30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 19:59
Close as you get (Gary Moore)

Nous abordons à présent les derniers albums de la vie de Gary « bluesy » Moore avec notamment « Close as you get ».

Sorti en 2007, « Close as you get » témoigne d’une belle productivité du guitariste irlandais, capable sur la fin de sortir quasiment un album studio ou live par an.

Avec sa pochette sobre montrant le visage raviné par le temps de l’artiste, « Close as you get » débute par « If the devil made whisky » blues-rock plutôt rythmé bien que d’inspiration classique (alcool et femmes enlacés par le Diable en personne).

On plonge dans le spleen enveloppant de « Trouble at home » dans la lignée des ballades mélancoliques habituelles du chanteur puis se réveille avec plaisir sur le « Thirty days » de Chuck Berry repris avec conviction.

Gary reste tout de même très rock ‘n’ roll avec « Hard times » qui fait preuve d’une belle énergie mais replonge l’auditeur dans sa léthargie avec l’assommante ballade bluesy « Have you heard » douloureusement étirée sur près de six minutes.

Les choses bougent un peu plus sur « Eyesight to the blind » agréable et très bien maitrisé au niveau guitare/chant mais ceci n’est qu’une nouvelle diversion pour introduire « Evening » nouvelle ballade triste, élégante et planante à laquelle « Nowhere fast » succède dans une ambiance d’aussi grande sensibilité.

Après avoir arraché des larmes à l’auditeur, Gary le fait de nouveau bouger sur « Checkin’ up my baby » qui rock de manière convaincante.

Le disque se termine en douceur sur le rêveur « I had a dream » et l’acoustique « Sundown » sur lequel le guitariste exprime tout son feeling manche en main.

En conclusion, à n’en pas douter « Close as you get » s’inscrit dans la lignée des œuvres précédents de Gary Moore et ne décevra pas ses admirateurs même si il contient un nombre quasi inexistant de surprises.

Gary fait donc ce qu’il sait et aime faire, du blues déchirant agrémenté de temps à autre de bon vieux rock pour égayer l’ensemble qui serait autrement beaucoup trop tristounet et larmoyant.

Rien à dire donc sur les qualités d’interprétation du chanteur-guitariste, avec ce toucher toujours impeccable mais au détriment sans doute d’une certaine créativité.

« Close as you get » demeurera une valeur sure pour les fans de rock-blues, et plaira sans doute aussi aux autres, sans les bouleverser.

Close as you get (Gary Moore)

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 21:27
Histoire des Croisades (Jean Richard)

Attaquons nous à présent à un sujet difficile et souvent perclus de clichés, les Croisades, avec « Histoire des croisades » de l’historien Jean Richard spécialisé dans le Moyen-age.

Sorti en 1996, cet énorme pavé relate chacune des huit croisades de l’Occident chrétien contre ce qu’il considérait comme la Terre sainte, devenu un territoire partagé entre Israël, la Palestine, la Jordanie et le Liban de nos jours.

Sur deux siècles, entre 1095 et 1291, s’étaleront huit vagues successives qui marqueront à jamais l’histoire du Moyen-âge, donnant naissance à de nombreux fantasmes et légendes entretenus au fil des siècles par les écrivains et musiciens.

A l’origine du problème on trouve cependant, les persécutions dont sont victimes les chrétiens d’orient, soumis à des humiliations, taxations, menaces et agressions par les Turcs Seldjoukides qui avaient pris possession depuis 1078 des lieux saints du christianisme au Moyen-Orient.

A l’époque existait en effet un important flux de pèlerinage issu de toute l’Europe, car le voyage notamment à Jérusalem était vu comme purificateur par les plus hautes instances de l’Eglise, dont le Pape.

La puissance des Seldjoukides est telle qu’elle menace également l’Empire Byzantin, seconde source chrétienne dans la monde bien qu’orthodoxe et donc rivale du catholicisme, mais surtout grande puissance militaire représentant la parfaite zone tampon en Grèce, Macédoine et sur la partie occidentale de la Turquie actuelle, avec les populations musulmanes.

La politique agressive des Seldjoukides qui fait suite à une période de tolérance de leurs prédécesseurs les Fatimides d’Egypte, pousse le pape Urbain II a lancer la première croisade, afin de libérer la Terre Sainte de Jérusalem et de porter secours à l’empereur byzantin Alexis Comnène.

L’influence spirituelle du pape est telle que des milliers d’hommes de toutes les franges de la population d’Europe répondent à l’appel.

Le pape promet l’exemption des péchés aux Croisés à conditions qu’ils respectent les populations civiles et leur offre des garanties de principe quand à la conservation de leur patrimoine laissé en métropole.

Si le pape jouit de par ses relais prédicateurs de terrain, d’une certaine autorité sur les population, l’exécution de l’ordre se fait dans le plus grand désordre avec une succession d’initiatives personnelles de moines français et allemands qui se distinguent par leur extrême brutalité à l’égard des territoires d’Europe de l’Est traversés (Allemagne, Hongrie, Yougoslavie) en pillant, tuant les populations locales avec un supplément de cruauté pour les juifs, victimes périphériques des croisades.

Même Alexis finit par se débarrasser de ses encombrants Croisés en les faisant passer le plus vite possible du coté turque ou les troupes Seldjoukides se montrent impitoyables en les massacrant systématiquement.

Il faudra attendre l’arrivée des puissants leaders issus de la noblesse franque comme Godefroy de Bouillon, Raymond IV, Baudoin, Bohémond et Tancrède pour que la Première Croisade forte de plus de 30000 hommes porte réellement la lutte contre les Seldjoukides tout en ayant été préalablement contraints de prêter allégeance à Alexis Comnène à Constantinople.

L’armée des Croisés opère une brillante percée en Turquie et conquiert les villes une à une, en s’appuyant sur la force de sa puissante cavalerie, la bravoure de ses soldats face à des tactiques turques privilégiant la feinte et l’usage de flèches pour saper et harceler l’ennemi.

Les Arméniens de Cilicie saisissent l’occasion de se libérer de leurs maitres musulmans et prêtent assistance aux Croisés.

