24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 21:37
After hours (Martin Scorcese)

Malgré son immense carrière, Martin Scorcese n'a en ces colonnes curieusement que peu d’articles consacrés à son abondante filmographie.

En 1985, le réalisateur est déjà au firmament avec des chefs d’œuvre comme « Taxi driver « et « Raging bull » et sort « After hours ».

Film habile et original, « After hours » raconte l’histoire de Paul Hackett (Griffin Dunne) informaticien à New-York qui ayant rencontré Marcy Franklin (Rosanna Arquette) une jeune femme dans un snack, décide sur un coup de tête de lui rendre visite à près de minuit.

Paul se rend donc dans Soho chez Kiki Bridges (Linda Fiorentino) la colocatrice de Marcy, une artiste spécialisée dans la sculpture à base de papiers.

Aussi sexy qu’excentrique, Kiki trouble l’informaticien qui se sent puissamment attiré par elle, avant que Marty revienne finalement.

Mais la jeune femme se montre déroutante jusqu’au bout et refuse de coucher avec lui, ce qui irrite Paul qui quitte finalement l’appartement.

Dans la rue, une pluie battante l’assaille et comble de malchance, Paul n’ayant pas assez d’argent sur lui pour prendre le métro, se heurte à la bêtise d’un employé zélé.

Trempé et désorienté, il trouve refuge dans un bar ou végète June (Verna Bloom) une serveuse entre deux âges, désespérée de sa vie.

Tom (John Shord) le barman, se montre plutôt sympathique et bienveillant, acceptant Paul sans le sou et lui propose même d’aller vérifier l’alarme chez lui en raison des cambrioleurs qui rodent dans le quartier.

Paul accepte l’offre et lui remet ses clés en guise de gage.

En chemin, il croise Neil (Cheech Marine) et Pepe (Tommy Chong) et , les deux cambrioleurs qui tournent dans le quartier dans leur vieille camionnette.

Après avoir rempli sa mission et s’être justifié auprès des voisins de Tom qui le prennent pour le cambrioleur, Paul retourne au loft de Kiki et la trouve en pleine séance sado-maso avec Horst (Will Patton).

Kiki et Horst lui font la morale puis quittent l’appartement, laissant Paul seul avec Marcy, dont le corps git inanimé après un suicide.

Paniqué, Paul appelle la police puis quitte lui aussi l’appartement pour récupérer ses clés chez Tom malheureusement absent.

Il recroise June qui décidément entichée de lui ou désespérée, l’invite chez elle.

Paul accepte par politesse mais ne sent aucunement attiré par June, un peu simplette et finit par négocier de la quitter en échange de la vague promesse de la revoir.
Malheureusement les choses ne s’arrangent pas pour Paul qui est cette fois bel et bien pris pour le voleur du quartier.

Paniqué, Paul tente de retrouver Julie et Horst et entre dans une boite de nuit punk ou il manque de se faire raser la tête.

Alors qu’il tente sans succès de prendre un taxi pour rentrer chez lui, Paul est blessé superficiellement par Gail (Catherine O‘Hara) une vendeuse de glace qui descend du taxi.

Cette femme également étrange insiste pour l’inviter chez elle pour le soigner, mais rameute en réalité tout le quartier pour le lyncher.

Traqué, Paul retourne dans la boite punk déserte et trouve asile auprès d’une autre artiste Julie (Teri Gar), qui le transforme en statue de papier pour le dissimuler de la colère de la foule.

Embarqué par Neil et Pepe qui le prennent pour un objet de valeur, Paul finit par tomber devant son entreprise d’informatique et embauche directement le corps couvert de résidus de papier mâché.

En conclusion, « After hours » est un film bâti sur une idée originale qui repose sur la maestria de scénariste et de réalisateur de Scorcese.

Usant de quiproquos et de l’effarement de son héros Mr tout le monde qui s’enfonce à chaque étape un peu plus dans la folie d’une situation inextricable, Scorcese construit un film habile en frome d’ode au New-York des années 80 et à la vie nocturne du quartier de Soho.

Par sa construction et la qualité de ses acteurs, « After hours » rappellera à certains noctambules les galères invraisemblables qui peuvent survenir dans ce type de virées.

Même si il n’est donc pas le plus connu, le plus spectaculaire ou violent des Scorcese, il n’en reste pas moins tout à fait digne d’estime.

After hours (Martin Scorcese)

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 10:51
Total recall (Paul Verhoeven)

Dans les années 90, les films d’anticipation ont le vent en poupe et Paul Verhoeven, après avoir marqué les esprits avec son « Robocop » trois ans auparavant, récidive avec « Total recall » adaptation d’une nouvelle de l’écrivain de science fiction assez barré Philipp K Dick.

Nous sommes ici en plein futur proche, et Douglas Quaid (Arnold Schwarzenegger) un ouvrier du bâtiment vivant confortablement sur Terre avec sa jolie femme Lori (Sharon Stone) est hanté par des rêves mystérieux qui perturbent son existence.

Obéissant à une profonde pulsion, Quaid se rend chez Rekall, une entreprise spécialisée dans l’implantation de souvenirs, pour offrir des séjours de rêves à ses clients.

Dans ce contexte, il se choisit agent secret sur Mars avec en ligne de mire une rencontre avec une femme brune et athlétique.

Quaid se retrouve donc sanglé sur une chaise, reçois une injection mais réagit mal à l’opération, devant sous l’emprise de délires schizophréniques, enragé.

Persuadé d’être réellement un agent secret, il se rebelle contre le personnel et échappe à tout contrôle.

La situation bascule lorsque ses anciens collègues de chantier essaient de le tuer, mais Quaid s’en sort avec une réelle science du close combat.

Il rentre paniqué chez Lori, mais réalise aussi qu’elle souhaite sa mort.

