28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 23:49
Angel dust (Faith no more)

En 1992, fort du succès de la recette trouvée, Faith no more sort son second album intitulé « Angel dust » à la pochette animale bien peu attractive.

On débute par « Land of sandeshine » mid tempo puissant, frais et agréable.

L’originalité, l’audace et une certaine puissance brutale sont toujours de mise sur « Caffeine » sur lequel Mike Patton apporte la preuve de son étonnante couverture vocale.

On change encore de braquet avec l’excellent « Midlife crisis » véritable tube aux refrains incroyablement accrocheurs et c’est tout en douceur que l’on goute ensuite l’accalmie coulante de « RV ».

Faith no more continue d’explorer à sa guise les divers sentiers musicaux et livre avec « Smaller and smaller » un titre lent, sombre et extrêmement torturé.

Ceci laisse toutefois le temps s’écouler bien lentement, à l’image d’un « Everything is ruined » long, plat et peu palpitant.

Le contraste avec les hurlements sataniques de « Malpractice » est alors saisissant, et on préfère Mike Patton donnant plus dans les amples mélodies de « Kindergarten ».

Doté de chœurs féminins un peu ringards « Be agressiv » sonne de manière décalée, tandis que « A small victory » glisse mollement sur ses presque cinq minutes bien linéaires.

Derrière le titre ultra provocateur « Crack Hitler » se cache un morceau quasi expérimental particulièrement indigeste et l’auditeur se plait à espérer atteindre rapidement la fin du disque pour abréger la punition.

Cette fin se matérialise par « Jizzlober » long cheminement violent, chaotique et déstructure puis « Midnight cowboy » instrumental aussi pompeux qu’assommant.

En conclusion, « Angel dust » est selon moi un album beaucoup trop expérimental et décousu pour mériter une attention prolongée.

Les qualités belles et bien réelles de Faith no more n’apparaissent que par éclipses (« Midlife crisis », « Kindergarten ») mais ne suffisent pas à assurer la cohérence suffisante à une œuvre la plupart du temps aussi pénible qu’indigeste.

A vouloir ostensiblement se détacher de toute influence clairement indentifiable et à chercher à tout crin l’expérimentation, Faith no more se replie dans un bastion réservé à un petit groupe d’initiés convaincus de détenir une parcelle du bon gout.

Difficile donc de prédire un avenir un groupe aussi imprévisible et barré que Faith no more …

Angel dust (Faith no more)

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 19:01
The real thing (Faith no more)

La musique n’est jamais vraiment loin dans ces colonnes, aussi vais-je revenir vers un genre assez peu représenté ici la fusion, avec un des plus fiers représentants du mouvement, les californiens de Faith no more.

Formé à San Francisco à la fin des années 80, Faith no more éclot en 1989 avec l’arrivée de son chanteur le plus charismatique, Mike Patton qui vient renforcer Jim Martin (guitare), Mike Bordin (batterie), Bill Gould (basse) et Roddy Bottum (claviers).

Avec sa pochette passe partout on ne peut plus cheap, « The real thing » débute par « From out of nowhere » fluide et accrocheur notamment par ses parties de claviers et le chant maitrisé du nouveau chanteur détrônant Chuck Mosely qui n’aura donc officié que sur un seul album, le premier du groupe.

Après avoir pris ses marques, le groupe se lance et place un premier tube relativement novateur pour l’époque, « Epic » mêlant phrasé rap, bonnes envolées sur les refrains et riffs métalliques judicieusement placés.

Multi diffusé sur une MTV alors balbutiante, le clip connut malgré les ridicules gants de boxe de Patton, contribua pour beaucoup dans la notoriété alors naissante des petits gars.

On revient à plus de classicisme avec « Falling to pieces » qui manque par comparaison presque de personnalité avant que les racines métalliques du groupe ne fassent leur apparition sur « Surprise your’re dead » qui fricote allégrement avec la férocité du thrash.

Le terme montagne russe semble parfaitement adapté lorsqu’on bascule dans l’ambiance détachée et apaisante de « Zombie eaters » superbe ballade montant graduellement en puissance ce qui donne l’occasion à Patton de révéler toute sa désormais légendaire versatilité vocale.

C’est dans le tempo lent que s’installe ensuite Faith no more, avec « The real thing » qui déroule huit minutes remplies de variations diverses alternant mélodies suaves et harangues hip hop.

Pas encore bien remis de l’épreuve, on glisse sans trop d’efforts vers « Underwater love » bien trop rangé et lisse, et si « The morning after » secoue et surprend un peu plus, le résultat reste insuffisant pour stimuler l’attention.

La fin du disque donne alors un grand sentiment de décousu, entre un instrumental barré au titre improbable « Woodepecker from Mars », une magnifique reprise de Black sabbath « War pigs » et une ballade jazzy nasillarde « Edge for the world » pour conclure.

En conclusion, « The real thing » est un vrai fourre tout pour ne pas dire bordel musical, qui rend difficile son appréhension.

Refusant de coller aux étiquettes, Faith no more pratique une musique à base de rock lourd mais incorporant diverses influences (thrash, heavy metal, hip-hop voir jazz) qui la rend insaisissable et imprévisible.

On pourra sans doute crier au génie devant pareille créativité et exploration musicale, ou rester plus circonspect devant le résultat final, manquant selon moi de cohésion et de direction clairement établie.

Remarquons également que derrière une petite poignée de titres forts, « The real thing » contient majoritairement des morceaux plus expérimentaux ou tout simplement transparents ou le groupe semble évoluer en roue libre.

Néanmoins, forte de sa (réelle) originalité et de l’impact de « Epic » auprès du grand public, la machine est en 1989 bel et bien lancée, préparant le terrain à la poussée fusion rap-metal du début des années 90.

