19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 21:34
Imaginaerum (Nightwish)

Alors qu’on les pensait sévèrement touchés, voir coulés par le départ en 2004 de Tarja Turunen, les Finlandais de Nightwish réussirent contre toute attente leur reconversion en 2007 avec une nouvelle chanteuse Annette Olzon, et tentent en 2011 d’enfoncer le clou avec « Imaginaerum ».

Cet album à la pochette sombre et sobre, débute par « Taikatalvi » courte introduction mollassonne chantée en finnois par le bassiste Marco Hieatela.

C’est donc avec l’arrivée d’Olzon au micro sur « Story time » que débute véritablement « Imaginaerum » fidèle au style caractéristique du groupe, avec la guitare puissante de Vuorinen et les effets grandiloquents des claviers de Holopainen.

Long, dense, épique, mélodique et surtout très accrocheur, « Story time » constitue un lancement idéal pour « Ghost river » au chant masculin beaucoup plus violent pour un résultat au final plus déséquilibré et confus.

Nigthwish corrige immédiatement le tir sur « Slow, love, slow » longue ballade dépouillée rendue agréable par la voix presque blues de Olzon et joue la carte de l’ouverture musicale en incluant de la cornemuse sur « I want my tears back » au charme celtique des plus notables.

Ambiance conte de fée horrifique sur « Scaretale » qui se déroule comme une histoire musicale de plus de sept minutes difficilement passionnantes sur la durée.

On reste dans le grandiloquent avec l’instrumental « Arabesque » à la dynamique puissante, puis calme le jeu avec deux nouvelle ballade la celtique « Turn loose the mermaids » dédiée cette fois aux sirènes enchainée de « Rest calm » franchement pénible avec ses sept minutes affichées au compteur.

Nightwish poursuit sur cette lancée sur « The crow, the owl and the dove » sur laquelle Hieatela module sa voix pour chanter normalement plutôt que de jouer les brutes épaisses.

Le groupe lâche la vapeur dans la phase terminale du disque, avec un « Last ride of the day » néoclassique rapide et enlevé, puis l’énorme « Song of myself » qui le surpasse encore de ses treize minutes ou la voix de Olzon est soutenue par des chœurs puissants, avant un « Imaginaerum » longue plage quasi instrumentale aux vertus apaisantes.

En conclusion, « Imaginaerum » est encore une fois un disque fort riche et respectable.

Certes, Nightwish en fait probablement trop, versant dans la surenchère d’effets et de durée des titres, lorgnant majoritairement vers les six minutes et dépassant couramment les sept.

Mais à vrai dire lorsqu’on apprécie ce style, on ne peut que se régaler, car le groupe en donne pour son argent au fan ou de manière générale à l’auditeur avec une musique épique, faisant office de bande originale de film d’heroic fantasy.

Dernier album avec Olzon, « Imaginaerum » est l’occasion de saluer le court mais remarqué passage de la chanteuse, au style sans doute moins spectaculaire et opéra que Turunen, mais à vrai dire quasi irréprochable dans son registre.

Aujourd’hui, le futur de Nightwish avec une troisième chanteuse, demeure à nouveau incertain, même si après près de quinze ans d’une belle carrière internationale, les Finlandais n’ont absolument pas à rougir de leur parcours.

Imaginaerum (Nightwish)

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 23:06
L'étrangleur d'Edimbourg (Ian Rankin)

Retour au classicisme avec « L’étrangleur d’Edimbourg » premier d’une longue série de polars écossais écrits par Ian Rankine à partir de 1987.

« L’étrangleur d’Edimbourg » narre une enquête d’un inspecteur de police appelé John Rebus, qui a maille à partir avec un tueur de petite ville sévissant à Edimbourg.

Le tueur qui se fait appelé Knot (nœud), le nargue ouvertement en lui envoyant des lettres anonymes ou figurent des croix en allumettes ou des nœuds en bout de ficelles.

Divorcé, père d’une fille adolescente appelée Samantha, Rebus est un homme solitaire assez mal dans sa peau car profondément marqué par son passé dans les forces spéciales britanniques, les fameux SAS.

Flanqué de son adjoint Jack Morton, il est relégué par une hiérarchie tatillonne à faire des recherches papiers sur les précédents concernant les tueurs en série alors que son véritable talent réside justement dans sa faculté à occuper le terrain.

Rebus qui a également des difficultés avec son frère Michael, officiellement hypnotiseur mais en réalité authentique dealer de drogue, ignore que cette série de meurtres est également suivie par un journaliste indépendant, Jim Stevens.

Stevens est lui aussi un solitaire, infatigable homme de terrain, très à l’aise dans les bas quartiers d’Edimbourg dans lesquels il fait jouer ses contacts dans la police ou chez les petits voyous.

En réalité, au fur et à mesure que les meurtres s’accumulent et que la presse amplifie le phénomène, le flair de Stevens lui intime que Rebus est la clé de l’enquête.

Mais Rebus n’a pas cette clairvoyance, englué dans ses problèmes personnels, sa relation avec l’inspecteur Gill Templer avec qui il travaille également et les affreux cauchemars que son passé fait ressurgir.

Au fil de l’enquête, Rankin dévoile peu à peu les ressorts profonds du psychisme de Rebus avec en ligne de mire l’effroyable processus de recrutement de l’élite des SAS, qui consistait à torturer et humilier les soldats sélectionnés.

On comprend que Rebus avait un camarade d’infortune dans ces séances aussi éprouvantes physiquement que psychologiquement, un dénommé Gordon Reeve.

Logiquement les deux hommes déjà amis avant le processus, se sont ressoudés davantage dans l’épreuve, partageant sous le coup de l’émotion des sentiments très forts.

Poussé à l’extrême, Reeve aurait développé une attirance homosexuelle pour Rebus, qui aurait été sauvé in extremis du passage à l’acte par l’intervention de gradés, lui annonçant sa réussite à l’épreuve, tandis que son ami était lui recalé pour ses faiblesses psychiques.

Même si Rebus, écœuré a ensuite quitté l’armée pour rejoindre la police, on comprend que c’est Reeve, qui cherche à se venger de cet échec en enlevant des filles.

Rebus dont la fille a été enlevée par Reeve, doit donc effectuer contre l’avis de sa hiérarchie qui souhaite le mettre hors de l’enquête, une course contre la montre pour la retrouver saine et sauve.

Il fait jouer son flair, arrive à la conclusion que Reeve que Rebus a initié à la littérature s’est fait engager dans une bibliothèque pour pouvoir approcher plus facilement les enfants.