Après une lutte farouche et quelques blessures superficielles, il lui arrache des parcelles de vérité, notamment le fait qu’elle ait été engagée par l’industriel Cohaagen (Ronny Cox), maitre de la planète Mars, pour jouer le rôle de sa femme et que ses souvenirs soient faux.

Ebranlé par ces révélations, Quaid se ressaisit juste à temps pour échapper à de nouveau à des tueurs emenés par le féroce Richter (Michael Ironside), en réalité le mari de Lori.

Entré en possession d’une mallette, Quaid comprend qu’il était en réalité l’agent secret Hauser qui poursuivi par Cohaagen a implanté son esprit dans son corps.

Sous ses conseils vidéo, il arrache un émetteur implanté dans son nez et s’arrange pour le placer sur un rat afin de désorienter ses poursuivants.

Quaid sait qu’il n’a pas le choix et doit aller sur Mars pour résoudre ce dilemme.

Arrivé sur place en utilisant un hologramme le faisant passer pour une solide matrone, Quaid découvre une planète exploitées pour ses mines et dont l’air respirable est assuré par Cohaagen, ce qui le place en situation de monopole lucratif.

Les habitants qui ne paye pas pour l’air se retrouvent invariablement contaminés et deviennent des mutants dont certains atrocement difformes acquièrent des dons de mediums.

Mais Mars est également déchirée par un conflit avec les rebelles menés par leur chef le mystérieux Kuato, qui organise de violents attentats.

Pris en charge par Benny (Mel Johnson) un chauffeur de taxi black sympa, Quaid pénètre dans Venusville, dans les bas fond de Mars et retrouve dans un bar à entraineuse, la femme brune de ses rêves, Mélina (Rachel Ticotin).

La fougueuse latine semble furieuse contre lui et le prendre pour un autre, en réalité Hauser qui était son amant.

De retour à son hôtel, Quaid est pris à parti par Lori et le docteur Edgemar (Roy Brocksmith) de chez Rekall qui lui indique qu’il fait un mauvais rêve et doit avaler une pilule pour retrouver la réalité et sa gentille petite femme.

Quaid est ébranlé par le discours du médecin mais renonce au dernier moment en le voyant transpirer lorsqu’il le menace de son arme.

Il n’hésite alors pas à le tuer et est encore une fois attaqué par Richter et ses hommes.

Aidé par Mélina, Quaid combat les tueurs tandis qu’une lutte à mort s’engage entre Lori et Mélina, et Quaid doit intervenir pour tuer son ex femme qui prenait le dessus sur la pourtant redoutable Latina.

La situation évolue et oblige Mélanie à faire table rase du passé pour s’enfuir avec son amant vers la rébellion.

Le fidèle Benny sert d’intermédiaire et après que celui-ci ait révélé sa véritable nature de mutant, le trio rencontre Kuato, mutant vivant sur le ventre d’un homme appelé George (Marshall Bell).

Pourtant Richter parvient encore une fois à retrouver sa trace, grandement aidé par la trahison de Benny.

Kuato est tué mais avant de mourir, ordonne à Quaid de démarrer d’énormes machines sous terraines d’origine extra-terrestres capables de rendre l’atmosphère de Mars respirable.

Quaid s’enfuie avec Mélina, mais Benny tente de les tuer en utilisant une énorme machine excavatrice avant d’être finalement transpercé par une machine à forer, payant de fait cash sa trahison.

Plus déterminé que jamais, Quaid résiste à la pression de Cohaagen qui lui montre qu’il a été utilisé par son associé Hauser pour infiltrer la rébellion et ainsi tuer Kuato.

Il tient tête et parvient in extremis à empêcher Cohaagen de réimplanter l’esprit de Hauser en lui en tuant cinq gardes et scientifiques.


Cette fois avec Mélina et une batterie d‘hologrammes judicieusement utilisés, il triomphe des gardes de Cohaagen, tue l’affreux Richter et enclenche les machines infernales permettant de modifier l’atmosphère de Mars.

Le changement brutal tue Cohaagen projeté à l’extérieur de la zone pressurisée et manque également de tuer Quaid et Mélina.

Le couple néanmoins peut savourer sa victoire totale …

En conclusion, « Total recall » est considéré à juste titre comme « Robocop » comme un film culte.

Verhoeven utilise cette fois la thématique si chère à K Dick en brouillant les pistes entre rêves et réalité, passé, présent, conscient et subconscient.

Le scénario est donc retors à souhait et truffé de jolis rebondissement.

Pour autant, « Total recall » n’est pas un film contemplatif mais également un puissant film d’action très violent dans lequel un Schwarzenegger en pleine jeunesse et santé peut mettre en avant son impressionnante musculature.

En plus d’acteurs de très bon niveau, notamment Sharon Stone dans l’un des rôles de parfaite garce qui l’a fit repérer avant « Basic instinct », « Total recall » brille par une esthétique certes limitée par les moyens informatiques de l’époque, mais tout à fait prenante avec une vision de la vie sur Mars des plus respectables.

Indépendamment du remake de Len Wiesman sorti en 2012, « Total recall » reste à regarder encore aujourd’hui avec un très grand plaisir.

Total recall (Paul Verhoeven)

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 18:53
Le clan de l'ours des cavernes (Jean M Auel)

Sorti en 1980, « Le clan de l’ours des cavernes » est le premier roman d’un étonnant cycle de six tomes de Jean M Auel.

Ce cycle de best sellers intitulé « Les enfants de la Terre » a pour cadre la Préhistoire (en -35000 avant Jésus Christ) et met en scène Ayla une jeune enfant de l’époque des Cro-Magnon, qui perd la trace de son clan et se fait agresser par un immense lion des cavernes.

Ayla survit par miracle à l’attaque du lion mais blessée à une jambe perd connaissance.