En chemin, Baudoin et Tancrède s’arrêtent dans la ville d’Edesse et établissent le premier royaume latin d’Orient.

Le siège d’Antioche est éprouvant pour les défenseurs et les attaquants, se soldant par des rumeurs de cannibalismes de Croisés qui viendront hanter l’imaginaire musulman, mais se termine par la victoire de Bohémond sur Kerbogha le maitre de Mossoul, ce qui suite à la défection du peu combatif Alexis, fait de lui le roi de la ville.

Mais le plus grand fait d’arme de cette phase est l’œuvre de Godefroy de Bouillon qui prend Jérusalem, fait de son frère Baudouin Ier le roi de la ville et va défaire une armée fatimide à Ascalon ce qui lui permet de verrouiller l’Egypte, l’autre grande puissance militaire musulmane derrière les terribles Seldjoukides.

Les Croisés sont néanmoins stoppés dans leur invincible élan de conquête à Harran et doivent renoncer à le route de la Perse passant par Mossoul et Bagdad qui demeureront pour toujours hors d’atteinte du rêve franc.

La dernière conquête des Francs est le comté de Tripoli au Liban ou est installé Bertrand de Saint Gilles ce qui porte au nombre de quatre les royaumes latins d’Orient, véritables poches indépendantes régies par leurs propres lois en perpétuant les régimes dynastiques féodaux : Jérusalem, Antioche, Edesse et Tripoli.

Passé l’échec de l’Arrière croisade de 1100 destinée à soutenir l’effort des premiers Croisés, mais pratiquement décimée par des Seldjoukides aguerris, vient la question du maintien des royaumes francs au Moyen-Orient.

En effet, chacun de ces petits royaumes se trouve entouré de voisins musulmans plus nombreux et puissants, misant sur une stratégie d’usure pour reprendre les territoires perdus.

Pour soutenir les Croisés qui avaient choisi la voie de l’expatriation dans des terres difficiles, les papes eurent recours de nombreuses fois à la Croisade.

En 1147, en réponse à la prise du comté d’Edesse finalement reperdu par le redoutable atabeg de Mossoul Zengi, se déroule la seconde d’entre elles, sous la forme d’une coopération franco-allemande avec le roi Louis VII pour les Francs et l’empereur Conrad III pour les germains.

Les relations avec les Byzantins ne sont toujours pas au beau fixe et les deux seigneurs refusent de se soumettre à l’empereur Manuel Ier Comnène, perdant de fait tout l’appui logistique en navires et vivres qu’il aurait pu leur fournir.

En Turquie, Francs et Germains payent le prix de leur mauvaise entente et séparés sont mis aisément en déroute par les Seldjoukides qui massacrent les prisonniers masculins, réduisant femmes et enfants en esclavage.

Après avoir péniblement accompli leur pèlerinage à Jérusalem, les deux souverains quittent piteusement la Terre Sainte sans aucune victoire militaire à leur actif.

Malheureusement pour les Francs, une grande contre attaque musulmane se prépare sous l’impulsion de chef militaires charismatiques usant du djihad, la « guerre sainte » comme bannière de ralliement contre ce qu’ils estiment être des infidèles.

Nur-al-din qui reprend le comté d’Edesse puis Saladin, atabeg kurde d’Egypte ayant renversé ses maitres fatimides, se révèlent de terribles conquérants, animés par une ambition démesurée.

Saladin réussit tout d’abord diplomatiquement la ou ses prédécesseurs ont échoué et réalise une grande union avec les Seldjoukides et les Byzantins affaiblis contre les Francs qui jusqu’alors avait profité des rivalités entre leurs ennemis pour se maintenir avec l’aide des marins Vénitiens ou des princes arméniens.

Fort de ses alliances et d‘une habile trêve arrachée aux Francs, Saladin attaque les Francs lorsqu’il se sent le plus fort en s’assurant préalablement du contrôle de Mossoul.

Il prend le dessus à Hattin en 1187 sur les Francs de Guy Lusignan actuel roi de Jérusalem, courageux mais trop divisés en querelles internes pour être en mesure de résister.

Fanatique de la guerre sainte, Saladin se distingue par son caractère impitoyable qui l’amène à mettre à mort systématiquement ses ennemis, à traiter les femmes comme esclaves tout en réservant un traitement particulier aux nobles qu’il garde en captivité dans la prévision de rançons.

Après Hattin, il mène une guerre d’éradication, reprenant un à un les territoires francs dont la précieuse Jérusalem.

Ecrasés par plus fort qu’eux, les Francs conservent péniblement Antioche, la ville côtière de Tyr et quelques solides forteresses comme le fameux krak des chevaliers prêt de Homs en Syrie.

La réaction de l’Occident ne tarde cependant pas et en 1189, la Troisième croisade lancée par le Pape Grégoire VIII, voit le célèbre roi anglais Richard Cœur de Lion s’affirmer après la mort accidentelle de l’empereur germanique Frédéric Ier, comme le grand chef de guerre capable de tenir tête à Saladin.

Une fois sur place, Richard appuyé par Guy Lusignan qui commande la plus grande armée de Croisés jamais mis sur pieds, remporte des victoires sur les troupes de Saladin en Palestine, et verrouille vis-à-vis de l’Egypte, les territoires conquis en prenant et fortifiant la ville clé d’Ascalon à défaut de pouvoir reprendre la mythique Jérusalem puissamment fortifié par son adversaire.

Parvenu à un semblant d’équilibre des forces avec Saladin, Richard négocie avec lui l’acceptation des Francs dans les villes côtières de Tyr, Jaffa regroupé sous le royaume d‘Acre, d’Antioche, Tripoli en plus des territoires des ordres militaires des Hospitaliers et Templiers.

Même si aux premiers abords, le succès militaire de Richard peut paraitre plus que limité, il s’agit néanmoins d’un coup d’arrêt définitif aux désirs d’éradication des Francs par le souverain musulman.

