Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 19:03
La bête humaine (Emile Zola)

Après un roman de la qualité de « L’Assomoir » j’avais une forte envie de poursuivre la découverte de l’œuvre d’Emile Zola.

Sorti en 1890, « La bête humaine » brillamment adapté au cinéma par Renoir en 1939 est un roman prenant place dans le monde des cheminots du Second empire.

Roubaud est un bon sous chef de la gare du Havre, qui doit sa réussite professionnelle autant à ses capacités personnelles qu’à l’appui du président de la compagnie de chemin de fer, Monsieur Grandmorin protecteur attitré de son couple et en particulier de sa jeune épouse Séverine qui était sa fille de lait.

Un jour pourtant la vie bien rangée des Roubaud bascule lorsque le mari découvre par hasard que sa femme a été en réalité la maitresse de Grandmorin, dès l’âge de seize ans ce qui explique les nombreuses faveurs dont le couple à pu bénéficier.

Le bonhomme se trouve être un jaloux violent, ulcéré par le coté sordide à la limite d la pédophilie de l’infidélité de sa femme et après avoir roué de coups la fautive, entreprend d’attirer l’amant pour l’éliminer dans un train circulant entre Paris et le Havre.

Contrainte par son mari à participer au crime, Séverine se rend complice de l’assassinat, que seul Jacques Lantier un conducteur de train alors de passage dans la petite commune de la Croix de Maufras, aperçoit sans pouvoir identifier formellement les auteurs.

Beau jeune homme solitaire, Lantier est lui-même victime d’une terrible malédiction qui lui insuffle de violentes pulsions de meurtres envers la gente féminine comme sa cousine Flore, jeune et athlétique garde barrière de la famille Lantier.

De retour au Havre, les Roubaud guettent dans l’angoisse la découverte du crime et l’inévitable enquête en découlant, enquête menée par le juge d’instruction Denizet.

L’enquête est une épreuve usante pour les nerfs et même si de forts soupçons désignent les Roubaud, Denizet est orienté par sa hiérarchie Mr Camy-Lamotte pour minimiser le scandale et tenter d’accuser une brute de la commune, le terrassier Cabuche, coupable idéal en raison de ses antécédents qui est d’ailleurs relaxé faute de preuves tangibles.

Alors que le meurtre de Grandmorin parait insoluble à tout jamais, le comportement de Roubaud change, l’homme se met à devenir joueur, à s’endetter et à délaisser sa femme qui prend comme amant Lantier.

Séverine finit par avouer le crime à Lantier qui du reste l’avait deviné et entre les deux amants se noue alors une fascination malsaine autour de la violence.

Roubaud s’enfonce dans son nouveau vice, n’hésitant pas à utiliser l’argent du mort, qu’il s’était jusqu’alors refusé à utiliser pour une question d’honneur et fermant complaisamment les yeux sur la liaison de sa femme.

Mais Séverine ne supporte plus son mari et parvient à faire germer dans l’esprit de Lantier le projet de l’éliminer pour toucher le coquet héritage de la maison de Croix de Maufras léguée par Grandmorin et ainsi pouvoir tenter fortune aux Etats-Unis.

Le conducteur de train pourtant s’avère incapable de passer aux actes, son corps se dérobant au moment de tuer Roubaud en pleine ronde de nuit.

Un évènement inattendu manque de briser définitivement le couple, l’acte insensé de Flore, ivre de jalousie contre Séverine et qui n’hésite pas à faire dérailler la Lison, la locomotive de Jacques pour punir le couple.

Contre toute attente, le couple survit à l’effroyable catastrophe qui fait une bonne dizaine de morts et blessés, ce qui pousse Flore désespérée à se suicider en se jetant également sous un train.

Jacques se remet miraculeusement de ses blessures avec Séverine à ses cotés.

Resserré par l’épreuve, le couple entreprend d’attirer Roubaud dans la maison de Croix de Maufras afin de l’éliminer définitivement.

Un nouveau coup de théâtre survient pourtant lorsque Lantier cède à une de ses pulsions de mort et poignarde à mort Séverine.

Ce bon vieux Cabuche, lui aussi secrètement amoureux de Séverine prend une nouvelle fois tout le crime pour lui, mais cette fois le féroce Denizet arrête également Roubaud qu’il soupçonne d’avoir fait tuer Grandmorin et sa femme pour un motif purement financier.

Les dénégations énergiques du sous chef de gare diminué par les épreuves, ne changeront rien à la donne, il est broyé par la machine judiciaire comme son complice présumé Cabuche malgré les profonds doutes de Camy-Lamotte, détenteur d’une lettre de Séverine l’impliquant dans le meurtre du président, qu’il finit pourtant par détruire.

Lantier qu’on aurait pourtant pu penser sauf dans l’horrible morale de cette histoire connait également une fin tragique et meurt broyé par sa propre machine, dans une lutte stupide avec un rival amoureux.

En conclusion, « La bête humaine » est un roman fantastique, trouble et d’une grande noirceur jusqu’à en être effrayant.

Zola sonde profondément les profondeurs de l’être humain pour atteindre les pulsions les plus obscures qui poussent les hommes à tuer, ici la jalousie, ici quelque chose de plus profond et animal confinant à la dérive psychopathique pour Lantier, incapable de réfréner son gout implacable pour le sang des femmes.

Derrière le drame des hommes, Zola offre également une place de choix aux trains à vapeur, magnifiée comme de superbes machines technologiques alliant puissance, vitesse et dangerosité animales.
Moins pittoresque et riche que « L’Assommoir », « La bête humaine » se dévore tout du moins d’une traite, en savourant son charme vénéneux et sa langue toujours belle et forte.

La bête humaine (Emile Zola)

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens