2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 23:09
Les miroirs de l'esprit (Norman Spinrad)

Comme lecture de plage cette année, « Les miroirs de l’esprit » de Norman Spinrad m’est tombé entre les mains.

Sorti en 1980, « Les miroirs de l’esprit » est une œuvre volumineuse d’un écrivain américain connu depuis les années 60 pour ses écrits de science fiction contestataires.

L’histoire se déroule dans le milieu du cinéma à Los Angeles, ou Jack Weller, jeune réalisateur de second plan, se rêve d’un avenir meilleur tandis qu’il cachetonne pour un sitcom enfantin débile mais diffusé sur une grande chaine à une heure de grande écoute.

Sous les conseils de son ami Bob Shumway également dans le milieu des médias, Jack se rend avec sa femme Annie, actrice également dans l’attente d’un rôle majeur, à une soirée promotionnelle organisée par une des nombreuses sectes de la région, le Transformalisme.

Désireux de nouer des précieux contacts professionnels, Jack se déplace à contre cœur, fermant volontairement son esprit à la propagande discrète mais belle et bien réelle du mouvement symbolisé par son charismatique leader, un dénommé John Steinhardt.

La soirée ne tient pas tout à fait ses promesses sur le plan professionnel pour Jack, mais à sa grande surprise, Annie est plus réceptive au discours transformaliste et décide en toute autonomie de se rendre à des formations ou elle peut à loisir s’imprégner du message diffusé par les disciples de Steinhardt.

Les absences d’Annie se font de plus en plus fréquentes et sa mentalité change progressivement avec un discours de plus en plus calqué sur la pensée transformaliste sensé lui apporter bien être et sérénité.

Sentant le danger, Jack réagit de manière instinctive et cherche à protéger sa femme en la tirant des griffes des instructeurs de la secte mais Annie résiste farouchement et n’hésite pas à tenir tête à son mari.

Sa disparition soudaine le plonge dans un profond désarroi et met son esprit combattif en pleine ébullition.

Privilégiant une approche directe et menaçante, Weller parvient à entrer en contact avec un des responsables du Transformalisme, un dénommé Benson Allen qui reste imperméable à ses menaces et refuse de lui dire ou se trouve sa femme.

Poliment mais fermement éconduit, Weller comprend qu’il s’est attaqué à une organisation puissante, possédant beaucoup d’argent, un service juridique redoutable et surtout de précieuses relations qui rendent l’aide de la police et même des média parfaitement inefficace.

Désespéré, Weller entre en contact avec Garry Bailor, un consultant indépendant spécialisé dans l’aide aux particuliers pris dans des sectes.

Mais tout en l’aidant, Bailor lui propose d’intégrer lui-même la secte afin de découvrir ou se trouve Annie.

Personnage cynique et ambigu, Bailor n’inspire pas grande confiance à Weller d’autant plus que ses conseils se paient contre de fortes sommes mais n’ayant pas d’autres solutions, il finit par opter pour ce choix risqué.

Weller revient donc vers le Transformalisme dans le but de leurrer les instructeurs sur ses intentions mais le jeu est très serré avec un ensemble de tests en forme de jeux de rôles visant à mettre à l’épreuve sa sincérité.

Le mari éperdu comprend qu’il ne ressortira pas intact de l’épreuve qui met à nu ses faiblesses, notamment son terrible sentiment d’échec professionnel.

En parallèle des fortes dépenses engagées pour suivre la formation et payer Bailor, Weller se coupe progressivement de toute vie sociale et supporte de plus en plus mal son travail de réalisateur en le bâclant et se montrant incroyablement irascible.

Licencié et aux abois, Weller retourne voir Allen, qui en position de force, lui propose de travailler pour la secte en réalisation des films de propagande en échange d’avoir peut être un jour le privilège de revoir Annie.

Weller accepte, rencontre Harry Lazlo, un puissant producteur transformaliste qui lui révèle l’étendu des ramifications de la secte, qui possède une multitude de société des médias plus grand public servant à augmenter les profits, brouiller les cartes et à diffuser sournoisement son message.

Séduit par cet homme pragmatique appartenant au même monde que lui, Weller comprend que Lazlo est le principal organisateur de la structure du Transformalisme, tandis que Steinhardt n’était qu’un minable écrivain se science fiction illuminé mais incapable de gérer une organisation aussi complexe.

Mais lorsque affecté à un modeste emploi de cameraman, il découvre les hangars minables qui servent de locaux de production, Weller est atterré par la médiocrité du personnel technique, certes fanatisé par sa tache mais incapable de produire quelque chose de correct.

Si Weller prend en sympathie l’équipe de réalisateur, Georgie Prinz et Sara English, une ex star du porno au physique sculptural, elle aussi puissamment endoctrinée par le baratin de Steinhardt, il doit en parallèle continuer sa formation afin de prouver la sincérité de sa démarche, démarche soigneusement entretenue par l’envoi des lettres d’Annie.

Pour ceci, il est finalement soumis à un interrogatoire serré de Gomez, appartenant à la caste des moniteurs, sorte de police politique chargée de surveiller les adeptes tout en assurant la sécurité interne du mouvement.

Le match avec un homme à l’intelligence aussi acérée que Gomez est indécis et contre toute attente, Weller prend plaisir à ces joutes avec le moniteur, qu’il finit par respecter et admirer.

Profitant d’une inattention du moniteur, Weller parvient à photocopier une liste des contacts du Transformalisme placés dans différentes grandes sociétés ou administrations californiennes.

Nanti de cette monnaie d’échange, Weller envoie des copies de la liste à des hommes de confiance, comme son agent, son oncle et son ami Bob.

Parvenu à franchir l’obstacle Gomez, Weller se voit donc attribué le droit de réaliser des films pour le Transformalisme mais doit en parallèle subir une mesure extrêmement rigoureuse le contraignant à résider dans un centre de la secte afin de prouver une nouvelle fois sa loyauté.

Lâché par Bailor mystérieusement disparu car la situation devenait trop risquée pour un indépendant comme lui, Weller, une nouvelle fois pris à la gorge par cette implacable machinerie, s’enfonce encore plus profondément dans les arcanes du Transformalisme, trouvant plaisir aux changements ressentis dans sa personnalité et perdant toujours davantage de vue les retrouvailles avec Annie.

Il découvre un centre austère ressemblant à une prison ou il côtoie les adeptes les plus fauchés de la secte, devant accomplir des taches élémentaires pour payer les montants élevés de leur formation.

Mais Weller reçoit une opportunité inespérée lorsqu’il se trouve invité à une soirée de Maria Steinhardt, la femme du gourou.

Profitant des conseils avisés de Lazlo qui joue en quelque sorte office de protecteur, Weller séduit Maria, femme mure esseulée adorant croquer les hommes plus jeunes pour assouvir ses besoins sexuels.

Dopé par l’enjeu, Weller se montre un amant incroyable, dominant et baisant Maria qui s’entiche immédiatement de lui.

