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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 12:45
Les guerres d'Afrique (Bernard Lugan)

Il y a bien longtemps que je souhaitais m’intéresser à l’histoire de l’Afrique aussi « Les guerres d’Afrique » de l’historien Bernard Lugan est elle venue à point nommé m’éclairer sur le sujet.

Sorti en 2013, ce volumineux ouvrage en quatre grandes parties se propose de balayer toute les guerres de l’immense continent africain de la préhistoire à nos jours.

On commence donc logiquement par les temps les plus reculés jusqu’à -8000 av JC pour se baser sur les peintures rupestres montrant une variété de populations entre blancs à cheveux lisses, hommes à peau foncée non noirs et Noirs.

Déjà les premières guerres arrivent entre races différentes, les Berbères considérés comme Blancs prenant progressivement à partir de -4500 av JC le dessus dans la région du Sahara.

Dans l’Afrique australe, les agro-pasteurs noirs éliminent l’ethnie des San, peuple de nomades cueilleurs-chasseurs au mode de vie diamétralement opposé.

Avec la montée en puissance des pharaons l’Égypte, les écrits apparaissent et permettent de découvrir les différentes guerres qui furent menées contre les autres peuples pour défendre l’Empire ou acquérir de nouveaux territoires vers la Nubie riche en or, conquise en près d’un siècle entre -2000 et -1000 avant JC.

Civilisation pionnière dont la sophistication ne lasse pas de nous étonner encore aujourd’hui, l’Égypte disposa également d’une importante force militaire avec archers, cavaliers, chars et navires.

Impossible également de ne pas parler des récits de l’Antiquité sans évoquer Carthage qui menaça Rome durant trois guerres puniques étalées sur 300 ans, avant d’être définitivement réduite à néant par sa rivale.

Moins connue, une autre lutte opposa les Berbères aux Arabes entre 644 et 750 et se solda par le conquête des premiers par les seconds en profitant notamment de lourdes erreurs de commandements des chefs Byzantins, incapables d’exploiter leurs positions pourtant stratégiquement supérieures.

Conséquence immédiate de cette défaite et du délitement de l’Empire romain d’Orient, la conversion d’un peuple christianisé à l’Islam, religion de leurs vainqueurs, les généraux Hassan Ibn Numan et Musa ben Nusayr.

Lugan passe ensuite en revue les principaux états guerriers d’Afrique, avec en premier lieu le Maroc, dont l’armée très organisée permit au XVI ième siècle aux sultans de repousser une tentative d’invasion portugaise qui avait sous estimé la résistance adverse puis de dominer l’Empire Songhay.

Dotée d’une marine capable de se projeter jusque dans les mers du Nord de l’Europe, l’armée marocaine incorpora plusieurs ethnies comme des esclaves noirs du sud du Sahara, les abids qui ayant atteint le nombre impressionnant de 150 000 hommes, furent massacrés pour la menace qu’ils finirent par représenter.

Difficile également de ne pas parler des puissants empires noirs, comme le Rwanda, peuplé majoritairement de Hutu (90%) et de Tutsi qui combattant à l’arc et à la lance, massacraient sauvagement leurs adversaires, mais surtout les Zulus, appartenant à l’ethnie des Nguni, qui grâce au chef de guerre Shaka bâtirent au XIX ième siècle un véritable empire s’étalant en Afrique du Sud.

Doté d’une armée féroce, disciplinée, mobile utilisant une tactique de déploiement en cornes pour enserrer ses adversaires, Shaka lança un mouvement de broyage appelé Mfecane qui sema la terreur sur son passage, obligeant la populations Sotho d’Afrique du Sud à fuir dans un mouvement jusqu’au Botswana et à la chaine montagneuse du Drakensberg avec des répercussions jusqu’au Mozambique, Zimbabwe, Zambie et Tanzanie.

Au XIX ième siècle, la conquête musulmane fut également une grande force de bouleversement en Afrique Sahélienne, par le biais de chefs religieux des ethnies des Peuls et Toucouleurs qui lancèrent plusieurs jihad aboutissant à la fondation de régimes islamiques imposés au nord du Nigeria, au Mali aux ethnies Bambara et Touaregs et au Soudan par Al Mahdi, victorieux d’une force coalisée égypto-anglaise.

Viennent ensuite deux cas particuliers notables, les Mamelouks recrutés par les Arabes comme mercenaires parmi les plus robustes des populations esclaves d’Europe de l’Est qui finirent par prendre le pouvoir en Egypte avant d‘être définitivement battus par l’armée de Napoléon, et les Boers, ethnie néerlandaise anglophone rebelle d’Afrique du Sud, qui compensa son infériorité numérique par une technique de combat imparable consistant à former une forteresse de chariots appelée le laager, pour vaincre militairement les Zulus et fonder leur propre royaume le Transvaal et l'Orange au nord ouest de l’Afrique du Sud.

Une fois rappelée donc l’aspect belliqueux des royaumes africains vient logiquement la grande vague de conquête coloniale, dont les motifs aujourd’hui discutables, poussèrent les grandes puissances européennes du XIX ième siècle à se partager l’Afrique.

Lugan explique l’incroyable supériorité militaire européenne plus par la division de leurs adversaires africains, certains devenant même leurs alliés pour se soustraire à de sévères dominations ethniques que par la supériorité technique de l’armement.

En premier vient la colonisation de l’Algérie par l’armée française en 1847 après une guerre de plus de quinze ans au cours de laquelle le général Thomas Robert Bugeaud vient à bout du de l'émir rebelle d’origine berbère Abd El Kader en adaptant ses troupes intelligemment au climat algérien.

La France, profitant de sa présence au Sénégal s’établit après une féroce concurrence au Bénin laissant l’immense Nigéria aux Anglais et prend aussi possession du Tchad après avoir défait le redoutable royaume esclavagiste de Rabah.

Les Anglais ont plus de difficultés avec les Zulus, perdant 1300 hommes lors de la cuisant défaite d’Isandhlwana, avant d’adopter les prudentes techniques de combat des Boers et d’infliger d’immenses pertes à leurs adversaires qui chargeaient à découvert.

Peu peu saignés à blanc dans leurs effectifs, les Zulus furent ainsi vaincu en 1879 et leur territoire annexé.

Le Ghana tomba finalement malgré une résistance acharné du royaume Ashanti puis vint le Nigéria qui fut conquis pacifiquement à l’exception du Nord musulman, qui résista jusqu’en 1903.

Les Anglais trouvèrent sans doute leur adversaire le plus redoutable avec les Boers, qui furent soutenus par des contingents des sympathisants de toute l’Europe et même des Etats-Unis.

Les Boers compensèrent pendant longtemps leur infériorité numérique par leur rapidité, leur connaissance du terrain et surtout leur immense courage, avant de capituler face à la puissance de l’Empire britannique dans une guerre particulièrement meurtrière ou on extermina et déporta des populations civiles dans ce qui annonce la violence des guerres mondiales du XX ième siècle.

L’Allemagne se jeta également dans le processus et connut sa part de difficultés en Namibie avec les révoltes des Herero, ethnie esclavagiste qui paya par son extermination les massacres de civils allemands.

Mal préparés, les Italiens virent leurs ambitions se briser face aux Ethiopiens de Ménélik en 1896 et se rattrapèrent par la conquête d’une partie de la Libye face à l’armée Turque.

La troisième partie du livre traite principalement des grands conflits mondiaux du XX ième siècle qui firent de l’Afrique le siège de violents combats entre les forces européennes dominantes de l’époque.

En 1914, les Allemands furent aisément vaincus par les Anglais ans l’Ouest de l’Afrique (Togo, Cameroun) puis cédèrent malgré la valeur du général Lettow-Vorbeck, pris en tenailles par en Afrique Orientale par un mouvement de blocus maritime et d’invasion anglo-portugo-belge déclenchée depuis le Congo et le Mozambique.

En parallèle de guerre de « Pacification » de l’armée française contre les Algériens et les Marocains dans quelques régions insoumises, se déroula entre 1921 et 1925 la guerre du Rif entre Marocains et Espagnols qui se termina par une intervention massive des forces françaises de Pétain qui fit plier Abd el Krim chef rebelle ayant unifié les tribus du Rif contres les troupes colonialistes.

En 1935, l’Italie commandée par Mussolini prend sa revanche sur l’Ethopie en prenant le contrôle du pays.

La Seconde guerre mondiale concentra en Afrique l’essentiel des combat de haute intensité sur la Libye et l’Egypte durant 1940-1942 avec la défaite du général Rommel face aux Anglais, tandis que les Américains et les Anglais commandés par Patton prirent l’Afrique du Nord défendue par des Français.

Pour l’Afrique, la conséquence de la Seconde guerre mondiale fut un immense mouvement de décolonisation qui se solda par de sanglantes guerres.

Dans la années 50, la révolte des Mau-Mau au Kenya, contraignit les Anglais a accorder l’indépendance au pays, puis vint la terrible guerre d’Algérie, qui fit entre 1954 et 1962 des centaines de milliers de morts sur les deux rives de la Méditerranée.

Face à la disproportion des forces entre l’armée française et les rebelles du FLN, ce dernier misa sur une politique d’attentats et massacres sur le sol algérien et français.

Si la France, appuyée par un important contingent de soldats algériens harkis ou spahis (200 000 personnes), fut victorieuse sur le terrain militaire, le Général de Gaulle préféra prudemment accorder l’indépendance à l’Algérie ce qui donna lieu à un douloureux mouvement de reflux des colons vers la France, la formation de l’OAS et d’horribles massacres des Algériens pro-français.

Le Portugal dut comme la France et l’Angleterre accorder l’indépendance à ses colonies : Angola, Mozambique et Guinée-Bissau mais le processus fut beaucoup plus lent en raison de l’habileté des Portugais à jouer sur les clivages entre ethnies locales pour maintenir leur domination sur place jusqu’en 1975.

La dernière partie de l’ouvrage s’interesse aux conflits contemporains soit jusqu’en 2013.

Lugan explique que la plupart des conflits localisés ont d’importantes bases ethniques résultant de la découpe artificielle de l’Afrique par les colons européens qui obligèrent des ennemis héréditaires à cohabiter sur un même territoire et place au second plan les luttes pour les ressources naturelles (pétrole, minerais).

On trouve donc une poussée de fièvre pour le Sahara entre Algérie et Maroc en 1963, puis entre l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie via le mouvement indépendantiste Polisario avec en toile de fond la difficile question de la création d’un état « Sahraoui » censé représenté la mosaique d’ethnies présente dans cette immensité désertique.

Encore aujourd’hui la région du Sahel reste une importante zone de conflit, avec les guerres au Tchad, au Niger et au Mali et au Niger entre ethnies sudistes (Bambara, Malinke, Soninke) et Touaregs du nord, avant la percée islamiste d’Al Qaida de 2012 qui contraignit l’armée française à intervenir pour stabiliser le pays.

Douloureuse fut également la guerre civile algérienne qui ensanglanta le pays durant une décennie (1992-2002) avec la montée du terrorisme islamique du GIA suite à l’éclatement du FIS.

150 000 morts à la clé dont de nombreux civils, des massacres abominables et des attentats jusqu’en France, la destruction du GIA transformé en GSPC, avant l’allégeance à Al Qaida en 2007.


Encore plus près de chez nous, la guerre de Libye en 2011, dans laquelle fut renversée le régime du colonel Kadhafi, qui régnait en maitre depuis 1969, avec l’appui des tribus du Cyrénaïque et de la Tripolitaine.

En 2011, la Cyrénaïque fortement noyautée par les courants islamiques radicaux se soulève et l’intervention internationales orchestrée par la France et les Etats-Unis bouscule l’équilibre des forces, donnant aux insurgés les moyens de vaincre les troupes Libyennes pourtant largement supérieures militairement.

Soumis aux frappes de l’OTAN, Kafadi s’inclina et fut cruellement traqué puis lynché par les rebelles mais cet effondrement entraina le chaos en Libye avec la guerre entre factions berbères, mafieuses, touaregs et islamistes.

Malheureusement la corne de l’Afrique n’est pas non plus épargnée avec la volonté expansionniste des Éthiopiens à majorité chrétienne face aux faibles voisins Érythréens et Somaliens, ces derniers déchirés entre interminables guerres ethniques provoquant l’intervention internationale de 1992 et un cuisant échec militaire pour les USA à la clé.

Depuis 2004, la poussée islamique se fait également sentir en Somalie par l’émergence des Shababs affiliés à Al Qaida, finalement chassé du pouvoir à deux reprises 2007 et 2011 par une force coalisée de l’Union Africaine, meme si la situation reste fragile.

La violence gagne également le Soudan déchiré entre ethnies du Nord (blancs et musulmans) et du Sud (noirs, catholiques et près des puits de pétroles) avec le cas particulier des populations du Darfour, fuyant jusqu’au Tchad les exactions des milices arabes à la solde du pouvoir central de Khartoum contre l’ethnie rebelle Zaghawa.

La Cote d’Ivoire a également droit à un chapitre avec en 2010 l’affrontement entre le président Gbago et Ouattara, ce dernier vainqueur des élections finalement soutenu par l’armée française finissant par renverser son rival, dont les milices s’en prirent aux français présents sur place.

Mais le comble de l’atrocité semble être atteinte avec les guerres civiles, en 1991 au Sierra Leone avec d’abominables massacres commis par le rebelle Foday Sankoh et en 1990-1994 au Rwanda avec le génocide de 800 000 Tutsi par les Hutus, suite à l'attaque des Tutsi qui s’étaient lourdement armés en Ouganda et finirent par prendre le dessus sur les Forces Armées Rwandaises du pouvoir central malgré le soutien de la France.

Lugan pointe clairement la responsabilité du général canadien Dallaire, incapable de bloquer avec ses troupes de l'ONU l’avancée du Front Pour le Rwanda et de stopper la vague de massacres qui en découla.

Poussé par la France, l’ONU réagit enfin en 1994 par la création d’un Zone Humanitaire Sure chargée d’accueillir et protéger les réfugiés.

En conclusion, « Les guerres d’Afrique » est un passionnant ouvrage difficile d’accès pour le novice peu au fait des différents (et complexes) clivages ethniques et religieux d’Afrique.

Très ambitieux il couvre toute l’histoire de l’Afrique, de la préhistoire à nos jours, permettant de comprendre les forces en présence aux différentes époques, depuis l’émergence de puissances militaires dominantes locales en Egypte et Carthage antiques puis zulu, rwandaise, boers et marocaine au XIX ième siècles jusqu’à la situation actuelle soumise à des zones de chaos favorisées par les groupes terroristes islamiques financés par l’étranger en Libye, Mali, Somalie, Nigéria ou Soudan en passant par l’incontournable face de colonisation européenne anglaise, française, portugaise, allemande ou belge détruite par les deux guerres mondiales du XX ième siècle.

On comprend donc que l’Afrique a toujours été un continent régi par des systèmes d’ethnies, tribus ou clans dont l’influence étaient délimitées par des frontières naturelles : déserts, montagnes ou fleuves et que ces ethnies se livraient déjà de cruelles guerres avant l’arrivée des colons blancs qu’on accuse parfois d’avoir provoqué le chaos menant à la situation actuelle.

Difficile donc à la lecture de cet ouvrage orienté conflits, de trouver un pays épargné par de longues années de guerres inextricables rendant impossible toute idée de progression économique et sociale.

On se dit pourtant que l’Afrique recèle un important potentiel et que si l’unité pouvait davantage se faire, elle pourrait jouer son rôle sur l’échiquier mondial …

Les guerres d'Afrique (Bernard Lugan)

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Published by Seth - dans Histoire
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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 09:06
Maitresse (Barbet Schroeder)

Exploration d’un réalisateur franco-suise reconnu mais controversé pour ses films dérangeants, Barbet Schroeder avec « Maitresse ».