The real thing (Faith no more)

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 16:18
On ne vit que deux fois (Lewis Gilbert)

En 1967, Sean Connery tient toujours la baraque de la franchise James Bond et « On ne vit que deux fois » voit le jour sous l’égide de Lewis Gilbert.

Cette épisode débute fort par l’enlèvement audacieux d’une capsule spatiale américaine par un curieux vaisseau qui engloutit littéralement l’objet sous les yeux médusés des autorités américaines.

Bien entendu en cette période de guerre froide, la tension monte immanquablement entre les deux super puissances l’URSS étant l’accusé le plus logique pour les USA.

Le Royaume-Uni sert pourtant d’intermédiaire inattendu dans ce match de poids lourds, proposant que ses services secrets du MI-6 aillent enquêter au Japon, lieu identifié d’un tir spatial suspect.

Le meilleur agent du MI-6, James Bond (Sean Connery) prétendument tué à Hong-Kong, s’est en réalité fait passer pour mort et est récupéré par un sous marin britannique afin de se voir confier une mission d’enquête au Japon.

Parlant très bien le japonais, Bond rencontre à un tournoi de sumo, la belle Aki (Akiki Wakabayashi), qui le met en relation avec son contact anglais local Henderson (Charles Gray) qui lui arrange un entretien avec le chef des services secrets japonais Tigre Tanaka (Tetsuro Tamba) avant d’être assassiné.

Bond se débarrasse sans mal du tueur, prend audacieusement sa place et se fait embarquer dans la voiture du complice qui l’emmène jusqu’au siège de Osato, un géant industriel de la chimie nippone.

Après une lutte acharnée contre le chauffeur, véritable lutteur professionnel, Bond parvient à le vaincre en l’assommant avec une statue, et dérobe des documents qu’il confie à Tanaka.

Le chef des services secrets japonais met à disposition de Bond tous ses moyens les plus sophistiqués notamment un train privé circulant sous terre et lui offre une couverture pour approcher Osato, en tant qu’acheteur potentiel de produits chimiques nécessaire à la propulsion de fusées.

Mais Osato (Teru Shimada), flanquée de sa secrétaire Helga Brandt (Karen Dior), perce à jour la couverture de Bond et tente de le faire assassiner par ses hommes à la sortie de ses bureaux.

L’agent secret ne doit sa survie qu’à Aki qui le sauve à l’aide d’une décapotable de sport et à Tanaka qui fait aimanter la voiture de ses poursuivants pour la jeter dans la mer.

L’exploitation des documents volés chez Osato oriente les recherches vers un cargo mouillant à Kobé, mais sur place Aki et Bond tombent sur Osato et ses hommes, des marins armés jusqu’aux dents qui finissent par le capturer, tandis que Aki parvient à s’enfuir.

A port du cargo, Bond retombe sur Brandt et tente de lui faire de charme en lui proposant de partager les bénéfices en vendant les secrets des brevets de Osato.

La manœuvre échoue encore et Bond, ligoté à bord d’un petit avion destiné à s’écraser, se sort de cette situation extrême.

En pistant le trajet du cargo, Tanaka et Bond comprennent qu’il a déchargé sa marchandise sur l’ile de Matsu.

Aidé par les gadgets infernaux de son fidèle Q (Desmond Llewelyn), Bond effectue une reconnaissance à bord d’un petit hélicoptère pris en chasse par des hélicoptères défendant l’ile.

Bond s’en sort une nouvelle fois en utilisant son puissant armement (bombes, mitrailleuses et missiles) et rejoint le camp d’entrainement de Tanaka pour s’initier aux techniques de combat des ninja comportant close combats, camouflage, infiltration, et maitrise d’armes diverses majoritairement traditionnelles japonaises.

Devant s’infiltrer sur l’ile, Bond prend l’aspect d’un japonais et prend pour épouse factice Kissy Suzuki (Mie Hamma), après l’assassinat nocturne de Aki, malheureusement vite oubliée.

Se faisant passer pour des jeunes mariés en voyage de noce, Bond et Suzuki explorent l’ile, comprenant après la capture d’une fusée russe, qu’une organisation secrète pilotée par le Spectre, utilise un volcan transformé en base secrète pour lancer ses attaques spatiales.

Tel un ninja, Bond s’infiltre dans le volcan, libère les cosmonautes américains mais est capturé par Ersnt Stavro Blofeld (Donald Pleasance) chef suprême du Spectre qui a préalablement fait dévorer Brandt par ses piranhas pour lui faire payer son échec avec Bond;

Blofeld qui se déplace avec un garde du corps au physique colossal, Hans (Ronald Rich), utilise en réalité Osato comme paravent pour alimenter les fusées du Spectre et continuer à capturer la prochaine fusée des Etats-Unis en faisant porter le chapeau aux Russes, déclenchant ainsi une guerre nucléaire mondiale dont son organisation serait la principale bénéficiaire.

Le salut va pourtant venir des ninjas de Tanaka, appelés à la rescousse par Kissy qui prennent d’assaut la base, provoquant une gigantesque bataille sous terraine.

Profitant de la confusion et d’un petit coup de main des cigares explosifs de Q, Bond se libère et aide Tanaka et ses hommes qui prennent peu à peu le dessus sur les gardes du Spectre.

Sentant le vent tourner, Blofeld s’échappe, tuant Osato et manquant de peu Bond sauvé in extremis par Tanaka.

Une ultime action héroïque du super agent, lui permet de prendre la clé d’un dispositif de destruction de la fusée, pourtant âprement défendue par Hans, finalement lui aussi dévoré par les piranhas qu’il nourrissait quotidiennement.

Le fusée détruite, Bond s’échappe de la base qui explose et se retrouve dérivant sur un canot pneumatique avec la belle Suzy, avant qu’un sous marin britannique ne mettent fin aux ébats à venir.