Assez détachée des activités de son mari, Maria va devenir une alliée précieuse, lui indiquant qu’Annie était retenue dans le centre de recherche new yorkais hyper sécurisé de la secte et appuyant sa demande de réaliser des films pour Steinhardt en personne afin d’approcher sa femme au plus près.

Malgré cette protection, la réaction du chef des moniteurs est cependant terrible, aboutissant au kidnapping de Weller alors qu’il était entré en contact avec Rich Golden, un ex journaliste rendu fou par la secte alors qu’il avait osé s’en prendre à elle frontalement.

Malmené par les gorilles de Torrez, Weller parvient à manœuvrer suffisamment Torrez pour obtenir son transfert à New-York afin de rencontrer après avoir été au préalable copieusement drogué, Steinhardt.

A New-York, Weller se réveille dans une résidence confortable mais hautement sécurisée, fermée sur l’extérieur par des miradors et des fils barbelés, et découvre par Bernstein, un chimiste menant des expériences scientifiques pour le compte de Steinhardt, afin de créer une mixture permettant aux hommes d’atteindre le maximum de leur niveau de confiance.

Cette substance liquide appelée éptifiant, produit des effets bénéfiques sur Weller qui a considère Bernstein comme un scientifique dévoré d’ambition et peu regardant sur l’origine de ses financements.

Mais Bernstein ne constitue qu’une étape intermédiaire avant la vraie rencontre avec Steinhardt, le gourou suprême.

L’homme se révèle sous des dehors d’alcoolique désinvolte, un esprit redoutablement intelligent, cynique et manipulateur.

Apparemment insensible à l’adultère de sa femme, Steinhardt sympathise avec Weller qu’il estime et lui propose d’enregistrer son testament filmé afin de conserver son aura de gourou mystique face aux prédateurs qui après sa mort détourneront à leur profit son mouvement.

Weller qui a entre temps retrouvé sa femme complétement dévouée à la cause du Transformalisme et considère l’avoir perdue à tout jamais, opère au dernier moment un volte face inattendu, menaçant Steinhardt de divulguer la liste de contacts à l’extérieur si il ne le laissait pas partir.

Après une lutte intense face à Torrez, Weller parvient à convaincre Steinhardt de le laisser partir en le mettant sous surveillance périodique afin de jauger de sa dangerosité.

Mieux, il s’engage à favoriser sa carrière professionnelle afin de réparer la perte d’Annie, mais le menace de mort en cas de fuites concernant la secte.

Weller peut ainsi retrouver une vie normale, jouir d’une carrière largement favorisée avec l’obtention d’émissions variées sur des grosses chaines, même si l’ombre de Steinhardt plane toujours de temps à autre sur lui, notamment par les propos étonnamment ambigus de son ami Bob.

En conclusion, « Les miroirs de l’esprit » est un roman 110% californien particulièrement fort, proposant une plongée dans les rouages d’une puissante secte américaine.

On pense évidemment très fort à la Scientologie qui a bien sur capter certaines stars hollywoodiennes, avec une organisation puissamment structurée, reposant sur un processus de conditionnement mental visant à trouver les failles potentielles chez le sujet, à s’y engouffrer pour le déstabiliser afin d’assoir son emprise.

Une fois la victime accrochée, la seconde phase est de provoquer un isolement avec toute personne (amis, famille) capable d’interférer.

Désociabilisé et fragilisé, le nouvel adepte devient donc une proie facile dont toutes les ressources financières sont absorbées, avant qu’il n’accepte de se dévouer corps et âme au mouvement.

Même si l’intrigue de base reste fragile (un homme têtu lutte seul pour retrouver sa femme déjà fortement endoctrinée), la dense construction du roman, les multiples rebondissements et le style clair et puissant de Spinrad font que sa lecture demeure malgré sa durée, tout au long très plaisante.

Par son efficacité, son suspens et son habileté, « Les miroirs de l’esprit » porte en lui marque d’un écrivain reconnu, au talent solide qui sait pertinemment comment mener sa barque et ou emmener le lecteur.

Les miroirs de l'esprit (Norman Spinrad)

Partager cet article

Published by Seth - dans Psychologie
commenter cet article
2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 18:01
Les gardiens de la galaxie (James Gunn)

Vacances obligent, voici « Les gardiens de la galaxie » gros blockbuster de James Gunn qu’on a connu dans des registres plus modestes comme « Super » chroniqué dans ces même colonnes.

Sorti en ce bel été 2014, « Les gardiens de la galaxie » s’inspirent de personnages de comics Marvel crées à la fin des années 60 puis sérieusement remaniés à la fin des années 2000.

Le résultat prend forme autour du personnage de Star-lord (Chris Pratt) alias Peter Quill, jeune terrien qui après la mort de sa mère d’un cancer dans les années 80, est recueilli par une race d’extra terrestre à laquelle semble appartenir son père.

Devenu un Ravageur, c’est-à-dire un mercenaire de l’espace, Star-lord utilise un équipement ultra sophistiqué comprenant vaisseau spatial, casque et combinaison de combat, pistolet et grenades à énergie, pour accomplir une périlleuse mission l’amenant à dérober un mystérieux globe âprement défendu par les gardes krees commandés par Korat (Djimon Hounsou) et à se rendre sur la planète Xandar ou se trouve son commanditaire, un certain courtier (Christopher Fairbank).

Mais Star-lord ignore l’importance que revêt le globe pour Ronan l’accusateur (Lee Pace), le chef des krees qui désire le récupérer afin de le livrer à son maitre le puissant Thanos (Josh Brolin), en échange de la destruction de ses ennemis jurés, les Xandariens.

Malgré la tension entre Ronan et Thanos, Ronan consent à envoyer Gamora (Zoe Saldana) la fille adoptive de Thanos pour récupérer le globe en lieu et place de Nébula (Karen Gillan) qui est elle la véritable fille du titan fou.

Lorsqu’en plus Star-lord tente de doubler son associé et protecteur Yondu (Michael Rooker) capable de commander par sifflement une flèche magique, en gardant pour lui les bénéfices du vol du globe, les choses ne tardent pas à sa gâter sur Xandar.

Après le refus du courtier de prendre le globe en raison de la peur inspirée par Ronan, Star-lord est conjointement attaqué par Gamora et deux chasseurs de primes, Rocket Racoon (Bradley Cooper) et Groot (Vin Diesel), un raton laveur agressif surarmé et son garde du corps, un colosse d’aspect végétal au vocabulaire se réduisant à une seule phrase « Je suis Groot ».

Suite à une lutte confuse, l’improbable quatuor est ensuite capturé par les troupes régulières Xandarienes et enfermé dans une prison spatiale hautement sécurisée.

La réputation sulfureuse de Gamora, fille de Thanos, ne tarde pas à lui valoir la haine des autres détenus et un assassinat programmé auquel elle échappe à l’aide d’un prisonnier à l’aspect colossal, Drax le destructeur (David Bautista).