Sorti en 1975, « Maitresse » traite d’un thème vieux comme le marquis de Sade (voir l’humanité !) le sadomasochisme, tendance qui avec le succès de « Fifty shades of grey » semble se démocratiser.

Olivier (Gérard Depardieu) débarque à Paris pour avec son ami Mario (André Rouyer) faire de la vente de livres en porte à porte.

En réalité, les deux vendeurs amateurs sont à l’affut de coups tordus et décident de cambrioler un appartement après avoir secouru une jeune femme Ariane (Bulle Ogier) d’un dégât des eaux.

Une fois dans l’appartement, les deux apprentis cambrioleurs tombent sur un étonnant attirail sado-maso et sont pris sur le fait par Ariane qui peut descendre à loisir depuis son logement au moyen d’un escalier rétractile télécommandé.

Tenus en respect par un doberman agressif, les deux hommes sont ligotés.

Olivier est cependant sélectionné par Ariane pour participer à une étrange séance ou revêtue d’une combinaison de cuir moulante, elle maltraite un homme déguisé en femme avec perruque et mini jupe-bustier en cuir.

Olivier est forcé d’uriner sur le malheureux qui y prend visiblement un intense plaisir et se fait de surcroit grassement rémunérer.

Choqué mais attiré par cette expérience, Olivier éconduit son acolyte et invite Ariane à diner.

La maitresse accepte et de retour dans son appartement fait l’amour avec ce jeune voyou viril et rustre.

Le lendemain, le couple part à la campagne en décapotable et Olivier découvre dans une château les activités déviantes de sa compagne qui humilie le propriétaire, un homme d’âge mur déguisé en valet appelé Emile (Tony Taffin) et fouette abondamment une jeune femme complaisamment livrée par son mari.

Inquiet mais excité, Olivier entre dans le jeu pervers et fesses la femme au fessier déjà rougi.

Il déjeune ensuite avec le châtelain dans une ambiance redevenue normale.

La passion amoureuse semble s’installer avec Ariane qui l’installe dans son appartement.

Olivier découvre qu’Ariane gagne sa vie en recevant des hommes et plus rarement des femmes, qu’elle domine et humilie dans l’appartement du dessous transformé en donjon.
Les séance varient suivant les gouts des clients mais recèlent une importante part de mise en scène/scénario.

Les hommes sont grossièrement travestis en prostituées, harnachés, ligotés ou même mis en cage et alimentés par de la pâtée pour chien (!).

Les sévices corporels sont courants, cravache, pinces, chevalet de torture ou aiguilles/clous enfichés dans des parties sensibles du corps (prépuce ou tétons).

Olivier semble accepter le mode de vie d’Ariane mais se braque lorsqu’il découvre qu’elle est sous la coupe d’un puissant proxénète, Gautier (Holger Lowenadler) à qui elle remet d’importantes sommes d’argent dans des terrains vagues.

Incapable de supporter cette domination, Olivier agit par jalousie, pénètre en force dans ses bureaux servant de couverture à un respectable homme d’affaires, le violente et lui extorque sous la menace 10 000 francs.

Après un difficile détour dans un bar et un abattoir chevalin ou il assiste à la mort horrible d’un cheval électrocuté puis vidé encore vivant, Olivier revient à l’appartement en pensant avoir résolu le problème à sa manière, directe et brutale.

Mais la réaction d’Ariane le surprend. Apeurée, elle le met dehors et quitte son appartement sans donner d’explications.

Passé le choc de la surprise, Olivier retire l’argent de leur compte commun à la banque, revient à l’appartement dans l’intention de le donner à Ariane et découvre deux hommes de main de Gautier en train de vider les lieux.

L’altercation est inévitable et Olivier met KO les deux voyous dont l’un pourtant armé de couteau.

Il se rue alors en moto jusqu’au château de Gautier situé à la campagne et découvre Ariane déjeunant paisiblement dans son jardin.

Prise de remords, la jeune femme suit Olivier qui rebrousse chemin après avoir déposé l’argent dans la boite au lettres et les deux amants ont ensuite un accident de voiture après avoir fait l’amour en conduisant.

Superficiellement blessés, ils émergent de la carcasse de la décapotable et marchent ensemble dans la foret, heureux.

En conclusion, « Maitresse » est bien entendu un film sulfureux et parfois dérangeant.

Il correspond à une époque, les années 70 ou la liberté y compris de choquer était très importante, contrairement aux années 2010 ou un repli de façade vers des valeurs morales est observé.

L’univers du sadomasochisme est exploré avec ses codes et son puissant jeu intellectuel consistant à créer des situations de frustration, humiliation ou douleur stimulant le désir.

Ces jeux assimilés par certains à une forme de déviance, sont en réalité réservé à une élite adepte de plaisirs cérébraux plus sophistiqués que le commun des mortels.

Si on peut comprendre que le sentiment de perte de contrôle puisse exciter certains, on ne peut pourtant s’empêcher de trouver pathétiques ces êtres prenant plaisir à être traités comme des larves humaines.

Film choc tourné dans un Paris vieillot aujourd’hui méconnaissable, « Maitresse » brille par l’interprétation magistrale de Depardieu, parfait en petit voyou tombant amoureux d’une femme singulière aux faux airs de Miou-Miou, qui l’initie à un monde sous terrain et secret.

A ne pas mettre devant tous les yeux donc, mais respectable pour les esprits les plus ouverts/curieux.

Maitresse (Barbet Schroeder)

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Published by Seth - dans Erotisme
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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 20:34
Bébé, mode d'emploi (Greg Berlanti)

Changement radical de registre avec « Bébé, mode d’emploi » de Greg Berlanti.

Sorti en 2010, « Bébé, mode d’emploi » est pratiquement un copié/collé de « En cloque, mode d’emploi » sorti trois années auparavant.

Dans cette comédie américaine légère, deux trentenaires célibataires que tout oppose ou presque notamment un premier rendez vous arrangé catastrophique, se retrouvent tuteurs d’un bébé Sophie après la mort accidentelle de ses parents, Peter et Alison Novack (Hayes Mc Arthur et Christina Hendricks).

Holly Berenson (Katherine Heigl) est propriétaire d’une boulangerie et courtise un sémillant client docteur Sam (Josh Lucas) tandis que Eric Messer (Josh Duhamel) est un play boy travaillant dans le milieu du basket ball, jouant de son physique avantageux pour multiplier les aventures.

Faisant fi de leur animosité réciproque, les deux célibataires vont emménager dans la maison des Novack et tenter d’élever au mieux Sophie.

L’apprentissage du rôle de parents va être dur et les doutes nombreux pour ce couple mal assorti et mal préparé avec la pression des voisins s’exerçant : un couple homo George (Andy Buckley) et Gary (Bill Brochtrup) , Josh (Will Sasso) un ancien athlète bedonnant et sa femme blonde entre deux âges et enfin une grosse femme Dee Dee (Melissa Mc Carthy) menant la vie dure à Scott (Andrew Dally) un petit homme sans personnalité relégué à changer les gosses.

Contre toute attente, Eric et Holly vont se piquer au jeu et finir par devenir amants sur fond d’excès alcoolisés et drogués.

Malheureusement, Eric va accepter une promotion à Phoenix et laisser Holly seule qui a renoncé à un projet d’agrandissement professionnel pour se consacrer à Sophie.

Lorsque Eric revient pour Thanksgiving, il trouve Sam installé, la luxueuse maison en vente et fait une scène de ménage à Holly qui regrette amèrement son départ.

Poussée par un étrange revirement de l’assistance sociale Sarah Burns (Janine Groff), Holly court après Eric qui s’apprête à prendre un avion de retour pour Phoenix et le manque, pour finalement le retrouver dans la maison.

L’évidence s’impose donc et un véritable couple se forme donc avec un bébé à la clé.

En conclusion, « Bébé, mode d’emploi » marche sur les traces de « En cloque mode d’emploi » et perd donc en effet de surprise ou en saveur, car l’homme est ici doté d’un physique de mannequin tandis que dans le précédent opus on avait affaire à un geek attachant mais plutôt repoussant physiquement.