En conclusion, « On ne vit que deux fois » démarre sur les chapeaux de roues, avec une action très rythmée dans l’ambiance exotique et mystérieuse du japon des années 60 mélangeant traditions et modernité industrielle.

On retrouve les vieux rêves de grandeur des ennemis de Bond, en voyant pour la première fois le redoutable leader du Spectre, qui deviendra en raison de son visage défiguré et du chat blanc qu’il caresse obsessionnellement un des ennemis les plus mythiques de la saga.

Malgré une seconde partie plus mollassonne, étirée en longueur et les habituelles utilisation des femmes gadgets , « On ne vit que deux fois » propose une variation intéressante du cadre habituel des aventures du héros, en mettant en avant les atouts du japon pour les films d’espionnage : arts martiaux, geishas, superbes paysages naturels mais également fascination pour la technologie.

Ceci permettra de passer avec indulgence sur les quelques lenteurs et le caractère daté de certaines scènes d’action, notamment les combats d’hélicoptères.

Un bon James Bond des années 60 donc …

On ne vit que deux fois (Lewis Gilbert)

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 10:47
Marche ou crève (Trust)

Vous l’aurez compris je ne goute que le cinéma et le rock français qu’avec une extrême modération, mais reconnaissons le, Trust fut avec Téléphone le seul groupe français qui rencontra un réel succès au début des années 80 avant d’être comme la plupart des modes avalé et quasiment relégué au musée.

Je fus réellement initié à Trust non par une sempiternelle rediffusion de leur unique tube grand public « Antisocial » qu’on joue encore de temps à autre chez Arthur, mais par mon ami Fabrice qui me fourgua au début des années 2000 quelques cd sur un parking de Vélizy 2, comme si nous effectuions une transition douteuse, grâce lui soit donc rendue.

En 1981 lorsque sort « Marche ou crève » et sa pochette coup de poing au visage, Trust a déjà effectué sa fabuleuse percée l’année précédente et se pose comme leader d’un rock violent et contestataire, à l’image de son chanteur, le brailleur Bernie Bonvoisin, très engagé à l’extrême gauche et musicalement influencé par ses amis d’Ac/Dc.

Avec Nicko Mc Brain, (futur batteur d’Iron maiden) en renfort de la charnière Bonvoisin (chant)-Norbert Krief (guitare) agrémentée de Yves Brusco (basse) et de Moho Chelkha (seconde guitare), « Marche ou crève » débute par « La grande illusion », mid tempo sympathique critiquant l’acte pourtant démocratique de vote.

Malgré un certain feeling, « La grande illusion » ne fait pas le poids face au calibre d‘un hit comme « Antisocial » en guise d’ouverture.

On ne décolle pas vraiment non plus avec « Le sauvage » lent et poussif malgré un joli solo de Krief et « Répression » fait plutôt figure de pétard mouillé lorsqu’on découvre son manque son caractère balourd et répétitif.

Il faudra s’y faire, tout se fait à l’arraché et dans la douleur avec Trust, aussi malgré son manque de fluidité, « La junte » demeure notable par le texte fort et la présence vocale éructante du chanteur.

Le groupe s’en prend ensuite sur « Misère » avec rage à Margaret Thatcher, cible évidente à l’époque déjà victime d’une attaque plus massive du chanteur Renaud.

Musicalement cela reste franchement moyen même si « Les brutes » contient des refrains un peu plus emballants, mais impossible de sortir de se style heurté et maladroit de « Certitude … solitude ».

Alors que l’auditeur désespère d‘un titre réellement intéressant à se mettre dans les oreilles, surviennent dans la dernière partie les meilleurs morceaux de l’album, « Marche ou crève » rapide, acéré, intense, le body buildé « Les templiers » aux refrains surpuissants narrant d’obscurs massacres au Salvador (mais qui s’en souvient ?) et « Ton dernier acte » magnifique ballade bluesy hommage à Bon Scott, disparu l’année précédente.

En conclusion, « Marche ou crève » est à l’image du style du Trust, abrasif et irritant.

Comme Noir désir quelques années après, le groupe se pose en donneurs de leçon, soignant des textes politiques empli de contestation et de rage aveugle, prompts à séduire une jeunesse en mal d’idéaux.

Complètement hermétique à ces pesantes et obscures revendications, je me focalise donc sur la musique, du rock appuyé notamment grâce au talent de Krief mais très classique ne se distinguant que par le chant si particulier de Bonvoisin, grande gueule du hard français au style hurlé sans équivalent dans l’Hexagone.

Dur à encaisser donc comme une série de crochets aux corps de Tyson à l’époque, « March ou crève » ne bénéficie pas d’un hit de la stature d’ « Antisocial » pour se hisser au niveau supérieur, et confirme la portée limitée de Trust à l’époque, tout à fait capable de percer dans notre pays pétri de textes « intelligents » mais incapable de concurrencer des formations internationales musicalement supérieures.

A réserver donc aux fans hardcore dont faisait partie ledit Fabrice du parking de Vélizy 2, les autres préféreront chercher fébrilement l'emplacement du tube d'aspirine.

Marche ou crève (Trust)

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 18:33
Bahia de tous les saints (Jorge Amado)

Eté oblige, je suis tout naturellement revenu vers le brésilien Jorge Amado et son « Bahia de tous les saints ».

Quatrième livre chroniqué ici, « Bahia de tous les saints » est une œuvre publiée en 1938, qui a pour cadre les hauteurs de Salvador de Bahia, notamment le morne de Chatre-Nègre, quartier pauvre composé dans les années 30 quasiment exclusivement de noirs pauvres.

Amado conte le destin éblouissant d’Antonio Balduino, robuste noir de Chatre-Nègre, qui élevé par sa tante Louise, est un petit garçon turbulent éduqué par la fréquentation des autres gosses du quartier.