Raisonné par Star-lord qui garde en souvenir de sa mère un vieux walkman des années 80 sur lequel il écoute des standards de la pop music américaine, Drax parvient à garder en vie Gamora pour attirer jusqu’à lui Ronan et ainsi le tuer pour se venger du meurtre de sa famille tuée par l’accusateur.

A cinq et malgré leurs divergences manifestes, les improbables héros échafaudent un plan d’évasion qu’ils mettent presque par hasard en marche, en s’appuyant sur les capacités d’extension physique de Groot, l’acuité de l’intelligence de Rocket, la puissance bute de Drax et les talents de tueuse de Gamora.

Ils parviennent à échapper aux gardiens humains et robotisés, semant une panique sans nom dans la prison et partent à bord du vaisseau de Star-lord après que celui-ci ait pris des risques considérables pour récupérer son précieux walkman vintage.

Ayant trouvé refuge sur la planète Nowhere, les héros tentent de vendre le globe au Collectionneur (Benicio del Toro) , un des doyens de l’univers, qui leur révèle l’importance du joyau qu’il contient avec l’accès à un pouvoir quasi illimité.

Malheureusement, la trahison d’une des esclaves du Collectionneur provoque le déchainement des pouvoirs du joyau qui détruit son antre.

De plus, Ronan ne tarde pas arriver à son tour sur Knowhere, grandement aidé en cela par Drax qui souhaite en découdre dans un combat singulier.

Pourtant malgré sa force, Drax ne pèse pas lourd face à la puissance quasi divine de Ronan, et est laissé pour mort dans une cuve de liquide avant d’être ranimé par les facultés guérisseuses de Groot.

Malgré une tentative désespérée de fuite en utilisant des petits véhicules spatiaux particulièrement résistants, les gardiens de la galaxie sont surclassés par les krees, l’astronef de Gamora étant pulvérisé par la hargneuse Nébula, ce qui oblige Star-lord, secrètement amoureux de la belle, à se jeter dans l’espace pour la secourir.

Au final, l’échec est complet, car Nébula récupère le globe et Star-lord capturé inconscient par un Yondu ivre de revanche.

Pourtant le bagout de Star-lord parvient à convaincre Yondu et ses hommes de s’allier contre Ronan, dans le but de récupérer le globe pour eux seuls.

Ils ne tardent pas à être rejoints par les autres gardiens notamment Rocket, prêt à tuer pour sauver son ami.

Mais ils ignorent que Ronan, grisé par la puissance de la joyau, s’est affranchi du pouvoir de Thanos, désire à présent détruire seul Xandar avant de régler son compte à son ancien maitre.

Les krees se lancent alors dans une attaque d’envergure contre Xandar, défendue par les Gardiens de la galaxie et les cohortes combattantes dirigées par Nova Prime Irani Rael (Glenn Close) et Rhomann Dhey (John C Reilly).

Le combat spatial pour défendre Xandar est d’envergure, et si l’avancée de krees dopés par la puissance de la joyau, semblent inexorable, les gardiens de la galaxie parviennent à force de courage et d’habileté à s’introduire dans le Nécrotech, le vaisseau principal de Ronan

A l’intérieur, Drax se débarrasse de Korath, Gamora vainc sa doublure Nébula en combat singulier et lève le blindage protégeant Ronan qui résiste au tir d’une puissante arme d’assaut concoctée par Rocket.

Même si le Nécrotech s’écrase au sol, les gardiens survivent à l’impact grâce au sacrifice de Groot qui fait de son corps végétal une protection amortissant les choc.

Ronan survit également et alors qu’il s’apprête à détruire Xandar est pris en défaut par Star-lord qui agrippe le joyau et parvient à ne pas être détruit par sa puissance pure.

Les autres gardiens de la galaxie s’unissent alors pour canaliser la puissance du joyau et détruisent sans difficulté un Ronan subitement déchu.

Une fois Yondu contenté avec la remise d’un faux globe contenant le joyau, les gardiens sont remerciés pour leur courage par Nova Prime, leurs délits étant également effacés.

Promu chef de l’équipe, Star-lord enfin apaisé avec la perte de sa mère, et sa proximité amoureuse avec Gamora, fait prêter serment à ses nouveaux camarades, le torturé Rocket complexé par son apparence animale, le brutal Drax semble s’être un peu adouci au contact de ses amis tout en conservant une haine contre Thanos et un Groot se régénérant peu à peu sous la forme d’une brindille.

En conclusion, « Les gardiens de la galaxie » est un film de super héros sortant des sentiers battus, offrant un formidable divertissement et un joli vent de fraicheur inespéré.

Comme arme principale, on retrouve l’humour, notamment autour du personnage de Pratt, doublure d’Harrison Ford de Star wars, avec un coté hâbleur, dragueur, voyou charmant permettant de masquer un déchirement intérieur, la mort de sa mère et le déracinement provoqué par le départ hors de la Terre.

Autour de lui se trouve la sexy Saldana habituée depuis « Avatar » aux rôles peinturlurés, l’ambigu Rocket, sorte de petit animal hargneux, et coté muscles, la force tranquille du profond Groot et la brutalité très premier degré de Drax.

Coté méchant on se régale également avec Peace parfait en méchant charismatique rivalisant d’ambition avec un Thanos brièvement aperçu mais ultra impressionnant.

Visuellement le film tient toutes ses promesses, avec un festival d’effets spéciaux et de combats virevoltants approchant par instant la maestria d’un Star wars.

Coté bande son, on appréciera également les claires références aux années 80 et à ce objet devenu culte chez les 30-40 ans, le walkman, plus communément appelé baladeur sur lesquels figurèrent jusqu’à la fin des années 90, les compilations de musique de l’époque.

Sans star ni tête d’affiche ultra populaire, « Les Gardiens de la galaxie » réussit donc à surprendre par sa créativité et son charme.

A gouter donc sans modération pour un été rafraichissant !

Les gardiens de la galaxie (James Gunn)

Partager cet article

Published by Seth - dans Comics
commenter cet article
31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 23:05
Album of the year (Faith no more)

Creusant lui-même son sillon, Faith no more sort en 1997 « Album of the year » la quatrième et dernier album d’une courte carrière d’à peine dix ans.

Le guitariste John Hudson prend la place de Trey Suprane pour cet album au titre profondément immodeste et à la pochette insipide et on débute par « Collision » un mid tempo alternant avec bonheur refrains surpuissants et couplets posés.

Cette belle entrée en matière se confirme avec « Stripsearch » superbe ballade planante ou la voix de Mike Patton atteint des sommets de relaxation absolue.

L’auditeur poursuit ce voyage amollissant avec « Last cup of sorrow » puis reçoit un grand coup de pied aux fesses avec « Naked in the front of the computer » qui réactive sur un tempo frénétique la machine à fusion.