Henri VI le fils de Frédéric Ier tient cependant à poursuivre le désir de Croisade de son père et réussit avec un contingent de chevaliers germaniques à prolonger la reconquête de Richard en prenant Beyrouth et Sidon.

La mort de Saladin en 1193 aboutit au partage de son immense royaume entre ses fils et neveux qui s’entre déchirent en guerre fratricides ce qui affaiblit considérablement la menace contre les Francs.

Bien que brève, la Quatrième croisade entreprise en 1202 sous l’impulsion du Pape Innocent III, est marquée par une déviation complète du but d’origine et la prise de Constantinople sous l’impulsion de Vénitiens par les Croisés, qu’il pillent avant de nommer l’un des leurs, Baudoin de Flandres comme nouvel empereur byzantin dans le seul but de préserver les intérêts commerciaux des navires vénitiens menacés par la politique byzantine hostile à leur égard.

Ce sera de nouveau Innocent III qui sera à l’origine de la Cinquième croisade de 1217, en utilisant la même tactique que le roi de Jérusalem Amaury qui effectua en 1167 une spectaculaire percée en Egypte pour faire pression afin de négocier une rétrocession des territoires de la Terre Sainte.

Mené par le légat Pélage, les Croisés prennent d’assaut la ville fortifiée de Damiette, véritable verrou permettant de faire le lien entre Méditerranée et Nil, centre névralgique de l’Egypte.

Ils parviennent à progresser mais attaquant précipitamment le Caire en descendant le Nil, sont vaincus par le sultan local Al-Kamil qui les prend en tenaille et contraints à un repli honteux.

La Sixième Croisade est celle de l’empereur germanique Frédéric II qui malgré une excommunication du Pape Grégoire IX, part avec 10000 hommes et parvient plus par négociations que par de durs combats à récuperer une partie de Jérusalem, Bethléem et Nazareth auprès de Al-Kamil plutôt bien disposé à son égard.

Mais ses reconquêtes paraissent néanmoins bien fragiles lorsque les Kharezmiens faction divergente des Seldjoukides mise au service du nouveau sultan d’Egypte Ayyub, reprirent Jérusalem en infligeant une cinglante défaite aux Francs la défendant.

Ceci ne peut que déclencher en 1250 une nouvelle croisade, la Septième, emmenée par le charismatiques roi Louis IX dit Saint Louis, qui se montre malgré ses hautes ambitions un cuisant échec sur l’Egypte.

Pire que l’échec vient l’humiliation de la capture de Saint Louis par les Mamelouks, nouveaux maitres de l’Egypte après avoir renversé définitivement les Ayyoubides auprès desquels pourtant ses anciens esclaves affranchis étaient sensés servir.

Après la sanglante répression du mouvement des Pastoureaux, bergers convaincus de devoir de mener une Croisade de petites gens sensés être plus humbles et proches de Dieu que les chevaliers et les religieux, Saint Louis libéré consacre son énergie à fortifier les défenses de la Terre Sainte et tente de nouer des relations difficile avec la nouvelle force émergente des Mongols, invincibles guerriers gouvernés par un système complexe de Khans.

Cette recherche d’alliance avec les Mongols, jugés plus perméables à la religion chrétienne, sera la ligne directrice de l’Eglise catholique dans l’optique de bénéficier de l’apport de ses farouches guerriers pour prendre les dessus sur les musulmans.

L’envoi de messagers et missionnaires chrétiens jusqu’en Mongolie devait participer à la construction de cette alliance qui fut tout d’abord rejeté en bloc par les khans, qui considéraient etre les maitres du monde et devoir assujettir ou détruire tous les autres peuples.

Il est vrai que les petits fils de Genghis Khan poursuivent avec ferveur son œuvre de conquête, Hulegu chef des Il-khanides emportant la Syrie musulmane et soumettant meme le prince d’Antioche sans combattre.

Inquiété par cette poussée de conquêtes en apparence incontrôlable, les Papes successifs luttent contre les Mongols en Europe de l’Est en prêchant la Croisade tout en les ménageant au Moyen-Orient.

Pourtant Hulegu ne finira pas son entreprise de la conquete de l’Egypte, reculant en raison de l’épuisement des ses cavaliers et de troubles intérieurs.

Il laissera ainsi à Baibars, sultan mamelouk du Caire, la possibilité d’organiser ses troupes et sa défense pour mettre en échec ces conquérants venus de l’Extreme Orient.

Brillant chef militaire et habile homme d’état, Baibars va profiter de sa force et du reflux des Mongols pour attaquer et défaire les Francs, en prenant sur une dizaine d’années des villes stratégiques comme Jaffa, Césarée ou la fameuse forteresse krak des chevaliers.

Mais du coté Francs les quelques ouvertures faites par Hulegu aux chrétiens vont se concrétiser avec son successeur Abagha, ce qui permettra de mettre sur pied une véritable alliance et la Huitième croisade contre l’Empire des Mamelouks.

En 1270, le Pape Clément IV et son successeur Grégoire X, s’appuient sur le célèbre Saint Louis pour déclencher la Croisade outre mer avec entre 10 000 et 30 000 hommes.

La tentative d’alliance puis de prise de la Tunisie pour s’en faire un allié face à l’Égypte est un cinglant échec par manque de coordination avec le lointain allié Abgha.

Malade, comme la plupart des soldats en Egypte, Saint Louis meurt à Carthage.

Une nouvelle tentative en 1281 des Mongols de Mongke Temur en liaison avec les Francs d’Orient échoua contre les successeurs de Baibars pourtant rivaux, Qualawun et Sonqor qui eurent l’intelligence de faire front ensemble pour battre leurs adversaires à Homs.

Malgré d’incessants projets d’attaques communes entre mongols et chrétiens notamment le raid du khan Gazhan en 1302, les Mamelouks maintenirent fermement leur emprise sur la région en dépossédant dans les années 1290 un à un des Francs trop divisés et peu nombreux, de leurs royaumes.

En conclusion, derrière le récit chronologique forcément dense et épique, « Histoire des croisades » permet de mieux prendre l’ampleur d’un phénomène exceptionnel dans l’histoire de l’humanité qui mobilisa autour de la spiritualité des ressources humaines, matérielles et financières hors du commun.