L’homme est démasqué sur son lieu de travail et armé, n’hésite pas à faire feu sur lui.

Blessé à l’épaule, Rebus aiguillonné par l’envie de retrouver sa fille, rattrape toutefois son ennemi et le tue après une lutte acharnée.

Reeve semble accueillir la mort comme un soulagement à ses tourments intérieurs et Rebus peut ainsi retrouver sa fille emprisonnées dans sa demeure.

En conclusion, « L’étrangleur d’Edimbourg » est une classique histoire de tueur en série bien trop prévisible, usant des vieux artifices des énigmes et de l’intime relation entre l’enquêteur et le criminel.

Le personnage de Rebus, ancien militaire hanté par son passé, n’a rien de bien original et met assez peu en empathie le lecteur.

On sera également lassé des visions des flics rustauds coureurs de pubs et de bière, tout comme de celle du journaliste fouineur et tenace.

Rien à signaler donc du coté des polars écossais et on pourra donc calmement passer son chemin …

L'étrangleur d'Edimbourg (Ian Rankin)

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 20:52
Rome, saison deux, épisodes 5 et 6 (Bruno Heller)

Impossible de résister à « Rome, saison 2, épisodes 5 et 6 ».

Dans l’épisode 5 écrit par Mere Smith et réalisé par Alik Sakharov, le jeune Octave (Simon Woods) profite de sa position militairement dominante après sa victoire surprise face à Marc Antoine (James Purefoy), prend place à Rome avec ses légions et négocie à son avantage avec Cicéron (David Bamber) de se faire nommer consul.

Une fois en place, Octave se détache du vieux sénateur en proclamant devant des sénateurs outragés, Brutus (Tobias Menzies) et Cassius (Guy Henry), assassins de son père.

Irrité d’avoir été dupé, Cicéron se retire dans sa villa de campagne et mise tout sur le duo Brutus-Cassius pour renverser le nouveau dictateur.

Octave perçoit la menace et soigneusement conditionné par sa mère Atia (Polly Walker) va retrouver Marc Antoine dans sa retraite montagnarde pour lui proposer une alliance de circonstance face à leurs ennemis communs.

Marc Antoine qui a déjà été rallié de force par le général Lépide (Ronan Vibert) après la désertion des ses hommes se sent lui aussi en mesure de négocier.

Cette alliance est renforcée par la liaison naissante entre Agrippa (Allen Leech) et Octavia (Kerry Condon).

Du coté des bas quartiers stratégiques de l’Aventin, Vorenus (Kevin Mc Kidd) tente maladroitement d’éduquer ses trois enfants mais se heurte à leur haine froide, notamment celle de sa fille Vorénia (Coral Amiga) qui lui reproche d’avoir assassiné leur mère.

Il est vrai que son repère de brigands et les manigances de Gaia (Zuleikha Robinson), qui couche avec lui sans succès pour s’attirer ses faveurs avant de se rabattre, sans plus de réussite sur le numéro 2 Titus Pullo (Ray Stevenson) et le numéro 3 l’ex vétéran de la treizième légion l’ambitieux Mascius (Michael Nardone).

Plus intéressant, l’épisode 6 écrit par Eoghan Mahony et réalisé par Roger Young, montre le duo infernal Marc Antoine-Octave bien influencé par Atia, choisir une liste de noms de sénateurs et notables de Rome à assassiner en tant qu’ennemis mais aussi pour leurs richesses servant à financer la couteuse campagne militaire.

En tant que fidèle serviteur de Marc Antoine, Vorenus est chargé de réunir les chefs de clans dont son rival Memmio (Daniel Cerqueira) pour mobiliser toutes leurs ressources afin d’exécuter les plans de son maitre.

Après une pénible mais inévitable de négociations sur le partage des richesse, Vorenus émet même l’idée osée de donner à manger au bas peuple de Rome afin de redorer l’image des bandes criminelles romaines.

A sa grande surprise, Memmio soutient cette idée mais tisse en secret un plan visant à envoyer un bel homme séduire sa fille Vorena dans un but encore indéterminé.

Pullo est chargé d’éliminer l’ennemi n°1 de Marc Antoine, Cicéron et emmène Vorenus, sa famille et Eirene en piquenique à la campagne avant d’établir sa basse besogne.

L’assassinat de Cicéron est poignant, Pullo tentant de lui témoigner du respect afin qu’il meure dans la dignité.

Son message visant à prévenir Cassius et Brutus de la stratégie établie entre Octave et Marc Antoine est malheureusement intercepté ce qui change probablement l’histoire à tout jamais.

Après ce bain de sang qui coute la vie au père de Jocaste (Camila Rutherford), l’amie d’Octavie sur un simple caprice de Atia, le choc entre les armées semble inévitable.

Brutus se rend compte tardivement de sa situation d’infériorité numérique mais lassé de fuir, convainc Cassius de ne plus reculer et d’affronter leurs ennemis.

La bataille est superbe de violence et émouvante d’émotion, quand Cassius est tué le jour de son anniversaire et Brutus vaincu se jette sur les soldats adverses afin de mourir.

Mais au cours de la bataille, Octave paralysé par la peur n’a pas pu prendre part au combat, laissant Agrippa se montrer à la hauteur de la bravoure d’un Marc Antoine.

Dans un registre secondaire, Timon (Lee Boardman) part en Judée avec son frère activiste pour pousser à l’aide d’actions violentes les juifs à se révolter contre la domination romaine.

Par un curieux concours de circonstances, Atia est également contrainte à recueillir Jocaste, brisée et ruinée par l’assassinat de son père.

En conclusion, « Rome, saison 2, épisodes 5 et 6 » se montre légèrement inférieur aux épisodes précédents.

Après la récupération des ses enfants, les choses sont plutôt calmes du coté de Vorenus, qui piétine dans l’éducation de ses enfants et se vautre dans les pires horreurs du meurtre tandis que Pullo nostalgique de ses années de soldat tourne également comme un lion en cage en aspirant sans doute à mieux.

Parmi les scènes fortes, on trouvera l’assassinat de Cicéron, superbe de dignité et de subtilité et le suicide de Brutus, qui fait preuve ici d’un courage digne des plus grands hommes.

Pour le reste, Marc Antoine est légèrement en retrait, le jeune Octave peine encore malgré ses aptitudes à s’affirmer au cœur des batailles et Atia continue de charmer par sa perversité.

Inutile de dire qu’on attend avec une impatience mal dissimulée la suite !