Les bonnes vieilles recettes sont donc de mise pour ce divertissement léger et bien interprété, avec cependant parfois l’agaçante sensation de politiquement correct qui ressurgit, Berlanti n’étant pas Appatow.

A réserver donc pour un public relativement peu exigeant.

Bébé, mode d'emploi (Greg Berlanti)

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Published by Seth - dans Humour
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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 10:53
Oblivion (Joseph Kosinski)

Toujours à la pointe, « Oblivion » est un film de science fiction ambitieux de Jospeh Kosinski.

Sorti en 2013, il s’inscrit dans la veine des histoires post apocalypse au cours desquelles en 2077 la race humaine a été détruite après une guerre nucléaire face à des envahisseurs extra terrestres appelés les Chacals qui détruisirent la Lune.

L’humanité triompha mais la planète fut irradiée et rendue inhabitable.

Les survivants s’établirent sur une station orbitale appelé le Tet en raison de sa forme tétraédrique dans le but de coordonner les opérations des derniers terriens avant la grande migration sur Titan.

Jack Harper (Tom Cruise) est l’un des derniers habitants et un technicien chargé de la maintenance des drones sphériques qui surveillent les plateformes de forage maritime chargée de drainer assez d’énergie pour le grand voyage.

Il fait équipe avec Vika (Andrea Riseborough) officier de liaison avec Sally (Melissa Leo) qui supervise leurs actions depuis le Tet.

Jack sillonne le globe terrestre sur un petit appareil hybride entre avion et hélicoptère et peut au gré des interventions descendre à terre pour se déplacer à l’aide d’une moto high tech.

Appelé pour la perte de deux drones, Jack descend dans un ancien bâtiment désaffecté et se trouve agressé par certains Chacals survivants.

Mal embarqué dans un lieu reculé, obscur et humide, il est sauvé par la réactivation d’un drone qui décime ses adversaire à l’aide de canons laser.

De retour au poste de surveillance confortable et épuré, Jack prend un repos bien mérité avec Vika dans leur piscine tandis que le drone récupéré doit être réparé.

Un différent oppose pourtant le couple, Vika désirant partir le plus tôt possible sur Titan tandis que Jack, nostalgique reste très attaché à la planète Terre ou il a tous ses souvenirs.

Au cours d’une autre patrouille, le technicien coupe volontairement le contact avec Vika et se rend dans un lieu secret ou il a aménagé une cabane près d’un lac.

Dans l’isolement de ce lieux montagneux idyllique, il revit sa vie passée en récoltant les objets d’avant la guerre nucléaire comme des vieux disques.

La chute d’une capsule venue du ciel vient bouleverser la quiétude de sa vie et Jack bravant toutes les consignes de sécurité du Tet, se rend sur la zone du crash, découvrant plusieurs survivants dans des capsules.

Jack s’interpose face aux drones qui éliminent les rescapés, sauvant in extremis une jeune femme Julia (Olga Kurylenko).
Persévérant, il fait fi des remontrances de Vika et ramène Julia à la plateforme.

Bien que choquée, la jeune femme se remet et oblige Jack à remettre en cause tout ce qu’il pensait savoir sur l’histoire de la Terre.

La coupure avec Vika semble inéluctable, et le couple Jack-Julia est ensuite capturé par les mystérieux Chacals, en réalité des humains dirigés par Malcom Beech (Morgan Freeman) qui utilisent des armures et des brouilleurs pour échapper aux drones et mener leurs actions terroristes.

Un dialogue tendu s’installe avec Malcom qui informe Jack de sa volonté d’utiliser ses capacités d’interface avec un drone capturé pour lui dérober une pile à hydrogène et la faire exploser à l’intérieur du Tet.

Le technicien refuse malgré la pression de Sykes (Nikolaj Coster Waldau) le lieutenant de Malcom puis se laisse troubler par les révélations de Julia qui lui annonce être sa femme avant qu’on efface sa mémoire.

De retour sur la plateforme, Jack tente de convaincre Vika qui refuse catégoriquement de l’entendre, préférant le dénoncer à Sally qui envoie des drones pour les détruire.

Vika est tuée et Jack/Julia s’enfuient dans leur appareil poursuivis pars trois drones.

Seule l’habileté et l’incroyable manœuvrabilité de l’appareil de Jack leur permet de détruire leur poursuivants, mais leur fuite les fait entrer dans la zone radioactive qui met hors service leur appareil.

Une fois à terre, Jack trouve son double et l’affronte sous les yeux ébahis de Julia.

Il triomphe après un corps à corps musclé et fonce avec l’appareil de son double tandis que Julia blessée agonise.

Par une curieuse coïncidence, l’appareil retrouve une autre plateforme dans laquelle une autre Vika bel et bien vivante finit par lui donner un moyen de sauver Julia.

Le couple rejoint donc les Chacals dans le but de détruire le Tet, mais leur base sous terraine est découverte et prise d’assaut par des drones qui déciment les combattants.

Rompu au combat des drones, Jack est d’un précieux secours tout comme Sykes qui connait le point faible de leur blindage.

Après avoir écarté la menace, Jack fait mine de livrer Julia à Sally, qui accepte de l’accueillir sur le Tet.

Au cours du voyage spatial, Jack écoute la boite noire récupérée dans la capsule de Julia et comprend qu’avant l’holocauste, il formait avec Vika une équipe de spationautes cherchant à mettre hors de danger leurs proches, avant que leur navette ne soit détournée par le Tet.

Dans un ultime réflexe de survie, Jack a libéré la capsule enfermant Julia afin de lui sauver la vie, tandis qu’il a été capturé comme Vika puis utilisé sous forme de clones par les extra terrestres une fois les défenses terrestres éradiquées.

Jack passe les contrôles du Tet en mentant avec habileté puis face à l’intelligence artificielle fait sortir Malcom du caisson pour activer la bombe à hydrogène après avoir cité l’exemple du sacrifice du guerrier Horace dans la Rome antique.

Le Tet est détruit et on retrouve quelques années après Julia élevant seule la fille du couple dans la cabane de Jack dans une Terre reprenant peu à peu vie.

La surprise est donc de taille quand Julia découvre un autre Jack revenu pour la voir.

En conclusion, « Oblivion » est un grand film de science fiction mêlant tout ce qu’on aime dans le genre : scénario ambitieux, complexe, paranoïaque, effets spéciaux impressionnants et esthétisme superbe.

Rien n’est vraiment original ici donc mais toutes les influences habilement réutilisées : extra terrestres, guerre nucléaire, manipulations mentales, clonage et robots.

Le fan du genre en aura donc pour son argent et pourra laisser son imagination explorer à l’infini les superbes variations proposées.

Oblivion (Joseph Kosinski)

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 09:36
Alamo (John Wayne)

En grand amoureux du western, j’ai revisionné avec un immense plaisir « Alamo » de John Wayne.

Sorti en 1960, « Alamo » prend place sur un fait historique, la résistance en 1836 d’une poignée de soldats américains pour défendre un fort face à l’imposante armée mexicaine du général Santa Anna (Ruben Padilla).

En question bien évidemment la guerre d’indépendance du Texas, immense région d’Amérique du Nord possédé par le Mexique mais fortement peuplée par les Etats-Unis

Rapidement le général Sam Houston (Richard Boone) charge le colonel Travis (Laurence Harvey) de retenir les 7000 hommes de Santa Anna en tenant coute que coute un fort isolé près du Rio grande.

Le but est de lui donner du temps de constituer sa propre armée mais lorsque Travis comprend qu’il n’aura qu’une centaine d’hommes à sa disposition, il comprend que le général lui confie une mission suicide.

L’homme très rigide et martial, accepte pourtant sa mission secondé en cela par le capitaine Dickinson (Ken Curtis).

Il prend place dans le fort en ruine pour constituer des défenses et motiver ses troupes en leur cachant une large part de la situation désespérée.