Sortant des clichés un peu faciles, le travail de Jean Richard, laisse clairement apparaitre l’objectif des Croisés, qui comprirent assez vite l’impossibilité d’évangéliser les musulmans ou de conquérir de vastes étendues au Moyen-Orient.

Le véritable enjeu se situa donc autour des lieux saints et en particulier la ville de Jérusalem.

Passée la première et historique percée de Godefroi de Bouillon, les Latins d’Orient durent fermement batailler pour sauvegarder leurs acquis face aux vagues Turques, Égyptiennes, Mongoles ou meme Byzantines.

Ils y parvinrent quasiment pendant deux siècles, recevant périodiquement l’apport de troupes françaises, allemandes, anglaises, italiennes ou espagnoles prêts à tout abandonner pour défendre la bannière du Christ.

Les Croisades ont donc leurs héros devenus légendaires, Godefroi, Richard Cœur de Lion, Saint Louis, Saladin, Baibars, ou même Hulegu mais à coté du mythe, se déroulèrent d’après batailles ou le vaincu était souvent mis à mort ou au mieux réduit en esclavage.

En bon historien, Richard analyse aussi la vie de Latins d’Orient, leur statut de colons, leur adaptation aux mœurs orientales avec des échanges commerciaux avec les musulmans et quelques fois un notable détachement avec les préceptes d’austérité émanant des autorités religieuses d’Occident.

La partie consacrée aux puissants ordres militaires d‘Orient, des Templiers, des Hospitaliers ou des Chevaliers Teutoniques, qui eurent d’importantes fonctions notamment financières en conservant l’argent acheminé d’Occident pour la Croisade, est particulièrement intéressante.

Difficile donc malgré une grande complexité d’approche due à la multiplicité des acteurs et la spécificité des termes employés, de ne pas considérer cet ouvrage comme d’une grande complétude et d’une grande justesse pour comprendre l’une des aventures humaines les plus exaltante qui m’ait été donné de lire.

Histoire des Croisades (Jean Richard)

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 10:05
Le dernier tango à Paris (Bernardo Bertollucci)

Film à scandales, « Le dernier tango à Paris » de Bernardo Bertollucci fut lors de sa sortie en 1972 censuré à peu prêt dans tous les pays et garde encore maintenant un fort parfum vénéneux.

L’histoire est pourtant sur le papier belle et forte, Paul (Marlon Brando), un américain d’âge mur venant de perdre brutalement sa femme Rosa (Veronica Lazar) suicidée dans son bain, erre brisé par le chagrin dans le XVI ième arrondissement de Paris.

Ancien baroudeur, tour à tout boxeur, acteur et journaliste, Paul rencontre par hasard une jeune femme, Jeanne (Maria Schneider) elle aussi actrice, qui cherche comme lui à louer un appartement prêt du Pont de Bir-Hakeim.

Une brusque passion charnelle nait alors dans cet appartement vide et dégradé entre Jeanne et Paul, ce dernier cherchant un oubli absolu et à ne rien savoir sur cette inconnue.

Le couple prend la décision de louer cet appartement pour entretenir cette relation secrète et sans tabou.

En parallèle, la vie dite « normale » doit suivre son cours, Jeanne tourne un film pseudo artistique sur l’histoire de sa vie avec Tom (Jean-Pierre Léaud) qui est aussi son petit ami.

On y découvre son enfance bourgeoise regrettée dans la banlieue parisienne, son père militaire et sa mère (Gitt Magrini) vivant à Paris.

De son coté, Paul doit remplir les formalités pour le décès de sa femme mais n’est pas dans un état psychologique très stable ce qui occasionne une violente dispute avec sa belle mère (Maria Michi).

Lorsqu’il rencontre Marcel (Massimo Girotti), l’amant de sa femme, en réalité leur voisin de pallier, Paul reste en apparence très froid, très poli et garde sa haine à l’intérieur devant l’insensibilité et le narcissisme stupide de l’homme.

Paul se réfugie dans sa passion avec Jeanne et le couple fait l’amour de manière étrange, en imitant par exemple des bruits d’animaux ou dans une scène plus choquante de sodomie sur fond de blasphème.

Toujours tourmenté, Paul insulte sa femme sur son lit de mort pour lui avoir menti, et va boxer un client de l’hôtel qu’elle possédait lorsqu’il découvre qu’il servait de maison de passes pour prostituées du boulevard Montparnasse.

Mais la vie suit son cours et Jeanne finalement demandé en mariage par son Tom accepte sur un coup de tête.

Elle ne peut cependant l’avouer à Paul et une violente scène mêlant rupture simulée et passion intensive éclate alors dans l’appartement.

Finalement Paul semble s’échapper mais reste finalement à Paris, retrouvant Jeanne pour l’inviter une dernière fois dans un dancing parisien ou le couple fortement alcoolisé assiste à une compétition de tango.

C’est semble t il au tour de Paul d’être violemment attaché à Jeanne et à lui demander de vivre avec lui.

Celle-ci refuse tout en désirant vivre avec Tom dans le bel appartement du XVI ième, mais Paul la poursuit jusque chez sa mère.

Après une nouvelle dispute, Jeanne apeuré par la violence de son ex amant lui tire dessus avec le pistolet de son père.

Paul s’écroule sur le balcon et regardant une dernière fois le toits de Paris.

En conclusion, certes « Le dernier tango à Paris » est un film quelques fois choquant, mais surtout très intense, narrant la rencontre entre deux mal êtres profonds, parvenant le temps de quelques étreintes désespérées à se rejoindre.

Brando est malgré la controverse génial, en homme tourmenté, malheureux, errant dans un Paris alors en pleine mutation comme le montre la construction assez étonnante des grandes construction des années 70 que ce soit Beaugrenelle ou les alentours de la Tour Montparnasse.

Son association avec Maria Schneider alors débutante est détonante.

Même si le film fut renié par les acteurs et choqua les prudes mentalités, il contient néanmoins tous les ingrédients d’une passion impossible, de la souffrance intérieure qui peut parfois rassembler deux êtres.