Rome, saison deux, épisodes 5 et 6 (Bruno Heller)

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 10:40
Rome, saison deux, épisodes trois et quatre (Bruno Heller)

On continue non sans plaisir la découverte de la belle série historique « Rome, saison 2, épisodes 3 et 4 ».

Dans l’épisode 3 écrit par Scott Buck et réalisé par Alain Poul, Brutus (Tobias Menzies) et Cassius (Guy Henry), écartés du pouvoir par la domination outrancière de Marc Antoine (James Purefoy), partent en Bythinie tenter de recruter une armée de mercenaires pour marcher sur Rome et détrôner leur ennemi.

Mais les échanges avec les rois locaux sont difficiles, compte tenu des différences culturelles et si Cassius se montre plutôt diplomate face aux exigences de peuples dit barbares, Brutus très perturbé par son parricide, perd la tête, provoquant les soldats et ayant recours à la purification dans des fleuves pour tenter de sauver son âme.

L’opposition à Marc Antoine se manifeste de plusieurs manières et si Octave (Simon Woods) épaulé par le général Agrippa (Allen Leech) continue de renforcer son armée de vétérans, le courageux Cicéron (David Bamber) tente de combattre le proconsul de l’intérieur en refusant de le servir au Sénat pour assoir de manière légale son pouvoir.

La perfide Atia (Polly Walker) inconditionnellement proche de son amant Marc Antoine au point de renier son fils Octave, ne se doute pas qu’elle est menacée au sein même de sa demeure par un jeune et beau domestique chargée par sa rivale Servilia (Lindsay Duncan) de l’empoisonner en épargnant son ex amante Octavia (Kerry Condon).

Du coté des bas quartiers stratégiques de l’Aventin, Vorenus (Kevin Mc Kidd) devenu le chef de bande le plus redouté, se montre particulièrement rigide dans la résolution d’un conflit d’honneur avec la bande de Memmio (Daniel Cerqueira), réclamant la mort d’un de ses hommes pour avoir eu des rapports sexuels avec un jeune garçon de bonne famille.

Vorenus refuse catégoriquement tout compromis, ce qui provoque une violente altercation avec son ami Titus Pullo (Ray Stevenson) plus ouvert au dialogue.

Bien entendu, la situation dégénère, le coupable est châtré par la bande adverse, ce qui provoque en retour la mise à mort du tueur et la guerre avec le clan de Memmio.

Sentant que son ami souffre toujours de l‘intérieur, Pullo tente de le raisonner mais Vorenus s’emporte lorsqu’il comprend qu’il a tué l’amant de sa femme, imaginant que Pullo a lui aussi couché avec elle.

L’altercation dégénère en violent combat à mains nues et après ceci, Pullo prend la décision de quitter la bande de Vorenus avec son épouse Eirene (Chiara Mastalli).

L’épisode se clôt sur la rébellion de Cicéron qui insulte Marc Antoine au Sénat par message interposé au lieu de le servir et s’enfuit afin de nouer une alliance avec Octave, qu’il juge dépositaire du salut de la République.

Furieux, Marc Antoine lève une armée pour combattre ce jeune rival qui le défie militairement, emmenant avec lui Vorenus.

Dans l’épisode 4 écrit par Todd Ellis Kessler et réalisé par Adam Davidson, le conflit entre Marc Antoine et Octave se solde par un choc à Modène de leurs armées et la défaite du premier, surclassé par les consuls généraux Hirtius et Pansa qui malheureusement décèdent au combat.

Blessé superficiellement et accusant la perte de 6000 hommes, Marc Antoine secondé par Posca (Nicholas Woodson), l’ex esclave préféré de César, continue fièrement de vouloir lutter et décide d’une retraite dans les montagnes.

Pullo qui a appris que les enfants de Vorenus étaient en vie et retenus dans un camps d’esclaves, parcourt le champs de bataille à la recherche de son ami pour lui annoncer la nouvelle et tombe sur Octave, grandi et auréolé d’un prestige nouveau de chef.

Octave honore les liens du passé avec son ancien instructeur et lui délivre un sauf conduit pour circuler dans les lignes plus facilement.

Fidèle et tenace comme un chien de chasse, Pullo retrouve son ami qui malgré l’épuisement du combat et l’abattement de la défaite, reprend vie à l’annonce de cette bonne nouvelle.

Ensemble le duo va trouver Marc Antoine, qui toujours sensible à la qualité de son fidèle Vorenus, consent à le délivrer de ses obligations militaires pour retrouver ses enfants.

Du coté de Rome, Atia échappe par miracle à l’empoisonnement, une de ses servantes goutant le plat qui lui était destiné et tombant raide sous ses yeux au cours d’un exercice de chant particulièrement émouvant.

L’empoisonneur est alors arrêté et torturé par le féroce Timon (Lee Boardman), exécuteur des basses œuvres d’Atia.

Ayant livré le nom de Servilia dans le mince espoir de sauver sa vie, le jeune est exécuté et jeté dans un égout.

De manière assez surprenante, Timon est victime du jugement moralisateur de son frère, un juif de Jérusalem, qui condamne son mode de vie et son asservissement aux Romains.

Il reçoit en retour un réaction brutale et des menaces sous les yeux médusés de son jeune fils, témoin de la scène.

La vengeance d’Atia est terrible. Elle fait enlever Servilia en pleine prière, l’emprisonne chez elle et ordonne à Timon de la faire souffrir lentement avant de la tuer.

Fidèle à son haut rang, Servilia tient tête face aux coups et contre toute attente, Timon écœuré de tant de violence et peut être sensibilisé par les mots de son frère, désobéit pour la première fois, relâchant finalement une Servilia blessée, humiliée, mais encore valide.

De son coté, le duo Pullo-Vorenus arrive jusqu’au camp d’esclaves ou sont retenus les enfants de Vorenus.

Vorenus laisse Pullo, plus habile en négociations palabrer avec le responsable du camp, un brigand sans foi ni loi prompt à torturer et exécuter les esclaves récalcitrants.

Jouant de bluff en invoquant une demande explicite d‘Octave, Pullo arrache une visite des enfants et les découvrent encore en vie, bien que la fille ainée ait été contrainte de se prostituer.

Fidèle à sa réputation sanguine, il tue le maitre du camps et repart avec ses trois enfants, acceptant au final de prendre sous sa protection le jeune fils adultère de sa femme.

En conclusion, « Rome saison 2, épisode 3 et 4 » continue sur son excellente lancée.

