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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 21:33
Promenade (Regis Jauffret)

Sorti en 2001, « Promenade » de Régis Jauffret précède de sept années « Lacrimosa » que j’avais particulièrement apprécié.

« Promenade » ne déroge pas à l’ambiance souvent sinistre des romans de Jauffret et observe un procédé narratif déroutant avec l’emploi quasi continuel du conditionnel mâtiné d’imparfait, pour décrire les errances continuelles d’une femme décrite par le terme Elle, en proie à un profond mal être.

Jauffret imagine donc son héroïne dans un enchevêtrement continuel et répétitif de situations d’errances au cours desquelles celle-ci rencontre une multitude d’hommes qui l’abordent dans la rue pour le plus souvent coucher avec elle.

Le mal être de cette femme est tel qu’elle accepte le plus souvent ces coucheries pour simplement aider à faire passer le temps, qu’elle trouve douloureusement lancinant.

Car il s’agit bien de supporter le fardeau de l’existence, sa vacuité, son manque de finalité, l’illusion du bonheur et la lente décrépitude conduisant inéluctablement à la fin et au néant.

Quelques fois, Jauffret projette son héroïne dans le conditionnel de relations plus durable et déroule en accéléré le film de la vie avec un mariage tournant rapidement au désastre et une maternité vécue comme une somme grande souffrance.

En effet, la femme semble être dans une logique de rejet des autres personnes même mari et enfants.

Les relations amicales ou familiales sont logées à la même enseigne, et considérées simplement comme des points de chute potentiel, de petits appartements minables en pavillon de banlieue anonymes.

Invariablement la mort conclut chacun de ces micro aventures, avec comme point focal le suicide évalué sous diverses formes la plus courante étant le saut dans le vide d’une fenêtre ou d’un pont.

C’est donc avec un fort sentiment de malaise qu’on parcourt les 300 et quelques pages de « Promenade » avec l’impression de tourner en rond et de vivre par procuration un cauchemar permanent au fur et à mesure de la déchéance d’une femme qui se laisse lentement glisser vers la précarité, la marginalité et la mort.

Foncièrement choquant, incroyablement nihiliste et dépressif, niant tout intérêt envers les relations humaines, « Promenade » produit un sentiment d’étouffement, d’irritation et de révolte.

Je ne peux donc que fortement décommander sa lecture, particulièrement pénible éprouvante et qui n’apportera pas grand-chose au lecteur si ce n’est un dégout profond pour cette femme vivant en attendant de quitter son enveloppe charnelle.

Promenade (Regis Jauffret)

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Published by Seth - dans Psychologie
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