paris du XIX ième siècle avant qu’il ne soit déplacé à Rungis.

Dans ce monde ou règne le désir de réussite sur fond de rivalité acharnée, la figure du dangereux idéaliste ayant des velléités de bouleversement de l’ordre établi, ne peut survivre et est irrémédiablement condamnée à la destruction par une communauté partageant des buts matérialistes identiques.

Pas le plus grand roman de Zola donc, mais demeure malgré tout digne d’intérêt.

Le ventre de Paris (Emile Zola)

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