Vorenus qui semblait complètement perdu, corrompu et devenu une brute sanguinaire digne des plus grands brigands de l’Aventin, parvient finalement à revenir à plus d’humanité sous l’impulsion de son fidèle ami Pullo, toujours courageux, généreux, habile et brave.

La force de cette liaison d’amitié pourtant mise à rude épreuve par la violence des évènements constitue assurément le point marquant de cette série.

Du coté des hauts sphères, on se réjouit toujours autant de la haine entre les deux maitresses femmes Servilia et Atia, qui se matérialise par une lutte à mort d’une grande cruauté.

La question juive est ici abordée en douceur par l’intermédiaire du revirement de Timon, mais il parait difficile de savoir si elle sera développée par la suite.

Ces deux épisodes brillent également par des scènes d’une beauté inouïe comme la mort de la servante d’Atia, dotée d’une voix de cantatrice ou l’enlèvement de Servilia en pleine séance de prières.

Superbement scénarisé et interprété, « Rome saison 2, épisodes 3 et 4 » se déguste toujours comme un must du genre !

Rome, saison deux, épisodes trois et quatre (Bruno Heller)

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 23:20
Still got the blues (Gary Moore)

Sorti en 1990 dans la foulée de son prédécesseur, « Still got the blues » est un nouvel album de Gary Moore marquant un changement d’orientation musicale vers un virage vers le blues.

Pour arriver à ses fins, le guitariste va recruter des cuivres (trompettes, saxophones), des cordes, un piano, embaucher Nick Hopkins au clavier et même s’attacher les services d’autres guitaristes complémentaires Albert King et Albert Collins.

Avec sa pochette sympathique et vintage montrant une chambre d’adolescent répétant devant un poster de Jimi Hendrix, « Still got the blues » débute par « Movin on » qui présente l’aspect d’un blues rock somme toute assez vivant et entrainant.

Assez rapidement, Moore cède à son péché mignon, reprendre des morceaux de ces bluesmen préférés, ainsi « Oh pretty woman » de A.C Williams plaisant, « Walking by myself » de Jimmy Rogers, plus convenu avec son harmonica et son rythme balisé.

Mais c’est dans le registre de la ballade blues sensuel et languissante que Moore marque des points comme le prouve « Still got the blues » modèle d’un genre … qui me laisse à vrai dire plutôt de marbre.

Les choses bougent un peu plus sur « Texas strut » de facture par ailleurs beaucoup trop classique, avant que Moore ne reprenne son entreprise d’hommage à Maxwell Davies, Saul Bihari et Johnny Watson en reprenant « Too tired ».

On déroule du blues au kilomètre, « King of the blues » composition singeant ses ainés, « As the years go passing by » lancinante reprise de Deadric Alone, toute en lenteur mélancolique à laquelle « Midnight blues » n’a rien à enlever, surclassant même par endroit son modèle par sa douleur tout en retenue.

Le Beatles George Harrison fait une apparition pour reprendre « That kind of woman » ce qui n’empêche pas ce morceau trainard et mollasson d’être ennuyeux comme la pluie.

L’album se termine par deux ultimes reprises, « All your love » d’Otis Rush correct et « Stop messing around » un tantinet plus animée de Clifford Davis et Peter Green.

En conclusion, plus grand succès de Gary Moore aux Etats-Unis, « Still got the blues » est un authentique disque de bleus qui comblera d’aise les fans … de blues et laissera complètement froid les personnes extérieures à ce style si particulier.

L’auditeur profane que je suis ne pourra donc pas adhérer à ce disque insupportablement long à l’écoute lorsqu’on ne goute pas le style ici proposé.

Virage important dans la carrière solo de Gary Moore, « Still got the blues » marque le détachement pour le monde du hard rock et un voyage quasiment sans retour dans celui du blues rock.

Avis aux amateurs … que je ne suis pas.

Still got the blues (Gary Moore)

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 20:42
After the war (Gary Moore)

En 1989, « After the war » de Gary Moore voit le jour poursuivant la production régulière de disques de l’Irlandais durant les années 80.

Avec Cozy Powell à la batterie en sus de son habituelle armée de batteurs : Charlie Morgan, Simon Philipps ou Brian Downey son compère de Thin Lizzy, Moore présente une pochette d’un grande force épurée.

Un court instrumental « Dunluce (part 1) » en guise d’apéritif et l’album démarre véritablement avec « After the war » mid tempo pesant et un peu pompeux qui aurait pu coller au répertoire d’un Yngwie Malmsteen.

On est surpris par le registre franchement heavy metal de « Speak for yourself » aux refrains du reste plutôt agréables qui contraste avec le très soft « Livin’ on dreams ».

Ozzy Osbourne vient prêter main forte au guitariste sur « Led clones » pour un résultat fortement inspiré par le « Kashmir » de Led Zeppelin pas nécessairement des plus réussis.

Moore rend hommage à ses premiers amours, le blues avec « The messiah will come again » reprise instrumentale de Roy Buchanan étalée sur plus de sept minutes puis retrouve une belle inspiration personnelle pour glisser un « Running for the storm » certes peu original mais incroyablement fluide et agréable

Le rock ‘n’ roll vitaminé n’est pas non plus oublié et trouve sa place sur « This thing called love » qui groove comme du Van Halen enchainé de « Ready for love » du même acabit bien que moins réussi.

Le tempo se ralentit pour la fin du disque et « Blood of emeralds » posé sur ses huit minutes trente, évoque les morceaux les plus progressif d’un Iron maiden assagi avant que ne survienne « Dunluce part 2 » instrumental conclusif faisant écho à son frère jumeau de l’ouverture.

En conclusion, bien que moins tranchant et inspiré que « Run for cover », « After the war » n’en est pas moins un album surprenant, majoritairement influencé par le hard rock et le heavy metal.

On comprend mieux à présent l’évolution de Gary Moore, qui sortait dans les années 80 des albums plus durs avant d’évoluer à partir des années 90 vers une orientation beaucoup plus bluesy.

Gary Moore livre donc ici une prestation musclée et sans fioriture en allant lorgner du cotés des spécialistes du rock lourd (Led Zep, Van Halen, Ozzy Osbourne voir Iron maiden), registre dans lequel il demeure tout à fait efficace à défaut d’être particulièrement génial ou novateur.

After the war (Gary Moore)

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 23:09
Run for cover (Gary Moore)

C’est avec un plaisir évident que je vais continuer à explorer la carrière solo de Gary Moore avec « Run for cover » qui en 1985 contribua à sa première percée hors de l’ombre parfois envahissante de Thin Lizzy.