Travis se heurte rapidement à la personnalité du colonel Jim Bowie (Richard Widmark), officier très compétent mais moins porté sur la discipline et grand buveur.

Entre les deux hommes, la situation est rapidement électrique.

Lors d’une virée dans une petite ville non loin du fort, Curtis fait la connaissance du colonel Davy Crockett (John Wayne) et ses hommes, une cinquantaine de combattants potentiels aguerris par des combats contres les Indiens et les Anglais.

Il tente de convaincre Crockett, lui aussi buveur et bagarreur de bar de le rejoindre mais l’homme hésite à engager la vie de ses hommes, préférant courtiser une belle veuve mexicaine Flaca (Linda Cristal) aux prises avec son brutal amant Thimblerig (Denver Pyle) qui souhaite la contraindre à rester sur place malgré l’invasion imminente.

Le ton monte vit entre les deux hommes et Thimblerig surclassé par la valeur de combattant de Crockett a recours a des hommes de main pour le tabasser.

Le colonel se défend avec bravoure mais submergé par le nombre, reçoit l’aide de Bowery pour dérouiller les brutes.

La superbe Flaca se montre reconnaissante avec son héros et lui indique en retour une cache d’armes et de munitions que son amant comptait fournir à Santa Anna.

Séduit par le sympathique Bowie plus que par le rude Travis, Crockett accepte de convaincre ses hommes de participer à la défense du fort.

Le procédé employé est douteux, Crockett utilisant une lettre écrite en espagnol par Flaca en la faisant passer pour déclaration agressive de Santa Anna.

Tout en reconnaissant le mensonge, Crockett arrache l’adhésion des ses hommes, de fiers bagarreurs fermement décidés à rester sur cette splendide terre du Texas.

Mais la love story prend fin lorsque Crockett préfère mettre la jolie veuve à l’abri du combat imminent qui s’annonce.

C’est avec plusieurs fusils et munitions que Crockett apporte alors son aide aux défenseurs déjà soumis à un tir d’un canon à longue portée qui fait des ravages.

Une sortie non autorisée de Bowie et ses hommes permet de détruire le canon mais le raid tourne mal et seule l’intervention de Dickinson permet de sauver la peau de l’intrépide colonel.

A son retour, Travis outré insulte Bowie et menace de le mettre aux arrêts.

S’ensuit une proposition de duel au pistolet une fois le conflit terminé sous l’œil atterré de Crockett.

L’annonce de la mort de la femme de Bowie, emportée par la peste, attenue à peine l’animosité de Travis, tandis qu’elle anéantit le torturé colonel.

Crockett charge le jeune Smitty (Frankie Avalon) d’aller prévenir Houston pour chercher du renfort tandis que la troupe affamée tente une nouvelle audacieuse sortie pour dérober un troupeau de bétail aux soldats mexicains.

Un émissaire de Santa Anna demande que les femmes et enfants soient évacuées avant le conflit qui s’annonce, montrant en quelque sorte l’humanité du général ennemi.

Travis obéit mais Sue (Joan O’Brien) la femme de Dickinson, refuse de quitter son mari et reste avec sa fille à Alamo.

Autre réaction surprenante Nell (Veda Ann Borg) la femme aveugle de Robertson (John Dierkes) un vieux soldat qui aurait pu être libéré pour prendre soin d’elle, demande à ce que son mari reste pour faire son devoir aux cotés de ses compagnons.

Arrivé au camps de Houston, Smitty comprend que le général n’a aucune ressource à leur apporter et préfère revenir au fort plutôt que de sauver sa vie.

Emu, le général pousse en exemple le sacrifice des braves d’Alamo, qui à la veille du choc face aux 7000 hommes de Santa Anna, devisent sur le fait de mourir pour un idéal (la liberté), la vie après la mort, la spiritualité et la religion.

Tous malgré un logique premier mouvement de fuite, acceptent leur destin et font face aux Mexicains chargeant à cheval appuyés par une puissante canonnade.

La bataille est intense, acharnée et les défenseurs luttent jusqu’à la mort au corps à corps, chacun d’entre eux se faisant tuer, que ce soit Travis, Bowie blessé à une jambe et son domestique noir affranchi Jethro (Jester Hairston) ou Crockett qui blessé d’un coup de baïonnette fait exploser la réserve de munition du fort pour causer un maximum de dégâts dans le camps adverse.

Victorieux, Santa Anna laisse finalement partir les seuls survivants Sue et sa fille, en rendant ainsi hommage au courage des défenseurs d’Alamo.

En conclusion, « Alamo » est un de mes films préférés, et peut être mon western préféré à l’exception de la trilogie léonienne.

Malgré un début peut être un peu lent, consistant à exposer les différents personnages et à peut être atténuer la violence des dernières scènes, « Alamo » passionne plus de 50 ans après sa sortie, par son exaltation de l’héroïsme, de la liberté et de la solidarité entre camarades d’infortune.

Porté par la réalisation époustouflante de Wayne, qui insuffle un souffle épique, « Alamo » traite de valeurs universelles, du sacrifice pour un idéal et émeut plusieurs fois aux larmes par ses scènes d’une incroyable humanité, rendant même hommage aux ennemis mexicains, obéissant eux aussi à un code de l’honneur.

Western hors classe, « Alamo » séduira autant par le fond, universel que par la forme avec des scènes spectaculaires et une galerie d’acteurs ultra charismatiques d’une grande beauté (hommes comme femmes).

Un chef d’œuvre doublé d’un régal ! Un de mes films cultes !

Alamo (John Wayne)

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 20:07
Astonishing X-men n°30, irréparable (Greg Pak, Tyler Kirkham, Frank Tieri, Jim Calafiore, Peter David, Pablo Raimondi, Tony Bédard, Paul Pelletier)

On poursuit dans le comic contemporain avec « Astonishing X-men n°30, irréparable » sorti en 2007.

Ici, l’univers des histoires parallèles foisonnent autour des légendaires X-men, ou sous l’impulsion de Greg Pak (scénario) et Tyler Kirkham (dessins), trois sœurs télépathes nommées Mindee, Céleste et Phoebe découvre dans un laboratoire top secret de l’organisation Arme Plus qu’elles ont été clonées par un savant fous nommé le Dr Sublime pour créer une race de super soldats tueurs de mutants.

Les X-men (Cyclope, Colossus, Shadowcat et la Reine blanche) prennent d’assaut le complexe gardé par des robots défensifs qui bien entendu ne pèsent pas lourd face à des mutants aussi puissants.

La Reine blanche semble guidée par les pensées des jeunes filles parfois défigurées et conservées dans d’énormes tubes en verre et découvre avec horreur qu’elles ont toute étés crées en prélevant une partie de son patrimoine génétique.

Elle parvient jusqu’à Céleste déjà prise en charge par un Jake Oh un agent du S.H.I.E.L.D infiltré et libère par télépathie ses pouvoirs latents du Phénix contenus en elle.

Le résultat est une quasi explosion du complexe.

Restés en altitude sur le Blackbird, Wolverine et le Fauve sont attaqués par des clones zombifiés et sont contraints eux aussi d’entrer dans le combat et tentent sans succès d’arrêter Céleste dont les pouvoirs de Phénix sont incontrôlable.

On comprend alors qu’un duel de télépathe entre Céleste et la Reine blanche est inévitable.

De manière beaucoup plus passionnante, la seconde aventure scénarisée par Frank Tieri et dessinée par Jim Calafiore, traite du Fléau, enrôlé dans le camps des super héros avec Excalibur.

En plein questionnement intérieur, l’invincible colosse se rend dans un lieu reculé et dialogue avec le dieu Cyttorak, qui lui rappelle qu’il l’avait choisi en Asie pour son caractère colérique et destructeur, mais que sa récente évolution plus pacifique avec Excalibur l’oblige à le tuer pour lui trouver un remplaçant.

Alors que dans le monde réel Excalibur (Captain britain, Chevalier noir, Dazzler, Sage, Wisdom) affronte des agents ninja gardiens du temple de Cyttorak, Cain Marko affronte donc un prétendant en armure chargé de lui prendre son titre de Fléau et le tue après un combat d’une grande violence.