On calme le jeu avec « Helpless » assez soporifique malgré le toujours joli numéro vocal de Patton et la fusion originale et rugueuse de « Mouth to mouth » ne parvient pas à réellement recréer un regain d’intérêt.

Mais Faith no more se montre encore capable de surprendre et frappe très fort avec « Ashes to ashes » superbe power ballade mêlant mélodies déchirantes et grandes montée en puissance sur les refrains.

Très inspirés, les californiens placent ensuite une ballade élégante et légère, « She love me not », explosent dans le torrent métallique ultra rapide et nerveux de « Got that feeling ».

Toujours dans ce registre alternant chaud et froid, l’ambiance se fait rampante sur « Paths of glory » avec un Patton en état de grâce.

La fin du disque se profile alors en pente douce avec « Home sick home » qui rue malgré tout dans les brancards dans sa phase terminale et « Pristina » ballade planante à très haute altitude.

En conclusion, « Album of the year » est o surprise mon album préféré de Faith no more.

Moins expérimental, plus équilibré et structuré, il déroule cependant une musique toujours créative, surprenante capable d’asséner violemment une grêle de coups à l’auditeur sonné dans les cordes ou de lui arracher des larmes d’émotion pure en charmant son psychisme par des mélodies d’une classe folle.

Avec sa belle homogénéité et deux titres hors classe (« Stripsearch » et « Ashes to ashes »), « Album of the year » porte fort bien son nom et offre une sortie en beauté à un group décidément jusqu’au bout inclassable, profond, versatile et torturé.

Un grand coup de chapeau également à Mike Patton, chanteur de première catégorie et assurément l’une des plus belles voix du métal moderne.

Album of the year (Faith no more)

Partager cet article

Published by Seth - dans Fusion
commenter cet article
29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 23:19
King for a day ... fool for a lifetime (Faith no more)

Poursuivant sur son rythme de croisière, Faith no more sort en 1995 « King for a day … fool for a lifetime » à l’affreuse pochette évoquant un graphisme de bande dessinée baclé.

Le guitariste des débuts, Jim Martin a laissé la place à Trey Struance, qui aura lui aussi une vie des plus éphémère au sein du groupe et on débute par « Get out » âpre et rapide qui contraste avec le mid tempo mélodique mais solide « Ricochet ».

C’est tout en souplesse qu’on se dirige vers « Evidence » ballade apaisée aux chœurs éthérés s’étalent sur près de cinq minutes.

Les sons plus métalliques reviennent à la charge avec « The gentle art of makin ennemies » sorte d’ancêtre du System of a down en raison de l’extrême versatilité du chant de Patton puis s’efface aussi subitement devant « Star A.D » qui groove comme un titre de Jamiroquai.

Comme souvent, Faith no more réussit donc à déstabiliser l’auditeur, bandant ses muscles sur l’extrême « Cuckoo for caca » véritable symphonie de hurlements barbares, retombe dans l’easy listening la plus insignifiante avec « Caralho voador ».

Le violent, chaotique et déstructuré « Ugly in the morning » n’augure rien de bon mais pourtant c’est à cet instant que les californiens placent l’un de leurs meilleurs tubes, « Digging the grave » rapide, puissant et entrainant avec un Mike Patton cadrant pour une fois parfaitement son talent.

Les choses semblent s’apaiser avec « Take this bottle », jolie ballade countrysante et « King for a day » lui aussi souple et fluide.

La dernière partie du disque se présente ensuite avec « Just a man » mid tempo étrange et assez déroutant, « The last to know » qui tourne au ralenti malgré les jolies prouesses vocales de Patton et enfin « Just a man » ballade glissée.

En conclusion, avec « King for a day … fool for a lifetime », Faith no more corrige les excès de « Angel dust » délivrant un album toujours aventureux, difficile à suivre mais œuvrant plus dans une veine calme et mélodique, ce qui permet sans doute de mieux faire passer la pilule notamment auprès d’un plus large public.

Malgré cette évolution, quelques jolies ballades et le tube MTV de rigueur (« Digging the grave »), « King for a day … fool for a lifetime » délivre une musique toujours trop barrée, inclassable et éclatée à mon gout, ce qui m’irrite plus que me charme.

Ceci n’enlève rien aux qualités de Faith no more et tout particulièrement à celles de son chanteur/compositeur principal, Mike Patton.

King for a day ... fool for a lifetime (Faith no more)

Partager cet article

Published by Seth - dans Fusion
commenter cet article
28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 23:49
Angel dust (Faith no more)

En 1992, fort du succès de la recette trouvée, Faith no more sort son second album intitulé « Angel dust » à la pochette animale bien peu attractive.

On débute par « Land of sandeshine » mid tempo puissant, frais et agréable.

L’originalité, l’audace et une certaine puissance brutale sont toujours de mise sur « Caffeine » sur lequel Mike Patton apporte la preuve de son étonnante couverture vocale.

On change encore de braquet avec l’excellent « Midlife crisis » véritable tube aux refrains incroyablement accrocheurs et c’est tout en douceur que l’on goute ensuite l’accalmie coulante de « RV ».

Faith no more continue d’explorer à sa guise les divers sentiers musicaux et livre avec « Smaller and smaller » un titre lent, sombre et extrêmement torturé.

Ceci laisse toutefois le temps s’écouler bien lentement, à l’image d’un « Everything is ruined » long, plat et peu palpitant.

Le contraste avec les hurlements sataniques de « Malpractice » est alors saisissant, et on préfère Mike Patton donnant plus dans les amples mélodies de « Kindergarten ».

Doté de chœurs féminins un peu ringards « Be agressiv » sonne de manière décalée, tandis que « A small victory » glisse mollement sur ses presque cinq minutes bien linéaires.

Derrière le titre ultra provocateur « Crack Hitler » se cache un morceau quasi expérimental particulièrement indigeste et l’auditeur se plait à espérer atteindre rapidement la fin du disque pour abréger la punition.

Cette fin se matérialise par « Jizzlober » long cheminement violent, chaotique et déstructure puis « Midnight cowboy » instrumental aussi pompeux qu’assommant.

En conclusion, « Angel dust » est selon moi un album beaucoup trop expérimental et décousu pour mériter une attention prolongée.

Les qualités belles et bien réelles de Faith no more n’apparaissent que par éclipses (« Midlife crisis », « Kindergarten ») mais ne suffisent pas à assurer la cohérence suffisante à une œuvre la plupart du temps aussi pénible qu’indigeste.

A vouloir ostensiblement se détacher de toute influence clairement indentifiable et à chercher à tout crin l’expérimentation, Faith no more se replie dans un bastion réservé à un petit groupe d’initiés convaincus de détenir une parcelle du bon gout.

Difficile donc de prédire un avenir un groupe aussi imprévisible et barré que Faith no more …

Angel dust (Faith no more)

Partager cet article

Published by Seth - dans Fusion
commenter cet article
25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 19:01
The real thing (Faith no more)

La musique n’est jamais vraiment loin dans ces colonnes, aussi vais-je revenir vers un genre assez peu représenté ici la fusion, avec un des plus fiers représentants du mouvement, les californiens de Faith no more.