Entouré d’une pléiade de stars du milieu notamment Glenn Hughes de Deep Purple, Bob Daisley ou son compère Phil Lynott à la basse, Neil Carter de UFO en soutien vocal, de Don Airey aux claviers et d’une petite armée de batteurs Charlie Morgan, James Barton et Paul Thomson.

Posant avec fière allure en redingote, Gary Moore débute par un beau « Run for cover » doté de refrains musclées et diablement efficaces.

Alléché par cette entrée en matière, l’auditeur déguste « Reach for the sky » délicieux mid tempo bien ajusté contenant juste ce qu’il faut de clavier vintage des années 80 se mariant fort bien avec le chant plus mélodique du chanteur.

L’apport de Lynott se fait sentir sur le très bon « Military man » sur lequel le bassiste place un chant soutenu contrastant avec le sublime break aérien central.

Le duo renouvèlera l’exploit en le surpassant de toute la classe de « Out in the fields » véritable tube irrésistible chanté à deux voix sur fond de guerre en Irlande du nord.

Entre ses deux titres majeurs, se glisse pourtant une ballade classieuse « Empty room » et « Out my system » mid tempo plus quelconque si on fait abstraction du toucher toujours aussi joli de Moore.

L’Irlandais mène toujours correctement sa barque avec « Nothing to loose » rugueux mais manquant un peu de fluidité, puis passe plus en souplesse à l’aide de « Once in a lifetime » qui lorgne plus vers le rock/hard FM de qualité.

Il est à présent d’aborder la fin de l’album qui se matérialise avec « All messed up » puissant et trapu, avant un « Listen to your heartbeat » également très orienté rock mélodique élégant.

En conclusion, à son écoute on comprend que « Run for cover » permit à la carrière solo de Gary Moore de décoller tant ce disque puissant et emballant est truffé de pépites hard rock ou soft rock.

Très bien entouré et sans trop en faire dans la surenchère guitaristique, Gary Moore bâtit un album intelligent, équilibré et particulièrement plaisant.

Moins orienté blues mélancolique que la suite de la carrière de l’Irlandais, « Run for cover » culmine dans ses deux duos avec Thin Lynott, qui crèvent l’écran, confirmant les résultats impressionnants produits lorsque ses deux génies un peu méconnus de la musique s’associaient.

Je ne peux donc que conseiller cette plongée dans le meilleur des années 80 aux plus férus de rock à guitare(s) d’entre vous !

Run for cover (Gary Moore)

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 09:53
Rome, saison deux, épisodes un et deux (Bruno Heller)

Il était complètement logique que compte tenu de la qualité de la fin de la première saison de la série « Rome », je me rue sur la seconde saison, parue en 2007.

Dans l’épisode 1 réalisé par Tim Van Patten sur un scénario de Bruno Heller, le corps de César (Ciaran Hinds) est encore chaud et ensanglanté au Sénat, lorsque le consul Marc Antoine (James Purefoy) parvient in extremis à sauver sa propre vie en échappant à des hommes de main envoyés par les sénateurs conjurés contre l’avis de Brutus (Tobias Menzies).

Le fils de César a bien du mal à surmonter l’immense émotion engendrée par son parricide et vacille malgré l’aide de sa mère Servilia (Lindsay Duncan) considérée comme l’un des principaux organisateurs de l’attentat.

De son coté, Lucius Vorenus (Kevin Mc Kidd) nage également en plein drame après le suicide de sa femme Niobé et la malédiction qu’il voue à ses propres enfants.

Quittant sa maison, il erre seul et égaré dans les rues mal famées de l‘Aventin, avant de se faire agresser et dépouiller.

Mais le pouvoir à Rome ne saurait rester longtemps vacant et Marc Antoine ragaillardi après le choc de la mort de César, propose une alliance aux conjurés en échange de sa neutralité.

Il se montre très ferme voir menaçant dans les négociations, arrachant un accord forcé à Brutus contre l’avis de Cassius (Guy Henry) et Cicéron (David Bamber) qui souhaitent eux la mort du consul, jugé peu fiable et extrêmement dangereux.

Mais Brutus ne peut se résoudre à un deuxième assassinat et laisse prospérer l’ancien consul qui prend de plus en plus confiance au point de tuer un des hommes ayant cherché à l’assassiné au Sénat.

Il semble pourtant que le jeune Octave (Max Pirkis) responsable indirectement de la mort de César et devenu par la foi du testament de l’empereur, son héritier officiel, soit le principal et logique opposant à Marc Antoine qui bien entendu n’entend pas respecter les dernières volontés de César.

Conscient de la force ce Marc Antoine et de sa proximité avec sa mère Attia (Polly Walker) obligée de se chercher un nouveau protecteur dans le chaos prévisible consécutif à la disparition de César, Octave choisit la voie de la diplomatie pour faire valoir ses droits, sans grand succès dans un premier temps.

Les funérailles de César et Niobé ont lieu quasiment au même moment, la première se traduisant par une lutte à distance pour le pouvoir dans laquelle Marc Antoine plus habile que Brutus à séduire la plèbe par des images fortes et simples sort largement vainqueur, la seconde dans l’inimité et la douleur d’un Vorenus tiraillé par ses tourments intérieurs depuis que ses enfants ont disparu, enlevés par son vieil ennemi Erastes Fulmen (Lorcan Cranitch), principal chef de gang de l’Aventin.

Dans l’épisode 2, Allen Coulter passe à la réalisation sous le contrôle de Bruno Heller.
Titus Pullo (Ray Stevenson) qui coulait de jours heureux à la campagne avec sa nouvelle femme l’ex esclave Eiren (Chiara Mastalli), revient à Rome en apprenant la mort de César et découvre la situation critique dans laquelle son ami Vorenus se trouve.

Tentant de la raisonner, il accepte pourtant de l’accompagner dans une expédition punitive à haut risque contre Fulmen qui a enlevé les enfants de Vorenus.

Le duo ivre de sang ne fait pas dans la demi mesure et liquide la garde rapprochée du chef de gang, qui est surpris aux bains.

Après un interrogatoire musclé, Fulmen lâche finalement que les enfants de son ennemi ont été violés et tués, avant de mourir décapité d’un coup de glaive.

Dans les hautes sphères de Rome, Marc Antoine a clairement pris les reines du pouvoir et contraint Brutus à l’exil.

Servilia résiste et échappe à la mort voulue par son ennemie Attia uniquement par l’intervention d’Octave qui se heurte de plus en plus fréquemment à Marc Antoine au sujet de son héritage.