Bien que victorieux et détenteur à nouveau de son pouvoir, le Fléau est victime de Cyttorak qui expose son passé à Excalibur en expliquant qu’il n’a pas hésité à massacrer un village d’innocents, chose que son prédécesseur un certain Taiko refusait de faire.

Rongé par la culpabilité, le Fléau s’attend à se faire virer du groupe mais est finalement soutenu par le Chevalier noir, qui en revanche quitte lui le groupe pour régler lui aussi des problèmes personnels.

On bascule ensuite avec Peter David (scénario) et Pablo Raimondi (dessins) dans un épisode particulier de Facteur-X, dans lequel l’homme multiple James Madrox enlevé par Locke un scientifique de l’organisation criminelle Hydra afin de le conditionner mentalement pour en faire une arme anti S.H.I.E.L.D.

Mais tandis qu’à Paris, la scultpturale M et la Cyrène fille du Hurleur tentent d’éviter le lynchage d’un mutant, l’expérience tourne mal, Madrox multipliant ses doubles pour tuer les hommes de l’Hydra.

Dans la dernière aventure, Tony Bédard (scénario) et Paul Pelletier (dessins) réactivent le légendaire Proteus, mutant surpuissant capable de prendre possession du corps de n’importe qui pour faire face dans la Terre 616, un monde alternatif aux Exilés (Mimic, Dents de sabre, Bec, Morph, Blink)

Ayant investi le corps d’Angel, une mutante noir américaine, Proteus, s’en prend à sa mère Moira Mc Taggert.

Les héros sont aidés à distance par Heather Hudson qui tente depuis un base high tech de leur donner le clé pour vaincre cet adversaire redoutable mais Proteus intercepte les communication et force Hudson a tout fermer pour ne pas se trouver elle aussi détruite.

Proteus exhume les pires angoisse de chacun de ses adversaires et les torture cruellement, avant que Mimic n’utilise la seule faiblesse de Proteus au métal en se transformant en hybride de Colossus et Wolverine pour le combattre.

La charge ébranle Proteus, blessé par balle par Moira, mais le mutant se reconfigure en abandonnant le corps blessé d’Angel pour prendre celui de Mimic.

Les Exilés affrontent donc un adversaire transformiste capable de bouger aussi vite que Véga, d’être aussi féroce que Wolverine ou de tirer des rafales optiques comme Cyclope.

Proteus domine encore outrageusement ses adversaires puis abandonne le combat et disparait, préférant explorer l’immensité des mondes alternatifs qu’il a pu entrevoir.

Hudson téléporte ses amis dans sa base mais laisse Bec et Angel mourante sur la Terre 616 alors en pleine mutation.

En conclusion, toutes les aventures sont d’un intérêt plus que variable dans ce « Astonishing X-men n°30, irréparable ».

Servi par le graphisme lourd et figé de Kirkham, Pak fait plutôt un flop avec son histoire de base secrète de clones du Phénix usés jusqu’à la corde et malgré le style plus adulte et réaliste de Raimondi, David peine à passionner avec un personnage de sous rang comme Madrox.

Reste bien entendu le morceau de choix, le Fléau dont l’évolution au sein des britanniques d’Excalibur permet une passionnante exploration de son passé et des liens qui l’unissent avec son dieu, le ténébreux Cyttorak.

Cette aventure magistralement dessinée par Calafiore, met parfaitement en lumière un personnage sortant de son rôle de brute épaisse pour présenter un visage plus complexe et torturé.

Enfin, on goutera avec un certain plaisir le retour du maléfique Proteus, super criminel crée par Chris Claremont et de John Byrne, même si les artistes prenant la relève en 2007 sont loin d’atteindre le génie de leurs prédécesseurs.

Ultime constatation donc, les anciens personnages charismatiques (Fléau, Proteus) sont les seuls capables de maintenir à flot cet énième spin-off des X-men !

Astonishing X-men n°30, irréparable (Greg Pak, Tyler Kirkham, Frank Tieri, Jim Calafiore, Peter David, Pablo Raimondi, Tony Bédard, Paul Pelletier)

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 13:00
Le dernier trappeur (Nicolas Vanier)

Hiver oblige et profondes envies de ski/neige à la clé, j’ai visionné « Le dernier trappeur » du réalisateur aventurier Nicolas Vanier.

Sorti en 2004, « Le dernier trappeur » est un documentaire sur Norman Winther qui vit dans les Montagnes rocheuses canadiennes comme le vivait les trappeurs du XIX ième siècle.

Dans un cadre majestueux et splendide, l’homme se déplace en canoë sur les rivières et à cheval ou en traineau tiré par ses chiens, de vigoureux et fascinants huskies.

Il pêche et chasse pour sa substance, s’alimentant en nourriture mais également en peaux qui va périodiquement vendre dans la ville les villes les plus proche à Dawson ou Whitehorse.

Mais difficile de faire sans la civilisation au XXI ième siècle et la poussée des compagnies forestières chassant les animaux ne tarde pas à le pousser à déménager avec sa compagne indienne Nebraska.

Une fois trouvé un nouvel emplacement favorable, le couple bâtit de ses propres mains sa maison à base d’immenses arbres ponctionné dans les immenses forets voisines.

Le travail de charpentier/menuisier parait éreintant mais ne semble pas rebuter les deux courageux (ou inconscients) qui finissent par arriver à leurs fins.

Avant de partir à la ville faire des achats, Norman laisse les chiens à sa femme qui tire également profit d’une énorme carcasse d’élan placée en hauteur pour assurer leur substance ainsi qu’aux chiens.

En réalité, Norman se pose des questions existentielles car son mode de vie à la rude est menacé par le manque de rentabilité de son activité.

En ville pendant qu’il traite de ses affaires, un de ses chiens est tué par une voiture et remplacé par une jeune chienne, rapide mais qu’il juge pas assez robuste pour tirer un traineau.

Après être rentré chez lui en hydravion, Norman découvre que Nebraska souhaite entrainer la chienne pour la rendre apte au service.

L’hiver est arrivé et la neige épaisse qui recouvre la terre rend les déplacements en traineau indispensables.

Devant se rendre chez son ami Alex (Alex Van Bibber), Norman tombe dans l’eau glacée après que la glace trop fragile ne cède sous le poids de son traineau.

Mal embarqué, il ne doit la vie sauve qu’à la jeune chienne qui fait revenir le traineau sur ses pas pour qu’il le saisisse et sorte de ce piège mortel.


Reconnaissant, Norman change d’opinion sur la chienne et après avoir longuement discuté avec Alex, revient finalement en passant par des chemins enneigés particulièrement dangereux sur lesquels son traineau verse plusieurs fois.

Après une dernière virée à Dawson pour vendre ses peaux, se détendre dans un bar ou il boit et chante avec d’autres rudes canadiens, Norman, rejoint Nebraska dans leur maison en bois.

En conclusion, « Le dernier trappeur » est un documentaire fascinant sur le mode de vie aujourd’hui oublié des trappeurs à l’ancienne, qui vivaient en autarcie et n’allaient en ville qu’une ou deux fois par an.

La splendeur des montagnes canadiennes ne peut que charmer avec ses colossaux grizzli tenus en respect par la meute de chiens, ses lynx mystérieux, ses élans haut sur pattes, et ses loups à l’aspect inquiétant qu’on croise au détour d’une foret enneigée.

Peu importe si le scénario soit inexistant, seule ici compte la puissance visuelle des images et le choc qu’elle provoque sur le téléspectateur littéralement transporté dans un autre monde, celui des trappeurs du Yukon tel que l’a décrit Jack London, dans ses livres qui je l’avoue m’ont toujours fasciné depuis mon enfance.

Le dernier trappeur (Nicolas Vanier)

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 22:41
Faites sauter la banque ! (Marc Fiorentino)

Sorti en 2014, « Faites sauter la banque ! » est un livre de l’ex banquier d’affaires Marc Fiorentino qui fit l’année dernière grand bruit.