Elle est retrouvé à demi morte par à un clan de Néandertaliens commandé par Brun.

Malgré ses différences physiques, notamment la forme de son cerveau et sa taille plus haute, Ayla est finalement adoptée par Iza la guérisseuse du groupe.

Cette aimante élève Ayla comme sa fille et lui apprend ses secrets dans le ramassage de plantes destinées à soigner les autres membres du clan.

Ayla est également prise en affection par Creb, le sorcier ou Mog-ur du clan, qui compense un handicap physique dut à l’attaque d’un ours des cavernes, par une intelligence élevée.

En vertu de son statut de sorcier, Creb est ainsi la personne la plus respecté du clan après Brun, chef courageux, juste et relativement ouvert d’esprit.

Le pouvoir de Creb tient à sa capacité à communiquer avec le monde des esprits et à attribuer des totems d’animaux aux membres du clan sensés refléter une certaine hiérarchie.

Creb a ainsi pour totem l’ours des cavernes, qui protège tout le clan de de sa puissance.

Un premier incident éclate lorsque Broud devenu un guerrier émérite après avoir tué son premier bison, se voit voler la vedette par Ayla qui reçoit un totem plus élevé que le sien, le lion des cavernes, chose tout à fait inhabituelle pour une femme, de surcroit étrangère.

Cet affront est de trop pour l’ambitieux Broud qui prend Ayla en grippe, n’hésitant pas à la battre pour de motifs futiles en invoquant les lois du clan.

Mais Ayla endure ces sévices et participe avec émotion à l’accouchement d’Iza, qui met au monde une fille, Uba.

Indépendante et curieuse, elle ne se contente pas des enseignements de guérisseuses et s’entraine en secret au maniement de la fronde après avoir observé un vieux chasseur, Zoug, enseigner aux jeunes guerriers.

Ayla s’exerce à tuer de petits animaux, lapins ou blaireaux, puis s’enhardit au point de s’en prendre à un lynx, ce qu’elle manque de payer de sa vie.
Usant des cavernes pour se protéger des prédateurs ou du froid des hivers, le clan envoie ses meilleurs chasseurs pour traquer les mammouths, plus gros des gibiers du règne animal à cette époque.

La chasse au mammouth est une épreuve fascinante, les hommes compensant leur infériorité physique par des ruses visant à isoler un individu dans un endroit encaissé afin de le harceler de coups de lance jusqu’à le tuer, submergé par le nombre.

Mais après avoir tué un mammouth et s’être ainsi approvisionné en viande, graisse et peau pour une bonne durée, le clan découvre que Ayla sait chasser lorsqu’elle tue d’une pierre bien ajustée une hyène qui tentait de tuer Brac le fils de Broud.

Contre toute attente, Ayla paye cher son geste qui contrevient aux lois les plus fondamentales du clan interdisant aux femmes de chasser.

Elle est donc soumise au jugement de Brun, mais au lieu d’être maudite et exclue du clan, celui-ci prononce une sentence plutôt clémente la mettant à l’épreuve une seule nuit en dehors du clan et l’autorisant à chasser à la fronde.

Cette exception fait enrager Broud, dont l’orgueil est trop important pour tenir compte de la sauvegarde de son fils.

Irrité par la promotion d’Ayla comme guérisseuse et chasseuse, celui qui se voit en successeur de Brun, utilise l’arme de la sexualité pour se venger et invoquant une autre loi du clan, s’unit à elle par la force et réussit à la mettre enceinte.

La grossesse va à son terme mais son fils Durc est jugé difforme par le clan, échappant de peu à la mort tout comme Ayla qui désobéit à l’autorité des chefs pour le sauver.

Mais un évènement de plus grande importance agite le clan : sa participation à un tournoi avec les autres clans de Néandertaliens afin de déterminer leur hiérarchie les uns par rapport aux autres mais aussi la hiérarchie à l’intérieur même des clans.

Les épreuve se succèdent, mettant à l’épreuve l’adresse, la force et la vitesse des guerriers, l’habileté des femmes et la capacité collective à reconstituer des scènes quotidiennes.

Le clan de Brun l’emporte sur celui rival de Norg, préservant ainsi sa première place, mais le vieux chef échoue individuellement aux épreuves ce qui suppose que Broud, plus victorieux, prenne à court terme sa place.

Après avoir tué en sacrifice un énorme ours des cavernes pour honorer leur totem et participer à une grande fête mystique sous fond de plantes hallucinatoires, les clans se séparent jusqu’à la prochaine rencontre prévue dans sept ans.

Ayla se distingue encore en sauvant la vie d’un jeune chasseur blessé à la jambe par l’ours rendu furieux par les lances et acquiert une renommée encore supérieure hors du clan, ce qui irrite au plus haut point Broud.

De retour à la caverne, Ayla trouve sa mère Iza mourante et se trouve déchirée de souffrance après sa mort, tombant malade et manquant de mourir.

Un nouvel affront frappe Broud lorsque sa propre épouse Oga, se rebelle contre lui pour allaiter Durc afin de pallier aux déficiences d’Ayla.

Devenu chef après avoir détrôné le sage Brun, Broud tente une nouvelle fois d’enlever Durc à la garde d’Ayla, et après la mort de Creb, tué dans un tremblement de terre, la fait bannir du clan.

Ayla part donc sans remord avec son fils Durc dans les vastes plaines de la préhistoire.

En conclusion, « Le clan de l’ours des cavernes » est un roman fiction d’un étonnant réalisme, fourmillant de détails sur la vie des hommes préhistoriques avec leur organisation, leurs habitudes et leurs croyances.

Brillamment écrit et aisément scénarisable (et adapté au cinéma en 1986 par Michael Chapman), il permet de titiller l’imagination du lecteur en tissant une belle intrigue autour d’une jeune fille différente, plus intelligente et indépendante que les Néandertaliens dont certains se trouvent irrités par ce sentiment d’infériorité.