Bagarreur, indiscipliné et intrépide, Balduino a pour modèle Zé-la crevette, qui lui apprend à composer des samba à la guitare et l’art de se battre avec les pieds, la savate, ce qui lui est fort utile pour se faire respecter dans le monde parfois brutal de Chatre-Nègre.

Jubiaba, le vieux sorcier expert en macumba qui fait office de guérisseur et de sage de la communauté noire est également très respecté par Balduino et joue lui aussi en quelque sorte le rôle de père de substitution.

Mais la santé mentale de Louise s’aggrave brutalement et la vieille femme doit rapidement se faire interner avant de succomber, ce qui oblige Balduino encore enfant à quitter son quartier pour intégrer la maison bourgeoise de Pereira, un commandeur portugais de la ville.

Chez les Pereira, Balduino montre une nouvelle fois son indiscipline, mais tombe amoureux de Lindinalva, la jeune fille de Pereira, dont la blancheur et la rousseur le fascine.

L’attirance naissante entre les deux adolescents est cependant brutalement brisée par la jalousie d’Amélie, la sœur de Lindinalva, qui s’arrange pour faire chasser de la maison ce jeune noir non respectueux des classes sociales.

Malgré son cœur brisé, Balduino quitte à regret son amour de jeunesse et devient un enfant des rues de Bahia, prenant rapidement la direction d’une petite bande de mendiants en raison de son tempérament de leader.

Il opère donc avec le beau Philippe, fils d’un française à la beauté angélique, le Gros, très doux et pieux, Viriato le nain dont le physique difforme apitoie les passants et Sans-dents, qui conteste son commandement, avant d’être sèchement remis à sa place en vertu de la loi du plus fort.

Bien sur la vie dans la rue est rude, entre rafles policières, bagarres contre bandes rivales et morts brutales, comme celle de Philippe renversé par une voiture ou le suicide de Viriato fatigué de vivre, mais Balduino dont les talents de musiciens lui permettent d’améliorer l’ordinaire, s’en sort suffisamment bien pour racheter un bar à marins, la Lanterne des noyés, ou il se produit régulièrement guitare à la main.

Musicien doué et beau parleur, Balduino, séduit un nombre considérable de mulâtresses, qu’il emmène la nuit sur la plage pour de courtes étreintes à la belle étoile.

Les femmes l’amènent régulièrement à prendre des risques et à sa battre, notamment face à des soldats brutaux et solidaires.

Les capacités à se battre de Balduino et son robuste physique l’amènent à se faire remarquer par Luigi, un ancien entraineur de boxe italien, qui montent plusieurs combats faisant de lui une star locale.

La carrière de Balduino culmine après avoir terrassé un champion dit d’Europe de l’Est, mais l’annonce soudaine des fiançailles de Lindinalva avec Gustave Barreras, un jeune avocat débarqué en ville pour faire fortune, vint briser l’élan du champion et provoquer sa perte.

Vaincu par un péruvien sans même combattre, Balduino part dans la ville de Cachoeira pour travailler dans les plantations de tabac, travail pénible qui exténuent hommes et femmes majoritairement noirs.

Une nouvelle fois, le tempérament impétueux de Balduino s’exprime puisqu’il blesse grièvement au couteau un chef de la plantation, Philomène, coupable selon lui de courtiser une jeune orpheline de douze ans.

Traqué par les planteurs, Balduino est alors contraint à la fuite dans la brousse et passe plusieurs nuits épouvantables à délirer sur son passé alors qu’il attend sa dernière heure arrivée.

Finalement cet étonnant homme s’en tire une nouvelle fois, soigné par un vieil homme, s’échappe par le train et retrouve à Foire-Sainte-Anne, son vieil ami Luigi qui l’embarque dans une nouvelle aventure de cirque itinérant ou il affronte des spectateurs assez courageux pour se mesurer à lui.

Dans le cirque, Balduino noue une relation avec une superbe danseuse nègre Rosenda Roseda, mais ne peut empêcher la lente décrépitude du propriétaire Giuseppe, qui finit par se suicider en se jetant d’un trapèze.

Notre homme revient finalement à Bahia avec sa danseuse et un ours, seul rescapé de l’aventure.

Il retrouve son ami le Gros, reprend ses habitudes nocturnes à la Lanternes des noyés, avant de se brouiller définitivement avec la volage Rosenda Roseda qui se voit des rêves de grandeurs à la Joséphine Baker, qui échoueront finalement dans les maisons de passes.

La roue tourne également méchamment pour Lindinalva abandonnée sans ressource par son père qui depuis la mort de sa mère a dilapidé tout son argent dans les maisons de passes avant d’y trouver la mort et rejeté par son fiancé en raison du scandale après lui avoir fait un enfant.

Comme beaucoup de femmes sans ressources, Lindinalva est contrainte à se prostituer pour élever son fils et connait déchéances sur déchéances.

De son coté, Balduino se sent à présent une âme de dockers et embrasse cette profession.

Fasciné par le personnage de Zumbi des palmiers, esclaves noir rebelle ayant tenu tête à toute une armée à Bahia avant de se suicider, Balduino suit logiquement ses camarades syndicalistes dans un puissant mouvement de grève visant à obtenir de meilleurs conditions de travail et en devient même un des plus important leaders.

Ni la mort tragique de Lindinalva, s’excusant auprès de lui au moment de rendre son dernier souffle dans ses bras, ni la corruption de l’avocat Barreras acheté par la Compagnie, ni les tirs de la police et la lutte contre des travailleurs réquisitionnés pour les remplacer, ne détourneront Balduino de sa vocation d’homme libre, de briser les chaines de l’esclavage économique que subissent tous les hommes pauvres qu’ils soient noirs, mulâtres ou blancs.