Une nouvelle donne entre en compte avec l’arrivée à Rome de Cléopâtre (Lindsay Marshal), reine d’Egypte, venue sceller un accord commercial et militaire avec Marc Antoine mais également faire reconnaitre son fils Césarion, né de ses amours avec César, par le nouveau maitre de Rome.

Aiguillonné par la jalousie d’Attia, Marc Antoine refuse tout net la demande de Cléopâtre mais l’invite tout de même à diner.

Participant à la soirée, Attia voue une haine mortelle à cette femme intelligente et séductrice qui tente de manœuvrer pour s’attacher à elle le puissant consul.

Après que la reine se soit retiré, Marc Antoine qui répugne à gouverner et laisse le chaos s’installer dans le quartier de l’Aventin, privé de son chef de gang emblématique, se montre sensible à la requête de Pullo, venu l’aider à remettre sur pied Vorenus, qui se laisse dépérir depuis son raid mortel.

Il se déplace en personne pour secouer Vorenus et faire de lui son représentant dans l’Aventin comme chef des bandes armées qui s’entre déchirent.

Marc Antoine a pourtant fort à faire avec Octave qui lassé d’entendre des vagues promesses, contracte un emprunt sur son nom pour distribuer de larges sommes au peuple et entrer ainsi dans la vie politique.

Une violente dispute éclate donc dans les appartements d’Attia, et Octave frappé par Marc Antoine doit donc quitter Rome et sa mère, qui continue de soutenir son amant.

Légitime et à présent populaire, le jeune homme peut lever une légion et se pose comme principal opposant militaire à Marc Antoine.

Dans la dernière partie de l’épisode, Vorenus requinqué par la venue du consul, réussit avec Pullo à provoquer une réunion des principaux chef de bande et leur impose en usant de promesses de rétribution et de menaces physiques une soumission au forceps.

Mais l’attitude de Vorenus devenu de plus en plus violent et se définissant comme le fils d’Hadès et donc insensible aux autres dieux, déplait à son ami, le brave Pullo qui le soutient néanmoins.

Il ignore que ses enfants n’ont pas été comme l’a dit Fulmen tués, mais simplement vendus comme esclaves …

Devenu puissant et respecté comme le chef de l’Aventin, Vorenus reçoit l’aide de deux précieuses recrues, son ex collègue vétéran de la légendaire 13 ième légion, Mascius (Michael Nardonne) et Gaia (Zuleikha Robinson), ancienne tenancière de bordel aussi belle qu’intelligente.

En conclusion, « Rome saison 2, épisodes un et deux » continue sur sa passionnante lancée.

Après un épisode de transition au cours duquel les principaux protagonistes se remettent des deuils de leurs proches, les forces en présence reprennent leur activité normale, Vorenus se dissolvant dans une quête destructrice de violence aveugle qui l’amène quelque peu miraculeusement à devenir un homme de main de Marc Antoine et surtout le chef de gang numéro un de l’Avenant, tandis que le bras droit de César, homme fort et sans scrupules, prend logiquement le dessus sur des sénateurs divisés, faibles et irrésolus.

Deux données importantes sont ici introduites, l’entrée dans le jeu de Cléopâtre dont les revendications pèsent un certain poids et la montée en puissance du jeune Octave, intelligent et ambitieux, qui enhardi par l’adoubement posthume de César, prend finalement la décision de défier sa mère et Marc Antoine.

Toujours formidablement bien construit sur deux niveaux haut/bas des classes sociales romaines reliées entre elles, « Rome saison 2, épisodes un et deux » continue de séduire, servi en cela par des acteurs incroyablement charismatique, mention spéciale accordée à James Purefoy, parfait de virilité brutale à la Marlon Brando.

Rome, saison deux, épisodes un et deux (Bruno Heller)

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 11:26
Blackthorn (Mateo Gil)

Sorti en 2011, « Blackthorn » est un western atypique de l’espagnol Mateo Gil.

Exploitant une nouvelle fois la légende du bandit américain Robert Leroy Parker plus connu sous le nom de Butch Cassidy qui fut célèbre à la fin du XIX ième siècle pour ses pillages de banques, Gil dresse cependant le portrait d’un homme vieilli, réfugié dans les montagnes Bolivie ou il mène une existence retirée sous le nom de Blackthorn (Sam Shepard).

Un jour pourtant Blackthorn annonce à son compagne bolivienne Yana (Magali Solier) qu’il va rentrer aux Etats-Unis avec toutes ses économies et celle-ci accepte avec résignation la nouvelle.

Malheureusement, en chemin, Blackthorn est attaqué par un tireur solitaire, qui met en fuite son propre cheval, sur lequel étaient toutes ses économies.

Furieux, il prend à revers l’intrus et découvre un jeune espagnol, Eduardo Apodaca (Eduardo Noriega), qui se dit ingénieur des mines et poursuivi par une bande armée après qu’il leur ait volé l’argent de l’exploitation de la mine qu’ils possédaient.

Malgré sa rancœur, Blackthorn accepte de le laisser en vie contre la promesse d’un remboursement de sa perte.

Le duo improvisé fait alors route vers la mine avec à ses trousses une bande de boliviens armés et déterminés.

En parallèle, des flashbacks se concentrent sur la jeunesse de Cassidy (acteur Nicolaj Coster Waldau) et le trio qu’il formait avec le Kid (Padraic Delaney) et la charmante Etta Place (Dominique Mc Elligott).

Vivant sans arrêt sous la menace d’une arrestation, le trio tente d’échapper au détective Pinkerton (Stephen Rea) et ses hommes qui les traque dans tous les Etats-Unis.

Cette partie du récit se déroule en pointillés, poussant le trio à se séparer une fois Etta Place enceinte du Kid, avant que celui-ci ne décède des suites d’une blessure par balle en tenant de fuir à travers les montagnes de la cordillère des Andes pour passer en Bolivie.

Dans le présent, Blackthorn et Apodaca parviennent à récupérer les titres des mineurs volés et cachés au fin fond d’une mine désaffectée, non sans échapper in extremis à leurs poursuivants qui les pourchassent dans les galeries.

Avec de pareils ennemis aux trousses, aucun lieu ne semble sur et le repli stratégique opéré dans la ferme de Blackthorn s’avère insuffisant, lorsque la bande armée envoie deux femmes pour tuer les voleurs.

Les tueuses sont éliminées, mais Yana perd la vie et Blackthorn reçoit un balle dans l’épaule qui l’affaiblit.