Bien entendu, tout ceci n’est que fiction et donc soumis à critique notamment par rapport à l’indépendance ou aux capacités de réflexions des hommes préhistoriques, mais les passionnés d’Histoire ne pourront qu’être séduits par ce monde dont la faune et la flore seront à jamais source de fantasmes …

Compte tenu du talent d’écrivain de Jean M Auel, le statut de best seller de « Le clan de l’ours des cavernes » est pour moi largement mérité.

Le clan de l'ours des cavernes (Jean M Auel)

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 21:34
The devil put dinosaurs here (Alice in chains)

Fin de mois de Novembre oblige, Alice in chains est pour moi le parfait groupe pour quitter un automne finissant et trouver devant soi un hiver forcément déprimant.

Sorti en 2012, « The devil put dinosaurs here » confirme le retour des américains sur le devant de la scène et la stabilisation de William Duvall au poste de chanteur.

Entre « Black gives way to blue » sorti trois ans auparavant, Mike Starr le bassiste d’origine du groupe a trouvé la mort, plongeant Jerry Cantrell et sa bande dans un nouveau drame hélas plus que prévisible.

Avec sa pochette étrange évoquant la trouble passion du groupe pour les squelettes d’animaux en l’occurrence ici un bon vieux dinosaure, « The devil put dinosaurs here » débute par un « Hollow » combinant à merveille son massif de guitare, rythmiques lentes et mélodies vocales enivrantes pour s’enrouler tel un serpent sur de son fait, patiemment autour de l’auditeur pour ne lui laisser au final aucune chance.

Le ton est donc donné et avec un lancement aussi parfait on embraye sur « Pretty done » et « Stone » certes puissants mais un peu trop denses, lancinants et parfois répétitifs pour donner leur pleine mesure.

Il faut attendre « Voices » pour retrouver le Alice in chains acoustique jouant à merveille sur les émotions véhiculées par des mélodies élégantes et dépouillées.

Les prodiges de Seattle place ensuite un tube digne de leurs plus belles années avec « The devil put dinosaurs here » merveille d’harmonies vocales surnaturelles culminant en des refrains transcendants.

Après ce titre grandiose figeant le temps sur plus de six minutes hypnotiques, l’intensité chute sur « Lab monkey » et « Low ceiling » en comparaison beaucoup plus quelconques voir un tantinet linéaire et ennuyeux pour ce dernier.

On s’engouffre dans les sinuités de « Breath on window » et « Scalpel » aux refrains chauds, enveloppants et de belle qualité.

Difficile malgré la qualité des musiciens de ne pas trouver le temps long sur les sept minutes de « Phantom limb ».

Tout en prenant son temps, Alice in chains finit par nous emmener vers la fin du disque, composée du superbe « Hung on a hook » à la beauté ténébreuse et d’un « Choke » agréable mais un peu décevant pour une conclusion.

En conclusion, « The devil put dinosaurs here » est clairement un cran en dessous de son prédécesseur qui contenait des morceaux de classe supérieure.

Alice in chains parait en effet quelque peu en pilotage automatique, créant certes une musique toujours de bonne qualité avec le talent unique de compositeur de Cantrell et la voix si divine de Duvall, mais peine à se renouveler et à surprendre.

Uniquement composé de morceaux lents de plus de quatre minutes, « The devil put dinosaurs here » manque également parfois d’un zeste de punch et de vivacité à l’instar des meilleurs disques des cinq de Seattle.

On passera donc un moment agréable à son écoute sans crier cette fois au génie ni même à l’album majeur.

Dommage …

The devil put dinosaurs here (Alice in chains)

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 23:10
Anatomie de l'enfer (Catherine Breillat)

Changement radical d’ambiance avec « Anatomie de l’enfer » de Catherine Breillat, qui fit en son temps (2002) beaucoup parler de lui par la présence de la légende du cinéma pornographique, Rocco Siffredi, dit l’étalon italien et ses vingt quatre centimètres.

Dans « Anatomie de l’enfer » une jeune femme (Amira Casar) croise dans une boite de nuit homosexuelle un homme (Rocco Siffredi) qui la suit dans les toilettes pour la trouver en train de s’entailler les veines.

Sauvé in extremis, la femme est soignée par un pharmacien et effectue une fellation dans un parc en pleine nuit pour le remercier.

Avec son sperme sur la bouche, elle lui propose un marché, de le payer pour passer du temps avec elle et la regarder.

L’homme accepte et la rejoint dans une villa esseulée près de la mer.

Il la regarde sa dévêtir et un dialogue verbeux s’installe autour de la condition sexuelle de la femme.

L’homme est tout d’abord gêné, réticent, car préférant ouvertement les hommes, puis il s’approche goutant la mouille de la jeune femme.

L’exploration du corps de la femme se poursuit avec son vagin rose, son pubis aux poils sombres, drus et même son anus.

L’homme la barbouille de rouge à lèvre puis la prend avant de jouir précipitamment.

Effondré, il pleure.

Elle le console et le dialogue recommence.

Peu à peu, une relation se noue entre eux et l’homme de plus en plus fasciné par le corps blanc et brun de se femme, accepte de gouter ses menstrues et pire de lui faire l’amour alors qu’elle saigne abondamment.

Il retire ensuite son sexe couvert de sang.

Un beau jour, ayant obtenu ce qu’elle cherchait, la femme disparait ce qui plonge l’homme à présent amoureux, dans un désespoir sans nom.

Il erre seul dans la grande maison, recueillant précieusement la couverture tachée de sang.

Ainsi se termine cette courte histoire.

En conclusion, « Anatomie de l’enfer » est un film choc interdit au moins de 16 ans, qui a frôlé le classement en X.