Sa fin dramatique, intense avec la compétition de tango puis la dernière vision d’un Paris chancelant sous le poids de l’âge et de la mort approchant est superbe.

Difficile donc d’ignorer ce film puissant qui restera pour moi comme un des meilleurs de Marlon Brando, qui demeure à mes yeux le meilleur acteur de tous les temps.

A voir également pour l’aspect vestiges d’un Paris aujourd’hui oublié, celui du début des années 70 …

Le dernier tango à Paris (Bernardo Bertollucci)

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 10:49
A l'est d'Eden (Elia Kazan)

Nous restons dans les classiques du cinéma avec « A l’est d’Eden » célèbre film d’Elia Kazan adapté de John Steinbeck géant de la littérature américaine.

L’histoire se déroule aux Etats-Unis en 1917, dans la ville de Salinas, ou Adam Trask (Raymond Massey) dirige une grande exploitation agricole dans les si fécondes terres de Californie.

Trask a quelques tendances « geotrouvetout » et tente toujours de développer de nouvelles idées, avec fougue et maladresse comme la conservation des légumes dans des blocs de glaces.

Ses deux fils, Cal (James Dean) et Aron (Richard Davalos) l’aident dans sa tache mais sont aussi dissemblables l’un que l’autre, Aron étant posé et réfléchi tandis que Cal est un écorché vif, révolté, mal dans sa peau qui accumule les bêtises.

En réalité, Cal est obsédé par la disparition de sa mère et finit à force d’obstination à découvrir qu’elle n’était pas morte comme lui avait dit son père mais qu’elle vit à proximité, établie comme patronne de bar.

La confrontation mère-fils est douloureuse pour Cal qui comprend que sa mère Kate (Jo Van Fleet) ne supportait la vie à la ferme et le caractère chrétien paternaliste de son père.

Après un drame, elle préféra donc le quitter pour se lancer dans les affaires d’ailleurs prospères.

Cal garde donc son secret pour lui et se rapproche dangereusement de Abra (Julia Harris) la fiancée de son frère Aron, ce qui ne fait qu’envenimer leurs relations.

En réalité, Julia se montre plutôt séduite par Cal, avec qui elle partage des relations familiales explosives.

La situation se dégrade davantage avec l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Allemagne.

Albrecht (Harold Gordon) un commerçant d’origine allemande jusqu’alors sans histoire est alors pris pour cible par des manifestations hostiles.

Ami d’Albrecht, Cal intervient et une bagarre générale éclate entre défenseurs et agresseur du vieux commerçant.

L’intervention de Cal irrite Aron qui est un fervent patriote américain.

Mais malgré sa révolte, Cal aime son père et pour l’aider à éponger ses dettes décide de demander 5000 dollars à sa mère pour investir dans la plantation de tabac.

Celle-ci accepte et le jeune homme profitant alors de la mobilisation générale et de la hausse de la consommation de tabac réalise alors un joli bénéfice.

Malheureusement lorsqu’il se présente devant son père, son cadeau tombe à plat, car Aron lui annonce son mariage avec Abra, ce qui comble le vieil homme de joie.

Pire que cela, Adam refuse avec dédain l’argent de son fils, obtenu selon lui en profitant du sacrifice des soldats américains.

Le choc est terrible pour Cal, qui voit son cadeau refusé et Abra lui échapper.

Pris de colère, il propose alors à son frère de lui révéler la vérité sur la mort de sa mère.

Aron se montre moins solide psychologiquement que Cal lors du face à face avec Kate, et craque complètement face à cette révélation.

Il prend alors comme brutale de décision de ne pas épouser Abra et de s’engager volontairement dans l’armée.

A la gare, attend de folie, il percute violemment le vitre du train qui l’emmène ce qui provoque une attaque à Adam.

Laissé affaibli et mourant, le vieux patriarche pardonne Cal sur son lit de mort, et le pousse à son union avec Abra.

Malgré la tragédie, la famille parvient donc à un apaisement inespéré .

En conclusion, « A l’est d’Eden » est un classique, comme la plupart des grands films d’Elia Kazan, réalisateur surdoué qui marqua de son empreinte le cinéma.

Drame familial par excellence sur fond biblique, « A l’est d’Eden » narre la rivalité de deux frères que tout oppose, incapables de surmonter la tragédie commune de la perte de leur mère.

Bien entendu, Dean crève l’écran dans un rôle de rebelle hyper sensible en mal d’affection taillé sur mesure pour son jeu expressif mais le film se montre globalement trop long et ennuyeux pour pleinement passionner.

Se déroulant dans la beauté des paysages californiens, « A l’est d’Eden » est donc un grand film bâti sur un grand sujet, mais qui souffre d’une réalisation d’un autre temps nuisant à son dynamisme.

Une belle pièce de musée donc, qui peinera sans doute à passionner les jeunes générations.

A l'est d'Eden (Elia Kazan)

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 20:15
The godless endeavor (Nevermore)

En 2005 soit trois années après « Ennemies of reality », les gaillards de Nevermore récidivent avec « This godless endeavor » à la pochette ne nous cachons pas toujours aussi macabre et sombre.

Le guitariste Steve Smyth ayant fait ses preuve sur le disque précédent, il conserve ici son poste et on attaque bille en tete avec « Born » parfaitement fidèle au style du groupe, mélange de brutalité thrash au niveau des riffs et des rythmiques véloces, mais capable également de plus de variations mélodiques le tout dans une ambiance torturée.

Après une entrée en matière aussi épique vient « Final product » construit dans le même moule et parfois avouons le difficile à suivre dans sa juxtaposition d’ambiances en apparence contradictoires mais toujours construites sur un fond de violence.

Un peu moins d’intensité sur « My acid words » et « Bittersweat feast » qui s’installent déjà dans une certaine routine un peu répétitive malgré la vigueur de la rythmique de la paire Van Williams (batterie)/Sam Sheppard (basse) et des riffs toujours aussi costauds.

