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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 21:53
Electra glide in blue (James William Guercio)

Sorti en 1973, « Electra glide in blue » est l’unique film de James William Guercio plus connu habituellement pour ses talents de compositeur-producteur de musique de rock.

Ce film d’auteur atypique nous plonge dans l’univers des highway patrols, composées de motards solitaires ou en duo arpentant les longues autoroutes américaines s’étalant à perte de vue dans des paysages grandioses.

Le personnage principal est John Wintergreen (Donald Blake célèbre flic "Baretta" ) motard râblé qui compense sa petite taille par une musculature et une autorité travaillées pour exercer ses fonctions de flic des routes en bordure de Monument valley (Arizona).

Mais à vrai dire, flanqué de son collègue le paresseux Zipper (Billy Green Bush), le travail de Wintergreen n’est guère palpitant et consiste surtout à draguer les filles légères de passage et à harceler les hippies attirés par les étranges monolithes pour établir leurs communautés.

Un jour la mort d’un vieil homme va venir bouleverser le quotidien du motard qui va y voir un signe du destin pour passer du coté de la police criminelle, porter un costume et conduire une voiture.

Malgré l’hostilité du médecin légiste (Royal Dano) qui voudrait conclure à un suicide commode, Wintergreen tient bravement tête et reçoit l’appui du lieutenant Harve Pool (Mitchell Pool) inspecteur aux allures de cow-boy costaud.

Pool le récompense de son intuition en faisant de lui son chauffeur et adjoint pour mener l’enquête.

Cependant les méthodes de Pool s’avèrent brutales et le lieutenant ne trouve rien de mieux à faire que de tabasser des hippies pour obtenir des informations sur Bob Zemko (Peter Cetera) suspecté du meurtre du vieux tandis que Wintergreen impressionné par le nombre des marginaux reste pétrifié et sans réaction.

L’emprise de Pool sur Wintergreen s’étiole pourtant lorsqu’il découvre que sa compagne Jolene (Jeannine Riley) une sculpturale blonde barmaid est également la maitresse de son subordonné lors d’une pénible scène de bar prolixe en confidences.

Zemko est finalement retrouvé par Zipper et Wintergreen et finalement capturé après une folle course poursuite à moto se soldant par de nombreuses morts.

Même si Zemko est copieusement tabassé par Pool pour obtenir des aveux, ceci ne suffit pas à constituer un dossier suffisamment solide pour l’incriminer.

Finalement Wintergreen trouve presque par hasard que son collègue Zipper qui s’est payé une nouvelle superbe moto en volant l’argent du vieux est l’auteur du meurtre.

Dévoré par le remord certes tardif, Zipper est incapable de maitriser ses nerfs et ouvre le feu au hasard ce qui force Wintergreen à l’abattre.

Une fois l’affaire résolue, le teigneux petit flic ne se gêne par pour dire tout son dégout pour Pool et renonce de fait à une promotion à la crim.

Pourtant, Wintergreen ne pourra pas profiter longtemps de sa vie de motard solitaire puisqu’après avoir épargné un des hippies harcelés par Zipper, il est abattu en pleine route par un ami de celui-ci.

Le film se termine sur son corps sanguinolent recroquevillé sur le bitume.

En conclusion, « Electra glide in blue » est un film singulier, original, lent, contemplatif qui se distingue surtout par la splendeur de ses paysages grandioses de l’Ouest américain.

Véritable réponse au « Easy rider » de Dennis Hooper qui faisait la part belle aux marginaux pacifistes contestataires épris de liberté, « Electra glide in blue » se place ici du coté d’un petit flic de la route plutôt intègre qui voit ses rêves d’ascension sociale réduits à néant face à la bêtise de ses supérieurs et collègues.

Même si le petit flic courageux et au final plutôt sympathique n’est finalement pas récompensé de son honnêteté et termine comme victime des hippies, son courage et son intégrité forcent au final l’admiration.

Pour autant malgré son originalité, « Electra glide in blue » souffre de sa lenteur et de de ses longs monologues qui font s’étirer le temps et glisser vers un ennui progressif.

Malgré cela, cette œuvre singulière reste à voir pour ton décalé, sa musique de qualité et ses paysages exploitant au maximum le mysticisme de Monument valley.

Electra glide in blue (James William Guercio)

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Published by Seth - dans Société
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