Centré sur le désir, la chair mais surtout les fluides intimes (sang, larmes, sperme, mouille), il rebute plutôt qu’il ne séduit par ses dialogues ennuyeux et littéraires souvent incompréhensibles surtout lorsque Rocco s’exprime avec son fort accent italien.

Malgré la performance des acteurs, Rocco homme magnifique grand, élégant, bien bâti et incarnant par son sexe énorme la masculinité à l’état pure tombée de son piédestal pour révéler des faiblesses jusqu’alors inconnues, et Casar sans être franchement belle, recelant un charme sémite particulier et une audace certaine pour des scènes aussi extrêmes, « Anatomie de l’enfer » est un affreux film intello français jouant habilement de la nudité pour meubler un propos creux consistant à narrer les prétendues souffrances des femmes.

Un bon conseil : fuyez à toute jambes !

Anatomie de l'enfer (Catherine Breillat)

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 21:35
End of watch (David Ayer)

On reste dans le cinéma américain coupe de poing mais à plus petit budget avec « End of Watch » de David Ayer.

Sorti en 2011, « End of Watch » suit le quotidien de deux policiers du LAPD patrouillant sans relâche à South central, quartier le plus défavorisé et dangereux de Los Angeles.

Brian Taylor (Jake Gyllenhaal) est blanc, Mike Zavala (David Pena), latino et les deux sont de très proches amis, n’hésitant pas à se fréquenter en dehors de leurs heures de service et à se présenter leurs petites amies respectives, Janet (Anna Kendrick) et Gabby (Natalie Martinez) magnifique hispanique enceinte.

Cédant à la mode ambiante, Brian filme toutes leurs interventions avec son caméscope et adore taquiner Mike et vice et versa, notamment sur les mœurs des blancs et des hispaniques.

Ces plaisanteries souvent au dessous de la ceinture, servent à oublier le quotidien des patrouilles et la violence, la misère et le désespoir de South central.

Ici, Brian et Mike se font respecter en usant de leurs armes et si besoin de leurs poings, comme lorsque Mike prouve à Tre (Cle Shasheed Sloan) un membre d’un gang black qu’il peut le dérouiller à mains nues.

Dans des quartiers aux maisons délabrées, les gangs prolifèrent et s’entre déchirent entre latinos et black pour prendre le contrôle d’un bloc, agrandir leur territoire et leurs zones de distribution de drogue.

Brian et Mike séparent des disputes entre couples défoncés et violent, essaient de préserver les enfants de la violence conjugale et le policier blanc obtient même son heure de gloire auprès du commissariat lorsqu’il sauve un bébé d’une maison en flammes au péril de sa propre vie.

Ils interviennent même pour capturer un brute épaisse qui a planté un couteau dans l’œil de leur collègue Van Hauser (David Harbour) et laissé pour battue à mort une jeune recrue.

Les choses prennent cependant une autre tournure lorsque le duo arraisonne un latino membre d’un puissant cartel mexicain et découvre ensuite une horrible planque destinée à faire du trafic d’êtres humains.

Brian et Mike sont alors vertement remis à leur place par les agents du FBI qui les mettent en garde contre la dangerosité du cartel.

En effet, un puissant caïd, irrité du désordre mis dans ses affaires par les petits policiers locaux, commandite leur assassinat en faisant appel à une bande latina locale, composée de Big evil (Maurice Compte) , La la (Yahira Garcia) et Demon (Richard Cabral).

Armés de fusil d’assaut AK-47, le trio tend un guet apens aux policiers dans un glauquissime hangar et leur tire dessus.

Les policiers se barricadent chez une femme et son enfant, puis ripostent avec leurs pistolets pourtant surclassés par les armes automatiques des gangsters.

Après avoir réussi à forcer une sortie, Brian et Mike tombent sur un tir nourri dans une impasse et chutent, le corps criblé de balle.

Les gangsters triomphent mais se font ensuite massacrer par les policiers venus en renfort.

Grièvement blessé, Brian survit pourtant et assiste au discours hommage à son coéquipier.

En conclusion, « End of Watch » est un excellent film policier permettant de réaliser une plongée en apnée profonde dans South central, un des quartiers les plus dangereux de Los Angles, un quartier noir et latino, désespérant de bêtise et de violence.

Difficile de croire qu’une ville, un état voir un pays aussi riche puissent abriter un univers pareil qui n’a rien à envier au tiers monde mais pourtant ceci constitue le revers de la médaille du modèle américain.

Film à la gloire des policiers de terrain, les flics locaux patrouillant courageusement dans des lieux contrôlés par des gangs, « End of Watch » réserve son lot d’adrénaline et de sensations fortes, servi en cela par un duo d’excellent acteurs attachants et complémentaires.

Attention cependant, certaines scène demeurent à la limite de l’(in)supportable et rendent le film déconseillé aux âmes sensibles.

Les esprits chagrins nuanceront peut être le tableaux en soulignant également la violence, le racisme et la corruption de la police, mais je pense qu’il est bon de temps en temps que des films comme « End of Watch » voient le jour.

Salutaire !

End of watch (David Ayer)

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Published by Seth - dans Policier
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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 20:11
Cloverfield (Matt Reeves)

Le cinéma revient en force avec « Cloverfield » de Matt Reeves.

Sorti en 2008, « Cloverfield » est un film particulièrement gonflé qui démarre à New-York par une soirée entre étudiants pour fêter le départ de l’un d’entre eux Rob Hawkins (Michael Stahl David) pour le Japon.

Son ami Hud (TJ Miller) a la curieuse idée de tout filmer caméscope à l’épaule et se mu en reporter parfois intrusif pour recueillir les réactions de ses amis, Lily Ford (Jessica Lucas) sublime métisse, son frère Jason (Mike Vogel) et même la taciturne Marlena Diamond (Lizzy Caplan).