En conclusion, « Bahia de tous les saints » est encore une fois une grande œuvre/odyssée écrite par Amado, qui narre avec tout son talent de conteur/poète, l’épopée d’un noir pauvre de Bahia mais déterminé à ne pas subir sa destinée.

L’aventure est belle, riche et colorée avec la vie dans les rues, dans les plantations de tabac, les rings de boxe, les salles de cirques, les bars de nuits ou les docks du port.

Et toujours en toile de fond ce gout de la musique, de la danse, des femmes, bref de ce que même les hommes les plus pauvres conservent aux quatre coins du monde.

Roman engagé (à gauche), exagéré jusqu’à la fable, « Bahia de tous les saints » est particulièrement prenant sur le fond et la forme, réussissant le tour de force d’envouter le lecteur au son des rites macumba des noirs brésiliens.

Bahia de tous les saints (Jorge Amado)

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 10:49
Sixty six to Timbuktu (Robert Plant)

Tout a sans doute déjà été dit sur la mirifique carrière de Robert Plant aussi bien avec la légende Led Zeppelin qu’avec sa carrière solo à partir des années 80 avec une dizaine d’albums de qualité produits à un rythme mesuré.

En 2003, le grand blond, après dix ans de stand by, décide de sortir un copieux double best of intitulé « Sixty six to Timbuktu ».

Comme le montre la pochette avec une claire référence au voyage vers des pays lointains désertiques et ensoleillés, la musique métissée de Plant en solo est clairement une porte ouverte sur le monde.

Le plaisir est rapidement au rendez vous sur « Tie dye on the highway » morceau riche et varié alternant belles envolées vocales et solides passages guitares+harmonica.

Les synthétiseurs et le sons de batteries électroniques, très en vogue dans les années 80, marquent inévitablement la musique de Plant et « Upside down » est clairement plombé par ces vestiges d’un autre temps.

On préférera forcément « Promised land » son rythme hypnotique, lancinant et habité ou « Dirt in a hole » plus lourd et mystérieux tout en déplorant le son des eighties entachant le rock ‘n’ roll « Tall cool one ».

La diva blonde se vautre langoureusement sur « Calling to you » un brin longuet et fadasse, « 29 Palms » en revanche, ballade gracieuse et inspirée charmant les pavillons auditifs.

C’est effectivement dans le registre plus feutré des ballades intimistes que Plant semble prendre plaisir à s’exprimer comme le montrent « If I were a carpenter » puis l’atrocement mielleux « Sea of love » et leurs orchestrations classiques pesantes.

Passablement rebuté, l’auditeur continue son exploration musicale à la vitesse d’une péniche en croisière sur une rivière du plat pays, reconnaissant le charme émotionnel inégalable de la voix de Plant sur « Darkness, darkness », le groove relax de « Big log » idéal pour un séminaire de yoga ou « Ship of fools » beaucoup trop linéaire et duveteux à mon gout.

On aborde ensuite la dernière ligne droite qui continue sa promenade de santé dans le jardin d’une maison de retraite ou d’un hôpital avec « I believe » gentil gratouillage sous tranquillisants, « Little by little » très feutré et bluesy, « Heaven knows » aux chœurs féminins timides à souhait, avant un « Song to the siren » soporifique concluant ce premier disque particulièrement mou, linéaire et ennuyeux passé sa première partie.

Difficile donc d’aborder le second disque encore plus volumineux en toute confiance mais pourtant l’ultra bluesy de « You’d better run » vient redonner quelques espoirs, avant que l’anglais ne se mue en hallucinant crooner des fifties sur « Our song » avec un résultat tellement surprenant qu’il en devient intéressant.

Impossible d’éviter l’hommage à Jimi Hendrix avec « Hey Joe » superbe même en version démo dans la bouche d’un chanteur de ce calibre tout comme « For what it’s worth » impressionnant également dans le registre du blues-rock enfiévré.

Plant semble à vrai dire incapable de se détacher de ses origines, ce satané blues noir américain et s’y plonge à foison sur « Operator » qui semble toutefois appartenir à un autre temps.

Le hard rock zeppelinien reprend fugacement ses droits avec « Road to the sun » avant une nouvelle vieillerie rythm ’n’ blues assommante « Philadelphia baby ».

L’auditeur doit encaisser à présent des relents de claviers 80’s nauséabonds sur « Red for danger » tout droit échappé du Top 50, puis le rock vintage des 50’s pas forcément désagréable de « Let’s have party ».

Nouveau glissement vers les ballades mystiques avec « Hey Jayne » pour se réveiller au son du rock ‘n’ roll explosif de « Louie, louie ».

Le court interlude « Naked if I want to » lance le blues dépouillé et longuet « 21 years » enchainé d’une surf ballade incroyablement amorphe « If It’s really got to be this way ».

On déroule sur le même rythme narcoleptique « Rude world » au gout rance de gueule de bois et « Little hands » petite berceuse pour enfant.

Il faut attendre le très réussi « Life begin again » pour trouver les premières influences arabes permettant de rehausser la musique de Plant d’ingrédients mystérieux et intrigants.

Pour terminer (enfin) ce marathon musical, le 100% rock ‘n’ roll « Let the boogie woogie roll » et le live « Win my train fare home » planant acoustique une nouvelle teinté d’orientalisme mystique.

En conclusion, écouter d‘une traite à l‘autre « Sixty six to Timbuktu » est pour votre serviteur une épreuve quasi aussi insurmontable qu’une traversée du désert sans outre d’eau à proximité ou sans oasis à l’horizon.