Ce court ouvrage de vulgarisation se propose dans un style percutant de décrypter les mécanismes mis en place par les banques pour faire de l’argent sans justification sur le dos de leurs clients, jugés dans l’ensemble trop passifs pour réagir.

Dans la première partie, Fiorentino rappelle les définitions et les grands principes sensés définir les activités des banques de détail par opposition à celles des banques d’affaires : collecter les dépôts, gérer les moyens de paiement et accorder des prêts.

Il tente donc de battre en brèche les idées préconçues des Français qui légitimement apeurés par la complexité du fonctionnement des banques et par la toute puissance supposée du banquier, craignent plus que tout de changer et restent par habitude au sein du même établissement sans se rendre compte qu’ils y perdent financièrement.

Le style musclé, incisif tente de bousculer le lecteur pour désacraliser la banque et la considérer tel un commerce comme les autres.

Un petit historique rappelle que les banques notamment par les investissements irresponsables des subprimes en 2008 puis par la crise grecque en 2012, ont bénéficié d’interventions massives des Etats pour les soutenir en vertu des principes du « les pertes sont nationalisées, mais les bénéfices sont privatisés » ou du « trop gros pour tomber »

Les liens incestueux entre politiciens et banques rappellent également que les banques profitant d’un système mondial ultra libéral, retombent à chaque fois sur leurs pieds.

Cependant, la crise des subprimes ayant restreint leurs activités spéculatrices, les banques se recentrent sur leurs clients pour compenser leur baisse relative de bénéfices et inventer sans cesse des frais imaginaires comme les obscurs « frais de tenue de compte ».

Mais dans ce domaine, les banques traditionnelles se heurtent à des rivaux de taille : les nouvelles technologies qui permettent via la dématérialisation et le jeu de la concurrence de contourner les stratagèmes mis en place et de faire ainsi des économies substantielles c’est-à-dire jusqu’à 2000 euros d’économie par an.

L’arme absolue dans ce domaine semble être Internet qui via son offre de sites de comparaison de banques entre elles, permet d’orienter le client vers un établissement plus avantageux en fonction de ses habitudes.

Cette démarche amène à se poser la question de la rationalisation de besoins et dans cet exercice il s’avère que posséder un compte en banque et une carte de crédit s’avère nécessaire, mais encore faut il choisir une carte avantageuse économiquement, sachant que sur les banques en ligne ces cartes sont gratuites.

Assez inévitables les couts des virements et prélèvements peuvent également être réduits voir offerts par les banques en ligne.
Des techniques sont présentées pour éviter le découvert, véritable gouffre financier, qu’il soit par négligence, ponctuel ou structurel.

La troisième partie du livre se consacre aux placements, passant en revue toutes les possibilités les plus simples (Livret A, Livrets Développement Durable), aux plus complexes (Comptes à termes, Plan Epargne Actions, Fonds de Placement) en passant par les traditionnels Plan d’Epargne Logement, Compte Epargne Logement et Contrat d’Assurance Vie.

Une fois encore le recours à Internet est requis pour les Livrets non réglementés aux taux nettement plus rémunérateurs et les Contrats d’Assurance Vie pour éliminer les frais de versements, de retraits ou de gestion pouvant monter jusqu’à 3%.

La conclusion est la même pour les PEA et les Fonds de Placement pour lesquels les offres en ligne sont plus avantageuses question rendement et des outils comme le calculateur de l’Autorité des Marchés Financiers permettent de comparer les frais des différents opérateurs.

Pour les livrets réglementés par l’Etat ou les Comptes à terme le choix d’une banque classique apparait en revanche toujours pertinent.

Avec la quatrième partie, vient la délicate question des crédits de plus en plus difficiles à obtenir pour de simples particuliers non fonctionnaires, sans apport personnel et même souvent sans CDI.

Là encore, Fiorentino préconise de passer par un courtier qu’il soit online ou offline pour comparer les offres des banques et obtenir les meilleurs taux.

On peut même pousser la négociation jusqu’à contracter sur une durée d’un an, une assurance indépendante de l’organisme de crédit, afin bénéficier de la loi Hamon de 2014 et ainsi faire de nouveau jouer la concurrence pour faire baisser le cout important de l’assurance emprunteur.

L’exercice de mise en concurrence s’applique également pour les crédits à la consommation avec l’appel à des organismes spécialisés hors périmètre bancaire.

Après avoir exploré les services bancaires alternatifs comme ceux proposés par les bureaux de poste, la grande distribution ou l’automobile intéressants pour les clients fidèles et faire un curieux distinguo pour la Banque Postale, plus soucieuse selon lui de ses clients fragiles en raison des ses vestiges de service public, Fiorentino place enfin son attaque en publiant un classement des banques les plus et moins chères suivant les profils clients : cadre, cadre supérieur, employé, retraité, étudiant, commerçant ou chef d’entreprise.

Sans surprise les banques en ligne caracolent dans le peloton de tête et que ce soit sur ING direct, Fortuneo, Boursorama, Monabanq voir Hellobank, Fiorentino donne son assentiment pour oser le changement de manière préférentiellement progressive puis pousse encore plus loin ses raisonnements en se projetant dans un futur dominé par la technologie ou tout serait centralisé sur un téléphone portable avec la domination des géants américains comme Google, Amazon, Apple voir Facebook.

Fiorentino y voit donc à terme la disparition des banques traditionnelles, trahies par l’inutilité de leurs conseillers bancaires, le peu d’attractivité de leurs services et leurs couts de gestion élevés.

La huitième et dernière partie du livre propose un plan d’action étape par étape pour changer de banque en prenant le lecteur par la main au point de lui pré-rédiger sa lettre de résiliation.

En conclusion, « Faites sauter la banque ! » est un petit livre audacieux faisant office de véritable bâton de dynamite dans le monde feutré des banquiers.

Dans un style clair, direct et très voir trop pédagogique, Fiorentino se pose en véritable conseiller indépendant soucieux d’obtenir les meilleurs avantages pour ses lecteurs/clients.

L’analyse est pertinente, percutante et met en évidence l’intérêt de rationaliser ses besoins propres et de faire jouer la concurrence en misant sur les nouveaux services offerts par les banques en ligne.

Ce constat trouve un véritable écho lorsqu’on le met en miroir avec la réalité des services bancaires traditionnels : agences quasiment inutiles, conseillers fantômes sans cesse renouvelés plus commerciaux que conseillers, faible attractivité des offres et contrats incompréhensibles visant à placer des facturations pour services imaginaires.

Bien que goutant assez peu le monde de la finance, je n’ai pu qu’être réceptif à ces conseils d’utilité publique.

Reste ensuite le courage de les appliquer et d’oser finalement considérer « Mr le Banquier » comme un commerçant comme les autres et à aller voir ailleurs si insatisfait.

Dans ce domaine, il apparait que la fortune sourit aux audacieux …

Faites sauter la banque ! (Marc Fiorentino)

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 12:14
Jarhead (Sam Mendes)

Nous changeons à présent d’univers avec « Jarehead » film américain de Sam Mendes.

Sorti en 2005, « Jarhead » est une adaptation des mémoires de l’ancien Marine Anthony Swofford incarné ici par Jack Gyllenhaal, qui a participé à la première Guerre du Golfe, durant l’année 1990-1991.

Après avoir renoncé à aller à l’Université pour suivre des études supérieures, Swofford suit par tradition familiale le difficile apprentissage de la vie de Marines, avec un processus de conditionnement physique et mental particulièrement éprouvant.

Pris en main par le Sergent Siek (Jamie Foxx), il apprend à surmonter sa peur, ramper et tirer au fusil d’assaut.

Lorsque Saddam Hussein envahit le Koweït en 1990, les Etats-Unis réagissent et déclarent la guerre à l’Irak.

L’opération « Tempête du désert » est alors déclenchée avec l’envoi de troupes au sol, notamment les fameux Marines de Swofford, qui comprennent qu’ils vont réellement devoir faire la Guerre.