Un mini drame éclate lorsque Rob se fâche avec Beth Mc Intyre (Odette Yustman) son ex petite amie alors qu’elle s’affiche à la soirée avec un autre garçon.

La soirée vire à l’orage et toute le monde comprend la nature des relations amoureuses unissant les deux jeunes gens.

Pourtant un évènement hors du commun va venir ramener ses querelles au rang de dérisoire, un immense tremblement de terre secoue la ville et on peut observer des fenêtres les immeubles du centre ville s’embraser et s’écrouler.

Paniqués, les jeunes gens fuient pour sauver leur vie et dans la confusion Rob perd de vue Beth.

Il court avec Lily, Jason et Marlena tandis que Hud filme toute la scène.

Ils rencontrent des gens apeurés, blessés, canalisés par la police vers le pont de Brooklyn.

L’armée intervient face à ce qui ressemble à une énorme créature de la taille d’un building qui résiste aux tirs de tanks et de bazooka.

Pire que cela, l’immonde chose semble capable de lâcher sur la ville des créatures insectoides de la taille de chiens, dotées de capacités de tuer des humains à l’aide de leurs griffes et crocs.

Sur le pont la situation vire au drame lorsque la créature provoque son effondrement et la mort de Jason emporté par la chute.

Surmontant la mort de son frère, Rob se focalise sur Beth, coincée sous les décombres de son immeuble.

Il devient alors obsédé par l’amour de sa vie et prend la décision de retourner dans le centre ville pour la secourir.

Bravant tous les dangers, Rob entraine ses amis dans les couloirs désaffectés du métro pour tenter d’éviter les créatures mortelles.


Mais il comprend trop tard qu’elles ont également investi les sous sols.

Une féroce lutte s’engage dans la nuit et le quatuor parvient à sauver sa vie, même si Marlena, mordue par un des monstres, meurt atrocement malgré les secours des militaires.

Rob parvient à convaincre le lieutenant colonel Graff (Chris Mulkey) de le laisser passer vers le centre et ce dernier tout en lui disant que l’armée va sans doute raser la zone, lui donne un point de ralliement pour une extraction par hélicoptères.

Réduits à trois, les amis parviennent jusqu’à l’immeuble de Beth partiellement écroulé.

Dopés par la volonté inébranlable de Rob, ils parviennent à grimper sur un immeuble attenant et à passer sur celui de Beth.

Ils trouvent la jeune femme inconsciente l’épaule percée par une barre de fer.

Au courage, Rob l’extrait de ce piège mortel et la ramène avec ses amis.

Avec l’évacuation par hélicoptère et le bombardement de la bête par un avion furtif, on se prend à rêver de la fin du cauchemar, mais celle-ci surgit des flammes et s’arrange pour faire chuter l’appareil emportant les amis.

Lily périt vraisemblablement dans le crash, Hud est massacré par le monstre mais Beth et Rob survivent en se cachant dans un tunnel de Central park.

Se sachant condamnés par la destruction imminente du centre de la ville, ils témoignent une dernière fois sur la caméra de Hud.

En conclusion, « Cloverfield » est une véritable petite bombe de film catastrophe hyper réaliste, prenant aux tripes et mettant mal à l’aise par son coté 11 Septembre sans expliquer une seule seconde la nature exacte du châtiment s’abattant sur cette bonne vielle ville de New-York.

Le film vous happe dans son scénario diabolique, bien aidé en cela par de fantastiques effets spéciaux et par de vicieux flash back évoquant l’intimité de Rob et Beth en ballade au bord de mer à la foire de Coney island.

Autre innovation majeure, la réalisation caméra à l’épaule, est pour beaucoup dans le coté nerveux et brut de décoffrage du film.

Fort de tous ses atouts, « Cloverfield » fait oublier la médiocrité de ses acteurs, à l’exception de la sublime Jessica Lucas et offre un spectacle moderne parfaitement réjouissant.

Bienvennu au XXI ième siècle !

Cloverfield (Matt Reeves)

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 10:23
Il était une fois la révolution (Sergio Léone)

Il manquait ici le dernier western et film majeur de Sergio Léone, « Il était une fois la révolution ».

Sorti en 1971, peu après la glorieuse trilogie du dollar, « Il était une fois la révolution » se déroule également dans l’Ouest américain du début du XX ième siècle mais coté Mexique, en pleine révolution de Pancho Villa et Zapata.

Juan Miranda (Rod Steiger), chef d‘une bande de voleurs, se fait passer pour un paysan égaré et abruti pour se faire embarquer sur une diligence ou se trouvent des bourgeois mexicains qui le tancent.

Il fait le dos rond, encaissant leurs sarcasmes, avant de lancer sa bande à l’assaut, tuant les gardes, détroussant les hommes et abusant de la seule femme du voyage.

En pleine ripaille avec ses hommes près de la diligence dépouillée, Miranda fait la connaissance d’un homme étrange et solitaire, John Mallory (James Coburn), expert en dynamite.

Se sentant en position de force Miranda tire sur sa moto mais Mallory réplique en faisant exploser la diligence, ce qui impressionne le chef à tel point qu’il lui propose de se joindre à lui pour faire le casse d’une banque dans la ville de Mesa verde.

Mallory qui est un révolutionnaire irlandais, refuse l’offre mais est finalement rattrapé par Miranda, qui le contraint après l’assassinat de capitaine de l’armée mexicaine à le rejoindre.

Lors du trajet en train menant à Mesa verde, Miranda est reconnu par deux policiers et ne doit son salut qu’à l’intervention d’un homme le Docteur Villega (Romolo Valli) qui l’aide à se débarrasser de ses poursuivants.

En réalité, Villega est un révolutionnaire mexicain soutenant Pancho Villa et embrigade Miranda et Mallory dans une tentative de coup d’état.