Si on fait abstraction des quelques errements (bien compréhensibles) pour coller au son « branché » des années 80, la musique de Robert Plant est certes incroyablement variée, riche et souvent intéressante mais contient à mon sens beaucoup de références au rythm’n’ blues et rock ‘n’ roll, qui restent les premiers amours de la star mais qui n’apportent au final pas grand-chose si ce n’est le plaisir personnel de l’artiste.

Sortie de ses pesantes influences dont Plant peine parfois à se démarquer, reconnaissons que les longues ballades duveteuses ne sont pas la plupart du temps palpitantes et finissent plus par lasser/irriter qu’apporter la plénitude de l’âme attendue.

Autre déception de taille, le métissage musical attendu notamment avec les cultures orientales voir asiatiques si chères au chanteur n’apparaissent qu’en pointillés, ce qui enlève pour moi une composante essentielle de l’attrait de sa musique.

La réussite d’un quart de titres sur les 35 proposés, ne suffit donc pas malgré la voix toujours envoutante de la légende du (hard) rock et la pertinence de la démarche, à susciter un intérêt et un plaisir prolongé.

Dommage, car Robert Plant reste assurément l’un des artistes rock les plus intéressants de l’histoire et mérite le respect.

Sixty six to Timbuktu (Robert Plant)

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 11:38
Goldfinger (Guy Hamilton)

Plongée à présent dans les tréfonds historiques de James Bond avec « Goldfinger ».

Troisième volet de la longue série (encore en cours !) des James Bond, « Goldfinger » de Guy Hamilton voit le jour en 1964.

Après une courte et bien inutile introduction dans un obscur pays d’Amérique latine ou Bond fait exploser un complexe de production de drogue, séduit presque une danseuse et électrocute un tueur, 007 rejoint un hôtel de luxe à Miami pour quelques jours de vacances.

Mais contacté par son supérieur direct M (Bernard Lee), Bond se voit intimer l’ordre de surveiller un dénommé Auric Goldfinger (Gert Frobe), homme d’affaires trouble suspecté de tricher aux jeux pour soutirer d’énormes sommes d’argent à son partenaire quotidien.

Bond comprend assez vite que Goldfinger triche au moyen d’une complice qui juchée sur le balcon de sa chambre d’hôtel observe le jeu de son adversaire et le renseigne au moyen d’une oreillette.

Il intervient à distance, séduit la jeune femme, Jill Masterson (Shirley Eaton) et force Goldfinger a perdre la partie en rétrocédant ses gains.

Bond ne peut cependant jouir bien longtemps de sa nouvelle conquête puisqu’il est assommé dans sa chambre d’hôtel par une manchette de karaté et lorsqu’il reprend ses esprit la trouve étendue sur lit, morte et recouverte d’une fine couche d’or.

De retour à Londres dans les bureaux ultra secrets du MI-6, Bond est briffé par ses supérieurs sur les activités de Goldfinger, trafiquant international d’or qu’il fond lui même ou tente d’obtenir par tous les moyens illégaux.

Après avoir fait le plein de gadgets auprès de Q (Desmond Llewelyn), notamment une superbe Aston Martin truffée de gadgets (émetteur récepteur, mitraillettes, siège éjectable, blindage), Bond prend le chemin de la Suisse (Genève) pour pister Goldfinger.

Il appâte Goldfinger en lui promettant une lingot d’or récupéré auprès des nazis, et le défait au golf non sans tricherie.

Irrité, Goldfinger accepte sa défaite mais menace Bond, notamment au travers de son garde du corps le robuste Oddjobb (Harold Sakata), expert muet coréen en arts martiaux et doté d’un chapeau à bords acérés capables de trancher la tête d’une statue.

Bond continue sa filature, fait la connaissance après un accrochage musclé sur les routes suisses de Tilly (Tania Mallet) la sœur de Jill, déterminée à la venger.

Le couple pénètre dans une usine détenue par Goldfinger, mais est repéré par les gardes asiatiques.

Après une courte poursuite dans la foret, Tilly est assassinée par le chapeau de Oddjobb, tandis que Bond est finalement capturé en deux temps après qu’il ait épuisé tout l’arsenal défensif de son Aston Martin..

Sanglé sur une table, il s’apprête à être découpé par un laser surpuissant inventé par les scientifiques asiatiques travaillant pour Goldfinger mais parvient à négocier sa survie en lui faisant croire qu’il a su déjoué ses plans.

Détenu prisonnier, Bond est alors acheminé par avion jusqu’aux Etats-Unis, et fait alors la connaissance de Pussy Galore (Honor Blackman), pilote et chef d’un gang aérien composé de séduisantes femmes pilotes.

Parvenant une nouvelle fois à se soustraire à ses geôliers, Bond erre dans la base de Goldfinger et comprend qu’il a convoqué les principaux chefs mafieux des Etats Unis pour leur exposer son projet d’attaque de Fort Knox afin de contaminer l’or de la banque nationale américaine pour faire monter le cours et s’enrichir davantage.

Bond échoue à prévenir ses chefs en mettant un petite message dans la poche d’un chef mafieux Solo (Martin Benson), qui refuse la proposition de Goldfinger et est finalement assassiné par Oddjobb qui le comprime vivant aves sa voiture dans une casse.

Il ne peut donc empêcher Goldfinger de mener son plan à exécution, par l’intermédiaire des aviatrices de Galore qui vaporisent un gaz pour mettre hors de combat les militaires, afin de permettre à ses hommes de percer au moyen du laser l’épaisse porte de métal protégeant l’accès à l’or.

Bond passe alors à l’attaque et triomphe finalement du redoutable Oddjobb dont l’invulnérabilité est finalement prise en défaut en se faisant électrocuter, et est finalement secouru par les hommes du MI-6, alertés par Galore, finalement convaincue par les arguments du sexy 007.

Goldfinger parvient néanmoins à s’enfuir déguisé en militaire américain et retrouve Bond et Galore dans l’avion qui le ramène en Grande Bretagne.