Il faut donc attendre « Sentient 6 » pour briser cette relative monotonie avec une power ballade de haut niveau porté par la voix si particulière et plaisante de Warel Dane.

On revient à plus de punch mais aussi plus de classicisme sur le mid tempo sans éclat « Medicated nation » et après le bel interlude instrumental « The holocaust thought » survient une nouvelle power ballade racée, « Sell my heart for stone » à la remarquable finesse.

Difficile de faire la fine bouche sur la qualité hors du commun du riff de « The psalm of Lydia » et du terrible bombardement qui l’accompagne.

Grand seigneur, Nevermore termine le disque sur deux pièces maitresses « A future certain » et « This godless endeavor » qui font figure de totale démonstration de maitrise mélodique laissant l’émotion s’exprimer à bon escient tout en conservant de grosses capacités d’accélération.

En conclusion, « This godless endeavor » réussit sans doute là on son prédécesseur peinait in extremis à atteindre le bon dosage entre riffs de mastodontes, rythmiques punchy et solo/vocaux plus aérés.

Très puissant, remarquablement structuré, homogène et inspiré, il ne contient aucune faiblesse et permet à Nevermore de prouver sa valeur en creusant son sillon dans la voie d’un thrash technique et mélodique plus varié et subtil qu’il peut laisser paraitre au premier abord.

Attention, « This godless endeavor » reste un album difficile d’accès réservé à un marché de niche composé de spécialistes, mais remplira sans doute haut la main les désidérata des adeptes de metal sombre, violent et parfois émouvant …

The godless endeavor (Nevermore)

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 19:09
Ennemies of reality (Nevermore)

Il y a bien longtemps que je n’avais consacré une chronique au thrash metal, cette forme pure et dure du hard rock née aux Etats-Unis au début des années 80 avant d’essaimer jusqu’à nos jours.

Crée en 1992 à Seattle, Nevermore sort en 2003 son cinquième album non sans une belle constance et opiniâtreté.

L’objet s’intitule « Ennemies of reality » et arbore une parure des plus mystico-macabre.

Le premier titre éponyme marque d’entrée le marque de fabrique du groupe, avec une alternance de couplets foncièrement thrash c’est-à-dire très puissant, rythmé et saccadé avec de surprenantes cassures rythmiques sur des refrains et des solos plutôt mélodiques.

Sans doute moins accrocheur, « Ambivalent » se distingue plus par les brillants solo de guitares de Jeff Loomis/Steve Smyth et se montre pour le reste tortueux et confus.

Cette impression de sourde confusion se maintient sur « Never purify » avec un certain manque de lien entre les parties, que ce soit les rythmiques bastonnantes, les solos sortis de nulle part ou le chant tout compte fait assez doux et aérien de Warel Dane.

L’orientation power ballade est franchement recherché sur « Tomorrow turned into yesterday » du reste superbe tout en grâce et subtilité mélancolique.

Les choses sont beaucoup plus poussives sur le lourd et lent « I voyager » et ses quasi six minutes d’ennui profond auquel succède « Create the infinite » plus rapide mais tout aussi touffu et étouffant.

Nevermore semble curieusement plus à son aise dans les tempo lent comme « Who decides » ou l’étonnamment spiralé « Nouemon » permettant aux américains d’exprimer davantage leur fibre mélodique.

Pour faire bonne mesure le disque se conclut par le meilleur titre du disque, « Seed awakening » parfaite synthèse du meilleur de Nevermore avec ce mélange de riffs destructeurs et refrains surnaturels de grace.

En conclusion, « Ennemies of reality » est un album assurément frustrant, laissant entrevoir le potentiel de Nevermore, qui pratique un thrash puissant teinté d’influences plus progressives et mélodiques mais peine parfois à mettre son talent pleinement en valeur.

Tous les ingrédients d’un grand groupe semblent en effet présent, mais leur jonction a la plupart du temps à prendre, aussi passé quelques belles impressions fugaces, « Ennemies of reality » ne permet pas malgré son originalité et son mariage puissance/mélodie à pleinement rassasier, ce que l’on ne peut que regretter.

Ennemies of reality (Nevermore)

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 21:07
Captain america n°404 (Mark Gruenwald, Rick Levins, Larry Alexander)

Nulle intention de ma part de délaisser les comics books avec « Captain america n°404 » avec toujours Mark Gruenwald au scénario épaulé par Rick Levins aux dessins.

Sorti en 1992, « Captain america n°404 » met en scène une association entre le Vengeur étoilé et le Docteur Druid, membre occasionnel des Vengeurs en tant que Docteur Strange de seconde catégorie.

Le duo insolite se retrouve à Starekesboro dans un petit village du Massachussetts aux prises avec une horde de loups garous ayant infecté John Jameson un ami pilote de Cap.

Télépathe de bon niveau, Druid parvient à prendre le contrôle d’une partie des loups garou pour les forcer à s’entre déchirer tandis que Captain gère à l’aide des habituelles capacités de combattants, le reste de la meute.

En réalité les habitants de ce village sont victimes des agissements d’un scientifique malsain appelé Dredmund qui injecte en eux un sérum les transformant en loups garou.

Lorsque son principal homme de main, le nommé Moonhunter rendre bredouille de sa mission de capture du duo Captain-Druid, Dredmund décide de lâcher contre lui Wolverine, psychiquement contrôlé.

Déchainant son coté bestial, Wolverine agresse sauvagement Captain america qui a toutes les peines à survivre à cet assaut mortel et est juste assez immobilisé pour que Moonhunter le drogue tandis que Druid se retranche dans une prudente invisbilité.

L’épisode se termine donc sur une vision de Captain america sanglé sur une table d’opération et prêt à recevoir une injection pour le transformer en loup garou.

En guise bonus, Larry Alexander (dessins) illustre comment Diamondback est manipulée par Crossbones un des pires ennemis de Captain america, pour dérober dans un laboratoires des Vengeurs, le sérum du super soldat.

En conclusion, « Captain america n°404 » ne contient qu’une intrigue de faible niveau avec une histoire à dormir debout de loups garou infectés par un super criminel et ne recèle en elle-même que l’avantage de montrer une belle confrontation entre deux légendes du genre Wolverine et Captain america.