Dans une ambiance virile et brutale, Swofford et ses camarades se rendent sur place pour s’acclimater au désert Saoudien en vue de leur intervention en Irak.

Rapidement chauffés à blanc par la fournaise, le stress,l’inactivité et de curieux médicaments expérimentaux qu‘ils ingèrent pour se protéger des armes chimiques, les Marines qui ne rencontrent que des bédouins, perdent peu à peu les pédales à l’instar de Fowler (Evan Jones) agressif et stupide ou le fragile Fergus (Brian Geraghty) qui met le feu par inadvertance au campement pendant une fête de mauvais gout ou les hommes boivent, dansent et se déguisent.

Chargé de monter la garde, Swofford écope de punitions humiliantes comme nettoyer les latrines ou purger son alcool en plein soleil sous les yeux consternés de la troupe.

Le manque de femmes pousse également les Marines a fantasmer sur les photos de leurs petites amies respectives aussi lorsque Swofford apprend que la sienne, Kristina (Brianne Davis) le trompe, se montre t il très affecté.

Heureusement Siek veille à le soutenir et décide de mettre la troupe en marche après avoir subi un premier bombardement irakien.

En réalité, les Marines découvrent qu’ils n’ont qu’un rôle de figuration, car c’est l’aviation qui fait l’essentiel du travail avec quelques fois des ratés comme des bombardements erronés sur leurs propres troupes.

L’avancée dans le désert les fait découvrir le résultat des bombardements avec des corps calcinés engoncés dans des carcasses de bus ou de voitures.

Toujours sans avoir tiré le moindre coup de feu, les Marines reçoivent l’ordre de nettoyer les puits de pétroles mis en flammes par l’armée irakienne.

Swofford souffre dans cette atmosphère de pétrole saturant l’air et est révulsé par la vision de cadavres, au contraire de Fowler qui en éprouve un plaisir malsain.

Arrivés à proximité d’un poste de commandement irakien, les Marines reçoivent l’ordre par un colonel Kazinski (Chris Cooper) d’abattre un gradé du camp adverse.

Swofford,son ami Chris Kruger (Lucas Black) et Fowler prennent alors place comme tireurs d’élite pour abattre leur cible mais sont une nouvelle fois stoppés par un sous officier qui leur ordonne de ne pas tirer pour laisser l'aviation bombarder la zone.

Malgré leur frustration, les Marines obéissent et reviennent vers leur camp pour fêter la fin de la guerre, toujours sans avoir tiré un seul coup de fusil.

Le retour à la vie civile est dur pour les Marines, Swofford perdant sa petite amie et la plupart d’entre eux trouvant des boulots alimentaires.

Pourtant malgré le changement de contexte et le retour à une vie normale, Swofford reste hanté par son séjour en Irak ..

En conclusion, « Jarhead » est un film atypique, éprouvant, démythifiant le rôle des Marines employés durant la Guerre du golfe à des taches annexes tandis que les avions liquident l’armée de Saddam Hussein.

On y découvre des hommes sous pression qui sous des dehors de brutes viriles sont en réalité rongés par des sentiments de frustration et d’inutilité.

Volontairement rebutant sur la dureté de la vie militaire vue au travers d‘un homme trop fragile psychologiquement pour la supporter sans dommage, « Jarhead » reste une œuvre pénible et douloureuse à regarder, qui ne m’a guère enchanté !

Jarhead (Sam Mendes)

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 10:15
X-men extra n°77, enfant de la terre (Duane Swierszynski, Mile Deodato, Christopher Yost, Koi Turnbul, Mike Benson, Roland Bochi, Macon Blair, Vasilis Lolos)

2009 à présent avec « X-men extra n°77, enfant de la terre » dans lequel officient Duane Swierczynski (scénario) et Mike Deodato (dessins).

Le duo d’artistes plonge ici Wolverine au fin fond d’une ville perdue du Nouveau Mexique à la recherche d’une monstrueuse créature à l’apparence d’un coyote géant.

Lorsque le plus bourru des X-men arrive sur place, il découvre que la population de la ville a été décimée car l’animal est capable de tuer en produisant un hurlement strident.

Surmontant l’intense douleur que lui inflige l’animal à chaque hurlement, Wolverine lutte du mieux qu’il peut et parvient à échapper de peu à une première attaque en le blessant superficiellement.

Errant dans la ville, Wolverine rencontre une vieille femme dont la surdité naturelle a mis à l’abri des effets du cri du Coyote et qui lui explique les origines de l’animal dans d’anciennes légendes visant à venger le martyr des indiens d’Amérique.

Mieux préparé, Wolverine revêt son costume d’X-man et affronte une seconde fois le Coyotte dans une ambiance de duel de western.

Le combat est à l’image des deux protagonistes, violent et bestial.

Bien que blessé, Wolverine prend finalement le dessus, ouvre le ventre de la bête et découvre un enfant indien dont le cri à bout portant est insupportable.

Ceci ne l’empêche pas de le tuer d’un coup de griffe non sans éprouver une certaine empathie pour le sort du malheureux.

L’aventure suivante réalisée par Koi Turnbull sur un scénario de Christopher Yost, montre Wolverine capturé après avoir voulu porter secours à Hope Abbott dite Trance, une jeune mutante kidnappée par un énorme robot de métal appelé Peter obéissant aux ordres d’un robot plus petit appelé Nanny.

Soumis à une énorme puissance de feu, Wolverine a finalement le dessous et se retrouve lui aussi détenu dans une capsule par Nanny qui désire le renvoyer à l’âge infantile.

Heureusement, Trance libère ses pouvoirs, ce qui permet à Wolverine de se libérer et d’avoir cette fois le dessus sur Peter, dont il découpe l’armure à coups de griffes.

Nanny s’enfuit avec son garde du corps blessé, laissant Wolverine et Tance atterrir en sécurité.

La suite dessinée par Roland Boschi sur un scénario de Mike Benson, montre un Wolverine séduit comme dans un film de James Bond par une superbe inconnue dans un luxueux bar de nuit New-yorkais avant de finir drogué et enlevé par des trafiquants d’organes qui jettent son corps dans un fleuve après l’avoir mutilé.

Le pouvoir auto guérisseur de Wolverine lui permet de se reconstituer dans la douleur et de revenir ivre de rage contre ses ravisseurs.

Le mutant tue, découpe les médecins véreux et hommes de main qui n’en croient pas leurs yeux face à cette improbable résurrection, puis retrouve finalement la séductrice qu’il contraint à emmener les organes de son patron dans un hôpital.

On termine par un curieux digestif concocté par Macon Blair (scénario) et Vasilis Lolos (dessins) dans lequel Wolverine cherche à retrouver le fils d’un capitaine de police enlevé et drogué à mort par un baron de la drogue, Silva.

Wolverine pénètre en force chez le trafiquants, éliminant les gardes et se heurtant à trois freaks de cirques, un homme à échasse lanceur de couteau, une cracheuse de feu et une brute épaisse.

Bien que dur, le combat se solde par la mort des trois freaks, d’un docteur ripou et Wolverine poursuit sa recherche sans pouvoir arrêter le processus conduisant à la mort de l’enfant, abrégée par un coup de griffe bien placé.

En conclusion, « X-men extra n°77, enfant de la terre » taille encore a part du lion à Wolverine, la méga star des X-men et plus généralement de Marvel.

L’aventure au Nouveau Mexique dans une ambiance de western horrifique est de loin au dessus du lot et la violence de celle du trafic d’organes aux Etats-Unis force également le respect par sa radicalité.

Les autres parties demeurent pour moi largement négligeables, avec le ridicule du petit robot infantile Nanny et les dessins d’une grande laideur de Lolos pour une aventure marquée également par sa violence extreme.

L’ensemble tient au final la route, malgré quelques facilités.

X-men extra n°77, enfant de la terre (Duane Swierszynski, Mile Deodato, Christopher Yost, Koi Turnbul, Mike Benson, Roland Bochi, Macon Blair, Vasilis Lolos)

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