Une lutte à mort s’engage alors dans l’avion et Goldfinger tire à l’aide de son pistolet en or dans l’habitacle du zinc, provoquant un gigantesque appel d’air qui l’aspire dans le vide.

Seules les capacités de pilote de Galore parviennent au couple de survivre au crash, et à roucouler à l’abri dans une foret alors que toute le monde les croit perdu.

En conclusion, « Goldfinger » contient déjà tous les ingrédients qui contribueront au succès ultérieur des James Bond, action, gadgets « high tech », multiplicité des lieux de tournage, superbes paysages surtout suisses, conquêtes féminines blondes faciles et jetables mais également tout ce qui me semble être des points faibles : scénario à dormir debout, ennemi mégalomane abject, organisation criminelle secrète étrangère donc criminelle (ici germano-asiatique) avec un esprit machiste occidental finalement très années 60 incarné à merveille par le viril et séduisant Connery.

Tout ceci parait sans doute un peu daté et usé par le poids des années, même si en étant peu exigeant, le spectateur moyen pourra sans doute y trouver son compte.

A noter toutefois le thème musical chanté par Shirley Bassey, assez efficace dans le genre soul-music.

Goldfinger (Guy Hamilton)

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 18:03
Live from axis mundi (Gogol bordello)

Nous changeons complètement de registre pour basculer dans celui de la musique underground de Gogol bordello, groupe américain découvert à l’occasion d’un concert mémorable en première partie de Danko Jones au Trabendo.

Formation inclassable de New-York, mélangeant musique traditionnelle d’Europe de l’est et punk rock, Gogol Bordello est composé d’une dizaine de membres majoritairement issus de Russie comme le chanteur Eugene Hutz, le guitariste Vlad Solovar, le violoniste Sergei Ryabtsev, l’accordéoniste Yuri Lemeshev avec d’autres ingrédients extérieurs comme le bassiste espagnol Karl Alvarez, le guitariste israélien Oren Kaplan, le batteur américain Eliot Ferguson et deux danseuses aux talents divers Susan Donaldson et Pamela Jintana Racine.

Sorti en 2009, « Live from axis mundi » enregistré dans les studio de la BBC à Londres, constitue le support audio et visio idéal pour apprécier l’étendue du talent de ces grands créateurs de bordel musical.

On débute en douceur par « Ultimate » mid tempo bien entrainant déjà marqué par l’apport unique du folklore des pays de l’Est : accordéon, violon et accent à couper à couteau transpercés par quelques fulgurances de guitares et avalanches punk.

Gogol bordello nous emmène dans la folle ronde tournoyante de « Wonderlust king » et « Mishto » irrésistibles tubes tziganes en puissance puis calme le jeu sur « Alcohol » évoquant toute la mélancolie de l’âme slave.

Mais la gaieté et la fête ne sont jamais vraiment loin chez les américano-russes, et l‘énergie communicative de « American wedding » vient apporter du baume au cœur.

Difficile de suivre les neuf minutes décousues et délirantes de « You gave up (Romania )» véritable fourre tout musical marqué par une intensité confinant à la folie.

On quitte les studios de la BBC pour d’autres explorations musicales, « Stivali e colbacco » nouvelle bombe israélite incroyablement festive, « Toubled friends » plus calme, grave et hypnotique.

Deux démos toujours entrainantes et de qualité, « 60 Révolutions » « Immigrant punk » également en version instrumentale viennent compléter le tableau.

Deuxième pièce maitresse de ce disque, le Dvd live de Gogol bordello composé de quatorze titres, montrant toute la folie et l’impact scénique d’un groupe unique capable d’embraser une salle en un ou deux morceaux seulement.

Violon, accordéon, guitares acoustiques ou punk copulent en un tourbillon festif indomptable ne laissant aucun répit au public à chaque morceau asséné.

Le maigrichon moustachu au look so USSR, Eugene Hutz est le showman idéal pour incarner pareil maelstrom musical, tel « Not a crime » et sa transe délirante ou « Dogs were barking » sur lequel les deux danseuses Elisabeth Sun et Pamela Racine font une apparition disons le remarquée.

On retrouve donc pèle mêle les classiques, « Ultimate » « Wonderlust king » « Mishto » toujours aussi accrocheurs mélangés à des titres plus mesurés comme « Forces of victory » et « Tribal connection » aux refrains fédérateurs.

Aux furieuses diatribes punk de « 60 révolutions » succède l’explosivité festive de « Start wearing people », « Think locally, fuck globally » avec cymbales et tambour pour atteindre un paroxysme de délire.

Pour la fin de ce show hors norme, le punk est plus directement remis à l’honneur avec le plus conventionnel « Punk rock parranda » avant le chaloupé « Illumination » et le très rythmé « Baro Foro ».

En guise de bonus, on ne saurait que recommander les 4 vidéos supplémentaires avec une tendresse particulière pour le succulent « American wedding ».

En conclusion, si vous êtes ouverts d’esprit et que vous aimez la musique, vous ne pouvez qu’être surpris et séduits par « Live from axis mundi » et par Gogol bordello, inclassable formation sublimant rock, punk et folkore slavo-israélien avec talent, générosité et surtout une passion digne des plus grands groupes.

Ne vous fiez donc pas à la dégaine de roumains du métro parisien de ces musiciens et jetez vous sans crainte dans le brasier ardent de leur melting pot musical pour en ressortir épuisé, bousculé mais régénéré.

Gogol bordello a pour moi tous les attributs d’un groupe underground qui le restera surement mais pour atteindre un statut culte.

Soutenu de manière assez invraisemblable par Madonna dans son film « Obscénité et vertu », Gogol bordello reste pour moi une expérience musicale et visuelle hors normes qui ne pourra que séduire les plus aventureux d’entre vous.