Si le combat se montre assez équilibré, la rapidité et la férocité de Wolverine lui confèrent pourtant un léger avantage suffisant pour placer notre héros en fâcheuse posture.

La qualité des dessins est également au rendez vous avec un Rick Levins faisant honneur à un Captain élancé, puissant et aux muscles remarquablement ciselés.

Pas d’aventures géniales donc, mais une confrontation excitante et au final plutôt plaisante qui provoquera une certaine indulgence chez le fan que je suis encore …

Captain america n°404 (Mark Gruenwald, Rick Levins, Larry Alexander)

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 19:58
Le procès Paradine (Alfred Hitchcock)

L’exploration de la filmographie d’Alfred Hitchcock n’a sans doute pas de limites rapidement atteintes aussi est-ce avec une certaine jubilation que j’ai pu visionner « Le procès Paradine ».

Vieux film en noir et blanc sorti en 1947, « Le procès Paradine » raconte une histoire ultra classique de procès ou un jeune et bel avocat londonien Anthony Keane (Gregory Peck) accepte de défendre une séduisante jeune femme accusée du meurtre de son mari, Anna Paradine (Alida Valli).

D’emblée, Keane est troublé par la beauté froide de Mrs Paradine et prend personnellement le parti de défendre son innocence.

Cette proximité produit immédiatement une impression de gêne chez sa femme, Gay (Ann Tod) en raison du surcroit de travail qu’il provoque chez son mari et de l’annulation d’un voyage en Europe prévu de longue date.

Keane se trouve peut convainquant lorsqu’il s’agit défendre le caractère professionnel de son affaire et prend de lui-même l’initiative de se rendre dans la banlieue de Londres dans la maison qu’occupait le défunt.

Dans une belle maison bourgeoise de campagne, Keane fait la connaissance troublante d’André Latour (Louis Jourdan) le valet des Paradine, qui l’épie et se montre particulièrement hostile à l’égard d’Anna Paradine.

De retour à Londres, la situation ne s’éclaircit pas forcément et le procès bat son plein.

Celui-ci présidé par le juge Lord Thomas Horfield (Charles Laughton) se montre particulièrement houleux et débouche sur une confrontation directe entre Keane et Latour, qui sous le feux des questions de l’avocat, finit par céder peu à peu du terrain et révèle son implication dans un possible meurtre de Mr Paradine.

La défense acharnée de Keane finit donc par porter ses fruits et l’avocat pousse Latour à reconnaitre qu’il a probablement empoisonné Paradine car celui-ci avait découvert qu’il courtisait sa femme.

Le fait que Latour ait été de surcroit l’un de bénéficiaires du testament du vieux militaire aveugle en raison de ses bons et loyaux services, constitue de surcroit une circonstances aggravantes.

Mais si Latour qui s’obstine à associer Mrs Paradine à cet assassinat, finit par céder et à se suicider par peur du déshonneur public, un nouveau coup de théâtre se produit lorsque Anna, ébranlée par l’annonce de la mort du jeune homme, accepte de s’accuser de complicité de meurtre.

Cette annonce bouleverse Keane, qui comprend la relation amoureuse entre Latour et Mrs Paradine, et l’assassinat du mari handicapé, principal obstacle à leur passion.

Il trouve cependant un soutien bienvenu auprès de sa femme et accepte de se rapprocher d’elle après l’avoir si longtemps délaissée …

En conclusion, « Le procès Paradine » est un film faisant son âge et se caractérise par un manque patent d’action.

Inutile de dire qu’on trouve le temps long auprès de ses presque deux heures et que la qualité du jeu des acteurs notamment Valli parfaite en femme fatale et Peck toujours aussi impressionnant/énervant de charisme insolent.

Malgré sa force, le thème de de la passion amoureuse et l’ambigüité de la relation entre l’avocat et sa cliente, ne sont pas suffisamment mis en avant pour tenir le film à bout de bras et « Le procès Paradine » ne tient donc pas au niveau du suspens toutes ses promesses, loin s’en faut.

Un film qu’on qualifiera donc de mineur dans la si riche filmographie du maitre britannique.

Le procès Paradine (Alfred Hitchcock)

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 19:53
Le convoi (Sam Peckinpah)

Coup de projecteur sur un réalisateur sans doute un peu oublié mais o combien culte, Sam Peckinpah, dont le « Convoi » sorti en 1978 est l’avant dernier film.

Spécialiste principalement du western ou du film de guerre, Peckinpah adapte ici une chanson de country pour réaliser une sorte de western contemporain ou les cow boys sont remplacés par des … camionneurs !

L’histoire en effet basique à souhait se déroule dans les vastes étendues désertiques de l’Arizona ou un sympathique trio de routiers formé par le chef Rubbber Duck (Kris Kristofferson), Love Machine (Burt Young) et le noir Mike l’araignée (Franklin Ajaye) est pris à parti par Wallace (Ernest Borgnine) un sherif local particulièrement vicieux qui les rackettent et fait un usage abusif de la force.

Duck fait mine d’arranger les choses avec ses amis et cèdent aux caprices de Wallace pour filer retrouver Violet (Cassie Yates) une de ses petites amies dans un bar local.

Sur place, il y retrouve Mélissa (Ali Mc Graw) une superbe brune qui l’avait ouvertement provoqué en jupe courte à bord de sa décapotable avant de lui attirer des ennui avec un autre policier du coin.

Tout en traitant les affaires courantes avec Violet, Duck comprend par le biais de la CB que quelque chose ne tourne pas rond dans le bar ou Love Machine et Mike ont provoqué Wallace, qui fou furieux, décide d’enfermer le routier noir pour se venger des insultes entendues sur les ondes.

Duck intervient mais ne parvient pas à calmer le shérif qui est venu avec deux robustes adjoints armés.

La tension monte et une énorme bagarre de bar éclate, se soldant par la mise hors combat des trois policiers avec la complicité de Mélissa.