Formé à San Francisco à la fin des années 80, Faith no more éclot en 1989 avec l’arrivée de son chanteur le plus charismatique, Mike Patton qui vient renforcer Jim Martin (guitare), Mike Bordin (batterie), Bill Gould (basse) et Roddy Bottum (claviers).

Avec sa pochette passe partout on ne peut plus cheap, « The real thing » débute par « From out of nowhere » fluide et accrocheur notamment par ses parties de claviers et le chant maitrisé du nouveau chanteur détrônant Chuck Mosely qui n’aura donc officié que sur un seul album, le premier du groupe.

Après avoir pris ses marques, le groupe se lance et place un premier tube relativement novateur pour l’époque, « Epic » mêlant phrasé rap, bonnes envolées sur les refrains et riffs métalliques judicieusement placés.

Multi diffusé sur une MTV alors balbutiante, le clip connut malgré les ridicules gants de boxe de Patton, contribua pour beaucoup dans la notoriété alors naissante des petits gars.

On revient à plus de classicisme avec « Falling to pieces » qui manque par comparaison presque de personnalité avant que les racines métalliques du groupe ne fassent leur apparition sur « Surprise your’re dead » qui fricote allégrement avec la férocité du thrash.

Le terme montagne russe semble parfaitement adapté lorsqu’on bascule dans l’ambiance détachée et apaisante de « Zombie eaters » superbe ballade montant graduellement en puissance ce qui donne l’occasion à Patton de révéler toute sa désormais légendaire versatilité vocale.

C’est dans le tempo lent que s’installe ensuite Faith no more, avec « The real thing » qui déroule huit minutes remplies de variations diverses alternant mélodies suaves et harangues hip hop.

Pas encore bien remis de l’épreuve, on glisse sans trop d’efforts vers « Underwater love » bien trop rangé et lisse, et si « The morning after » secoue et surprend un peu plus, le résultat reste insuffisant pour stimuler l’attention.

La fin du disque donne alors un grand sentiment de décousu, entre un instrumental barré au titre improbable « Woodepecker from Mars », une magnifique reprise de Black sabbath « War pigs » et une ballade jazzy nasillarde « Edge for the world » pour conclure.

En conclusion, « The real thing » est un vrai fourre tout pour ne pas dire bordel musical, qui rend difficile son appréhension.

Refusant de coller aux étiquettes, Faith no more pratique une musique à base de rock lourd mais incorporant diverses influences (thrash, heavy metal, hip-hop voir jazz) qui la rend insaisissable et imprévisible.

On pourra sans doute crier au génie devant pareille créativité et exploration musicale, ou rester plus circonspect devant le résultat final, manquant selon moi de cohésion et de direction clairement établie.

Remarquons également que derrière une petite poignée de titres forts, « The real thing » contient majoritairement des morceaux plus expérimentaux ou tout simplement transparents ou le groupe semble évoluer en roue libre.

Néanmoins, forte de sa (réelle) originalité et de l’impact de « Epic » auprès du grand public, la machine est en 1989 bel et bien lancée, préparant le terrain à la poussée fusion rap-metal du début des années 90.

The real thing (Faith no more)

Partager cet article

Published by Seth - dans Fusion
commenter cet article
25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 16:18
On ne vit que deux fois (Lewis Gilbert)

En 1967, Sean Connery tient toujours la baraque de la franchise James Bond et « On ne vit que deux fois » voit le jour sous l’égide de Lewis Gilbert.

Cette épisode débute fort par l’enlèvement audacieux d’une capsule spatiale américaine par un curieux vaisseau qui engloutit littéralement l’objet sous les yeux médusés des autorités américaines.

Bien entendu en cette période de guerre froide, la tension monte immanquablement entre les deux super puissances l’URSS étant l’accusé le plus logique pour les USA.

Le Royaume-Uni sert pourtant d’intermédiaire inattendu dans ce match de poids lourds, proposant que ses services secrets du MI-6 aillent enquêter au Japon, lieu identifié d’un tir spatial suspect.

Le meilleur agent du MI-6, James Bond (Sean Connery) prétendument tué à Hong-Kong, s’est en réalité fait passer pour mort et est récupéré par un sous marin britannique afin de se voir confier une mission d’enquête au Japon.

Parlant très bien le japonais, Bond rencontre à un tournoi de sumo, la belle Aki (Akiki Wakabayashi), qui le met en relation avec son contact anglais local Henderson (Charles Gray) qui lui arrange un entretien avec le chef des services secrets japonais Tigre Tanaka (Tetsuro Tamba) avant d’être assassiné.

Bond se débarrasse sans mal du tueur, prend audacieusement sa place et se fait embarquer dans la voiture du complice qui l’emmène jusqu’au siège de Osato, un géant industriel de la chimie nippone.

Après une lutte acharnée contre le chauffeur, véritable lutteur professionnel, Bond parvient à le vaincre en l’assommant avec une statue, et dérobe des documents qu’il confie à Tanaka.

Le chef des services secrets japonais met à disposition de Bond tous ses moyens les plus sophistiqués notamment un train privé circulant sous terre et lui offre une couverture pour approcher Osato, en tant qu’acheteur potentiel de produits chimiques nécessaire à la propulsion de fusées.

Mais Osato (Teru Shimada), flanquée de sa secrétaire Helga Brandt (Karen Dior), perce à jour la couverture de Bond et tente de le faire assassiner par ses hommes à la sortie de ses bureaux.

L’agent secret ne doit sa survie qu’à Aki qui le sauve à l’aide d’une décapotable de sport et à Tanaka qui fait aimanter la voiture de ses poursuivants pour la jeter dans la mer.

L’exploitation des documents volés chez Osato oriente les recherches vers un cargo mouillant à Kobé, mais sur place Aki et Bond tombent sur Osato et ses hommes, des marins armés jusqu’aux dents qui finissent par le capturer, tandis que Aki parvient à s’enfuir.

A port du cargo, Bond retombe sur Brandt et tente de lui faire de charme en lui proposant de partager les bénéfices en vendant les secrets des brevets de Osato.

La manœuvre échoue encore et Bond, ligoté à bord d’un petit avion destiné à s’écraser, se sort de cette situation extrême.

En pistant le trajet du cargo, Tanaka et Bond comprennent qu’il a déchargé sa marchandise sur l’ile de Matsu.

Aidé par les gadgets infernaux de son fidèle Q (Desmond Llewelyn), Bond effectue une reconnaissance à bord d’un petit hélicoptère pris en chasse par des hélicoptères défendant l’ile.

Bond s’en sort une nouvelle fois en utilisant son puissant armement (bombes, mitrailleuses et missiles) et rejoint le camp d’entrainement de Tanaka pour s’initier aux techniques de combat des ninja comportant close combats, camouflage, infiltration, et maitrise d’armes diverses majoritairement traditionnelles japonaises.