Live from axis mundi (Gogol bordello)

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 09:53
LP1 (The plastiscines)

A ma grande surprise, la chronique de « About love » des Plastiscines avait été plutôt favorable, mais qu’en est il au juste de « LP1 » leur premier disque sorti en 2007 ?

A cette époque et comme le montre la pochette du disque, nous avons affaire à un quatuor de minettes d’à peine de vingt ans composé de Katty Besnard (guitare/chant), Marine Neuilly (guitare), Zazie Tavitian (batterie) et Louise Basilien (basse).

Poussé aux fesses par la presse rock française comme d’autres groupes de quasi teen agers parigots (The BB Brunes, Naast voir Pravda), les Plastiscines bénéficient d’une belle exposition médiatique et surtout de l’engouement d’un jeune public en mal d’idoles.

Foin d’a priori et autres délits de faciès, « LP1 » débute par « Alchimie » morceau power rock rapide et très soutenu.

Encore sous l’effet de surprise, on enchaine avec « Loser » reconnaissons le entrainant et diablement efficace en misant sur la vitesse, l’énergie et la fraicheur.

Bien entendu les influences anglo-saxonnes sont bien vite appelées à la rescousse sur « Shake (twist around the fire) » et « Mister driver » tous deux directs, tranchants et nerveux.

On revient au français avec « La règle du jeu » certes simpliste au niveau des paroles mais évoquant par sa force d’impact les glorieuses années 80 de Téléphone puis choisit la carte de l’originalité frenchyy en rendant hommage à l’univers poétique de Raymond Quenau avec « Zazie fait de la bicyclette ».

Les Plastiscines placent ensuite une jolie ballade anglo saxonne, « No way » tube en puissance évoluant tout en finesse et en subtilité puis s’amusent dans le registre plus léger et frais de « Pop in, pop out ! ».

En comparaison, « Rake » passe bien inaperçu, « Tu as tout prévu » évoque une pop rock adolescente bien faible, avant que « Human rights » ne redresse vigoureusement la tendance avec un rock offensif lorgnant vers le punk.

Ultime fusée du disque, « Under control » clôt les débats sur un rock véloce et dynamique.

En conclusion, « LP1 » est si on fait abstraction de la jeunesse de ses créatrices, un bon disque de rock français brassant habilement influences anglo saxonnes contemporaines (The white stripes) mais aussi françaises un peu plus anciennes (Téléphone voir les films des années 60).

Le rock juvénile des Plastiscines apparait donc coloré de punk qui lui confère fougue et dynamisme mais aussi de pop pour le tempérer, le rendre plus facile d’approche et éventuellement formatable pour les médias plus généralistes.

Force est de constater que Rock&Folk avait eu le nez creux en soutenant ce groupe qui était plus qu’une formation de gamines fashion victims au joli minois et contenait musicalement une base solide qui sera fructifiée les années suivantes.

Nous sommes à vrai dire assez loin du chef d’œuvre mais « LP1 » remplit fort bien son office et touche non sans adresse sa cible : divertir et toucher un jeune public en mal d’icones rock de sa génération.

LP1 (The plastiscines)

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 19:54
Daredevil n°262 (Ann Nocenti, John Romita Jr)

Léger saut dans le temps et nous nous retrouvons à présent en 1989 pour « Daredevil n°262 », avec toujours Ann Nocenti (scénario) et John Romita Jr (dessins) aux commandes.

La disparition de Daredevil laissé pour mort après la violente agression dont il a été victime sème le trouble et le chaos à New-York, faisant littéralement s’envoler les chiffres de la criminalité.

On retrouve donc non sans émoi le New-York de la fin des années 80, considéré comme un véritable coupe gorge à l’époque avec de nombreux homicides et un métro aussi sale que dangereux ou prolifèrent un nombre considérable de voyous et drogués.

La Veuve noire et Karen Page sont bien entendu effondrées de la disparition de l’homme qu’elle ont tant aimé, et tout en le recherchant, prennent sous leur protection deux adolescent, Butch le skater et son amie Darla pour échapper à une chute d’ascenseur dans l’hôpital saccagé de Murdock.

Alors que Tyhpoid semble traversée de vagues remord quand à l’atrocité de son acte barbare, elle reste cependant assez forte pour ne pas laisser la personnalité de Mary reprendre le dessus.

Gisant inconscient sur le sol, le corps et l’esprit brisés, Daredevil lutte contre la mort en dialoguant avec son maitre Stick qui lui intime l’ordre de vivre alors qu’il aurait tendance à se laisser glisser vers l’oubli éternel.

Alors qu’on pense qu’il va triompher de la mort symbolisée par une hideuse créature mi insecte mi machine lui enserrant la gorge, Mary descend dans le jardin dans le but de le secourir avant que Tyhpoid ne reprenne à nouveau le dessus et se refasse cruelle, menaçante.

Lorsque Daredevil que Mary et Typhoid ne font qu’un, le choc est pour lui immense …

En conclusion, même si « Daredevil n°262 » se montre moins nerveux et intense que les précédents numéros il est vrai particulièrement trépidants, il se concentre sur le combat essentiel et fondamental d’un homme pour sa survie, en plongeant dans les tréfonds du psychisme du héros pour se poser la question métaphysique qui fait qu’on choisit ou non de quitter le monde des vivants.

Formidablement soutenu par son vieux maitre, Daredevil n’apparait pour autant pas tirer d’affaire tant Tyhpoid, décidément insatiable continue de faire planer sur lui une menace permanente.

Encore donc un nouveau chef d’œuvre cette fois métaphysique pour le génial duo Nocenti-Romita Jr !

Daredevil n°262 (Ann Nocenti, John Romita Jr)

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