Contraint une nouvelle fois à la fuite, le duo n’a pas d’autres solutions que de traverser le désert de sel d’Uyuni ou leurs chevaux perdent rapidement leurs forces.

Blackthorn demande à Apodaca de se séparer pour troubler leurs ennemis mais les deux hommes se retrouvent rapidement contraint chacun de leur coté à combattre face aux tueurs boliviens.

Chacun d’entre eux parvient à s’en sortir vivant mais Blackthorn très affaibli est retrouvé comme mort par son vieil ennemi Pinkerton devenu depuis le consul honoraire des Etats Unis en Bolivie Mc Kinley.

Remis miraculeusement sur pied, le vieux bandit est épargné par Mc Kinley qui le laisse partir, et rejoint Apodaca.

Mais entre temps, Blackthorn a appris que Apodaca a en réalité volé les mineurs qui étaient devenus propriétaires de leur propre mine après un intense bras de fer face à leur patron.

Incapable de supporter cette trahison, il tire dans la jambe de son ancien allié et le laisse gisant dans les montagnes de la cordillère des Andes, face à Mc Kinley et l’armée bolivienne, bien décidée à faire valoir le droit des mineurs.

Apodaca meurt donc tandis que Blackthorn s’évapore une nouvelle fois dans les infranchissables montagnes des Andes.

En conclusion, « Blackthorn » est un western de facture classique, utilisant comme « Impitoyable » de Eastwood, la thématique du vieux bandit usé accomplissant un dernier baroud d’honneur mais se distinguant par une belle réalisation surfant sur les liens entre le passé et le présent.

Construit sur un rythme lent pas toujours des plus excitant, « Blackthorn » a pour principal intérêt/originalité de montrer la splendeur des paysages boliviens, que ce soit le désert de sable d’Uyuni ou les hautes montagnes de la cordillère des Andes, ce qui lui confère une atmosphère plutôt envoutante.

Ceci ne suffit pas à en faire un immense classique du genre, mais au moins à le distinguer de la masse de ce type de de productions se voulant plus modernes.

Blackthorn (Mateo Gil)

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 23:09
Les miroirs de l'esprit (Norman Spinrad)

Comme lecture de plage cette année, « Les miroirs de l’esprit » de Norman Spinrad m’est tombé entre les mains.

Sorti en 1980, « Les miroirs de l’esprit » est une œuvre volumineuse d’un écrivain américain connu depuis les années 60 pour ses écrits de science fiction contestataires.

L’histoire se déroule dans le milieu du cinéma à Los Angeles, ou Jack Weller, jeune réalisateur de second plan, se rêve d’un avenir meilleur tandis qu’il cachetonne pour un sitcom enfantin débile mais diffusé sur une grande chaine à une heure de grande écoute.

Sous les conseils de son ami Bob Shumway également dans le milieu des médias, Jack se rend avec sa femme Annie, actrice également dans l’attente d’un rôle majeur, à une soirée promotionnelle organisée par une des nombreuses sectes de la région, le Transformalisme.

Désireux de nouer des précieux contacts professionnels, Jack se déplace à contre cœur, fermant volontairement son esprit à la propagande discrète mais belle et bien réelle du mouvement symbolisé par son charismatique leader, un dénommé John Steinhardt.

La soirée ne tient pas tout à fait ses promesses sur le plan professionnel pour Jack, mais à sa grande surprise, Annie est plus réceptive au discours transformaliste et décide en toute autonomie de se rendre à des formations ou elle peut à loisir s’imprégner du message diffusé par les disciples de Steinhardt.

Les absences d’Annie se font de plus en plus fréquentes et sa mentalité change progressivement avec un discours de plus en plus calqué sur la pensée transformaliste sensé lui apporter bien être et sérénité.

Sentant le danger, Jack réagit de manière instinctive et cherche à protéger sa femme en la tirant des griffes des instructeurs de la secte mais Annie résiste farouchement et n’hésite pas à tenir tête à son mari.

Sa disparition soudaine le plonge dans un profond désarroi et met son esprit combattif en pleine ébullition.

Privilégiant une approche directe et menaçante, Weller parvient à entrer en contact avec un des responsables du Transformalisme, un dénommé Benson Allen qui reste imperméable à ses menaces et refuse de lui dire ou se trouve sa femme.

Poliment mais fermement éconduit, Weller comprend qu’il s’est attaqué à une organisation puissante, possédant beaucoup d’argent, un service juridique redoutable et surtout de précieuses relations qui rendent l’aide de la police et même des média parfaitement inefficace.

Désespéré, Weller entre en contact avec Garry Bailor, un consultant indépendant spécialisé dans l’aide aux particuliers pris dans des sectes.

Mais tout en l’aidant, Bailor lui propose d’intégrer lui-même la secte afin de découvrir ou se trouve Annie.

Personnage cynique et ambigu, Bailor n’inspire pas grande confiance à Weller d’autant plus que ses conseils se paient contre de fortes sommes mais n’ayant pas d’autres solutions, il finit par opter pour ce choix risqué.

Weller revient donc vers le Transformalisme dans le but de leurrer les instructeurs sur ses intentions mais le jeu est très serré avec un ensemble de tests en forme de jeux de rôles visant à mettre à l’épreuve sa sincérité.

Le mari éperdu comprend qu’il ne ressortira pas intact de l’épreuve qui met à nu ses faiblesses, notamment son terrible sentiment d’échec professionnel.

En parallèle des fortes dépenses engagées pour suivre la formation et payer Bailor, Weller se coupe progressivement de toute vie sociale et supporte de plus en plus mal son travail de réalisateur en le bâclant et se montrant incroyablement irascible.

Licencié et aux abois, Weller retourne voir Allen, qui en position de force, lui propose de travailler pour la secte en réalisation des films de propagande en échange d’avoir peut être un jour le privilège de revoir Annie.

Weller accepte, rencontre Harry Lazlo, un puissant producteur transformaliste qui lui révèle l’étendu des ramifications de la secte, qui possède une multitude de société des médias plus grand public servant à augmenter les profits, brouiller les cartes et à diffuser sournoisement son message.

Séduit par cet homme pragmatique appartenant au même monde que lui, Weller comprend que Lazlo est le principal organisateur de la structure du Transformalisme, tandis que Steinhardt n’était qu’un minable écrivain se science fiction illuminé mais incapable de gérer une organisation aussi complexe.

Mais lorsque affecté à un modeste emploi de cameraman, il découvre les hangars minables qui servent de locaux de production, Weller est atterré par la médiocrité du personnel technique, certes fanatisé par sa tache mais incapable de produire quelque chose de correct.