Devant s’infiltrer sur l’ile, Bond prend l’aspect d’un japonais et prend pour épouse factice Kissy Suzuki (Mie Hamma), après l’assassinat nocturne de Aki, malheureusement vite oubliée.

Se faisant passer pour des jeunes mariés en voyage de noce, Bond et Suzuki explorent l’ile, comprenant après la capture d’une fusée russe, qu’une organisation secrète pilotée par le Spectre, utilise un volcan transformé en base secrète pour lancer ses attaques spatiales.

Tel un ninja, Bond s’infiltre dans le volcan, libère les cosmonautes américains mais est capturé par Ersnt Stavro Blofeld (Donald Pleasance) chef suprême du Spectre qui a préalablement fait dévorer Brandt par ses piranhas pour lui faire payer son échec avec Bond;

Blofeld qui se déplace avec un garde du corps au physique colossal, Hans (Ronald Rich), utilise en réalité Osato comme paravent pour alimenter les fusées du Spectre et continuer à capturer la prochaine fusée des Etats-Unis en faisant porter le chapeau aux Russes, déclenchant ainsi une guerre nucléaire mondiale dont son organisation serait la principale bénéficiaire.

Le salut va pourtant venir des ninjas de Tanaka, appelés à la rescousse par Kissy qui prennent d’assaut la base, provoquant une gigantesque bataille sous terraine.

Profitant de la confusion et d’un petit coup de main des cigares explosifs de Q, Bond se libère et aide Tanaka et ses hommes qui prennent peu à peu le dessus sur les gardes du Spectre.

Sentant le vent tourner, Blofeld s’échappe, tuant Osato et manquant de peu Bond sauvé in extremis par Tanaka.

Une ultime action héroïque du super agent, lui permet de prendre la clé d’un dispositif de destruction de la fusée, pourtant âprement défendue par Hans, finalement lui aussi dévoré par les piranhas qu’il nourrissait quotidiennement.

Le fusée détruite, Bond s’échappe de la base qui explose et se retrouve dérivant sur un canot pneumatique avec la belle Suzy, avant qu’un sous marin britannique ne mettent fin aux ébats à venir.

En conclusion, « On ne vit que deux fois » démarre sur les chapeaux de roues, avec une action très rythmée dans l’ambiance exotique et mystérieuse du japon des années 60 mélangeant traditions et modernité industrielle.

On retrouve les vieux rêves de grandeur des ennemis de Bond, en voyant pour la première fois le redoutable leader du Spectre, qui deviendra en raison de son visage défiguré et du chat blanc qu’il caresse obsessionnellement un des ennemis les plus mythiques de la saga.

Malgré une seconde partie plus mollassonne, étirée en longueur et les habituelles utilisation des femmes gadgets , « On ne vit que deux fois » propose une variation intéressante du cadre habituel des aventures du héros, en mettant en avant les atouts du japon pour les films d’espionnage : arts martiaux, geishas, superbes paysages naturels mais également fascination pour la technologie.

Ceci permettra de passer avec indulgence sur les quelques lenteurs et le caractère daté de certaines scènes d’action, notamment les combats d’hélicoptères.

Un bon James Bond des années 60 donc …

On ne vit que deux fois (Lewis Gilbert)

Partager cet article

Published by Seth - dans Espionnage
commenter cet article
24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 10:47
Marche ou crève (Trust)

Vous l’aurez compris je ne goute que le cinéma et le rock français qu’avec une extrême modération, mais reconnaissons le, Trust fut avec Téléphone le seul groupe français qui rencontra un réel succès au début des années 80 avant d’être comme la plupart des modes avalé et quasiment relégué au musée.

Je fus réellement initié à Trust non par une sempiternelle rediffusion de leur unique tube grand public « Antisocial » qu’on joue encore de temps à autre chez Arthur, mais par mon ami Fabrice qui me fourgua au début des années 2000 quelques cd sur un parking de Vélizy 2, comme si nous effectuions une transition douteuse, grâce lui soit donc rendue.

En 1981 lorsque sort « Marche ou crève » et sa pochette coup de poing au visage, Trust a déjà effectué sa fabuleuse percée l’année précédente et se pose comme leader d’un rock violent et contestataire, à l’image de son chanteur, le brailleur Bernie Bonvoisin, très engagé à l’extrême gauche et musicalement influencé par ses amis d’Ac/Dc.

Avec Nicko Mc Brain, (futur batteur d’Iron maiden) en renfort de la charnière Bonvoisin (chant)-Norbert Krief (guitare) agrémentée de Yves Brusco (basse) et de Moho Chelkha (seconde guitare), « Marche ou crève » débute par « La grande illusion », mid tempo sympathique critiquant l’acte pourtant démocratique de vote.

Malgré un certain feeling, « La grande illusion » ne fait pas le poids face au calibre d‘un hit comme « Antisocial » en guise d’ouverture.

On ne décolle pas vraiment non plus avec « Le sauvage » lent et poussif malgré un joli solo de Krief et « Répression » fait plutôt figure de pétard mouillé lorsqu’on découvre son manque son caractère balourd et répétitif.

Il faudra s’y faire, tout se fait à l’arraché et dans la douleur avec Trust, aussi malgré son manque de fluidité, « La junte » demeure notable par le texte fort et la présence vocale éructante du chanteur.

Le groupe s’en prend ensuite sur « Misère » avec rage à Margaret Thatcher, cible évidente à l’époque déjà victime d’une attaque plus massive du chanteur Renaud.

Musicalement cela reste franchement moyen même si « Les brutes » contient des refrains un peu plus emballants, mais impossible de sortir de se style heurté et maladroit de « Certitude … solitude ».

Alors que l’auditeur désespère d‘un titre réellement intéressant à se mettre dans les oreilles, surviennent dans la dernière partie les meilleurs morceaux de l’album, « Marche ou crève » rapide, acéré, intense, le body buildé « Les templiers » aux refrains surpuissants narrant d’obscurs massacres au Salvador (mais qui s’en souvient ?) et « Ton dernier acte » magnifique ballade bluesy hommage à Bon Scott, disparu l’année précédente.

En conclusion, « Marche ou crève » est à l’image du style du Trust, abrasif et irritant.

Comme Noir désir quelques années après, le groupe se pose en donneurs de leçon, soignant des textes politiques empli de contestation et de rage aveugle, prompts à séduire une jeunesse en mal d’idéaux.

Complètement hermétique à ces pesantes et obscures revendications, je me focalise donc sur la musique, du rock appuyé notamment grâce au talent de Krief mais très classique ne se distinguant que par le chant si particulier de Bonvoisin, grande gueule du hard français au style hurlé sans équivalent dans l’Hexagone.

Dur à encaisser donc comme une série de crochets aux corps de Tyson à l’époque, « March ou crève » ne bénéficie pas d’un hit de la stature d’ « Antisocial » pour se hisser au niveau supérieur, et confirme la portée limitée de Trust à l’époque, tout à fait capable de percer dans notre pays pétri de textes « intelligents » mais incapable de concurrencer des formations internationales musicalement supérieures.