Les deux voleurs s’arrangent pour se faire affecter à la prise de la banque de Mesa verde, et avec les explosifs de Mallory et les hommes de Miranda, les soldats finissent par céder.

Une fois dans la salle de l’or, Miranda comprend trop tard que la banque a été vidée et transformée en prison politique.

Miranda est alors acclamé malgré lui par les révolutionnaire sous l’œil goguenard de Mallory.

En cavale avec les autres révolutionnaires, Mallory et Miranda font une halte près d’un pont pour attendre leurs poursuivants, lourdement armés et dirigé par le colonel Gutierez (Antoine Saint John).

Ils prennent les soldats dans un parfait guet apens, les massacrant à la mitrailleuse depuis une position surélevée et achevant le travail en faisant exploser le pont.
Gutierez survit néanmoins à l’assaut et devient l’ennemi personnel du duo crimino-révolutionnaire.

Malheureusement le répression de l’armée est terrible, les opposants sont capturés et torturés et Villega, finit par craquer, livrant ses propres hommes au peloton d’exécution.

Mallory observe discrètement la scène, revivant son propre passé révolutionnaire lorsque son meilleur ami Sean Nolan (David Warbeck) l’a sous la pression de la torture dénoncé, ce qui l’a conduit à l’abattre.

La bande de Miranda est massacrée, ce qui cause une vive douleur au chef, car la plupart de ses membres étaient ses enfants.

Les exécutions de masse se succèdent, les corps étant entreposés dans des fosses communes.

Miranda est lui-même arrêté et sauvé in extremis de la mort par Mallory et ses explosifs sous l’œil haineux de Gutierez.

Finalement rejoints par le général Santerna (Rik Battaglia) allié de Villega, le duo peut lancer une opération d’envergure contre Gutierez en lançant un train bourré d’explosif contre son propre train transportant ses troupes.

Dans la locomotive lancée à toute allure, un monologue éclate entre Mallory et Villega qui reproche à ce dernier sa trahison.

Pétri de remords et de honte, Villega reste dans la locomotive et se fait exploser avec elle.

Une immense fusillade éclate alors entre les soldats rescapés du crash et les révolutionnaires de Santerna.

Malheureusement Mallory est grièvement blessé par Gutierez lui-même abattu par Miranda.

Avant de mourir dans les bras de son ami, l’irlandais revoit les derniers instants heureux avec sa petite amie (Vivienne Chandler) et Sean.

En conclusion, « Il était une fois la révolution » est assurément un film portant la marque du maestro italien mais est par comparaison moins fou, baroque et cynique que la trilogie du dollar.

On retrouve certes la thématique de anti héros opposés mais complémentaire, le pure brigand cupide sans foi ni loi et l’ex révolutionnaire torturé, se trouvant pris malgré eux dans les tourments de l’Histoire et apportant contre toute attente leur pierre à l’édifice mais il souffle sur « Il était une fois la révolution » un léger parfum de classicisme et de déjà vu.

Certes les acteurs sont bons sans avoir l’aura des Eli Wallach, Clint Eastwood ou Lee Van Cleef, certes Enio Morricone livre sa prestation habituelle mais sa musique est moins obsédante moins hypnotique qu’à l’accoutumée.

Se voulant plus ambitieuse intellectuellement avec une dimension politique, cette œuvre ne parvient pas paradoxalement à emporter autant que les plus grands chefs d’œuvres du maitre, c’est donc pour cela que je la classe loin derrière la trilogie du dollars et le magistral « Il était une fois en Amérique ».

Il était une fois la révolution (Sergio Léone)

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 12:05
Addictions (Satan jokers)

Lorsqu’on se penche sur l’histoire du hard rock français, on se heurte assez rapidement à un vide et en dehors de Trust, aucun nom de vient forcément à l’esprit.

Pourtant au début des années 80, Satan jokers fut l’une de ces courageuses tentatives d’adaptation de cette musique qualifiée d’extrême en France, avant de jeter l’éponge au bout de deux albums.

Son fondateur, Renaud Hantson, batteur émérite, se distingua comme compositeur dans diverses comédies musicales à succès (Notre dame de Paris, La légende de Jimmy ou Starmania) avant à la fin des années 2000 de revenir à ses premiers amours de reformer les Satan jokers.

En 2011 sort « Addictions » troisième effort de la nouvelle mouture du groupe formé de Hantson (chant/batterie), Pascal Mulot (basse), Michael Zurita, Olivier Spitzer (guitares).

Avec sa pochette passe partout peu attirante, « Addictions » débute par « Reine cocaïne » qui superpose maladroitement guitares lourdes et chant suraigu assez caricatural.

Après presque trois minutes de souffrance, on est soulagé de passer à « Dealer (docteur vice) » qui si il continue de pécher par un son cafouilleux, pose néanmoins de solides et dynamiques refrains.

Vous l’aurez compris, cet album concept sombre qui se centre sur les problèmes de drogues du chanteur-leader continue sur la même ligne avec « Substance récompense » qui tente de dompter un peu sa fougue pour un résultat plus calme et mélodique.

Le son reste lourd, quasiment néo-metal, et Hantson met enfin en avant son talent de song writer pour glisser un « Euphorie » assez habile.

Malgré son punch et son engagement, « Appétit pour l’autodestruction » passe avec le même sentiment de fouillis et la ballade « Une semaine en enfer » vient comme une belle respiration douce amère.

On s’ennuie ferme sur le lent et sinueux « Effet parano », lève un sourcil plutôt intéressé sur « Detox » plombé toutefois par un son d’une grande lourdeur et un chant difficilement audible.

Une nouvelle ballade assez mièvre « Lune de miel » plus loin et les Satan jokers placent un nouveau mid tempo heavy metal équilibré et fluide « Mephedrone ».