Si Weller prend en sympathie l’équipe de réalisateur, Georgie Prinz et Sara English, une ex star du porno au physique sculptural, elle aussi puissamment endoctrinée par le baratin de Steinhardt, il doit en parallèle continuer sa formation afin de prouver la sincérité de sa démarche, démarche soigneusement entretenue par l’envoi des lettres d’Annie.

Pour ceci, il est finalement soumis à un interrogatoire serré de Gomez, appartenant à la caste des moniteurs, sorte de police politique chargée de surveiller les adeptes tout en assurant la sécurité interne du mouvement.

Le match avec un homme à l’intelligence aussi acérée que Gomez est indécis et contre toute attente, Weller prend plaisir à ces joutes avec le moniteur, qu’il finit par respecter et admirer.

Profitant d’une inattention du moniteur, Weller parvient à photocopier une liste des contacts du Transformalisme placés dans différentes grandes sociétés ou administrations californiennes.

Nanti de cette monnaie d’échange, Weller envoie des copies de la liste à des hommes de confiance, comme son agent, son oncle et son ami Bob.

Parvenu à franchir l’obstacle Gomez, Weller se voit donc attribué le droit de réaliser des films pour le Transformalisme mais doit en parallèle subir une mesure extrêmement rigoureuse le contraignant à résider dans un centre de la secte afin de prouver une nouvelle fois sa loyauté.

Lâché par Bailor mystérieusement disparu car la situation devenait trop risquée pour un indépendant comme lui, Weller, une nouvelle fois pris à la gorge par cette implacable machinerie, s’enfonce encore plus profondément dans les arcanes du Transformalisme, trouvant plaisir aux changements ressentis dans sa personnalité et perdant toujours davantage de vue les retrouvailles avec Annie.

Il découvre un centre austère ressemblant à une prison ou il côtoie les adeptes les plus fauchés de la secte, devant accomplir des taches élémentaires pour payer les montants élevés de leur formation.

Mais Weller reçoit une opportunité inespérée lorsqu’il se trouve invité à une soirée de Maria Steinhardt, la femme du gourou.

Profitant des conseils avisés de Lazlo qui joue en quelque sorte office de protecteur, Weller séduit Maria, femme mure esseulée adorant croquer les hommes plus jeunes pour assouvir ses besoins sexuels.

Dopé par l’enjeu, Weller se montre un amant incroyable, dominant et baisant Maria qui s’entiche immédiatement de lui.

Assez détachée des activités de son mari, Maria va devenir une alliée précieuse, lui indiquant qu’Annie était retenue dans le centre de recherche new yorkais hyper sécurisé de la secte et appuyant sa demande de réaliser des films pour Steinhardt en personne afin d’approcher sa femme au plus près.

Malgré cette protection, la réaction du chef des moniteurs est cependant terrible, aboutissant au kidnapping de Weller alors qu’il était entré en contact avec Rich Golden, un ex journaliste rendu fou par la secte alors qu’il avait osé s’en prendre à elle frontalement.

Malmené par les gorilles de Torrez, Weller parvient à manœuvrer suffisamment Torrez pour obtenir son transfert à New-York afin de rencontrer après avoir été au préalable copieusement drogué, Steinhardt.

A New-York, Weller se réveille dans une résidence confortable mais hautement sécurisée, fermée sur l’extérieur par des miradors et des fils barbelés, et découvre par Bernstein, un chimiste menant des expériences scientifiques pour le compte de Steinhardt, afin de créer une mixture permettant aux hommes d’atteindre le maximum de leur niveau de confiance.

Cette substance liquide appelée éptifiant, produit des effets bénéfiques sur Weller qui a considère Bernstein comme un scientifique dévoré d’ambition et peu regardant sur l’origine de ses financements.

Mais Bernstein ne constitue qu’une étape intermédiaire avant la vraie rencontre avec Steinhardt, le gourou suprême.

L’homme se révèle sous des dehors d’alcoolique désinvolte, un esprit redoutablement intelligent, cynique et manipulateur.

Apparemment insensible à l’adultère de sa femme, Steinhardt sympathise avec Weller qu’il estime et lui propose d’enregistrer son testament filmé afin de conserver son aura de gourou mystique face aux prédateurs qui après sa mort détourneront à leur profit son mouvement.

Weller qui a entre temps retrouvé sa femme complétement dévouée à la cause du Transformalisme et considère l’avoir perdue à tout jamais, opère au dernier moment un volte face inattendu, menaçant Steinhardt de divulguer la liste de contacts à l’extérieur si il ne le laissait pas partir.

Après une lutte intense face à Torrez, Weller parvient à convaincre Steinhardt de le laisser partir en le mettant sous surveillance périodique afin de jauger de sa dangerosité.

Mieux, il s’engage à favoriser sa carrière professionnelle afin de réparer la perte d’Annie, mais le menace de mort en cas de fuites concernant la secte.

Weller peut ainsi retrouver une vie normale, jouir d’une carrière largement favorisée avec l’obtention d’émissions variées sur des grosses chaines, même si l’ombre de Steinhardt plane toujours de temps à autre sur lui, notamment par les propos étonnamment ambigus de son ami Bob.

En conclusion, « Les miroirs de l’esprit » est un roman 110% californien particulièrement fort, proposant une plongée dans les rouages d’une puissante secte américaine.

On pense évidemment très fort à la Scientologie qui a bien sur capter certaines stars hollywoodiennes, avec une organisation puissamment structurée, reposant sur un processus de conditionnement mental visant à trouver les failles potentielles chez le sujet, à s’y engouffrer pour le déstabiliser afin d’assoir son emprise.

Une fois la victime accrochée, la seconde phase est de provoquer un isolement avec toute personne (amis, famille) capable d’interférer.

Désociabilisé et fragilisé, le nouvel adepte devient donc une proie facile dont toutes les ressources financières sont absorbées, avant qu’il n’accepte de se dévouer corps et âme au mouvement.

Même si l’intrigue de base reste fragile (un homme têtu lutte seul pour retrouver sa femme déjà fortement endoctrinée), la dense construction du roman, les multiples rebondissements et le style clair et puissant de Spinrad font que sa lecture demeure malgré sa durée, tout au long très plaisante.

Par son efficacité, son suspens et son habileté, « Les miroirs de l’esprit » porte en lui marque d’un écrivain reconnu, au talent solide qui sait pertinemment comment mener sa barque et ou emmener le lecteur.

Les miroirs de l'esprit (Norman Spinrad)

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