A réserver donc aux fans hardcore dont faisait partie ledit Fabrice du parking de Vélizy 2, les autres préféreront chercher fébrilement l'emplacement du tube d'aspirine.

Marche ou crève (Trust)

Partager cet article

Published by Seth - dans Hard Rock
commenter cet article
23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 18:33
Bahia de tous les saints (Jorge Amado)

Eté oblige, je suis tout naturellement revenu vers le brésilien Jorge Amado et son « Bahia de tous les saints ».

Quatrième livre chroniqué ici, « Bahia de tous les saints » est une œuvre publiée en 1938, qui a pour cadre les hauteurs de Salvador de Bahia, notamment le morne de Chatre-Nègre, quartier pauvre composé dans les années 30 quasiment exclusivement de noirs pauvres.

Amado conte le destin éblouissant d’Antonio Balduino, robuste noir de Chatre-Nègre, qui élevé par sa tante Louise, est un petit garçon turbulent éduqué par la fréquentation des autres gosses du quartier.

Bagarreur, indiscipliné et intrépide, Balduino a pour modèle Zé-la crevette, qui lui apprend à composer des samba à la guitare et l’art de se battre avec les pieds, la savate, ce qui lui est fort utile pour se faire respecter dans le monde parfois brutal de Chatre-Nègre.

Jubiaba, le vieux sorcier expert en macumba qui fait office de guérisseur et de sage de la communauté noire est également très respecté par Balduino et joue lui aussi en quelque sorte le rôle de père de substitution.

Mais la santé mentale de Louise s’aggrave brutalement et la vieille femme doit rapidement se faire interner avant de succomber, ce qui oblige Balduino encore enfant à quitter son quartier pour intégrer la maison bourgeoise de Pereira, un commandeur portugais de la ville.

Chez les Pereira, Balduino montre une nouvelle fois son indiscipline, mais tombe amoureux de Lindinalva, la jeune fille de Pereira, dont la blancheur et la rousseur le fascine.

L’attirance naissante entre les deux adolescents est cependant brutalement brisée par la jalousie d’Amélie, la sœur de Lindinalva, qui s’arrange pour faire chasser de la maison ce jeune noir non respectueux des classes sociales.

Malgré son cœur brisé, Balduino quitte à regret son amour de jeunesse et devient un enfant des rues de Bahia, prenant rapidement la direction d’une petite bande de mendiants en raison de son tempérament de leader.

Il opère donc avec le beau Philippe, fils d’un française à la beauté angélique, le Gros, très doux et pieux, Viriato le nain dont le physique difforme apitoie les passants et Sans-dents, qui conteste son commandement, avant d’être sèchement remis à sa place en vertu de la loi du plus fort.

Bien sur la vie dans la rue est rude, entre rafles policières, bagarres contre bandes rivales et morts brutales, comme celle de Philippe renversé par une voiture ou le suicide de Viriato fatigué de vivre, mais Balduino dont les talents de musiciens lui permettent d’améliorer l’ordinaire, s’en sort suffisamment bien pour racheter un bar à marins, la Lanterne des noyés, ou il se produit régulièrement guitare à la main.

Musicien doué et beau parleur, Balduino, séduit un nombre considérable de mulâtresses, qu’il emmène la nuit sur la plage pour de courtes étreintes à la belle étoile.

Les femmes l’amènent régulièrement à prendre des risques et à sa battre, notamment face à des soldats brutaux et solidaires.

Les capacités à se battre de Balduino et son robuste physique l’amènent à se faire remarquer par Luigi, un ancien entraineur de boxe italien, qui montent plusieurs combats faisant de lui une star locale.

La carrière de Balduino culmine après avoir terrassé un champion dit d’Europe de l’Est, mais l’annonce soudaine des fiançailles de Lindinalva avec Gustave Barreras, un jeune avocat débarqué en ville pour faire fortune, vint briser l’élan du champion et provoquer sa perte.

Vaincu par un péruvien sans même combattre, Balduino part dans la ville de Cachoeira pour travailler dans les plantations de tabac, travail pénible qui exténuent hommes et femmes majoritairement noirs.

Une nouvelle fois, le tempérament impétueux de Balduino s’exprime puisqu’il blesse grièvement au couteau un chef de la plantation, Philomène, coupable selon lui de courtiser une jeune orpheline de douze ans.

Traqué par les planteurs, Balduino est alors contraint à la fuite dans la brousse et passe plusieurs nuits épouvantables à délirer sur son passé alors qu’il attend sa dernière heure arrivée.

Finalement cet étonnant homme s’en tire une nouvelle fois, soigné par un vieil homme, s’échappe par le train et retrouve à Foire-Sainte-Anne, son vieil ami Luigi qui l’embarque dans une nouvelle aventure de cirque itinérant ou il affronte des spectateurs assez courageux pour se mesurer à lui.

Dans le cirque, Balduino noue une relation avec une superbe danseuse nègre Rosenda Roseda, mais ne peut empêcher la lente décrépitude du propriétaire Giuseppe, qui finit par se suicider en se jetant d’un trapèze.

Notre homme revient finalement à Bahia avec sa danseuse et un ours, seul rescapé de l’aventure.

Il retrouve son ami le Gros, reprend ses habitudes nocturnes à la Lanternes des noyés, avant de se brouiller définitivement avec la volage Rosenda Roseda qui se voit des rêves de grandeurs à la Joséphine Baker, qui échoueront finalement dans les maisons de passes.

La roue tourne également méchamment pour Lindinalva abandonnée sans ressource par son père qui depuis la mort de sa mère a dilapidé tout son argent dans les maisons de passes avant d’y trouver la mort et rejeté par son fiancé en raison du scandale après lui avoir fait un enfant.

Comme beaucoup de femmes sans ressources, Lindinalva est contrainte à se prostituer pour élever son fils et connait déchéances sur déchéances.

De son coté, Balduino se sent à présent une âme de dockers et embrasse cette profession.

Fasciné par le personnage de Zumbi des palmiers, esclaves noir rebelle ayant tenu tête à toute une armée à Bahia avant de se suicider, Balduino suit logiquement ses camarades syndicalistes dans un puissant mouvement de grève visant à obtenir de meilleurs conditions de travail et en devient même un des plus important leaders.

Ni la mort tragique de Lindinalva, s’excusant auprès de lui au moment de rendre son dernier souffle dans ses bras, ni la corruption de l’avocat Barreras acheté par la Compagnie, ni les tirs de la police et la lutte contre des travailleurs réquisitionnés pour les remplacer, ne détourneront Balduino de sa vocation d’homme libre, de briser les chaines de l’esclavage économique que subissent tous les hommes pauvres qu’ils soient noirs, mulâtres ou blancs.