On se traine péniblement sur « Puzzle cérébral » longue agonie de près de quatre minutes et arrive enfin à la fin du disque composé de l‘horrible « Chute, rechute » et d’un ultime titre speed cacophonique « Ma vie sans ».

En conclusion, foin de nostalgie ou de nationalisme, « Addictions » de Satan jokers est un bien mauvais album à peine écoutable.
En cause principalement une production de qualité médiocre et en second le désintérêt total pour les problèmes de dépendance du chanteur.

La puissance du feu du disque est en effet importante, la plupart des tempo sont rapides voir très rapides avec un influence heavy-speed marquée mais tentent également d’intégrer l’aspect massif du néo des années 2000 avec une lourdeur dans les riffs.

Le mélange ne prend pas très bien mais le pire est le chant de Hantson, très caricatural du heavy des années 80 mais mal mixé, mal intégré à la musique et surtout incompréhensible.

Coincé entre des influences traditionnelles et un penchant compréhensible pour coller à son temps, « Addictions » se plantent pour moi complètement sur le fond et la forme.

On se dit donc dès fois, que le relatif anonymat de ce type de groupe peut être justifié !

Addictions (Satan jokers)

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 22:55
Ted (Seth Mc Farlane)

Changement de registre avec la comédie « Ted » de Seth Mc Farlane.

Sorti en 2012, « Ted » raconte à Boston, la vie de John Bennett (Mark Wahlberg), employé dans une compagnie de location de voiture, vivant toujours à trente cinq ans avec son ours en peluche Ted (voix de Joey Starr), doué de vie après un curieux vœux exprimé une nuit d’orage étant enfant.

Compte tenu de ses étonnantes propriétés et d‘un sens aigu de la répartie, Ted est rapidement devenu une star des années 80, participant à des shows télévisés, avant de tomber ensuite logiquement dans un relatif anonymat.

Avec le temps, l’esprit de l’ours a évolué et exerce à présent une influence assez peu positive sur John, en le poussant à fumer du haschisch, à boire des coups et à regarder des vieux films des années 80, dont le kitschissime « Flash Gordon » dont-ils sont tous les deux grands fans.

Mais John a à présent une petite amie, Lori Collins (Mila Kunis) qui malgré un caractère des plus compréhensifs, voit au bout de quatre ans sa relation stagner.

Incapable de décisions matures et soumis à l’influence de Ted, volontiers vulgaire et amateur de prostituées, John comprend qu’il est en passe de perdre Lori qui ne pourra pas supporter longtemps ce rythme de vie.

Il prend alors la décision courageuse de se séparer de Ted en le poussant à prendre son indépendance via un travail de caissier et un appartement séparé du couple.

Mais le colérique Ted parait incorrigible, séduisant Tami-Lynn (Jessica Barth) une plantureuse collègue caissière et couchant avec elle dans le réserve et entraine un John bien peu résistant dans une soirée de folie aux cotés du mythique Sam J Jones, interprète principal de Flash Gordon aux faux airs l’âge venant de Dolph Lundgren.

Malgré le poids des ans, Jones demeure encore plein de vigueur et entraine ses nouveaux amis dans la défonce à la cocaïne et dans une improbable bagarre contre un voisin asiatique insupporté par le tapage nocturne.

C’en est trop pour Lori qui rompt avec John et se rapproche sans conviction de son patron, Rex (John Mc Hale) qui la poursuit de ses assiduités.

Désespéré, John tente de se faire aider par Ted qui jouant de sa proximité (?) avec la chanteuse Norah Jones, lui arrange une tribune dans un de ses concerts auquel Lori et Rex assistent également.

La prestation de John est catastrophique mais émeut suffisamment Lori pour lui faire changer d’avis au grand dam de Rex.

Mais un autre péril guette Ted, qui est la proie d’un psychopathe fan de lui depuis les années 80, Donny (Giovanni Ribisi).

Aidé de son fils Robert (Aedin Mincks), Donny enlève Ted et le séquestre dans une maison glauque du centre ville.

Soumis à des tortures de la part de l’affreux gamin, Ted parvient à appeler John mais est repris par la vigilance de Donny.

Mais John qui avait déjà été contacté par Donny et son fils pour qu’il leur cède Ted se rappelle de leur adresse et fonce avec Lori pour le secourir.

Après une course poursuite en voiture, l’action se termine dans un stade de base ball ou Ted, sérieusement endommagé par une chute est donné pour mort.

Malgré leur chagrin, John et Lori parviennent à sauver leur ami en rembourrant son ventre et en espérant de toute leur âme à sa résurrection.

C’est avec un Ted plus mature et intégré au bonheur du couple que se termine alors ce film.

En conclusion, « Ted » est une grosse pantalonnade non destinée aux enfants car basée sur la provocation et l’éclatement du mythe de l’ours en peluche synonyme de douceur et d’innocence enfantine.

Mc Farlane en fait des tonnes dans la lourdeur et la vulgarité, avec cet ours toxico, dragueur, grossier et bagarreur, affublé de surcroit de la voix irritante du rappeur Starr.

On ne peut pas dire non plus que le Wahlberg et son physique de Stephan Edberg gonflé aux stéroïdes sortent particulièrement grandi de l’épreuve.

Avec quelques rares scènes permettant de sourire en évoquant la nostalgie des années 80 (Star wars, Flash Gordon, K-2000, Indiana Jones, ET) et la participation d’un Sam Jones déjanté, le film aurait pu pourtant prétendre à mieux, mais ne peut rien faire de plus que se vautrer dans sa provoc facile et l’extrême maigreur de son scénario.

Il semblerait donc que même le bastion de l’enfance soit soumis au cynisme et à la corruption de notre époque ?

Ted (Seth Mc Farlane)

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