Devenus des fugitifs, le trio file à bord de ses camions en emmenant dans son sillage d’autres routiers sympathisants outrés par les brutalités policières.

La belle et peu farouche Mélissa qui se révèle être une journaliste, monte dans la cabine du Duck qui prend la tête de la cavale avec toute la police du comté aux trousses.

Wallace et ses hommes sont semés et ridiculisés dans le désert ou leurs voitures s’abiment mais font appel à d’autres forces de police pour barrer la route des fuyards cherchant à passer au Texas.

Mais le malin Duck parvient à faire plier Jerry Haskins (Seymour Cassel) le gouverneur de l’état en lui révélant transportant des produits chimiques, ce qui l’amène à lever son barrage.

En réalité le mouvement fait boule de neige et une centaine de camions forment alors une file fonçant à vive allure à travers le plus grand état du pays en direction du Mexique.

Alors que Wallace persiste, animé par une rancune personnelle tenace, Haskins se montre plus habile, faisant mine d’engager des pourparler avec le Duck afin de lui donner une tribune.

Mais lorsque les routiers qui ont réussi à établir un camp de nuit à l’abri des forces de police après négociations, apprennent que Mike s’est fait arrêté et tabassé alors qu’il s’apprêtait à rendre visite à sa femme enceinte, le mouvement de contestation reprend de la vigueur.

Préférant l’action au dialogue des politiciens, Duck et ses camions foncent sur la prison pour libérer en force le pauvre Mike et ainsi le relâcher.

Mais la ruée vers le Mexique n’est pas sans encombre et voit une large partie du convoi dont Love Machine bloqué par un accident de la route impliquant des écoliers.

Le Duck se trouve alors face à Wallace et un tank campant devant la frontière.

Melissa descend juste à temps pour voir le camion de Duck exploser alors qu’en réalité, il a usé d’un stratagème pour s’échapper et couler de jours heureux avec sa chère journaliste.

Finalement beau joueur, Wallace lui-même esquisse un sourire …

En conclusion, « Le convoi » est bel et bien un film de brutes s’adressant à un public de brutes.

Animé d’un esprit très seventies avec la contestation de l’ordre établi et notamment les affreux policiers violents et corrompus du sud des Etats-Unis ou les beaux parleurs politiciens, « Le convoi » fait souffler un vent de la liberté si chère aux américains surtout lorsque celle-ci s’accompagne de grands espaces, de grosses mécaniques et d’une bonne dose de violence.

Malgré l’abatage des acteurs, Borgnine en parfait salaud, Kristofferson presque aussi beau que Jim Morrison barbu et Mc Graw jolie brune aux traits délicats et impeccablement bronzée, « Le convoi » peine à s’extraire au delà du niveau 0 de la réflexion et n’a selon moi pas grand-chose à offrir qu’un film d’action plutôt beauf et trainard.

Reste les beaux paysages et une certaine ambiance country qui pourra séduire certains …

Le convoi (Sam Peckinpah)

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 19:01
Feels like the first time (Nirvana)

Comment chacun le sait, l’astre Nirvana a cessé d’émettre et même d’exister par une froide journée d’hiver 1994, lorsque Kurt Cobain se tira une balle dans la tête.

Ce qui bien entendu n’empêche pas le business music de continuer de générer de l’activité et donc du profit autour de la légende de Seattle comme le montre « Feels like the first time » compilation de titres live enregistrés durant les dernières tournées 1992-1993.

Sorti en 2012, « Feels like the first time » début par « Radio Friedel unit shifter » titre puissant suintant la rage sourde enregistré dans le fief du groupe à Seattle.

L’ambiance parait tout de suite explosive et le coté brut de décoffrage, sauvage et incontrôlable de Nirvana saute aux oreilles sur « Drain you » pourtant desservi par un son plus que médiocre.

Cobain lutte s’arrache les cordes vocales, lutte comme un diable sur un « Breed » violent et torturé.

On déraille un peu sur « Serve the servant » particulièrement déstructuré sur lequel le chanteur marmonne entre ses dents plus qu’il ne chante.

Viennent à la rescousse les classiques, « Rape me » parfaite illustration du malaise d’un être transmuté en énergie brute, puis « Heart shaped box » aux velléités mélodiques plus que bienvenues.

Retour au piochage raz mottes avec « Penny royal tea » puissant mais assez pénible à l’écoute, « Scentless apprentice » qui marque la régression absolue jusqu’au niveau le plus primitif avant un « Lithium » enfin plus construit tout en restant incroyablement dévastateur dans ses refrains.

Après la bouillie sonore de « Endless nameless » vient une fournée de titres enregistrées à Melbourne, notamment le pseudo pop déchirant « About a girl » plombé par un son de fin du monde.

Il est particulièrement difficile en pareilles conditions d’enregistrement, d’apprécier le tube « Come as you are » et ce sentiment se prolonge sur le nerveux « Breed ».

Enfin une des ballades les plus douces et populaires de Nirvana, « Polly » que le public peut chanter à tue tête dans un semblant de communion.

La mayonnaise prend bien sur « Lounge act » puissant tout en restant délié et « Love buzz » à la vibration très rock ‘n’ roll.

On ressort le « Lithium » chanté comme il se doit par une foule en délire avant l’extatique duo « Smells like teen spirit » / « Territorial passings » capturés en live au Saturday night live auxquels succèdent deux redites, « Rape me » et « Heart shaped box » au son beaucoup plus propre.

En conclusion, même si « Feels like the first time » surfe peut être un tantinet sur la nostalgie, il n’en délivre pas moins un programme complet de 21 titres, empreints certes de quelques redites.

Le principal mérite de ce live tardif est de rappeler quelle puissance sonore pouvait dégager Nirvana au fait de sa gloire, au cours de prestations scéniques exceptionnelles, ou en véritable punks des années 90, le trio dépassait parfois ses propres limites physiques et mentales.

Violent, rageur, parfois brouillon, souvent déchirant et impressionnant, « Feels like the first time » est à ranger auprès des beaux témoignages live d’un groupe culte des années 90.

Feels like the first time (Nirvana)

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