En conclusion, « Bahia de tous les saints » est encore une fois une grande œuvre/odyssée écrite par Amado, qui narre avec tout son talent de conteur/poète, l’épopée d’un noir pauvre de Bahia mais déterminé à ne pas subir sa destinée.

L’aventure est belle, riche et colorée avec la vie dans les rues, dans les plantations de tabac, les rings de boxe, les salles de cirques, les bars de nuits ou les docks du port.

Et toujours en toile de fond ce gout de la musique, de la danse, des femmes, bref de ce que même les hommes les plus pauvres conservent aux quatre coins du monde.

Roman engagé (à gauche), exagéré jusqu’à la fable, « Bahia de tous les saints » est particulièrement prenant sur le fond et la forme, réussissant le tour de force d’envouter le lecteur au son des rites macumba des noirs brésiliens.

Bahia de tous les saints (Jorge Amado)

Partager cet article

18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 10:49
Sixty six to Timbuktu (Robert Plant)

Tout a sans doute déjà été dit sur la mirifique carrière de Robert Plant aussi bien avec la légende Led Zeppelin qu’avec sa carrière solo à partir des années 80 avec une dizaine d’albums de qualité produits à un rythme mesuré.

En 2003, le grand blond, après dix ans de stand by, décide de sortir un copieux double best of intitulé « Sixty six to Timbuktu ».

Comme le montre la pochette avec une claire référence au voyage vers des pays lointains désertiques et ensoleillés, la musique métissée de Plant en solo est clairement une porte ouverte sur le monde.

Le plaisir est rapidement au rendez vous sur « Tie dye on the highway » morceau riche et varié alternant belles envolées vocales et solides passages guitares+harmonica.

Les synthétiseurs et le sons de batteries électroniques, très en vogue dans les années 80, marquent inévitablement la musique de Plant et « Upside down » est clairement plombé par ces vestiges d’un autre temps.

On préférera forcément « Promised land » son rythme hypnotique, lancinant et habité ou « Dirt in a hole » plus lourd et mystérieux tout en déplorant le son des eighties entachant le rock ‘n’ roll « Tall cool one ».

La diva blonde se vautre langoureusement sur « Calling to you » un brin longuet et fadasse, « 29 Palms » en revanche, ballade gracieuse et inspirée charmant les pavillons auditifs.

C’est effectivement dans le registre plus feutré des ballades intimistes que Plant semble prendre plaisir à s’exprimer comme le montrent « If I were a carpenter » puis l’atrocement mielleux « Sea of love » et leurs orchestrations classiques pesantes.

Passablement rebuté, l’auditeur continue son exploration musicale à la vitesse d’une péniche en croisière sur une rivière du plat pays, reconnaissant le charme émotionnel inégalable de la voix de Plant sur « Darkness, darkness », le groove relax de « Big log » idéal pour un séminaire de yoga ou « Ship of fools » beaucoup trop linéaire et duveteux à mon gout.

On aborde ensuite la dernière ligne droite qui continue sa promenade de santé dans le jardin d’une maison de retraite ou d’un hôpital avec « I believe » gentil gratouillage sous tranquillisants, « Little by little » très feutré et bluesy, « Heaven knows » aux chœurs féminins timides à souhait, avant un « Song to the siren » soporifique concluant ce premier disque particulièrement mou, linéaire et ennuyeux passé sa première partie.

Difficile donc d’aborder le second disque encore plus volumineux en toute confiance mais pourtant l’ultra bluesy de « You’d better run » vient redonner quelques espoirs, avant que l’anglais ne se mue en hallucinant crooner des fifties sur « Our song » avec un résultat tellement surprenant qu’il en devient intéressant.

Impossible d’éviter l’hommage à Jimi Hendrix avec « Hey Joe » superbe même en version démo dans la bouche d’un chanteur de ce calibre tout comme « For what it’s worth » impressionnant également dans le registre du blues-rock enfiévré.

Plant semble à vrai dire incapable de se détacher de ses origines, ce satané blues noir américain et s’y plonge à foison sur « Operator » qui semble toutefois appartenir à un autre temps.

Le hard rock zeppelinien reprend fugacement ses droits avec « Road to the sun » avant une nouvelle vieillerie rythm ’n’ blues assommante « Philadelphia baby ».

L’auditeur doit encaisser à présent des relents de claviers 80’s nauséabonds sur « Red for danger » tout droit échappé du Top 50, puis le rock vintage des 50’s pas forcément désagréable de « Let’s have party ».

Nouveau glissement vers les ballades mystiques avec « Hey Jayne » pour se réveiller au son du rock ‘n’ roll explosif de « Louie, louie ».

Le court interlude « Naked if I want to » lance le blues dépouillé et longuet « 21 years » enchainé d’une surf ballade incroyablement amorphe « If It’s really got to be this way ».

On déroule sur le même rythme narcoleptique « Rude world » au gout rance de gueule de bois et « Little hands » petite berceuse pour enfant.

Il faut attendre le très réussi « Life begin again » pour trouver les premières influences arabes permettant de rehausser la musique de Plant d’ingrédients mystérieux et intrigants.

Pour terminer (enfin) ce marathon musical, le 100% rock ‘n’ roll « Let the boogie woogie roll » et le live « Win my train fare home » planant acoustique une nouvelle teinté d’orientalisme mystique.

En conclusion, écouter d‘une traite à l‘autre « Sixty six to Timbuktu » est pour votre serviteur une épreuve quasi aussi insurmontable qu’une traversée du désert sans outre d’eau à proximité ou sans oasis à l’horizon.

Si on fait abstraction des quelques errements (bien compréhensibles) pour coller au son « branché » des années 80, la musique de Robert Plant est certes incroyablement variée, riche et souvent intéressante mais contient à mon sens beaucoup de références au rythm’n’ blues et rock ‘n’ roll, qui restent les premiers amours de la star mais qui n’apportent au final pas grand-chose si ce n’est le plaisir personnel de l’artiste.

Sortie de ses pesantes influences dont Plant peine parfois à se démarquer, reconnaissons que les longues ballades duveteuses ne sont pas la plupart du temps palpitantes et finissent plus par lasser/irriter qu’apporter la plénitude de l’âme attendue.

Autre déception de taille, le métissage musical attendu notamment avec les cultures orientales voir asiatiques si chères au chanteur n’apparaissent qu’en pointillés, ce qui enlève pour moi une composante essentielle de l’attrait de sa musique.

La réussite d’un quart de titres sur les 35 proposés, ne suffit donc pas malgré la voix toujours envoutante de la légende du (hard) rock et la pertinence de la démarche, à susciter un intérêt et un plaisir prolongé.

Dommage, car Robert Plant reste assurément l’un des artistes rock les plus intéressants de l’histoire et mérite le respect.

Sixty six to Timbuktu (Robert Plant)

Partager cet article

Published by Seth - dans Rock
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Seth
  • : Articles/Chroniques pour un partage de voyages interieurs majoritairement littéraires
  • Contact

Recherche

Pages

Liens

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog